Mon premier Eisenstein, j'en avais entendu parlé, mais pas qu'en bien, "intéressant mais chiant" revenait souvent. Mais ce Cuirassé Potemkine, tout film de propagande qu'il est, se trouve être un petit bijou, notamment dans la fameuse scène des escaliers, mais durant la scène finale aussi où l'on sent la tension monter crescendo, c'est juste magnifique de parvenir à une telle maîtrise. On assiste en plus à une démonstration technique à couper le souffle. On a encore beaucoup à apprendre des films de propagande soviétique.
C'est toujours un peu troublant de constater que le Cinéma existe depuis bien longtemps déjà. Et que le génie n'a pas d'âge. Car c'est bien de génie visuel qu'il s'agit là. Visuel, pas esthétique, bien que bon nombre de plans soient vertigineux par le choix de la lumière. Esenstein semble capter l'essence même du mouvement, et, par le montage, le spectateur ne devient que plus ivre d'images. Sur le navire d'Esenstein, il n'y a qu'une bonne raison de se rebeller : ne pas accepter la provocation que nous fait ce chef d'oeuvre précoce.
Je ne suis pas un fin connaisseur, mais je suis resté ébahi devant ce chef d'oeuvre, et je comprends pourquoi il est apprécié des vrais cinéphiles. J'ai été surpris par tant de maitrise technique en 1925. Il y a tout dans ce film, un scénario excellent (même si à la base c'est une commande pour la propagande), un rythme soutenu, de la suggestion, beaucoup d'émotions, grâce à un génie derrière la caméra. Certaines scènes sont stupéfiantes, mythiques (les escaliers). Il faut l'avoir vu !
S'il n'y avait qu'un film russe à voir dans sa vie, ce serait celui-là. Eisenstein a un sens du montage impressionnant et d'une modernité bluffante pour l'époque (voir la célèbrissime scène des escaliers d'Odessa). L'ensemble est très efficace malgré un petit coup de vieux.
D’abord petit rappel historique, l'enlisement de la Russie dans le conflit japonais et la dureté du régime autocrate de Nicolas II à la fin de l'année 1904 provoqua une grève à Saint – Pétesbourg où les ouvriers qui protestaient pour de meilleurs conditions de travail, furent durement réprimés. Mais ce massacre faisant une centaine de morts, n'aura fait que de propager l’extension de la révolte qui par la suite entre autres toucha l’armée notamment à Odessa sur le cuirassé Potemkine au mois de juin 1905 où suite à une menace de représailles envers une partie de l’équipage qui protestait de n’avoir à manger que de la viande avariée, des insurgés ont pu prendre le contrôle de leur navire. Le film muet de Sergueï M. Eisenstein traite de la mutinerie du cuirassé Potemkine et montre la répression qui s'en suivie en ville auprès d’une population enthousiaste, qui était venue manifester son appui aux marins. Et s’il s’agit d’un épisode de la Révolution russe de 1905, que le grand réalisateur russe alors âgé de 27 ans immortalisa à travers un de ses meilleurs films, Sergueï M. Eisenstein livre évidemment une vision très personnelle de l’Histoire qui va forcément dans le sens de l'idéologie du Parti Communiste. Cependant même si le fond de son film est idéologique et politique, et que très probablement Sergueï M. Eisenstein instrumentalise entre autres les femmes et les enfants pour mieux convaincre, notamment à travers la fameuse scène du landau, qui se déroule lorsque l’armée tsariste réprime violemment la population en tirant sur la foule innocente, tuant un enfant puis sa mère, ensuite une seconde mère qui en tombant, pousse le landau dans l’escalier, les moments forts de ce film ont incontestablement marqué l’histoire du cinéma et leurs images se sont imposées comme telles, dans la mémoire collective soviétique tout comme également dans celle des pays occidentaux non communistes. Il faut dire que la réussite de ce film doit également son succès non seulement
Le film est intéressant dans l'ensemble pour voir mis à exécution les théories du montage de Eisenstien par le maitre lui-même. Le chapitre des marches d'odessa est un grand moment de cinéma aussi, un bout de péloche qui ne vieillira jamais, une vrai science du découpage et du montage, et seul passage du film où Eisenstein se permet des travellings. Le reste n'a rien de transcendant, on arrive à croire sans mal que le montage "coup de poing" (comme il le définit lui-même) du réalisateur pouvait faire grand illusion à l'époque de la sortie du film, mais de nos jour il en faut un peu plus pour suivre un film sans s'ennuyer, le spectateur n'ayant pas pour but d'analyser une œuvre à l'aune de sa création mais de jouir directement de l'histoire qu'on lui raconte. Alors certes Eisenstein est un technicien hors norme, un outil indispensable à la propagande communiste on en doute pas, mais il lui manque un vrai sens de la narration pour permettre à son film de traverser les âges sans douleur.
