velocio  

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K.O.

Critique de K.O.

   1.5 - Mauvais
En 2010, un nouveau réalisateur français, Fabrice Gobert, était apparu sur les écrans avec son premier long métrage, "Simon Werner a disparu ...", un film qui, à côté de qualités évidentes en matière de mise en scène, avait le mérite de donner le rôle principal à une débutante qui, depuis, a fait son chemin : Ana Girardot. Depuis, Fabrice Gobert n'avait plus tourné pour le cinéma mais sa notoriété avait grandi avec la série télévisée "Les Revenants" qu'il a créée, scénarisée et réalisée. Le voici qui revient sur le grand écran avec "K.0.". Est-ce cette parenthèse "série télévisée" qui en est la cause, toujours est-il que toutes les qualités qu'on avait décelées dans "Simon Werner a disparu ..." se sont envolées et que, face à "K.0.", la déception est immense. Il y a d'abord le scénario, particulièrement alambiqué, au point qu'on aurait envie d'écrire "chaos" plutôt que "K.O.". Bien entendu, certains vont affirmer que c'est très fort et très courageux de s'attaquer à un tel thriller psychologique flirtant avec le fantastique. Et si c'était plutôt une solution de facilité : à partir du moment où on se targue de raconter une histoire totalement incompréhensible pour le commun des mortels, il est presque impossible d'être pris en défaut sur des détails de scénario ! Mais, après tout, de telles histoires donnent parfois de très grands films. Encore faut-il qu'on sente une véritable implication de la part des comédiens, qu'on ait l'impression que ceux-ci croient vraiment aux rôles qu'ils interprètent. Dans "K.O.", il se passe un truc bizarre : seules les comédiennes apparaissent comme vraiment impliquées. Chiara Mastroianni et Clotilde Hesme savent apporter les nuances nécessaires dans les différentes facettes imposées par leurs rôles. Quant à Zita Hanrot, César du meilleur espoir féminin pour son interprétation de Nesrine dans "Fatima" de Philippe Faucon, elle n'a qu'un rôle modeste mais elle marque les esprits en arrivant à se métamorphoser totalement d'une partie du film à une autre, avec un jeu qui, toujours, respire le plus profond engagement. Par contre, au niveau des hommes, c'est la catastrophe et malheureusement, ce sont eux qui ont les rôles majeurs du film. En les regardant jouer, on a vraiment une impression de malaise tellement leur jeu sonne faux, tellement ils donnent l'impression de ne pas croire à ce qu'ils jouent. Au point qu'on en arrive à se demander si ce n'est pas une volonté du réalisateur afin d'ajouter une part de malaise supplémentaire à son histoire. En tout cas, le sommet de cette absence d'implication est atteint par Laurent Lafitte, au jeu presque sans nuance dans des situations qui en exigeraient beaucoup et qui semble en permanence se demander ce qu'il est en train de faire. Si on lui a demandé de paraître particulièrement mauvais dans ce film, alors là, quel grand acteur ! Pour "Simon Werner a dispau ...", Fabrice Gobert avait réussi un gros coup : le groupe américain Sonic Youth avait accepté de signer la bande originale du film. Pour "K.O.", c'est Jean-Benoît Dunckel, la moitié du groupe Air, qui la signe et on a le droit d'avoir l'impression d'une grosse perte de niveau. Au point que le meilleur moment musical dure 3 secondes et demies, lorsqu'on devine un très court extrait de la chanson "Shiny Happy People" de R.E.M.. Finalement, la seule réussite du film réside dans la façon dont sont filmés, surtout la nuit, différents quartiers de Paris.
Rara

