Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 193 résultats
De Eli Craig
Avec Tyler Labine, Alan Tudyk
Film américain,canadien - Comédie
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(4)
Sa critique : En voila un slasher qu'il est original! J'avais eu vent de son existence par hasard alors que je cherchais un film sans prise de tête pendant les vacances pour passer une bonne soirée et me suis dit pourquoi pas? Bien m'en a pris, j'ai adoré. Passons sur le fait que le titre français est ridicule ("fightent le mal", seriously?) et parlons du film en lui-même. J'ai eu la bonne, que dis-je, la brillante idée de ne pas regarder la bande-annonce avant de voir le film. Je me suis chaudement congratulé après visionnage de la dite bande-annonce qui spoile quasiment tout le film. Ca démarre gentiment comme un survival classique avec d'un côté la bande d'adolescents citadins et de l'autre les bouseux rednecks bien débiles. Jusque-là, on est en terrain connu. Là où ça devient génial, c'est quand on nous prend à contre-pied en nous faisant comprendre que les bouseux sont les héros du film. Tucker & Dale vs evil, c'est l'anti-Délivrance. Passée cette astuce scénaristique, on a droit à des scènes bien gores dont le potentiel comique ne faiblit jamais, des personnages haut en couleur, un rythme persistant et un retournement de situation final qui s'il est quelque part prévisible, reste néanmoins parfaitement amené. On sent l'influence de Shaun Of The Dead (qui reste la référence du genre) mais contrairement à la plupart des films qui s'en sont inspiré, celui-ci est vraiment drôle. Tucker & Dale vs evil, c'est la preuve qu'on peut encore faire de bons films de genre sans aller chercher midi à 14 heures.
De Ryan Nicholson
Avec Alastair Gamble, Saraphina Bardeaux
Film canadien - Epouvante-horreur
Sa note :
(3)
Sa critique : Visionné il y a un an de cela, je me base sur mes souvenirs pour en parler. J'ai eu la "chance" de voir la version non-censurée (je ne conçois même pas qu'on puisse perdre son temps à regarder une version censurée d'un tel film) et je peux dire que ça envoie du lourd. Gutterballs, c'est du gras, du gore, du velu. Un slasher bien vicieux qui a la bonne idée de ne pas se prendre au sérieux. Du véritable Maurice Devereaux sous acides. C'est à se demander comment le réalisateur peut être le même type qui a réalisé Star Vehicle, un autre slasher qui lui est à mourir d'ennui et met 50 minutes à démarrer sur 1h09 de pellicule. Ca commence fort avec la présentation de personnages plus antipathiques et débiles les uns que les autres, suivie d'une scène de viol interminable et sadique (au moyen d'une quille, un détail qui aura son importance) . On commence à se demander ce qu'on est en train de regarder, puis arrivent les premiers meurtres (au moyen...d'une quille! HAHA!). La scène de la préparation du tueur qui affûte ses quilles et enfile son masque façon Rambo est à elle seule un grand moment de cinéma. Gutterballs bénéficie d'un décor indéniablement cinégénique (la totalité du film se déroule dans un club de bowling) et de quelques idées qui assurent une bonne tranche de rigolade (la wax machine parlante vaut à elle-seule le détour). L'intérêt de la version non-censurée est justement de pouvoir bénéficier des délires les plus tordus du réalisateur, comme par exemple[spoiler] assister au découpage d'un pénis dans le sens de la longueur qui devient ainsi un vagin (ce que j'appelle le syndrome Garrison)[/spoiler]. Et de ce côté-là, il n'a pas eu froid aux yeux, ça tourne parfois au film porno cradingue. Le délire gore atteint son paroxysme dans la scène finale, notamment avec l'explication du pourquoi du comment et le règlement de compte finale. Evidemment, il ne faut pas chercher la moindre cohérence dans ce film. Et en effet, ça a probablement été filmé avec une pomme de terre. Mais cette décadence visuelle ne m'a aucunement dérangé : je trouve qu'elle sied parfaitement à l'ambiance générale du film. Gutterballs ne révolutionne rien, mais telle n'est pas son ambition. C'est un slasher complètement barré, réservé à des fans de slasher avertis.
