30 abonnés | Lire ses 840 critiques |
Tout réalisateur s'est un jour essayé à la comédie avec plus ou moins de réussite. On se souvient par exemple du "Docteur Folamour" de Stanley Kubrick ou encore de l'interrogatif "Mais qui a tué Harry ?" d'Alfred Hithcock, mais il faut également compter "L'Oeil du diable" d'Ingmar Bergman. Souvent, mais pas toujours à juste titre, qualifié de "léger" au milieu des œuvres plus psychologiques de l'illustre metteur en scène suédois, cette comédie fantastique regorge pourtant d'atouts que ce soit dans l'écriture ou dans la réalisation. L'intrigue à elle-seule justifie le visionnage du long-métrage. On se retrouve effectivement dans une situation des plus insolites où Satan échafaudera un plan diabolique pour dérober la virginité d'une jeune fille pure en passe de se marier. C'est ainsi que l'on découvrira un Don Juan ressuscité accompagné de son fidèle Pablo partant à la recherche du Graal du Malin. Se moquant avec élégance des obligations religieuses de l'époque à travers un savant affrontement du Bien contre le Mal, Bergman parvient à insuffler la curiosité et l'engouement chez son public. Très attractif et accessible à tous, "L'Oeil du diable" jouit de dialogues envoûtants qui trouve leur sommet lors de la rencontre entre Jarl Kulle et la charmante Bibi Andersson. Bénéficiant d'une mise en scène directe aux inspirations théâtrales, le casting trouve l'inspiration sans difficulté et les échanges qui en découlent se montrent souvent intéressants malgré quelques baisses de régimes dans l'Acte 2. On appréciera en effet les prestations de Sture Lagerwall et de Stig Jarrel tout comme les intelligentes présentations de. Mais l'enjeu principal du récit se jouera autour de la relation entretenue par M. Kulle et Mlle Andersson. Tandis que ce premier voit sa prestation s'améliorer au fur et à mesure des scènes, sa partenaire conserve sa fraîcheur et son talent à chacune de ses apparitions. Au final, c'est donc une franche réussite que de voir tant de qualités déferler devant nos yeux surtout dans le cadre d'une comédie. Les clins d’œil historiques ne sont jamais maladroits et l'ingéniosité ainsi que le caractère insolite des rebondissements ne cessent de vous stimuler jusqu'à l'annonce d'une morale facile certes, mais en total respect de l’œuvre en elle-même.
Ajoutée le 26 mars 2013 à 10h15
Chargement...