Critique de Rara

   3.5 - Bien
Pour la réalisation de "Rara", son premier long métrage de fiction, la chilienne Pepa San Martin a choisi d’installer sa caméra au sein d’une famille (re)composée de deux femmes et de deux fillettes de 12 et 9 ans. Le scénario de "Rara" s'inspire d’une histoire qui s’est déroulée au Chili il y a quelques années : l’histoire d’une femme à qui on a retiré ses enfants pendant plusieurs années sous prétexte qu’après son divorce avec le père de ses deux filles, elle avait choisi de vivre en couple avec une autre femme. Dans "Rara", plutôt que de nous donner la vision d’un adulte, elle a choisi de nous montrer l’évolution de la situation avec les yeux d’une fillette impliquée dans une histoire similaire, une jeune adolescente de 12 ans, aux prises avec sa transformation personnelle et la perception qu’elle a de cet environnement particulier. Contrairement à sa sœur, plus jeune, qui ne se rend pas encore vraiment compte que sa famille ne ressemble pas vraiment à celles de ses copines, Sara arrive à l’âge où commence à se construire vraiment sa personnalité, à l’âge où elle commence à comprendre comment fonctionne sa famille par rapport aux autres familles. A cet environnement particulier s’ajoute le fait que Sara entre dans l’adolescence et, qu’à ce titre, elle commence à s’intéresser aux garçons de son âge, à se poser des questions sur le regard qu’ils portent sur elle et à s’interroger sur la sexualité. D’où, par rapport à ses deux mamans et à son père, un comportement dans lequel l’instabilité est reine. C’est ainsi que, pour organiser sa fête d’anniversaire, Sara ne cesse d’hésiter entre la maison dans laquelle elle vit quotidiennement et celle de son père, plus vaste et permettant de montrer à ses amis un environnement familial jugé plus normal. Ce comportement instable ne peut qu’être renforcé par le fait que Victor, son père, intrigue pour avoir la garde de ses filles et trouve dans l’environnement dans lequel vit Sara l’explication à ses résultats scolaires loin d’être brillants. Film très juste et attachant, "Rara" était présent à la Berlinade 2016 et le Jury international lui a attribué, parmi de nombreux films destinés à un jeune public, le Grand Prix de la Génération Kplus.
Ava

Critique de Ava

   4 - Très bien
Diplômée de la Femis, section scénario, en 2014, Léa Mysius a présenté "Ava", son premier long métrage en tant que réalisatrice (et scénariste !), à la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes et ce film s’y est vu attribuer le Prix SACD. Auparavant, Léa Mysius s’était fait connaître par la réalisation de 3 court-métrages, tous primés dans divers festivals, et par sa participation à l’écriture du scénario de "Les fantômes d’Ismaël" d’Arnaud Desplechin. 13 ans, les vacances d’été au bord de la mer dans les Landes, la plage, une lumière éclatante, une mère très libre, très compréhensive mais également très envahissante et irresponsable : presque tout semble réuni pour que ce mois d’août représente une période de bonheur intense pour la jeune Ava. Sauf qu’Ava souffre d’une maladie dégénérative, la rétinite pigmentaire, et qu’un médecin vient de lui apprendre qu’elle allait perdre la vue plus vite que prévu. Comment vivre ce qui sera peut-être, sans doute même, son dernier été de lumière, comment affronter ce problème de la perte prochaine d’un sens essentiel, comment renforcer ses autres sens, alors même qu’elle est à l’âge où s’annonce la perte de l’adolescence, à l’âge où elle doit construire son corps d’adulte, à l’âge où se manifestent pour elle les premiers appels de la sexualité ? Il y aurait vraiment matière pour elle à sombrer dans une noirceur absolue qui ne serait pas seulement celle vers laquelle ses yeux vont la conduire si ne survenaient pas la rencontre d’un grand chien noir et celle de Juan, un jeune et beau gitan que tourmente la police locale. Pour la réalisation de ce premier long métrage, Léa Mysius a décidé de tenter un pari audacieux : le mélange des genres. En effet, elle a fait commencer son film par un épisode naturaliste racontant l’histoire d’une adolescente qui a le sentiment de ne pas trouver sa place dans la société, qui a l’impression que personne ne la voit, et elle le fait progressivement glisser vers un monde de fantasme flirtant parfois avec le fantastique, avec, en particulier, une magnifique scène de cauchemar dans laquelle se télescopent de façon très crue des visions liées à la sexualité et les rapports qu’Ava entretient avec sa jeune sœur. Le résultat est plutôt bluffant et le mélange de sensualité et d’énergie qui en découle place, sans l’ombre d’un doute, la jeune réalisatrice parmi les grands espoirs du cinéma français. C’est toujours avec plaisir qu’on découvre les premiers pas réussis, dans l’exercice de la réalisation d’un long métrage de fiction, d’un ou d’une jeune cinéaste. Léa Mysius semble vouloir continuer à pratiquer les deux voies qu’elle s’est ouvertes depuis sa sortie de la Fémis : d’un côté, l’écriture de scénarios pour des films qu’elle ne réalise pas elle-même, de l’autre, l’écriture de scénarios pour des films qu’elle réalisera dans la foulée. En tout cas, concernant ces derniers, c’est avec une certaine impatience qu’on va attendre le prochain.
Nothingwood

