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Flavien Poncet

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1,0Très mauvais
Publiée le 04/06/2009

Parmi les documentaires d’Amos Gitai, «Journal de campagne» (Israël, 1982) reste, pour d’aucuns, comme l’un des plus réussis. Véritable mise en pratique de la caméra-stylo d’Astruc, ce journal intime d’une des nombreuses guerres qui opposèrent Israël à la Palestine compile avec une intelligence maligne des situations de tension entre la population et l’Armée occupante. L’intelligence avec laquelle Gitai filme, cadre et emploie sa matière cinématographique témoigne autant du malaise qui émane des soldats que de l’ingéniosité presque fourbe avec laquelle Gitai donne à voir crument ce prosaïsme. Sur ce point, la scène la plus éloquente s’avère être le plan final, d’une durée d’environ sept minutes. A bord d’une voiture, Gitai et sa caméra rencontre un soldat nerveux qu’il avait déjà rencontré plus avant dans le film. Décidant d’affronter les forces armées, Gitai suis sans relâche ce «petit soldat» pour solliciter au maximum son self-control. En même temps que s’échauffe le protagoniste, Gitai murmure sur un ton quelque peu mesquin quelques indications à son chauffeur pour mieux suivre le soldat. Ce parti pris suscite une certaine haine, la même qui motive toute lutte guerrière, pour mieux pousser à bout celui constitué comme ennemi. Alors que Gitai, l’année précédente, venait de réaliser une œuvre au ton doux sur le thème du pacifisme, «Wadi», «Journal de campagne» apparaît comme un contre-champ belliqueux dans lequel le ton pourtant naturellement calme de Gitai apparaît tronqué. Bien que le film met à disposition toute une matière subjective pour atteindre au cœur même du conflit, c’est-à-dire la façon dont il est vécu par les individus, certains choix esthétiques accomplis par Gitai écroule le projet. Certes, ce journal témoigne pleinement de la spontanéité du cinéaste à l’instant même de son tournage. Entre volonté pacifique et pulsion colérique, le film dessine la montée en puissance d’un sentiment d’exaspération qui côtoie les émotions haineuses.

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