velocio  

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Happy birthday Mr Mograbi

Critique de Happy birthday Mr Mograbi

   3.5 - Bien
Il y a un domaine dont les israéliens peuvent être fiers, c'est le cinéma, avec de nombreux réalisateurs honnêtes, qui osent dire la vérité. Avi Mograbi est l'un d'eux et, dans "Happy Birthday Mr Mograbi", il ose contredire ce qui, dans ce pays, fait figure de vérité officielle : il rappelle qu'en 1948, avant la colonisation de la Palestine par l'état d'Israël, il y avait 418 villages en Palestine, avec des écoles, des hopitaux, des cultures, des oliveraies. Les habitants ont été chassés, ou bien ont dû s'enfuir, les bâtiments ont été détruits et, seuls, les bosquets de figuiers de barbarie indiquent qu'il y avait un village habité près de leurs emplacements. Par ailleurs, ce film qui date de 1999 est assez foutraque et part un peu dans tous les sens, permettant quand même de voir la monstrueuse hypocrisie du premier ministre de l'époque, un certain Benyamin Netanyahou, dit Bibi.
La mauvaise réputation

Critique de La mauvaise réputation

   4 - Très bien
Pas facile d'être de sexe féminin dans un pays comme le Pakistan. Pas facile, non plus, d'être une fille dans une famille pakistanaise expatriée en Europe, par exemple en Norvège, avec des mères qui, bien souvent, sont pires que les pères pour pourrir la vie de leurs filles. C'est ce que Nisha, une jeune fille de 16 ans, va apprendre à ses dépens, elle, la bonne élève, elle qui sait donner le change à ses parents, lorsque Mirza, son père, va la surprendre dans sa chambre en compagnie (très chaste !) d'un garçon de son âge. Ni une, ni deux, direction le Pakistan, chez la sœur de Mirza, chargée d'"apprendre à vivre" à Nisha. Dès lors, la pauvre jeune fille ne va pas cesser de tomber de Charybde en Scylla ! (A propos de Charybde et Scylla et donc du détroit de Messine, on se contentera de préciser que la situation des filles, il y a moins d'un siècle, n'était guère meilleure en Sicile et dans d'autres régions d'Europe, voire de France, que celle qu'on trouve actuellement au Pakistan ou dans d'autres pays du monde !). Tiré de l'expérience personnelle de la réalisatrice, envoyée au Pakistan à l'âge de 14 ans, le film met l'accent sur l'importance du "qu'en dira-t-on" basé sur les rumeurs pouvant courir sur tel ou tel membre d'une famille et qui rejaillissent sur celle-ci. On pourra s'étonner de voir des scènes se déroulant au Pakistan, montrant des mœurs d'un autre âge et une police particulièrement corrompue : mais non, ne soyons pas surpris, ces scènes "pakistanaises" ont été tourné chez l'ennemi intime du Pakistan, l'Inde et les actrices et acteurs qui jouent les rôles "désagréables" (père, mère, tante de Nisha) sont toutes et tous ... indiens. On terminera par LE défaut du film : toutes les scènes fortes du film sont accompagnées par une musique qui n'est pas qu'inutile : elle est particulièrement nuisible !
La Juste route