Critique de Nothingwood

   2.5 - Moyen
Normalienne et agrégée de lettres, Sonia Kronlund a eu pendant 10 ans une première vie dans le cinéma, avec, en particulier, l’écriture de scénarios et la réalisation de documentaires. En 1995, elle a bifurqué vers la radio et elle anime depuis 2002, sur France Culture, l’émission « Les pieds sur terre ». Depuis une quinzaine d’années, elle montre beaucoup d’intérêt pour l’Iran et l’Afghanistan, deux pays dans lesquels elle a beaucoup voyagé. C’est au cours d’un de ces voyages qu’elle a entendu parler de Salim Shaheen. Cet homme étant un homme d’images, elle a trouvé plus judicieux de parler de lui sous la forme d’un film plutôt que sous celle d’un reportage pour la radio. "Nothingwood" faisait partie de la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier Festival de Cannes. En Afghanistan, affirme le réalisateur Salim Shaheen, il n’y a pas d’argent pour le cinéma, c’est "Nothingwood" ! Ce manque d’argent n’a pas empêché Salim Shaheen de réaliser plus de 100 films. Il faut dire que ce sont des œuvre « low-cost », tournées à l’arrache, en moyenne en 4 jours, des films dans lesquels le réalisateur joue lui-même ainsi que des membres de sa famille et des comédiens amateurs dont certains vont même jusqu’à payer pour apparaître à l’écran. "Nothingwood" permet, entre autre, d’assister au tournage d’un de ces films et il est vrai que cela ne donne guère envie de se précipiter dans une salle pour visionner le résultat final : à côté, les derniers films tournés par Jean-Pierre Mocky font figure de chefs d’œuvre du cinématographe ! Il n’empêche : quand bien même IMDB ignore complètement le réalisateur Salim Shahhen, ses films trouvent régulièrement leur place dans l’un ou l’autre des 4 cinémas de Kaboul actuellement opérationnels, ils sont vendus en DVD et diffusés sur les très nombreuses chaînes de télévision afghanes. Même s’il est plus que probable qu’on ne verra jamais de notre vie un film de Salim Shaheen, on peut s’intéresser à celui qui lui est consacré d’autant plus que la réalisatrice ne se contente pas de dialoguer avec lui et de nous le montrer à l’œuvre sur un lieu de tournage : elle en profite aussi pour nous apprendre pas mal de choses sur l’Afghanistan comme, par exemple, les rapports que certains talibans entretiennent avec le cinéma.
Ce qui nous lie