De Scott Spiegel
Avec Kip Pardue, Thomas Kretschmann
Film américain - Epouvante-horreur
Sa note :
(1)
Sa critique : C'est absolument par hasard que j'ai appris l'existence d'un Hostel Part III, moi qui me demandais encore naïvement si Eli Roth allait un jour faire de son diptyque une trilogie. Je pense qu'on peut y renoncer: Scott Spiegel a décidé d'enterrer la saga. Lorsque le producteur exécutif d'Hostel I et II décide de réaliser lui-même un troisième opus, on peut vraisemblablement en déduire que le réalisateur a quitté le navire et que le producteur a décidé de se taper lui-même le sale boulot pour remplir un peu plus les caisses (pourquoi s'arrêter au bout de deux réussites quand on peut faire la même erreur que les producteurs de Saw, qui semblent d'ailleurs enthousiastes pour un huitième épisode?). Hostel 3, c'est donc l'épisode de trop, celui qui ne sert à rien car il a été fait sans passion, si ce n'est celle de la rentabilité. Le premier volet était hyper efficace, le deuxième sophistiqué et bourré d'humour noir, le troisième est simplement banal. Oui, banal est probablement l'adjectif qui lui sied le mieux. Dès la scène d'introduction, ça transpire le pré-mâché. La mise en scène est impersonnelle, les dialogues sans saveur. La suite ne va pas en s'arrangeant puisqu'au-delà des personnages sans charisme, l'âme des deux premiers films a totalement disparu! Exit l'Europe de l'est, ce film se déroule à Vegas (l'ambiance crasseuse en prend un coup). Terminé les scènes gores, on n'a droit qu'à quelques plans vaguement saignants (et des effets spéciaux médiocres). Sans compter une scène hallucinante où un type est tué d'une dizaine de flèches au moyen d'une arbalète, sans se plaindre une seule fois, le tout à grands renforts de faux raccords. L'idée qui semble devoir justifier la mise en chantier de ce film (les meurtres en public) n'apporte tout simplement rien, que ce soit au scénario ou à l'ambiance. Le plus grand mystère restera sans doute l'implication d'Eli Roth en tant que producteur de cette aberration qui semble n'avoir aucun rapport de près ou de loin avec les deux seuls vrais Hostel.
De John Ottman
Avec Jennifer Morrison, Matthew Davis
Film américain - Epouvante-horreur
Sa note :
(2)
Sa critique : En tant que grand consommateur de films d’horreur, il était de mon devoir de regarder ce fameux Urban Legend 2 que certains n’hésitent pas à désigner comme le pire slasher qui soit. Après l’avoir vu, mon opinion reste inchangée: je décerne pour ma part le titre de plus mauvais slasher de tous les temps au remake de Prom Night. Urban Legend 2 n’est pour ainsi dire ni meilleur ni plus mauvais que Urban Legend premier du nom. Ils jouent à peu près dans la même catégorie, bien que le rapport entre les deux soit infime. Car en réalité, Urban Legend 2 n’est pas la suite du premier, le tueur n’est pas le même, ses motivations non plus, seul le personnage de Loretta Devine permet de faire le lien. Et parlons-en de ce personnage: il est à peu près aussi inutile que dans le premier film. Cette femme flic ne fait pas son boulot (elle aurait pu empêcher un meurtre mais elle est trop occupée à…ne rien foutre) et pourtant elle est toujours dans les parages, quoi qu’il arrive. C’est l’exemple typique du personnage omniprésent mais passif et toujours dépassé par les évènements (elle a pourtant survécu à la tuerie du premier film, a été mutée parce qu’elle refusait de mentir à propos de la dite tuerie mais malgré cela elle refuse obstinément de croire la jeune fille qui soutient qu’il y a un tueur sur le campus: moi je dis on se fout de nous!). En