Critique de La Juste route

   4.5 - Excellent
12 août 1945, dans la campagne hongroise : la guerre n’est pas tout à fait terminée et, quelques jours auparavant, les américains ont bombardé Nagasaki. En Hongrie, les allemands ont été chassés et, même si l’armée soviétique est bien présente dans le pays, le régime communiste n’y a pas encore été proclamé. Sous la chaleur estivale, un village se prépare à un mariage, celui du fils du secrétaire de mairie avec une jeune fille d’une famille paysanne, alors qu’au même moment, un train entre en gare. De ce train, dont s’échappe une épaisse fumée noire, vont descendre deux hommes vêtus de noir, un jeune homme, portant casquette, et un vieil homme à la barbe grise, portant chapeau. Qui sont ces hommes qui font descendre deux grosses malles du train et qui les font charger, moyennant finance, sur une charrette tirée par un cheval et qui va être conduite par un père et son fils en direction du village, les deux hommes suivant à pied ? Et cette prédominance du noir, dans un film par ailleurs en noir et blanc, n’est-elle pas annonciatrice de funestes présages ? Très vite, un vent de panique souffle sur le village. Ces deux hommes, un père et son fils, sont des juifs que personne ne semblent connaître dans le village, mais, pour beaucoup, ce sont sans doute les émissaires de familles juives qui ont été spoliées et qui vont demander la restitution de leurs biens. Alors qu’en fait, on ne sait rien sur la raison de leur présence, chacun, alors, réagit selon les actes commis dans le passé par rapport aux biens des juifs du village qui ont été déportés ou qui se sont enfuis, selon, aussi, sa conscience ou … son absence de conscience. Les remarques fusent, allant de « Impossible de s’en débarrasser, ces gens là » et « ils se ressemblent, tous pareils » à « Il y a de la place pour eux ». Des dissensions apparaissent dans des couples, l’un voulant rendre la maison occupée, l’autre considérant que les papiers prouvent qu’elle leur appartient. Ce retour vers le passé effectué par Ferenc Török n’est certainement pas un hasard. N’oublions pas que la Hongrie est actuellement gouvernée par Viktor Orbán, un conservateur nationaliste farouchement opposé à toute forme d’immigration, et il n’est pas interdit de voir plus qu’un clin d’œil du réalisateur vers la situation des syriens et des irakiens qui ont dû fuir leur pays lorsqu’il parle de celle des juifs et du comportement de nombre de ses compatriotes à leur égard, dans son pays, lors de la 2ème guerre mondiale. Cette histoire, très ramassée dans le temps (l’action se déroule sur une poignée d’heures), est racontée dans un langage cinématographique d’une grande richesse : science des mouvements de caméra et des cadrages, précision et efficacité du montage, exceptionnelle beauté du noir et blanc, tout concourt à venir compléter la force du sujet pour faire de « Une juste route » un grand film.
Sicilian Ghost Story

Critique de Sicilian Ghost Story

   1 - Très mauvais
De ce duo de réalisateurs siciliens, nous avions déjà subi "Salvo" il y a 5 ans, un film au scénario famélique et invraisemblable, à la mise en scène à la fois prétentieuse et peu imaginative. Eh bien, "Sicilian ghost story", film d'ouverture de la Semaine de la Critique cannoise, édition 2017, ne montre aucun progrès de la part de ces braves garçons. Certes, le sujet, tiré d'une histoire vraie, est intéressant : la séquestration d'un adolescent par la mafia afin de punir le père, devenu une "balance". Mais le résultat n'est pas à la hauteur des espérances : c'est lourd, souvent incompréhensible, la façon de filmer est très maniérée et on se retrouve devant un film dans lequel, finalement, manque un élément important : le fond !
Retour à Bollène

Critique de Retour à Bollène

   4 - Très bien
Nous voici en face d'un "petit" film qui ne se la pète pas mais qui dit beaucoup de choses avec une grande justesse. Saïd Hamich est né au Maroc, à Fès, il y a 32 ans. Il a passé une grande partie de sa jeunesse dans une cité de Bollène, dans le Vaucluse. Diplômé de la section production de la Fémis, il a produit "Much Loved", "Vent du nord" et "Volubilis". "Retour à Bollène" est son premier film en tant que réalisateur. Un film qui montre la vie d'une famille maghrébine dans une cité d'une ville dont le maire, ancien communiste, est devenu membre de la Ligue du Sud "en passant par la porte de derrière" (à noter que la mairie de Bollène est administrée par Marie-Claude Bompard, membre de la Ligue du Sud, mais qui, elle, n'a jamais été membre du PCF !). Le prétexte : la visite faite à sa famille par Nassim, un ancien élève brillant qui, ne recevant jamais de réponse à ses demandes de stages, puis d'emploi, s'est exilé à Abou Dabi pour trouver un travail correspondant à ses capacités et pour fuir un environnement qu'il exècre. En fait, ironie de l'histoire, lui qui préfère Alain Bashung au rap, lui qui est le seul de sa famille à avoir parfaitement intégré le mode de vie à la française, lui qui parle 3 langues alors que sa mère ne parle toujours pas le français (il faut dire que la mairie de Bollène a arrêté les cours de français, dans le film comme dans la réalité) se retrouve le seul à avoir quitté la France tout simplement parce que ceux qui s'appellent les français de souche ne voulaient pas de lui. Même son prof d'histoire qu'il aimait tant, c'est justement cet ancien communiste devenu maire d'extrême-droite. La rencontre entre les deux hommes est d'ailleurs un des moments forts du film. Mais il y en a beaucoup d'autres, malgré la brièveté du film : 67 minutes seulement. On attendra avec impatience la prochaine réalisation de ce réalisateur prometteur.
Heartstone - Un été islandais