Critique de Ce qui nous lie

   3 - Pas mal
Le dernier long métrage de fiction de Cédric Klapisch était sorti sur nos écrans à la fin de l’année 2013. Il s’agissait de Casse-tête chinois, le dernier volet de la trilogie commencée en 2002 avec "L’auberge espagnole", continuée en 2004 avec "Les poupées russes" et tournant autour du personnage de Xavier, interprété par Romain Duris. "Ce qui nous lie" faisait partie des projets de Klapisch depuis 2010, mais trouvant que beaucoup de temps s’était déjà écoulé depuis "Les poupées russes", il a préféré tourner "Casse-tête chinois" avant de s’attaquer à ce film sur le monde du vin. On peut voir 3 registres dans "Ce qui nous lie", dont un qui est totalement documentaire, un autre qui n’en est pas très loin et un dernier vraiment fictionnel. Le premier est consacré à la vie d’une exploitation vitivinicole bourguignonne, sur une période de 12 mois. Il commence par des vendanges et se termine un an après, sur de nouvelles vendanges. Il a nécessité un tournage très particulier : quatre sessions de 3 à 4 semaines chacune, chacune de ces sessions étant liées à une saison et montrant ce qu’est, dans une exploitation vitivinicole, l’activité qui s’y déroule. Ce volet est parfaitement documenté et même, osons le dire, trop bien documenté : on a en effet parfois la sensation que Klapisch a voulu trop bien faire et qu’il est tombé dans le défaut du film un peu trop scolaire. Le deuxième registre, proche du documentaire et plutôt bien traité, c’est celui consacré aux problèmes que pose l’héritage entre 3 enfants dans une entreprise familiale comme l’est une exploitation vitivinicole. Quant au troisième registre, celui-là purement fictionnel, il s’intéresse à l’évolution personnelle de 2 frères et d’une sœur que les événements amènent à intégrer de plain pied le monde des adultes, chacun avec ses propres problèmes, ainsi qu’à l’évolution des rapports qu’ils entretiennent entre eux. Il y a Jean qui passe son temps à hésiter quant à son avenir, Juliette qui s’affirme de plus en plus et Jérémie qui aimerait bien qu’on le prenne, enfin, au sérieux. Le challenge de Klapisch, c’était de faire en sorte que l’articulation entre ces 3 registres se fasse de façon harmonieuse : reconnaissons que, si l’effort pour y arriver est indéniable, le résultat n’est pas toujours pleinement satisfaisant. A la vision de "Ce qui nous lie", on se félicite donc de la prestation des interprètes du film et on devrait se féliciter d’avoir trois films pour le prix d’un. Malheureusement, l’articulation entre les trois registres n’est pas toujours heureuse et on ressort de la projection avec l’impression mi-figue, mi-…raisin d’un film qu’on aurait souhaité aimer davantage.
Le Vénérable W.

Critique de Le Vénérable W.

   4 - Très bien
Pour la plupart des cinéphiles, le nom de Barbet Schroeder évoque irrémédiablement le film "More", film sorti en 1969, en pleine période hippie, et dont la bande sonore, œuvre des Pink Floyd, est une des plus connues de l’histoire du cinéma. En fait, ce réalisateur, donné comme suisse, français et iranien selon les sources, a à son actif une filmographie longue comme le bras, dont un certain nombre de documentaires. Présenté en séance spéciale au Festival de Cannes 2017, "Le vénérable W." est un de ces documentaires et c’est le troisième volet, après "Général Idi Amin Dada : Autoportrait" (1974) et "L’avocat de la terreur" (2007), consacré à Jacques Vergès, d’une trilogie que Schroeder lui-même qualifie de « Trilogie du mal ». Ce "vénérable W.", c’est U Wirathu, un moine bouddhiste de 48 ans, membre influent du mouvement d’extrême-droite Ma Ba Tha (Comité pour la protection de la race et de la religion), leader du mouvement islamophobe 969, un homme qui, depuis des années, attise les haines entre les communautés dans un pays qui s’ouvre très timidement à la démocratie et qui voit la Prix Nobel Aung San Suu Kyi devoir faire de nombreuses concessions à une armée toujours très puissante. En 2003, Wirathu a été condamné à 25 ans de prison pour incitation à la haine et au conflit religieux. Il a été libéré en janvier 2012, lors d’une amnistie générale. Depuis cette libération, ce moine appelle au boycott des magasins musulmans partout où il va, il s’est félicité de l’élection de Donald Trump et nul doute qu’il se serait réjoui de voir Marine Le Pen arriver à l’Elysée. A sa suite, une minorité de bouddhistes fait vivre un véritable enfer aux musulmans vivant dans ce pays : politiques discriminatoires, assassinats, destructions de villages et de mosquées. Ce moine, Barbet Schroder a réussi à le rencontrer et, de cette rencontre, est né un film qui fait froid dans le dos tout en ayant le mérite de renverser des jugements bourrés d’a priori, du genre bouddhiste = gentil et musulman = méchant en puissance. Malgré les difficultés rencontrées par Barbet Schroeder pour filmer "Le vénérable W.", ce documentaire s’avère remarquable et particulièrement passionnant.
A Serious Game

