velocio  

Membre depuis 4862 jours | Dernière activité : 22/10/2017

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La Belle et la Meute

Critique de La Belle et la Meute

   4.5 - Excellent
C'est un film vers lequel j'allais sur la pointe des pieds, "Le challat de Tunis", le film précédent de la jeune réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, ne m'ayant que partiellement convaincu. Mais là, j'ai vite compris que les progrès réalisés en matière de maîtrise dans la mise en scène étaient énormes. Basé sur l'histoire vraie d'une jeune femme violée par des policiers quelques mois après la révolution de Jasmin et qui s'est battue pour faire condamner ses violeurs, "La belle et la meute" est même une véritable leçon de cinéma, avec des comédiens totalement investis, des plans séquences le plus souvent très longs et extraordinaires de pertinence et avec une caméra d'une grande fluidité qui arrive à nous persuader qu'on est avec Mariam et qu'on partage sa rage et ses angoisses. Un film qu'il faut voir absolument, un film dont on ne sort pas totalement indemne et dont, forcément, on gardera le souvenir très longtemps.
L'Assemblée

Critique de L'Assemblée

   3.5 - Bien
A la lecture du titre, vous pensez peut-être qu'il s'agit d'un film consacré à l'assemblée nationale. Vous avez tort ! Il s'agit d'un film documentaire consacré à une autre forme de démocratie, en l'occurrence le mouvement Nuit debout, mouvement lancé le 31 mars 2016 en opposition à la loi travail du gouvernement Valls. Cette autre forme de démocratie, c'est la démocratie directe, dans la lignée de l'Agora grecque, du mouvement des indignés en Espagne, du mouvement Occupy aux Etats-Unis, etc. La démocratie participative est-elle une vraie démocratie ? Réponse du mouvement : toute urne est funéraire. Philosophie de ce mouvement : il n'y a pas d'émanation d'une élite de type bolchévique mais un lieu où tout le monde peut s'exprimer. La réalisatrice de documentaire Mariana Otero a filmé tout ce qui se passait sur la place de la République à Paris du 1er avril (ou 32 mars !) à juillet 2016. Son but : "apporter un regard différent des médias qui, eux se focalisaient plutôt sur le spectaculaire sans avoir le temps de comprendre de l’intérieur ce qui se pensait sur la place, donner le temps au temps et faire un film qui donne une forme à ce qui se construisait jour après jour". Elle a donc filmé les diverses commissions qui se créent, les modérateurs, les facilitateurs et les chronométreurs qui s'efforcent de rendre constructives les réunions qui, tous les jours, sont organisées. Une proposition intéressante qui est mise en œuvre : un langage des signes permettant aux participants à une réunion de faire connaître leur opinion, sans bruit, sans interrompre celle ou celui qui s'exprime : un signe pour exprimer son accord, d'autres pour exprimer son désaccord, le fait qu'on a compris, qu'on n'a pas compris, qu'on a déjà entendu l'argument, ... Durant cette période, il pleut souvent : la pluie serait-elle de droite ? Quant aux rapports avec la police, ils sont souvent musclés. Une certitude apparait : il est difficile de faire vivre une démocratie directe, mais, en même temps, qu'y a-t-il de plus exaltant ? Et une question qui se pose : doit-on voter ou pas ? Certains sont pour, d'autres contres. En tout cas, François Ruffin, un des éléments moteurs de ce mouvement, rédacteur en chef du journal de "Fakir" et réalisateur du film "Merci Patron !", a tranché dans le vif : il fait partie des députés de la France Insoumise depuis juin dernier.
Taxi Sofia

