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Le Cuirassé Potemkine
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Le Cuirassé Potemkine" et de son tournage !

Un hommage au "Cuirassé Potemkine"

La séquence de fin de Brazil contient un hommage appuyé au Cuirasse Potemkine et à sa fameuse scène du landau dévalant les escaliers. Cette fois, un landau descend les marches après que la mère de l'enfant a été tuée lors de l'assaut consécutif à la libération de Sam Lowry.

Eisenstein et sa mère

La mère de Sergei Mikhailovich Eisenstein joue le rôle de la femme qui tient un porcelet tandis qu'Eisenstein lui-même apparaît en citoyen d'Odessa.

Les Incorruptibles

Dans Les Incorruptibles, Brian De Palma fait explicitement référence à la séquence des escaliers du Cuirassé Potemkine. Comme chez Eisenstein, un landau échappe à une mère de famille et dévale des escaliers. Seule différence, la scène est filmée au ralenti et se déroule dans une gare.

Changement de scénario

Ce film a été écrit, tourné et monté en quatre mois. A l'origine, c'est un autre film commémorant l'année 1925 qui devait être tourné dès juillet 1925 à Léningrad. Mais le mauvais temps obligea l'équipe à se replier sur Odessa. Et c'est là Sergei Mikhailovich Eisenstein eut l'idée de changer complètement le scénario intial pour se limiter à la révolte des marins d'Odessa. Mais le retard pris dans le tournage obligea le réalisateur à achever son film dans l'urgence pour que la première puisse avoir lieu le 21 décembre 1925 au Bolchoï.

Un film de commande

La Commission d'Etat a commandé un film à Sergei Mikhailovich Eisenstein pour commémorer le vingtième anniversaire de la Révolution de 1905. C'est donc une oeuvre didactique mais le réalisateur a gardé une grande liberté artistique pour évoquer le sujet. L'Etat soviétique avait décidé de se servir du septième art comme instrument de propagande mais les cinéastes ont pu produire des films qui ne suivaient pas à la lettre la ligne du Parti Communiste durant la NEP (la période d'assouplissement économique et politique engagée par Lénine), contrairement aux autres arts qui ont subi beaucoup plus tôt les foudres de la censure.

Le Drapeau rouge

Ce film en noir et blanc comporte une scène où l'on voit flotter un drapeau rouge. 108 images ont été colorées à la main pour obtenir cet effet.

Décors et figurants

La grande majorité des acteurs du film sont des amateurs. Parmi les figurants se trouvent des habitants d'Odessa ainsi que les marins de la flotte d'Odessa. Le film est tourné en décors naturels.

Une sortie tardive en Occident

Ce film n'a pas pu être distribué officiellement dans les pays non-communistes du fait de son idéologie très explicite. Il a quand même circuler en Europe et aux Etats-Unis, assurant peu à peu une reconnaissance internationale à Sergei Mikhailovich Eisenstein. Mais le réalisateur était déjà mort lorsque son film sortit enfin en salles dans les années 50 en Europe.

La Révolution russe de 1905

L'enlisement de la Russie dans le conflit japonais et la dureté du régime autocrate de Nicolas II à la fin de l'année 1904 provoquent des révoltes chez les ouvriers. Une grève paralyse Saint-Pétersbourg à partir de décembre 1904 et le 22 janvier 1905 la foule se rend au Palais d'Hiver avec une pétition adressée au Tsar pour améliorer les conditions de travail des ouvriers. L'armée tire et fait une centaine de morts, d'où le nom de "dimanche rouge". Ce massacre provoque l'extension de la révolte qui touche désormais le monde paysan et l'armée où des mutinineries éclatent notamment à Odessa sur le cuirassé Potemkine au mois de juin, mais également à Kronstadt et Vladivostok. Une dernière insurrection populaire sera écrasée à Moscou en décembre et les doumas (assemblées représentatives) obtenues par les insurgés seront dissoutes l'une après l'autre.

La scène des escaliers

La séquence la plus célèbre de ce film est celle des escaliers, qui dure six minutes. L'armée tire sur la population solidaire des marins mutinés et fait un massacre. Un landau avec un enfant à l'intérieur dévale les escaliers d'Odessa où a eu lieu la répression. La mise en valeur d'un détail symbolique est une pratique courante chez Sergei Mikhailovich Eisenstein qui juxtapose des plans larges évoquant le personnage collectif des masses opprimées à des plans plus serrés, voire des gros plans d'objets métaphoriques ou de visages exprimant des sentiments individuels comme celui d'une mère qui a perdu son enfant.

La particularité du montage

Sergei Mikhailovich Eisenstein applique dans ce film sa théorie du "montage des attractions" qu'il a explicité dans la revue Lef dès 1923. Selon lui le montage doit produire des chocs en mettant en rapport des éléments a priori indépendants les uns des autres et doit aboutir à "un cinéma coup de poing". Le dynamisme du film ne provient pas de mouvements de caméra, Eisenstein utilisant majoritairement des plans fixes. Parmi les procédés mis en oeuvre par le réalisateur, citons les montages parallèles, les changements de rythme qui procèdent d'un découpage complexe avec une alternance de plans rapides et longs associée à une variation de la valeur des plans, et enfin l'opposition entre des séquences totalement muettes et d'autres accompagnées de musique. Le savant dosage de liaisons et de ruptures fait de ce film un véritable poème symphonique. Toute l'originalité d'Eisenstein est d'avoir poussé aussi loin et aussi tôt la sophistication du montage.

Le sens historique du film

Sergei Mikhailovich Eisenstein livre une vision personnelle de l'Histoire qui va dans le sens de l'idéologie du Parti Communiste : en échouant dans leur mutinerie et en se faisant massacrer les marins et la population d'Odessa ont en fait remporté une victoire sur les nantis. Grâce à leur sacrifice la Révolution de 1917 pourra avoir lieu. La réussite technique et artistique de ce film est telle que la vision subjective de l'Histoire que présente Eisenstein va s'imposer dans la mémoire collective soviétique et également dans celle des pays occidentaux non communistes.

Un jeune réalisateur

Ce film est le second long métrage du jeune Sergei Mikhailovich Eisenstein né en 1898. Après avoir été metteur en scène de théâtre, il s'est tourné vers le cinéma en s'inspirant de Dziga Vertov, créateur du "cinéma oeil" et partisan d'un cinéma documentaire. Dans son premier long métrage, La Greve tourné en 1924, Eisenstein expérimente déjà sa théorie du montage. Il s'est également engagé dans une entreprise gigantesque : faire sept films collectifs (il signe avec Grigori Aleksandrov Le Cuirassé Potemkine), qui retraceront l'histoire de la révolution russe. Mais ils ne seront pas tous tournés ni réalisés dans l'ordre chronologique. Après Le Cuirassé Potemkine, il enchaînera sur Octobre (1927), le dernier film de la série.
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