"Les Biches" de Claude Chabrol emprunte clairement à "Plein Soleil" : même jeu de manipulation, même tension sourde, mais transposé dans un duo féminin. Why (Jacqueline Sassard), jeune artiste de rue, rêve de prendre la place de Frédérique (Stéphane Audran), bourgeoise capricieuse qui collectionne les vies comme des accessoires. L’idée est séduisante, le cadre intimiste, mais le film peine à convaincre.
Le problème ? Un rythme trop lent, une musique omniprésente qui étouffe les silences, et une action confinée dans une seule maison, comme si Chabrol avait peur de sortir de son décor. On bascule vite dans la contemplation passive, et surtout, on ne croit pas une seconde à Frédérique : son cynisme semble plaqué, ses caprices sonnent faux. Quant à Paul (Jean-Louis Trintignant), censé bousculer l’équilibre du duo, il reste étrangement transparent, presque inutile.
Résultat : malgré une prémisse prometteuse: ce triangle amoureux ambiguë, le film s’enlise dans les clichés de la Nouvelle Vague. Dommage, car avec une musique plus discrète et des personnages mieux écrits, l’ambiance aurait pu être envoûtante. Ici, on s’ennuie plus qu’on ne s’attache, et c’est bien le plus grand échec de "Les Biches".