Eisenstein c’est l’enfance d’un art avec la foi dans la Révolution, la technique, le machinisme, la collectivité. C’est la découverte du montage (comme dans « Naissance d’une nation » de Griffith), un sens architectural de l’espace, une dramaturgie de la foule. D’une manière plus subliminale c’est aussi la magnification du corps masculin… Le cinéma des années vingt, le cinéma muet en général, était très éminemment visuel, « Le cuirassé Potemkine » offre son lot d’images inoubliables : les escaliers d’Odessa, le mouvement des canons du cuirassé… On sait aujourd’hui que tout cet art n’a abouti qu’à servir un régime cauchemardesque, ça reste pourtant objectivement magnifique.
"Le Cuirassé Potemkine" est le second long métrage du jeune ( à l'époque ) Sergei Mikhailovich Eisenstein, né en 1898. Après avoir été metteur en scène de théâtre, il s'est tourné vers le cinéma en s'inspirant de Dziga Vertov, créateur du "cinéma oeil". Dans son premier long métrage, "La Greve", tourné en 1924, Eisenstein expérimente déjà sa théorie du montage. Il s'est également engagé dans une entreprise gigantesque : faire sept films collectifs (il signe avec Grigori Aleksandrov Le Cuirassé Potemkine), qui retraceront l'histoire de la révolution russe. Mais ils ne seront pas tous tournés ni réalisés dans l'ordre chronologique. Après "Le Cuirassé Potemkine", il enchaînera sur "Octobre" (1927), le dernier film de la série. Dans "Le Cuirassé Potemkine", Sergei Mikhailovich Eisenstein livre une vision personnelle de l'Histoire qui va dans le sens de l'idéologie du Parti Communiste. La séquence la plus célèbre de ce film est celle des escaliers, qui dure six minutes. L'armée tire sur la population solidaire des marins mutinés et fait un massacre. Un landau avec un enfant à l'intérieur dévale les escaliers d'Odessa où a eu lieu la répression. Dans "Les Incorruptibles", Brian De Palma fait explicitement référence à cette séquence, lors de sa célèbre scène de gunfight dans la gare. Pareil dans "Brazil", de Terry Giliam, la scène finale rend également hommage au film. J'ai beaucoup aimé ce film, très symbolique et plein de sens historique. La scène culte des escaliers, je pense l'avoir déjà vue avant, mais elle à toujours autant d'impact dans mon esprit, superbe montage, magnifique musique,... Un film qui a pris de l'âge ( 1926 tout de même! ) mais qui est toujours aussi intéressant historiquement.
Le montage donne un rythme incroyable au film, un scénario prenant et intéressant historiquement et fort en émotion. Des images superbes qui se succèdent à une cadence folle, un chef d'oeuvre du muet toujours aussi fascinant.
Sans aucun doute l'un des plus grands films muet jamais réalisé, " Le Cuirassé Potemkine " est une oeuvre d'une puissance émotionnelle intense et qui mérite pleinement d'être considéré comme étant un classique du genre. Ce long métrage de Serguei Eisenstein possède bon nombre de séquences d'anthologie, et celle qui restera dans toutes les mémoires sera certainement celle de la fusillade sur les marches du palais, qui reste encore aujourd'hui comme une des séquences les plus marquantes de l'histoire du cinéma. L'interprétation est à la hauteur et inspire le respect, d'autant que la quasi intégralité du casting provient des habitants et des marins de la ville d'Odessa. Il s'agit donc d'un film magnifique et qui est a voir et a revoir sans modération, et qui est surtout à découvrir pour ceux qui ne l'aurait jamais vu.
Incontestablement un chef d'oeuvre.Eisenstein grace à son génie indéniable pour la mise en scène nous manipule très efficacement afin de nous faire ressentir des émotions extrèmement fortes.En plus c'est un véritable innovateur avec son travelling sur les escaliers d'Odessa où il fait une magnifique citation à "La Nuit du 4"de Victor Hugo.Une oeuvre extrèmement poignante d'une grande virtuosité.
Il y a des chefs d'oeuvres du cinéma qui sont faits pour ne pas être vus ! Je m'explique : ce film a une réputation mythique avec notamment sa scène du berceau dévalant les escaliers mais en voyant ce film j'ai eu l'impression de voir un vieux film de propagande communiste. Ce film est certes un document intéressant sur une époque mais on est loin du chef d'oeuvre si souvent évoqué...
Un film novateur (cf. le travelling de l'escalier d'Odessa), des angles de caméra fouillés en passant de plans larges (montrant une force collective) à gros plans (sur des individualités enragées ou terrifiées), une narration appliquée et claire. Une des très grands films des années 20.