gros, cette femme est l’élément sympa du film, celle qui apporte la bonne humeur dans un monde où les gens se font étriper si sérieusement…Pour ce qui est de l’héroine, pas grand-chose à signaler, c’est grossièrement le même engin que dans le premier film, d’ailleurs sa fonction est à peu près identique: avoir peur, gueuler de temps en temps et avoir du bol. Quand au tueur, pour qu’on ne devine pas de qui il s’agit, les scénaristes ont fait en sorte que ce soit un personnage dont tout le monde se fout et qu’on a vu à peu près 5 minutes, dont le mobile prête à de grands éclats de rire (« J’ai pas pu aller à Hollywood alors tu vas mourir toi et tous tes amis et même ton poisson rouge! »). Mais le plus gros défaut de cette suite est probablement Matthew Davis, celui qui est censé jouer le beau gosse de service (enfin les deux beaux gosses: oui parce qu’il y a une histoire de jumeaux hyper crédible dans ce film). Ce type est tout simplement un très mauvais acteur: il est transparent, inexpressif, son jeu est le même quel que soit son rôle, tout ce qu’il a pour lui ce sont ses yeux bleus. Ce type est un mannequin, un mannequin de cire, pas un comédien. On lui mettrait des baffes pour le réveiller tellement il a l’air amorphe: son frère vient de mourir, et il tire exactement la même tronche que…ben que pendant tout le reste du film en fait. Je ne m’attarderai pas sur les jumps scare gratuits habituels, qui surprennent autant qu’un pet dans un bain. Mais tous ces défauts font-ils de Urban Legend 2 le pire slasher qui soit? Certainement pas, car ces défauts étaient prévisibles étant donné qu’ils sont inhérents à bon nombre d’autres slashers pour ados. Et puis, ce film est quoi qu’on en dise suffisamment distrayant pour ne pas inspirer la même exaspération qu’un certain Prom Night 2008 (notez au passage que ce film est sorti avec des années de retard), il est plus saignant que l’original (pas de quoi faire des cauchemars non plus, on reste dans le teen-movie), il fait preuve d’une certaine variété dans les scènes de meurtres (fenêtre brisée, pistolet, rasoir, électricité, corde…même un objectif de caméra devient une arme!), il comporte une scène assez intéressante où une actrice jouant une actrice est tuée dans une scène où elle devrait être confrontée à un faux tueur sauf que là c’est pour de vrai, sorte de double mise en abîme ou de film dans le film dans le film (ça y est, je vous ai perdus là, essayez de suivre!) et…ça y est je suis à court d’arguments. Tout ça pour dire que ce Final Cut est certes loin d’être un bon film mais qu’il n’est pas pour autant le plus mauvais du genre.
De Jamie Blanks
Avec Alicia Witt, Jared Leto
Film américain,français,canadien - Epouvante-horreur
Sa note :
(2)
Sa critique : Copie de copie de Scream (mais sans le second degré), Urban Legend appartient à la vague de néo-slashers ayant déferlé sur le paysage hollywoodien à partir de la fin des années 90. Ils se font aujourd’hui de plus en plus rares grâce à la popularisation des survivals gores, catégorie de films d’horreur dont les néo-slashers ne font clairement pas partie. Urban Legend, quant à lui, semble clairement s’y opposer. L’introduction donne le ton du long-métrage tout entier: une jeune femme tombe en panne au milieu de nulle part mais comme elle a du bol elle atteint une station-essence juste avant l’arrêt de sa voiture. Elle tombe sur un pompiste bègue (apparition sympa de Brad Dourif, inoubliable Chucky) qui semble avoir quelque chose à lui dire mais la bougresse effrayée s’enfuit sans l’écouter. Bon, jusque là c’est filmé platement mais il y