Henrico
20 abonnés |
Lire ses 638 critiques
|
5 - Chef d'oeuvre
L’équipe de têtes de gland qui traduisirent « Death Of A Gunfighter » par « Une Poignée De Plomb » devait avoir le même Q.I. proche du zéro que ceux qui affublèrent « Le Mercenaire De Minuit » à « Invitation To A Gunfighter » (voir notre critique à ce sujet). Il n’est jamais question dans ce western magnifique de poignée de plomb. C’est par contre, comme l’indique le titre anglais, de la mort annoncée d’un pistolero dont il est question. Le suspense est d’autant plus intense et bien mené que Don Siegel conserve avec insistance, le vernis un peu comique de l’ambiance générale pour maintenir dans l’esprit du public, jusqu’à la fin, l’espoir qu’il existe une possibilité d’échappatoire rédempteur autre que la mort pour le héros. La seule réussite de cet objectif, ajoutée à la formidable prestation de Widmark, faisaient du film un chef d’œuvre. Cependant, là où l’on transcende la dimension de qualité pour atteindre une dimension d’éternité, c’est lorsque l’on analyse avec attention la portée critique et historique de l’intrigue centrale. Il y a en effet une flagrante opposition entre les valeurs paradoxalement positives (droiture, pardon et tranquillité) et négatives (violence, préjugés raciaux) du « Wild West » incarnées par le marshal et entre le paraître dynamique induit par la nouvelle société industrielle et capitaliste, incarnées par les notables. Cette opposition résume en grande partie l’histoire de l’Amérique moderne, qui, dans sa marche vers la « civilisation », a d’une certaine manière, dû tuer collectivement sa conscience. En tête de la liste des films victimes de l’injustice de n’avoir pas le titre de film culte se trouve « Death Of A Gunfighter ».
Ajoutée le 05 sept. 2009 à 00h52
Signaler un abus