Critique de Taxi Sofia

   4 - Très bien
Une certitude : le réalisateur bulgare Stephan Komandarev ne jouit pas d’une grande renommée dans notre pays. En fait, parmi ses 3 premiers longs métrages de fiction, un seul, "The world is big", avait, jusqu’à présent, fait l’objet d’une sortie hexagonale. Il se pourrait que les choses changent avec "Taxi Sofia", présenté dans la sélection Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes ! D’après un des protagonistes de "Taxi Sofia", la Bulgarie serait le pays où on rencontre le plus fort pourcentage d’optimistes. En effet, rajoute-t-il, les réalistes et les pessimistes sont tous déjà partis ! Pourquoi donc ? Eh bien, mieux qu’un long discours, les 103 minutes que dure le film permettent de nous apporter de nombreuses explications à ce rejet de leur propre pays par un grand nombre de bulgares. On y voit une Bulgarie où règne la corruption, un pays dans lequel, cyniquement, un puissant reconnait que lui et ses semblables écrivent les lois en leur faveur et négligent la protection des faibles, un pays où de nombreux apparatchiks communistes n’ont eu aucun problème pour se convertir au libéralisme le plus débridé, un pays où la jeunesse se prostitue et où le suicide semble présenter une porte de sortie tentante pour ceux qui ne sont pas partis ailleurs, un pays, enfin, où les plus beaux diplômes ne sont pas suffisants pour arriver à joindre les deux bouts. C’est pourquoi on retrouve, dans ce film à sketchs, des chauffeurs de taxi alignant des kilomètres nocturnes pour compléter le salaire insuffisant provenant de de leur véritable profession. Transformer des taxis en salons où l’on cause, où des personnages se dévoilent, apprendre à appréhender une ville et un pays au travers des vitres d’un de ces salons roulants, cela n’est pas nouveau au cinéma. Il n’empêche : le procédé fonctionne parfaitement et permet aux spectateurs de s’introduire dans les problèmes de la société bulgare contemporaine sans qu’apparaisse la moindre bribe d’ennui. Ce que raconte "Taxi Sofia" suffisait déjà à en faire un film « intéressant ». Sa très belle construction et la qualité de ses plans-séquences en font un film qui, très vite, se révèle « passionnant » et cinématographiquement abouti.
Le Jeune Karl Marx

Critique de Le Jeune Karl Marx

   3.5 - Bien
Quelques années de l'histoire de l'Europe, entre 1843 et 1848. En Allemagne, en Angleterre, en France, en Belgique. Le monde industriel est en train de naître, avec, d'un côté les patrons, de l'autre les ouvriers, la bourgeoisie, le prolétariat. Certains hommes, le plus souvent issus de la bourgeoisie, ne supportent pas la façon dont est traitée la classe ouvrière. Parmi eux, deux allemands, Karl Marx, né en 1818 et Friedrich Engels, né en 1820. Titré "Le jeune Karl Marx", ce film de Raoul Peck, co-produit par Robert Guédiguian, aurait pu presque aussi bien s'appeler "Le jeune Friedrich Engels". On rencontre aussi Pierre Proudhon, Wilhelm Weitling, La ligue des justes, on assiste aux luttes intestines de ce mouvement communiste naissant, on partage la vie familiale de Karl et de Jenny, son épouse, la vie amoureuse de Friedrich auprès de Mary Burns, une ancienne ouvrière d'une usine appartenant à son père. Au total, un film utile et toujours d'actualité, 170 ans après les faits : on y entend, dans la bouche d'un patron, des éléments de langage qui, à quelque chose près, sont toujours utilisés de nos jours !
The Party

Critique de The Party

   2 - Pas terrible
Un film bien décevant, loin d'avoir le peps qu'on était en droit d'attendre. En plus, dans ce film où les dialogues sont importants, le sous-titrage en blanc dans un film en noir et blanc, ce n'est pas super !
Confident Royal