a une certaine tension: on se dit qu’on a peut-être affaire à un petit film d’horreur sympatoche. Il s’avère en fait que la donzelle n’était pas seule dans sa voiture et elle se prend un méchant coup de hache. Et c’est là qu’on comprend avec désappointement que l’on a affaire à un teen-movie. Car en effet, au lieu d’assister à une décapitation en bonne et due forme, on ne voit rien de plus qu’une hache traversant la vitre conducteur (avec un peu de sang tout de même pour nous rappeler que c’est un film d’horreur et pas un documentaire sur un bucheron qui a mal tourné…). Vient ensuite la présentation des blair…des personnages avec comme dans tout bon slasher cliché qui se respecte une jolie innocente (non on ne devine pas immédiatement qu’elle va s’en sortir quoi arrêtez les mecs!), sa meilleure amie qui est trop pas coincée pour qu’on fasse tout de suite la différence, le beau gosse un peu ténébreux (non on ne devine pas que l’héroïne va en tomber amoureuse arrêtez quoi!), le mec populaire déjanté qui organise des supers teufs (joué par un Michael Rosenbaum avec des cheveux!), la blonde à forte poitrine (Tara Reid, entre ça, American Pie et Alone in the dark, elle aura enchaîné les grands films) sans oublier le gros blaireau qui veut se faire l’héroïne (Joshua Jackson, qui jouait déjà un blaireau dans Dawson mais cette fois c’est plus marrant parce qu’il meurt gniark gniark!). On citera Danielle Harris, habituée du genre qui fait une apparition sympa en gothique dévergondée, ainsi que le légendaire Robert Englund, que je ne vous ferai pas l’affront de présenter. La première partie du métrage réserve évidemment son lot de blagues potaches: profitez-en, parce que le reste du film se prend bien trop au sérieux. En dehors de sa platitude absolue, de son absence d’imagination navrante, de ses agressions sonores censées nous faire sursauter à la moindre apparition surprise du concierge, d’une mouche qui pète ou de la chatte à la voisine et de sa violence bien trop soft pour être honnête (le pire étant probablement le meurtre à coups de hache où on ne voit ni le sang ni la victime), Urban Legend semble se moquer de nous de par son refus total de la cohérence la plus élémentaire. Ainsi, la force physique de ce tueur qui semble infaillible (ou particulièrement chanceux, c'est selon) prête à sourire lorsqu’on découvre de qui il s’agit (dans un final assez ridicule soit dit en passant). Tout comme le fait qu’un homme pousse à peine un « ouille » en se faisant trancher les tendons d’Achille (film vu en Vo) et s’enfuit à 4 pattes aussi rapidement que possible (il devrait ramper mais bon apparemment il a pas vraiment mal) mais sans avoir le bon sens d’éviter la voiture qui lui arrive dessus (pourtant elle ne va pas très vite, contrairement à lui qui court à 4 pattes, il faut le voir pour le croire…). Enfin, on ne pouvait pas attendre grand-chose d’une copie de copie, et Urban Legend a au moins le mérite d’avoir une héroïne charmante (comment ça c’est pas un argument?), de nous montrer la mort de Joshua Jackson (ça c’était drôle!), et d’être plutôt distrayant, voire même assez poilant (pas forcément volontairement). On retiendra surtout la révélation finale, qui défit toute cohérence scénaristique, et la lamentable tentative de sursaut ultime (bouh!Je suis derrière toi et c’est pas deux balles et une énorme chute qui vont me tuer!). A mi-chemin entre le navet et le nanar, tant la nullité et le risible y cohabitent harmonieusement. Et là, voyez-vous, je réalise que j’ai rédigé ma plus longue critique à ce jour pour un film qui n’en méritait pas tant.