Critique de A Serious Game

   3 - Pas mal
Adaptation du roman homonyme de Hjalmar Söderberg, "A serious game" est le deuxième long métrage de fiction réalisé par la comédienne suédoise Pernilla August, Prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes 1992 pour son rôle dans "Les meilleures intentions", film écrit par Ingmar Bergman et réalisé par Bille August, avec qui elle était mariée à l'époque. "A serious game" est un film sur les amours contrariés, au début du 20ème siècle, de Arvid, un jeune journaliste, et de Lydia, la fille d'un artiste peintre. Tombés éperdument amoureux l'un de l'autre dès leur première rencontre, ils vont pourtant épouser l'un et l'autre un autre parti, les raisons financières n'étant pas étrangères à ce qui peut être considéré comme un renoncement. La vie va les amener à se retrouver mais arriveront-ils un jour à faire vraiment vivre cet amour ? De facture conventionnelle, "A serious game" se démarque surtout par la qualité de l'interprétation. La réalisation s'avère très conventionnelle, avec une succession de champs contrechamps aux plans très (souvent trop !) courts et un certain nombre de longueurs inutiles dans la narration de l'histoire. Avec, au minimum, l'utilisation d'un certain nombre de plans séquence et une durée raccourcie d'un bon quart d'heure, on aurait pu avoir un excellent film. Nous n'avons qu'un film moyen !
La Mécanique de l'ombre

Critique de La Mécanique de l'ombre

   3.5 - Bien
Pour son premier long métrage, Thomas Kruithof a choisi de remonter le temps en réalisant un film d’espionnage dont l’action se déroule de nos jours mais qui s’apparente aux films d’espionnage psychologiques que proposaient des réalisateurs comme Costa-Gavras il y a une bonne quarantaine d’années : un film sans effets spéciaux, un film dans lequel prévaut l’utilisation de matériel qui, aujourd’hui peut paraître anachronique, mais qui présente le mérite, pour le monde du secret, d’éviter les fuites telles que celles qui ont donné naissance à l’affaire Snowden. Dans son scénario, le réalisateur et ses acolytes ont amalgamé des éléments qui font penser à deux affaires dont on a eu vent dans un passé récent : l’enquête concernant Ziad Takieddine et le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 et la gestion de la crise des otages du Liban en 1985-1988. Duval est un homme de l’ombre, un employé qu’on ne remarque pas, un homme qui ne vote pas, qui n’a jamais voté, un exécutant perfectionniste qui s’efforce de satisfaire sa hiérarchie sans se poser de questions et qui, à la suite d'un burn-out et d'une longue période de chômage, va accepter un travail qui va l'entraîner au milieu d'affaires qu'il ne comprend pas et de gens qui le manipulent. Concernant les comédiens, on retrouve dans ce film à la réalisation très habile un bel échantillon de la fine fleur masculine du cinéma français : François Cluzet, Denis Podalydès, Simon Abkarian, Sami Bouajila.
Le Jour d'après