Critique de Confident Royal

   3 - Pas mal
Que ce soit sous forme de séries ("Dowton Abbey", par exemple) ou sur grand écran, le cinéma britannique aime bien se replonger dans le 19ème siècle de la noblesse ou de la royauté ainsi que dans ses rapports avec l'Inde. Avec "Confident Royal", nous avons les deux à la fois, avec cette histoire relatant l'amitié qui s'est nouée, vers la fin de sa vie, entre la reine Victoria et un jeune employé originaire d'Agra, la ville qui abrite le Taj Mahal. Stephen Frears peut s'en donner à cœur joie pour se moquer du protocole de la cour et fustiger le racisme ordinaire de l'entourage de la reine. Judi Dench est superbe dans le rôle d'une reine qui n'a jamais réussi à se remettre du décès de son mari mais qui retrouve une vitalité certaine au contact de l'exotisme amené par Abdul Karim. On peut toutefois regretter qu'après un départ très prometteur, le film, trop classique, voire même trop académique, en vienne à ronronner, assez souvent et assez vite. On espérait mieux du réalisateur de "Philomena".
Téhéran Tabou

Critique de Téhéran Tabou

   2.5 - Moyen
Voulant tourner un film qui apparaisse crédible sur la façon dont la sexualité est vécue en Iran et ne pouvant pas aller le tourner sur place, Ali Soozandeh a choisi d'utiliser la technique de la rotoscopie qui consiste à mélanger film d'animation et tournage avec de véritables acteurs. Cela représente un travail colossal : ce film a occupé 40 personnes pendant 13 mois. Ce film, présenté à la Semaine de la Critique de Cannes 2017 raconte l'histoire de 3 femmes : une ancienne droguée qui voudrait divorcer de son mari qui purge une peine de prison et qui tombe sur un mollah qui fait d'elle sa maîtresse en lui faisant miroiter l'obtention des papiers nécessaires pour le divorce ; une femme enceinte ; une jeune femme qui prétend être sur le point de se marier et qui, ayant perdu sa virginité avec un musicien, cherche l'argent qui lui permettrait de se faire recoudre l'hymen. Est-ce le procédé utilisé, toujours est-il qu'on a tendance à s'y mélanger un peu dans les personnages féminins. Sinon, il faut reconnaître qu'on n'apprend pas grand chose de nouveau sur l'Iran, sur la corruption qui y règne, sur le fait qu'on se fait arrêter quand on marche la main dans la main, sur l'hypocrisie des hommes (un chauffeur de taxi qui se fait faire une fellation dans son véhicule mais qui réagit très mal en voyant sa fille se promener avec un homme). Tout cela, on l'avait déjà perçu au travers de films "normaux". La technique de la rotoscopie permet juste de le montrer de façon plus crue, plus choquante. Ah si, un élément nouveau nous est communiqué : le nez des femmes iraniennes est fait pour le port du tchador !
L'Atelier

