Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 3 sur 3 résultats
De Richard Kelly
Avec Dwayne Johnson, Seann William Scott
Film français,allemand,américain - Science fiction
Sa note :
(5)
Sa critique : Ah, qu'il est doux de lire les commentaires de ceux qui décrient ce chef-d'œuvre (et je pèse mes mots). La seule chose que l'on peut reprocher à Southland Tales c'est qu'une fois les deux heures vingt écoulées il est grandement préférable (voire absolument impératif) de se replonger dans le film et de lire en parallèle les comics contant les trois premiers chapitres de l'histoire (Southland Tales : The Prequel Saga) afin d'en saisir toutes les imbrications, toutes les situations, toutes les références. Une fois cette étape passé (ce qui de toute manière n'est vraiment pas dérangeant quand il s'agit d'un tel bijoux artistique), c'est le pied total ! Ce film dénonce la fin du monde et tout particulièrement la déchéance de la société occidentale, d'une manière jamais vue jusqu'alors mais, en même temps, pleine d'une réalité déjà constatable (asseyez-vous devant un poste de télévision, vous verrez de quoi je parle). Le choix tout particulier apporté au casting (icônes de la pop culture et autres bras-cassés cinématographiques) n'en est qu'un aperçu. C'est bien le nivellement par le bas de notre société (avec, ici, les Etats Unis en porte-étendard de la connerie universelle) qui est dénoncé dans ce film. Le monde appartient à la culture de masse et y est tellement ancré que presque personne ne s'aperçoit quand on le lui fait remarquer. Southland Tales n'est pas un film d'anticipation, ni même une dystopie, c'est notre mode de vie qui est mis en scène, notre glorification du vide et de l'inculture. Et le plus triste dans tout ça c'est que ce film est destiné à ceux qui ne le comprendrons jamais. Parce que nous on sait déjà qu'on va droit dans le mur...
De Park Chan-wook
Avec Lim Soo-Jung, Jung Ji-Hoon
Film sud-coréen - Comédie dramatique
Sa note :
(4)
Sa critique : Cette fable éclectique est un véritable régal, une incursion dans un univers de folie douce. Park Chan-wook fait de nous, durant une heure et demie, les pensionnaires de cet hôpital psychiatrique bien particulier, nous dépeignant de multiples portraits (dont vous augurez de la teneur en lucidité), tous attachant de par leurs différentes déviances. La beauté transparaît dans ces humains tordus, décalés et dans leur relation au monde. La folie s'efface, devient réalité, et nous plongeons dès les premières secondes dans le délire de cette joyeuse bande de freaks. Mais, même si le propos est toujours léger, oscillant entre romance et comédie, parfois la violence propre au Maître s'insinue au détour de quelques scènes, nous rappelant que c'est tout de même un Park Chan-wook que l'on à sous les yeux. De plus, mais c'est une marque de fabrique chez le réalisateur, le film est techniquement impressionnant. Chaque détail est maîtrisé, chaque plan, léché au possible, devient un tableau en mouvement, éclatant de couleurs. Coloré, le film l'est d'ailleurs étonnement en comparaison des trois précédents, qui usaient du noir et du blanc avec une telle maîtrise, une telle justesse, que certains redoutaient le nouveau long-métrage au vu des affiches promotionnelles. Mais l'homme nous prouve une fois encore sa versatilité, maîtrisant la couleur autant que le noir et le blanc, le film léger autant que le film dur. Un grand réalisateur, ni plus ni moins. "I'm a cyborg but that's ok" ressemble à une parenthèse entre deux cauchemars, une petite bulle de savon perdue dans une mer d'encre. Là où d'autres chassent leurs démons en réalisant de temps en temps des films durs, Park Chan-wook exorcise les siens au travers d'une douce comédie hallucinée, véritable invitation à la folie...
De Charlie Kaufman
Avec Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener
Film américain - Comédie dramatique
Sa note :
(5)
Sa critique : Film-monde, absolu et ambitieux, une perle unique, une leçon de vie, un chef-d'œuvre. Ceux qui attaquent le caractère nombriliste de la chose n'ont rien compris au titre. Ceux qui le comparent aux précédents scénarios de Kaufman n'ont rien compris au cinéma. Ceux qui l'accusent de n'être qu'un amas de scènes sans rapports entre elles n'ont rien compris à la vie elle-même. Ce film EST une synecdoque de l'homme, de l'artiste en général et de sa vie. Le personnage de Caden, porté de bout en bout par un Philip Seymour Hoffman époustouflant, n'est pas qu'un metteur en scène névrosé que le premier imbécile venu aura tôt fait d'apparenter à un énième Woody Allen; il est l'incarnation du processus créatif, de ce qui se passe, non pas dans l'esprit d'un Charlie Kaufman narcissique, mais dans celui de tout tout les êtres pourvus d'une conscience artistique. La solitude, la folie, le détachement propres à l'artiste sont magnifiquement mis en scènes, les débordements oniriques qui prennent le pas sur la "réalité" ne font que représenter le feux d'artifice perpétuel qui tourbillonne dans sa tête, l'égarement chronologique n'est là que pour souligner son oubli de l'existence... Kaufman dénude la vie de l'artiste, la met à vif et nous la sert sur un plateau d'argent. Du grand Cinéma.
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