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L'«Antigone» (1991) de Huillet et Straub, c'est la mise en scène cinématographique de celle de Sophocle, dans la traduction particulière de Hölderlin et l'adaptation théâtrale de Brecht. Et c'est génial! Il y a d'abord le texte, splendide, qui est merveilleusement «dit», selon la scansion très particulière, critiquée mais pourtant convaincante, de Danièle Huillet. Les paroles sont comme arrachées aux pierres du théâtre antique de Segesta pour être jetées dans une nature splendide écrasée sous le soleil. Il y a ensuite la caméra des Straub qui capte magnifiquement cette répercussion des paroles sur le paysage, dans des images cadrées au millimètre près, avec une économie de moyens (plans fixes et panoramiques) qui définit pour toujours le style inimitable des réalisateurs. Pas un mot ni un son superflus, pas un photogramme ni un mouvement de trop. L'austérité est totale, radicale, et l'essence de la tragédie ne peut de la sorte se déployer qu'avec davantage de puissance, laissant le spectateur abasourdi face à tant de beauté. Un chef-d'oeuvre absolu du septième art que je ne manquerais pour rien au monde d'emporter sur mon île. Un film immense comme la tragédie éponyme de Sophocle!
Ajoutée le 19 sept. 2009 à 15h43
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