Critique de L'Atelier

   3 - Pas mal
Depuis ses débuts, il y a maintenant plus de 20 ans, Laurent Cantet continue de creuser un sillon qui lui est cher : tel un entomologiste, il scrute ce qui se passe à l'intérieur des groupes humains, s'attachant tout particulièrement à tous ceux qui, dans ces groupes, cherchent d'une façon ou d'une autre à sortir de la case dans laquelle la société tend à les enfermer. Chez ce représentant important du cinéma français, les réussites sont nombreuses ("Ressources humaines", "L'emploi du temps", "Entre les murs", "Foxfire, confessions d'un gang de filles", "Retour à Ithaque") et les échecs très rares ("Vers le sud"). "L'atelier", son dernier long métrage, faisait partie de la sélection Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes. C'est à La Ciotat, en plein été, dans un atelier d'écriture, que nous conduit Laurent Cantet. Un atelier mené par Olivia, une romancière réputée qui, sans doute en mal d'inspiration, est venue se ressourcer auprès d'une bande de grands adolescents avec qui elle va chercher à écrire un roman noir se déroulant dans la ville de La Ciotat. Une ville qui, grâce aux chantiers navals, avait une forte tradition ouvrière qu'elle a perdue à la fermeture de ces chantiers. Certes, depuis, une activité tournée vers les yachts de grand luxe a vu le jour, mais l'atmosphère de la ville n'est plus la même. D'où une coupure importante entre la génération qui, à La Ciotat, a connu les chantiers navals et les luttes menées pour retarder leur fermeture, et les jeunes d'aujourd'hui dont les problèmes sont tout autre : difficultés pour s'insérer, chômage, précarité, terrorisme, ... Cherchant à faire participer tous les participants à cet atelier d'écriture, montrant de l'empathie envers tous ces jeunes, Olivia peut s'amuser à l'écoute de dialogues parfois très drôles entre les jeunes, genre "Même quand tu parles, tu fais des fautes d'orthographe", mais elle prend aussi de plein fouet les querelles verbales qui naissent à propos de Daech et qui voient les jeunes d'origine maghrébine se sentir stigmatisés. Il faut dire que, dans le groupe avec lequel elle travaille, il y a Antoine, un jeune manifestement mal dans sa peau, un jeune qui se cherche, qui passe beaucoup de temps sur des sites d'extrême-droite trouvés sur Internet et qui prétend avoir toujours voulu entrer dans l'armée. Avec lui, les remarques racistes ne sont jamais très loin ! Ce qui génère chez Olivia le désir de chercher à comprendre ce qui peut conduire un jeune d'aujourd'hui à cet extrémisme aux couleurs plutôt brunes. Quand on sait que Robin Campillo a travaillé sur le scénario de "L'atelier" avec Laurent Cantet, sans doute à peu près en même temps qu'il travaillait sur "120 battements par minute", on n'est pas vraiment surpris de retrouver exactement la même construction dans ces deux films : une première partie consacrée aux groupes, le travail en atelier pour l'un, la peinture des AG d'Act Up pour l'autre ; une deuxième partie se focalisant sur la relation particulière entre deux individus, Olivia et Antoine pour l'un, Sean et Nathan pour l'autre. Quand on sait que l'écriture du scénario de "L'atelier" a commencé peu avant l'attentat de Charlie Hebdo et s'est poursuivi peu après le Bataclan, puis que le tournage a eu lieu très peu de temps après l'attentat de Nice, on ne peut pas être surpris de l'importance des conséquences psychologiques qu'ont pu avoir ces événements sur les scénaristes, le réalisateur et les jeunes comédiens, issus d'un casting sauvage réalisé dans la région de La Ciotat. Si certaines scènes du film peuvent apparaître un peu artificielles, voire réalisées de façon scolaire, on ne peut qu'être conquis par le naturel de Marina Voigt, dans un rôle inhabituel pour elle, celui d'Olivia. Quant à Matthieu Lucci, l'interprète d'Antoine, il se sort plutôt bien du rôle difficile d'un jeune mal dans sa peau et au positionnement ambigu.
Un Beau Soleil Intérieur

Critique de Un Beau Soleil Intérieur

   1 - Très mauvais
C’est après avoir été assistante, entre autres, de Robert Enrico, de Costa-Gavras et de Wim Wenders que Claire Denis, en 1988, a réalisé Chocolat, son premier long métrage. Alors que sa filmographie est plutôt imposante, "Un beau soleil intérieur", film d’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs 2017, est en fait sa première comédie. L’occasion de constater si cette réalisatrice est faite, ou non, pour ce genre trop souvent mésestimé et beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. "Un beau soleil intérieur" suit le parcours d‘Isabelle, une belle femme proche de la cinquantaine, artiste, divorcée, mère d’un enfant et à la recherche du grand amour. C’est dans une scène de sexe avec Vincent qu’on la rencontre pour la première fois, une scène qui, d’entrée de jeu, donne le ton du film : très longue, trop longue, une scène où on sourit à peine lorsque Isabelle s’impatiente du temps que met son partenaire pour arriver à jouir. Ce Vincent est un banquier, marié et odieux, un homme qui trouve sa maîtresse super mais affirme qu’il ne quittera jamais sa femme, qu’il trouve « chiante » mais également extraordinaire. Des hommes, on va en voir défiler auprès d’Isabelle, depuis un acteur sur le point de se séparer de sa femme jusqu’à Mathieu, un homme qu’elle croise chez un poissonnier, en passant par François, son ancien mari, avec qui il lui arrive de recoucher de temps en temps. Et d’autres, encore. Qu’y a-t-il de plus triste qu’un film qui se veut drôle et dans lequel on ne rit jamais ? Tout du long, "Un beau soleil" est extrêmement bavard, très creux, très ennuyeux. Dans cet océan d’ennui, il y a quand même 2 moments à sauver. Tout d’abord, lorsque Fabrice, un ami galeriste d’Isabelle, lui conseille de trouver un compagnon de sa classe, de son niveau : une scène beaucoup moins creuse que le reste du film. Ensuite, l’apparition de Gérard Depardieu, dans le rôle d’un radiesthésiste adepte du « lâcher prise » et qui arrive à faire croire à Isabelle qu’il a un don. Dans l’introduction, on se demandait si Claire Denis allait faire preuve, pour sa première comédie, d’un talent particulier pour ce genre. Malheureusement, il nous faut admettre que non ! Malgré tout, on se doit de louer le talent des comédien(ne)s qui arrivent quand même à briller. En particulier Juliette Binoche, extraordinaire dans le rôle d’Isabelle.
Butterfly kiss