Sa note :
(3)
Sa critique : Black Christmas est considéré par certains comme le tout premier slasher, ce qui n’est pas totalement vrai. Le film à suspense Psychose a posé les premières bases du slasher en 1960, puis Massacre à la Tronçonneuse a débarqué aux Etats-Unis le 1er octobre 1974, soit quelques jours avant la première sortie en salles de Black Christmas. A moins que Massacre à la Tronçonneuse ne soit pas considéré comme un slasher, Black Christmas n’est pas le premier film du genre, bien qu’il ait clairement influencé Halloween et contribué à poser les bases du genre. Que dire sur le film en lui-même? Si on le compare à Psychose, Massacre à la Tonçonneuse où Halloween, le constat est sans appel: il a moins bien vieillit que les autres précurseurs du genre. La meilleure idée du film, et le seul aspect de la mise en scène qui est à retenir, c’est l’utilisation de la caméra subjective, qui nous met dans la peau du tueur. Mais même cette idée, qui est par ailleurs tout à fait excellente, crée un sentiment de frustration chez le spectateur car elle n’est jamais réellement exploitée. En effet, on voit à travers les yeux du meurtrier lorsqu’il entre dans la maison, qu’il se déplace, qu’il attend ou encore lorsqu’il se met en colère; ce qui crée à chaque fois une tension palpable, mais jamais on ne le voit tuer quelqu’un sous cet angle. Et c’est là que réside le principal défaut de Black Christmas: si les scènes de meurtre sont osées pour son époque, elles sont loin d’être marquantes aujourd’hui et l’interdiction aux moins de 18 ans prête à sourire. La caméra subjective est une idée qui fut reprise dans Halloween, puis dans Vendredi 13, et elle fut bien mieux exploitée dans ces deux films. Le plus décevant reste sans doute la fin, qui est pourtant assez stressante lorsque Jessica est au téléphone puis décide de monter à l’étage, mais dont la tension retombe comme un soufflet dans la scène de la cave, faute de montée en puissance et d’inspiration (la conclusion de cette séquence est vraiment très facile: on est loin de la frénésie du final de Massacre à la Tronçonneuse). On déplorera aussi un manque de rythme plombant. Mais tout n’est pas à jeter dans Black Christmas: il y a quelques bons moments de stress, des idées (ce film est quand même un précurseur), des scènes téléphoniques particulièrement efficaces et surtout une interprétation impeccable (ce qui pour un slasher mérite largement d’être souligné). Le tueur est assez intéressant car beaucoup plus humain que Leatherface, Myers où Jason: c’est un déséquilibré obscène et expansif. L’héroine, Jessica, n’est quant à elle pas comparable au personnage joué par Jamie Lee Curtis dans Halloween: elle n’est pas vierge, elle est par ailleurs enceinte et pour couronner le tout souhaite avorter. Comme quoi, les règles du slasher ne viennent pas toutes de Black Christmas, Halloween ayant été plus marquant et plus populaire, probablement en grande partie grâce au légendaire Michael Myers, meurtrier mécanique et allégorie traumatisante de la mort. Si Black Christmas n’a pas autant marqué, c’est probablement à cause de ses personnages qui sont paradoxalement plus crédibles et humains. Il a tout de même eu droit à son remake…qui fut un échec.
De Uwe Boll
Avec Brendan Fletcher, Michael Paré
Film allemand,canadien - Thriller
Sa note :
(3)
Sa critique : Uwe Boll est décidément un homme imprévisible, dont la carrière ne cesse de nous surprendre. Après quelques films sans grand intérêt, le bonhomme s’est lancé dans l’adaptation de jeux vidéos avec le mythique House of the Dead. Il sait que ce genre de films est rentable, c’est pourquoi il enchaîne les adaptations de licences vidéo-ludiques, se reposant ainsi sur les titres de ses « oeuvres » lui garantissant de bonnes recettes, tout en admettant volontiers que les jeux vidéos ne l’intéressent pas le moins du monde. Après avoir acquis la réputation de Ed Wood des temps modernes, Uwe Boll change brusquement d’orientation et se met à réaliser des films bien plus glauques: il y eut d’abord Seed, puis les films coup de poing Rampage et Stoic. Intéressons-nous de plus près à Rampage, qui est sans conteste à ce jour le film le plus réussi de Boll (ou le moins raté?). C’est l’histoire d’un jeune homme sans emploi et sans perspective d’avenir (surprenant Brendan Fletcher), vivant toujours chez ses parents et refaisant le monde dans un fast-food avec celui qui est vraisemblablement son seul ami. Mais en parler ne lui suffit pas: il a un plan. Le jour j, il sort de chez lui affublé d’une véritable armure et de tout un arsenal (vive la libre circulation des armes…) pour faire le ménage. Mais quel est vraiment son but? En effet, si les scènes de tueries sont crues et nombreuses, la violence de Rampage n’est pas gratuite. Pour une fois, Uwe Boll a réalisé un film ayant un sens, une cohérence. Ce déchainement de violence semble au premier abord être un acte de haine envers la société, puis on se rend compte que le tueur fait preuve d’une froideur hallucinante. Il semble vouloir se venger de certaines personnes, il s’arrête un instant dans une salle de bingo où personne ne le remarquera (réflexion sur les vieux déjà à moitié morts?), il passe par la banque pour faire un braquage, brûle une partie de l’argent comme s’il voulait s’attaquer au consumérisme, voire même au capitalisme, puis vient l’étape finale de son plan diabolique, qui consiste à créer un martyr qui mourra à sa place. Arrive enfin la scène finale dans laquelle notre antihéros explique le pourquoi du comment, ce qui donne au final un film sans subtilité mais au propos cohérent et surtout qui fait froid dans le dos. Uwe Boll frappe là où ça fait mal, même si on pourra déplorer ses tics de mise en scène, ainsi qu'une première partie un peu lente et par ailleurs alourdie par des flashforwards inutiles, épileptiques et surtout déplacés puisqu’ils montrent des évènements qui tirent leur force du fait qu’ils sont imprévisibles. Pour une fois qu’Uwe Boll réalise un film dans lequel la violence est au service d’un scénario et non l’inverse, il serait regrettable de le classer automatiquement dans la catégorie « Uwe Boll donc sans intérêt ». Il est clair que notre allemand préféré ne sera jamais un grand réalisateur, mais il aura réussi à prouver qu’il est loin d’être le plus mauvais.