Critique de Heartstone - Un été islandais

   3.5 - Bien
Pour son premier long métrage, le réalisateur islandais Gudmundur Arnar Gudmundsson, 36 ans au compteur, a choisi de traiter un thème que le cinéma a déjà très souvent visité : les amours adolescentes. Qu’importe ! En effet, plusieurs raisons font que ce film n’a absolument rien d’une resucée : les mœurs ont évolué ; le cinéma est de moins en moins frileux lorsqu’il s’agit de montrer que l’éveil à la vie amoureuse des jeunes adolescent.e.s peut être plein de doutes quant à leur orientation sexuelle ; face à des garçons timides, ce sont dorénavant les filles qui, souvent, prennent le contrôle des premières relation sentimentales. Tout cela se déroulant dans un village du nord-est de l’Islande, perdu au milieu de nulle part, au sein d’une communauté qui vit en vase clos avec tout ce que cela implique en matière de difficulté pour un adolescent à avouer son homosexualité. Même problème pour une mère que son mari à quitter pour une « jeunesse » et à qui ses filles vont reprocher de nuire à leur réputation en osant s’afficher avec des hommes et, en particulier, avec Sven, un éleveur du village ! Et puis, cerise sur le gâteau, il y a la possibilité, offerte par la magnifique nature islandaise, de poser le récit dans des paysages sublimes, qu’on peut trouver parfaitement paisibles à un moment donné et quasiment angoissants dans les minutes qui suivent. C’est en prenant son temps (un peu trop parfois, il faut le reconnaître !), que Gudmundur Arnar Gudmundsson nous introduit au cœur des relations à l'intérieur de cette communauté, des relations parfois tendres, parfois violentes. Pour la photographie de ce film dont les plans-séquences ne sont jamais très longs, on est presque surpris de trouver Sturla Brandth Grøvlen comme Directeur de la photographie : le poste qu’il occupait sur Victoria de Sebastian Schipper, un plan-séquence historique de 2 h 14 minutes !
Trois visages

Critique de Trois visages

   4 - Très bien
Toujours assigné à résidence dans son pays, toujours sous le coup d’une interdiction de réaliser des films, le réalisateur iranien Jafar Panahi arrive toutefois à nous proposer régulièrement des films et on ne peut qu’être bluffé par l’inventivité dont il fait preuve pour contrebalancer les conditions de tournage certainement très difficiles auxquelles il doit faire face. Présenté en compétition à Cannes 2018, son dernier film, "Trois visages" s’est vu décerner le Prix du scénario, écrit par Jafar avec Nader Saeivar, ex-aequo avec "Heureux comme Lazzaro", écrit par sa réalisatrice, Alice Rohrwacher. C’est à sa fille Solmaz, exilée en France, qu’a été remis le prix lors de la cérémonie de clôture. A mi-chemin entre fiction et documentaire, "Trois visages" est un film d’une grande richesse, un film qui, au travers de trois personnages d’actrices appartenant à des générations différentes, évoque avec humour, tendresse et nostalgie les difficultés qu’a toujours rencontrées le cinéma iranien.
En Guerre