Critique de Butterfly kiss

   3 - Pas mal
Lorsqu’il réalise "Butterfly kiss", son premier long métrage de cinéma, Michael Winterbottom a 34 ans et il a travaillé pour la télévision comme monteur, comme documentaliste et comme réalisateur, avec, en particulier, deux documentaires sur Ingmar Bergman. Après avoir essayé en vain, en collaboration avec le scénariste Frank Cottrell Boyce, de réaliser un film qui se serait appelé Delirious, les deux complices ont décidé de se lancer dans l’écriture d’un scénario pouvant déboucher sur un film qui puisse être réalisé rapidement et avec peu d’argent. Ce film, c’est donc "Butterfly kiss", et il n’a couté que 400 000 livres. Étant tous deux originaires du Lancashire, Winterbottom et Cottrell Boyce ont limité le champ de leur road-movie à cette région qu’ils connaissent bien. Dès le début de "Butterfly Kiss", on comprend que Eunice n’est pas très claire dans sa tête : cette recherche frénétique d’un disque d’une chanson qui n’est pas une chanson d’amour mais une chanson sur l’amour, d’une chanson dont elle ne se souvient ni du titre ni du nom de l’interprète, sa façon agressive de questionner les caissières des stations-service sur leur prénom, voulant coute que coute qu’elles soient cette fameuse Judith qu’elle recherche, la seule femme qui lui ait envoyé des lettres d’amour, tout cela crée très vite un sentiment de malaise chez le spectateur. Que cela soit suivi par des meurtres d’une grande sauvagerie n’a donc rien d’étonnant. Plus étonnant est le fait qu’une caissière, Miriam, va s’attacher à Eunice et la suivre dans son errance macabre. On ne peut que féliciter Winterbottom d’avoir évité de donner un aspect gore à "Butterfly kiss" : en effet, les actions meurtrières d’Eunice ne sont jamais montrées, le spectateur ne faisant que découvrir le résultat, le plus souvent en même temps que Miriam. En fait, on comprend très vite qu’Eunice ne cherche qu’une chose, elle qui a déjà commencé à couvrir son corps de chaînes : un châtiment rédempteur, un châtiment qui tarde à venir et qui la pousse à aller toujours plus loin. « Dieu m’a oubliée : je tue des gens et il ne m’arrive rien », s’écrit-elle. C'est de l’autre côté de l’Atlantique que Michael Winterbottom est allée chercher l'interprète d'Eunice : Amanda Plummer, la fille de l’acteur canadien Christopher Plummer. Un choix qui, à la vision du film, s’avère très judicieux. Quant à la comédienne anglaise Saskia Reeves, autre choix judicieux, elle a été complètement métamorphosée pour rentrer dans la peau de Miriam, passant de blonde à brune, acceptant d’apparaître moins belle que dans la réalité.
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