De Robert Rodriguez
Avec Rose McGowan, Freddy Rodriguez
Film américain - Epouvante-horreur
Sa note :
(4)
Sa critique : Planet Terror, deuxième volet du diptyque Grindhouse, écrit et réalisé par Robert Rodriguez, est un des meilleurs films de son auteur. On y retrouve un peu l’ambiance d’Une Nuit En Enfer, sauf que les vampires y sont remplacés par des zombies bien dégueus. Planet Terror est une ode au bourrinage, à l’ultra-violence décomplexée, aux giclées de pus, à la sauce barbecue et aux jambes mitraillettes. Un grand n’importe quoi visuel et scénaristique où tout est permis, et c’est pour ça que c’est si bon. Ca commence avec une lap dance très chaude, suivie de la présentation d’un biologiste collectionneur de testicules et de Bruce Willis en chef de militaires zombies. Personne n’osait en rêver, Robert Rodriguez l’a fait. Beaucoup plus rythmé, généreux et insolent que le Death Proof de Tarantino, ce film mélange série B et Z avec un enthousiasme rarement vu dans le genre. Les répliques font mouche, un grand nombre d’entre elles sont déjà cultes, à l’image de la fausse bande-annonce d’un certain Machette, devenue un véritable film qui se veut lui aussi être un hommage au cinéma bis (le résultat est cependant décevant et même nettement moins abouti que la bande annonce). Joyeusement bordélique, ce délire cinéphagique est le véritable descendant d’Evil Dead et Braindead. Et quand on connaît les réalisateurs qui étaient aux manettes de ces deux films cultes, ce n’est vraiment pas peu dire. La preuve que faire du neuf avec du vieux, ça peut donner un cocktail très réjouissant et délicieusement répugnant.
Sa note :
(1)
Sa critique : The Mechanic. Rarement un film d’action aura aussi bien porté son titre. Tout, absolument tout est mécanique dans ce film, de la mise en scène en pilote automatique à l’interprétation. Remake d’un « classique » des années 70, ce long-métrage vient compléter la longue liste des films d’action réalisés à la gloire de Jason Statham. Ce dernier fait ce qu’il fait le mieux: il bourrine en prenant un air sérieux (ce qui est impardonnable quand on sait qu’il a un réel talent). Dans The Mechanic, il joue le rôle d’un tueur à gages hyper expérimenté (original). La scène d’intro fait pourtant bien illusion: Jason Statham tue un homme en faisant passer sa mort pour un accident. L’affrontement avec les gardes du corps n’aura pas lieu: on se dit qu’on a peut-être affaire à un film d’action pas trop rentre-dedans. Eh bien non. Les 20 minutes suivantes sont d’une platitude hallucinante, puis arrive « l’initiation » de l’apprenti: il doit tuer un tueur en lui injectant une dose mortelle d’un certain produit. Seulement voilà: tuer un homme c’est pas comme acheter du pain du coup il manque son occasion et le gringalet décide finalement qu’il n’a qu’à dézinguer le colosse de 2 mètres en l’étranglant avec sa ceinture. Et alors là c’est le drame: il se prend moult coups de pieds et de poing, valdingue à travers toute la baraque, mais trouve quand même la force d’achever son adversaire (qui est un tueur professionnel, je le rappelle). Le même problème surviendra lors du deuxième meurtre: cette fois, ce sont les gardes du corps qui débaroulent dans la pièce, ce qui donne lieu, bien évidemment, à une fusillade avec la caméra bien tremblante qu'on retrouve inexorablement dans ce genre de productions. Ne vous attendez donc pas à une version live de Splinter Cell, The