Critique de En Guerre

   4.5 - Excellent
Finalement, parmi les 4 films français présents dans la compétition cannoise, il y avait un très grand film, un film qui méritait largement la Palme d'or. Non, il ne s'agit pas de "Plaire, aimer et courir vite", film dont le défaut principal est de manquer de naturel, encore moins de "Les filles du soleil", film dont la façon hollywoodienne de traiter le sujet des combattantes kurdes contre Daech frôle l'obscénité, et encore moins "Un couteau dans le cœur", film navrant cherchant avant tout à choquer sur les tournages de films pornos gays en 1979. Non, il s'agit de "En guerre" de Stéphane Brizé, un film qui donne la rage et qui, lui, regorge de naturel sur un sujet malheureusement d'actualité : les délocalisations et les luttes menées par des travailleurs pour sauvegarder leurs emplois. L'an dernier, on avait apprécié la façon pleine de vérité avec laquelle Robin Campillo, dans "120 battements par minute", nous introduisait dans les AG de Act-up du début des années 90. Mais alors là, que dire ? On est vraiment de plain pied dans les discussions entre les syndicalistes et les patrons et dans les querelles entre membres du personnel : d'un côté, celles et ceux qui, sachant ce qui les attend si leur usine ferme, veulent aller jusqu'au bout pour conserver leur emploi, de l'autre, celles et ceux qui, assez vite, abandonnent en cachette la lutte pour essayer de glaner de plus grosses indemnités de départ. Une des grandes forces du film réside dans son absence de manichéisme. Au point qu'on peut penser qu'il est fort possible que chacun verra les idées qu'il avait au départ renforcées à la vision du film : si celles et ceux qui soutiennent les luttes des travailleurs contre un monde économique de plus en plus injuste n'auront aucun mal à être tout au long du film du côté de Laurent et de Mélanie, les leaders CGT de l'usine, il est probable que les partisans du compromis repartiront avec l'idée que la CGT est malmenée dans le film (j'ai entendu la remarque lors du Festival de Cannes !) et tout à fait possible que les tenants du libéralisme économique soutiendront que les seuls à faire preuve de maturité sont les représentants de la direction. Autres grandes forces du film : le montage avec des phases de calme venant s'intercaler entre des phases liées à la lutte et l'interprétation, avec, bien sûr, un Vincent Lindon tout bonnement exceptionnel dans le rôle de Laurent et, par ailleurs, des acteurs et des actrices non professionnel.les absolument criant.e.s de vérité. On détachera en particulier Mélanie Rover, époustouflante dans le rôle de Mélanie. Avec "En guerre", film proche du cinéma vérité, venant après du très différent mais tout aussi réussi "Une vie", Stéphane Brizé montre qu'il est actuellement le réalisateur français le plus complet et le plus talentueux. Qu'un tel film soit revenu bredouille de Cannes ne peut qu'amener à se poser des questions sur le sérieux d'une telle compétition !
Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête

Critique de Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête

   1.5 - Mauvais
Voici un film de Cannes qui sort aujourd'hui, mercredi 23 mai. Un film de Cannes ... 2017, présenté dans la sélection Acid. Un film dont la sortie n'était franchement pas vraiment indispensable ! L'histoire de Bruno, un écrivain de 50 ans qui a rencontré un certain succès de librairie 20 ans auparavant, qui ne sort plus de chez lui et que ses parents croient avoir glissé dans la folie au point d'envisager un traitement hospitalier. Le début du film est relativement prometteur, avec des moments drôles mais aussi d'autres sans grand intérêt. Malheureusement, très vite, le film part de plus en plus en sucette avec des scènes qui se veulent loufoques et qui s'avèrent grotesques. On retiendra un moment fort : un discours sur les méfaits du lavage, particulièrement le lavage des pieds. Le rôle de Bruno est interprété par Laurent Poitrenaux qui signe là son premier premier rôle. A son côté, Camille Chamoux dans le rôle d'une psy convoquée par les parents de Bruno, Marilyne Canto qui joue une ex de Bruno et Alma Jodorowsky, une petite fille de Alejandro. La qualité principale de ce film : il est court (1 h 17 minutes).
Everybody knows

Critique de Everybody knows

   3 - Pas mal
Avec "Le passé", il y a 5 ans, le réalisateur iranien Asghar Farhadi avait déjà rejoint le cinéma européen, mais sans complètement couper les ponts avec son pays d'origine. Dans "Everybody knows", film espagnol se déroulant dans l'Espagne profonde mais dont Farhadi est le scénariste, le seul élément qui puisse faire penser à la situation iranienne est le personnage incarné par Ricardo Darin, un homme qui pense que tout, dans notre vie, est décidé par dieu. Sinon, on ne peut qu'être bluffé par la façon dont Farhadi décrit l'Espagne et ses habitants, alors que sa culture d'origine est toute autre. Manifestement, ce qui l'a avant tout intéressé, ce sont les relations entre les très nombreux personnages et on a l'impression qu'il n'a pas vraiment cherché à peaufiner le rebondissement final. Globalement, le film est intéressant mais on a le droit de préférer ses films iraniens, même les moins connus comme "La fête du feu" et "A propos d'Elly".
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