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Le cinéaste coréen exprime intimement son talent et s'étripe littéralement dans ce mélodrame - au sens le plus noble du terme - en costumes qui évoque un sujet délicat dans un contexte confus. C'est justement dans un contexte et une culture coréano-confucianistes que l'on est plongé, du temps où infanter était capital pour l'honneur d'une famille. Im Kwon-taek évoque la douleur d'un pays déchiré, l'idée transparaissant nettement à travers l'image de la femme séparée de son enfant. L'actrice principale, Kang Soo-yeon, dont la performance superbe lui a valu une récompense à Venise, donne à la scène de l'accouchement une intensité sans égal et un certain érotisme. Érotisme présent tout au long du film, mais de manière totalement esthétique et artistique. Le talent du réalisateur et des acteurs, la mise en scène intelligente et la grande diversité de plans font de la Mère porteuse un drame à la fois dense et fiévreux, tragique, tourmenté, mais également doté d'une certaine fraîcheur et légèreté. Le dernier plan, si cruel et si magnifique, brille de noirceur et de mélancolie, et me laisse même penser qu'il fit figure d'inspiration pour d'autres futurs cinéastes coréens...
Ajoutée le 27 janv. 2006 à 22h54 Signaler un abus
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