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Si Sylvain Chomet a bien un don, c'est parce qu'il transcende le réel. Ses films ne sont pas pure divertissement enfantin, mais telle un Miyazaki une recherche d'un esthétisme et d'un enchantement. Si pour le maître japonais l'onirisme est présent, Chomet lui choisit comme toile de fond une réalité crue, souvent pauvre, et rarement heureusement (du moins pleinement). En 1998, il signe un court-métrage saisissant « La vieille dame et les pigeons ». Il y raconte une histoire d'un gendarme sur sa fin mourant de fin et voulant survivre dans une modique chambre de bonne. Chomet apporte la critique de la vie parisienne, désolante, solitaire, pauvre et maussade. Il y rajoute également une pointe d'absurdité et amène le spectateur en moins de 25 minutes dans une apothéose intellectuelle incroyable. Certes son dessin est moins soigné et somptueux que ses créations contemporaines « Les Triplettes de Belleville » (2003) et « L'Illusionniste » (2010), mais il transporte, subjugue, intéresse et amène à l'animation française (voir européenne) ce qui lui manquait: ne pas cibler que les petits enfants. Les grands aussi veulent de l'animation, et bien avant Dreamworks ou Pixar, Chomet montre la réalité, montre l'humour noir, et cible un autre public. Bravo, Monsieur Chomet, d'un fan qui espère voir de nombreuses œuvres encore.
Ajoutée le 03 janv. à 21h26 Signaler un abus
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