Titre original : Hai shang hua
Long-métrage
chinois.
Genre :
Comédie dramatique
Durée :
2h10 min
Année de production :
1998
Synopsis : Dans le Shanghai du siecle dernier, entre l'opium et le mah-jong, les hommes se disputaient les faveurs des courtisanes qu'on appelait les fleurs de Shanghai. Nous suivons les aventures amoureuses de Wang, un haut fonctionnaire qui travaille aux affaires etrangeres, partage entre deux courtisanes, Rubis et Jasmin.
Aucun point
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216 critiques postées
Sa note : (4)
Sa critique :
Avec «Les fleurs de Shanghai» (1998) Hou Hsiao Hsien nous entraîne au coeur des maisons de courtisanes dans le Shanghai de la fin du XIXème siècle. Entre une partie de mah-jong et une consommation d'opium, les hommes de la haute société s'y disputent les faveurs de jolies «fleurs» toutes affublées d'un nom de pierre précieuse ou de parfum. On y suit plus particulièrement le parcours de Wang partagé entre Rubis et Jasmin. Le réalisateur taïwanais nous gratifie ici d'un film merveilleux, d'une perfection peu commune, d'une délicatesse exquise et d'une pudeur qu'on croyait évanouie en ce bas monde tout abandonné aux plaisirs douteux du voyeurisme. Osons même dire qu'il s'agit d'un authentique chef-d'oeuvre dont la puissance est réelle derrière les apparences décoratives de sa surface. Sous la pellicule d'images splendides couve en effet une tragédie, celle de ces femmes réduites à l'état de marchandise, celle de leurs amours cachées, de leurs humiliations, de leurs rivalités, de leurs jalousies..., une tragédie que ces images entendent certes manifester, mais tout en reconnaissant leurs droits à la retenue et à l'intimité. Et les passions, qui sont violentes mais contenues sous les mille et un rites d'une vie réglée comme du papier à musique, n'explosent qu'en de très rares occasions, ce qui les rend d'autant plus efficacement significatives du drame qui se noue sous nos yeux. Il faut reconnaître que l'art de la mise en scène de Hou Hsiao Hsien est considérable et son cadrage millimétré comme son usage du plan fixe rappellent plus d'une fois Ozu. Rares sont les films plus ou moins récents dont la beauté m'est apparue aussi évidente. L'avenir du cinéma (le vrai) passerait-il par l'Asie (question faussement ingénue!)?
1 056 points
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251 critiques postées
Sa note : (4)
Sa critique :
Magnifique. Hou Hsiao Hsien fait preuve d'un talent peu commun avec ses plans (quasiment) fixes, rappelant quelque peu l'art du grand Ozu. Autant de tableaux éclairés à la perfection, mus pas les déplacements des domestiques, des courtisanes ou des riches hommes recherchant leur fréquentation. Reflet de la rigidité de cette société aux milles usages, on ne quitte jamais les intérieurs luxueux et étouffants, passant sans transition des salles de jeux enfumées aux chambres à coucher où se dénouent nombre d'intrigues. Car parler de courtisanes c'est forcément évoquer les jalousies, les rancoeurs, les mariages arrangés, les rêves déçus ou les amants perdus. Le style épuré de Hou Hsiao Hsien est ainsi tout à fait approprié à la subtilité des rituels de l'époque (la Chine du 19ème siècle), les rares moments passionnés n'en devenant que plus fiévreux et troublants. Le réalisateur taïwanais, contrairement à beaucoup trop de ses contemporains asiatiques, est en effet un cinéaste de la retenue, de la suggestion, quand la mode tend à la surenchère et à la démonstration la plus triviale. Grâce à la sobriété de son style, il parvient à nous toucher et à retranscrire des émotions vraies, malgré une situation particulièrement désenchantée : si quelques protagonistes espèrent encore trouver l'amour, la plupart sont déjà rongés par l'opium et l'argent. Dans les maisons closes de Shanghaï la cupidité côtoie inévitablement le désir, les femmes sont livrées au bon vouloir des hommes et s'en vont épouser le plus offrant. La liberté évidemment étant rarement de mise. Au final, Hsou Hsiao Hsien nous offre donc là un long métrage d'une grande finesse et d'une grande beauté, dépeignant avec un pessimisme certain (sans pour autant se départir de cette objectivité d'historien qui l'honore) une société très codifiée. Et je ne peux que saluer une fois de plus l'Asie Orientale, grande pourvoyeuse de talents!