Mechanic est plus proche de la subtilité d’un Call Of Duty. Ce qui est amusant, c’est qu’il paraît que le scénario se veut profond. Il est vrai que l’idée de l’élève voulant se venger du maître aurait pu aboutir à quelque chose d’intéressant, l’ennui c’est que ça ne va nulle part. Il n’y aura même pas de confrontation, les scénaristes ayant choisit le dénouement le plus mécanique et déshumanisé possible, la pyrotechnie prend le pas sur la psychologie (qui est en fait inexistante tout au long du film). Jason Statham n’insuffle aucune humanité à son personnage qui tue sans cligner des yeux, Donald Sutherland cachetonne pendant 5 minutes et semble se fendre la gueule (tu m'étonnes); quant à Ben Foster, il a l’air constamment navré, à croire qu’on l’a forcé à participer au tournage. The Mechanic transpire la banalité et le prémâché: ce n’est certainement pas le film d’action de l’année.
Sa note :
(2)
Sa critique : Parmi toutes les suites qu’ont engendrés les films de Paul Verhoeven, aucune n’a été réalisée par Paul Verhoeven lui-même. Et quand on les regarde, on comprend pourquoi. Le fait est que les films du Hollandais violent se suffisent à eux-mêmes et que leurs suites ne sont rien de plus que des productions opportunistes (à part peut-être Robocop 2, qui était fidèle à l’original, voire un peu trop extrême). Hollow Man 2 ne déroge pas à la règle: c’est une production fauchée dont le scénario n’apporte strictement rien au film original, si tant est qu’il y ait un rapport entre les deux films (à part l’évocation de l’équipe ayant trouvé le secret de l’invisibilité, les deux Hollow Man n’ont à peu près aucun lien). Tandis que Hollow Man premier du nom était une réflexion sur le pouvoir, racontant l’histoire d’un « X-man » sombrant dans la paranoïa et la folie, Hollow Man 2 se concentre sur un personnage de flic dont tout le monde se fout traquant un tueur invisible qui cherche le moyen d’allonger son espérance de vie (car l’invisibilité a de fâcheux effets secondaires: ça donne des cancers, des croûtes et des verrues). Qu’à cela ne tienne, le scénario aurait pu exploiter le filon du pouvoir qui raccourcit la vie tout en la rendant plus excitante, mais pas du tout: l’invisibilité n’est ici qu’un prétexte destiné à mettre un peu de piment dans une enquête policière très molle, grâce à un tueur qui est forcément plus difficile à neutraliser, puisqu’on ne le voit pas. L’intrigue est donc centrée sur le gentil policier au regard de séducteur, qui veut venger son équipière assassinée à cause des mensonges d’une vilaine femme médecin qui a tout de même un bon fond puisqu’elle mettra sa propre vie en péril pour réparer ses bêtises etc et patin couffin…Autant dire que c’est loin d’être passionnant, et vu que le film est extrêmement radin en effets spéciaux, faible budget oblige, on a tendance à s’ennuyer un peu. Que reste-t-il dans tout ça? Un Christian Slater propre sur lui (on ne le voit pas mais il joue bien), et une scène d’introduction qui tente vaguement de rappeler le style de Verhoeven (avec un plan nichon furtif et un égorgement bien saignant). Evidemment, il ne reste absolument rien de l’esprit subversif du réalisateur batave et le reste du long-métrage baigne dans la banalité la plus totale. Pas nécessairement mauvais (après tout, c’est pas moins bon que n’importe quel téléfilm passant sur M6) mais tout simplement dispensable.

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