Critique de Le Jour d'après

   1.5 - Mauvais
Après des débuts prometteurs avec la trilogie Le Jour où le cochon est tombé dans le puits (1996), Le Pouvoir de la province de Kangwon (1998), La Vierge mise à nu par ses prétendants (2000), tous sortis le même jour dans notre pays, début 2003, le réalisateur coréen Hong Sang-soo a été pris petit à petit d'une frénésie compulsive en matière de réalisation. En effet, il est passé rapidement à un film, voire deux, par an. En 2017, il bat tous ses records avec la sortie de 3 longs métrages dont deux figuraient au récent Festival de Cannes : La caméra de Claire, en séance spéciale, et Le jour d'après dans la compétition officielle. Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner d'avoir l'impression de rencontrer les mêmes personnages film après film et d'y retrouver les mêmes situations : un personnage principal masculin, dans la bonne quarantaine, réalisateur de cinéma et/ou professeur de cinéma dans une Université, une ou plusieurs rencontres féminines ayant une bonne vingtaine d'années de moins que lui, des élèves à lui, par exemple, tout ce beau monde passant son temps à débiter des dialogues le plus souvent très creux tout en pochetronnant dans des bars. C'est pourquoi on est foudroyé, dès le début du film, par une surprise colossale : le personnage principal imaginé par Hong Sang-soo ne travaille pas dans le milieu du cinéma ! Non, Bong-wan est éditeur et critique littéraire. Deuxième surprise : il boit du café et ne commencera à succomber à l'alcool qu'au bout de 30 minutes. Et puis, cette fois ci, ce ne sont pas une ou deux très jolies jeunes femmes qui papillonnent autour de lui, non, ce sont trois jolies jeunes femmes. Bong-wan, un homme qui cumule misogynie et lâcheté. On a l'habitude, avec Hong Sang-soo, de le soupçonner de faire de son personnage principal un double de lui-même. C'est peut-être pourquoi, malgré ces défauts qui sont criants, Bong-wan, ce personnage principal, trouve le moyen d'attirer trois jolies femmes dans ses filets : faut ce qu'il faut, je suis peut-être un sale type mais question succès auprès des femmes, j'assure un maximum ! Est-ce le fait de passer du monde du cinéma à celui de l'édition, est-ce le fait que ses personnages se montrent moins accro au soju que dans ses films précédents, toujours est-il que Hong Sang-soo rend, avec "Le jour d'après", une copie qui, avec des dialogues un peu plus intéressants, plus riches, plus profonds que d'habitude, s'avère en progrès notable par rapport à sa production de ces dernières années, même si on reste quand même assez loin des sommets du genre mélodramatique qu'il affectionne.
L'Amant Double

Critique de L'Amant Double

   1 - Très mauvais
"L'amant double", film de François Ozon en compétition lors du Festival de Cannes tout récent, est une adaptation très libre de "L'amour en double", un roman que Joyce Carol Oates a écrit il y a 30 ans sous le pseudonyme de Rosamond Smith. A la fin de ce film qui ne cesse de parler de la gémellité, on ne peut qu'être taraudé par une question concernant François Ozon : n'y aurait-il pas deux frères jumeaux cachés sous ce nom ? L'un à qui, à titre personnel, on reconnaitrait tous les talents, l'autre à qui on s'interdirait d'en reconnaître. Cela aurait le mérite d'expliquer le côté prolifique de ce réalisateur et, surtout, permettrait de comprendre qu'on puisse être un fan absolu de certains de ses films, "Frantz" par exemple, et qu'on fasse plus que rechigner à la vision de "Swimming Pool" et de "L'amant double". Dire que le film ne part pas de façon très satisfaisante est un euphémisme, mais ce n'est rien à côté de ce qui suit. En effet, assez vite, le film glisse vers le porno soft avec des scènes d'un ridi(cul)e achevé, le tout enrobé dans une psychologie de bazar et dégageant un ennui qui devient de plus en plus abyssal. Un conseil si vous rencontrez des gens que vous ne portez pas dans votre cœur : conseillez leur d'aller voir "L'amant double" !
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