velocio  

Membre depuis 4981 jours | Dernière activité : 16/02/2018

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Phantom Thread

Critique de Phantom Thread

   0.5 - Nul
Mais où est donc passé le si brillant réalisateur de "Boogie nights", "Magnolia", "Punch-drunk love" ? Comment une si grande partie de la presse arrive-t-elle à encenser un tel monument d'ennui, un film froid comme une nuit d'hiver à Mouthe, ne dégageant pas plus d'émotion qu'un discours d'Eric Woerth ? Au bout d'une heure au cours de laquelle on a déjà commencé à regarder sa montre, on se dit qu'il reste encore 71 minutes à supporter et qu'on se fiche complètement de ce qui va être raconté par la suite. On devrait partir, quitter la salle, mais on reste et les 71 minutes qu'on subit ne sont pas meilleures que la première heure. Quant aux fans du groupe Radiohead qui se réjouiraient d'entendre une musique composée par Jonny Greenwood, membre très actif du groupe, ils en seront pour leurs frais : la musique qu'on entend (beaucoup trop d'ailleurs !) n'a rien à voir avec ce que le groupe propose sur ses disques. En fait, il parait qu'il s'est inspiré des variations Goldberg de Glenn Gould pour composer sa musique, ce qui n'était pas fait pour m'aider à apprécier le film !
Voyage a Cythere

Critique de Voyage a Cythere

   3.5 - Bien
Avec ses références politiques qui croisent des références mythologiques, si quelqu'un a tout compris dans ce film, chapeau ! Cela étant, quand bien même on ne comprend pas tout, "Voyage à Cythère" se voit avec plaisir. Sinon, comme d'habitude chez Angelopoulos, la Grèce est noyée sous la pluie ou cachée dans le brouillard.
L'Apparition

Critique de L'Apparition

   2.5 - Moyen
Proposer un film consacré à une enquête canonique sur l'apparition de la vierge Marie à la jeune Anna est tout à la fois très habile et très risqué. Habile, car le sujet peut faire venir un nombreux public dans les salles : d'un côté, celles et ceux qui ont la foi et qui vont espérer une conclusion qui ira dans le sens de leur foi, de l'autre côté, celles et ceux qui n'ont pas la foi et qui vont espérer la conclusion inverse. Risqué, car, au bout du compte, le risque est grand de mécontenter un des camps ! De quel côté Xavier Giannoli a-t-il fait pencher la balance, lui qui s'est fait une spécialité de filmer la question de la croyance et celle de l'imposture ? Et si, pourquoi pas, il se montrait lui-même quelque peu imposteur en faisant bifurquer son scénario vers une voie qui lui permettrait de ne pas trancher ? "L'apparition", en tout cas, se révèle passionnant pendant la première moitié du film. Et là, d'un seul coup, on a l'impression que le film se délite, qu'il part dans tous les sens et que le réalisateur n'arrive plus à canaliser son récit. Par contre, Vincent Lindon, qui interprète le rôle d'un journaliste chargé par le Vatican de mener l'enquête sur Anna au côté de deux prêtres, d'un théologien et d'une psy, et, plus encore, Gallatea Bellugi, l'interprète d'Anna, sont remarquables de bout en bout. Difficile, par ailleurs, de ne pas parler de la musique, très présente dans le film : il n'est pas interdit de penser que c'est un peu une solution de facilité que d'apporter de l'émotion avec les musiques choisies pour accompagner le film, presque toutes de natures religieuses, mais c'est vrai qu'on se régale avec Bach, Monteverdi, Jóhann Jóhannsson (compositeur islandais décédé il y a 5 jours !) et, surtout, celui qui est le plus présent, Arvo Pârt.
Wajib - L'invitation au mariage

Critique de Wajib - L'invitation au mariage

   2.5 - Moyen
La distribution dans les salles françaises des films de la réalisatrice palestinienne (et poétesse !) Annemarie Jacir semble bien se faire au coup par coup : c’est ainsi que Le sel de la mer, son premier long-métrage, présenté à Cannes 2008 dans la sélection Un Certain Regard, avait déjà eu l’honneur d’une telle sortie, alors que Lama Shoftak, le deuxième, pourtant particulièrement bien reçu dans de nombreux festivals, n’avait pas eu cette chance. Voici donc la sortie de Wajib, le troisième, lui aussi très bien reçu dans les festivals où il a été présenté, les plus importants étant ceux de Locarno, en août dernier, et de Toronto, en septembre. C’est toujours avec beaucoup d’intérêt qu’on reçoit un film en provenance de la Palestine. Dans Wajib, la réalisatrice Annemarie Jacir poursuivait manifestement deux buts : tout d’abord, faire un portrait de la relation entre un père et son fils qui ne se voient pas très souvent et qui ont des opinions très différentes sur la situation de leurs compatriotes, le deuxième but étant justement de montrer plusieurs situations différentes par l’intermédiaire de visites dans les domiciles d’un certain nombre d’entre eux. Si le premier but est plutôt bien rempli, on peut se montrer déçu par le traitement du second.
Persona

Critique de Persona

   3.5 - Bien
Deux actrices fabuleuses, une photo et une lumière extraordinaires, avec un tel accompagnement, il était difficile de se louper pour le réalisateur. Malgré un scénario minimal il réussit à intéresser le spectateur en ajoutant sa contribution : une mise en scène très travaillée.
Ni juge, ni soumise

Critique de Ni juge, ni soumise

   3 - Pas mal
L'émission belge de télévision ayant pour nom "Strip Tease", vous connaissez ? Elle a commencé sur la RTBF en 1985, elle est arrivée sur France 3 en 1992 et elle s'est terminée en 2012, après avoir très fortement contribué à modifier la façon de faire des documentaires pour la télévision (et même ailleurs ! et même la façon de réaliser des fictions !). Le principe n°1 : pas de commentaires sur ce qu'on voit, seuls les protagonistes s'expriment. En 1992, était sorti un film qui parodiait cette émission : "C'est arrivé près de chez vous", vite devenu culte. "Ni juge, ni soumise" est un documentaire de 1 h 39 réalisé dans le style d'un docu de Strip-tease par Jean Libon, fondateur de l'émission, et Yves Hinant, un réalisateur de l'émission. Pendant 3 ans, ils ont suivi une juge, Anne Gruwez, dans son travail et même en dehors. Cette juge avait déjà été l'objet de deux épisodes de l'émission télé et les réalisateurs savaient qu'avec elle, avec son franc-parler, avec son art de la répartie, il y aurait forcément matière à intéresser le spectateur et matière à le faire rire. C'est à peu près ce qui se passe, sauf que, finalement 1 h 39 sur elle et celles et ceux qu'elle appelle ses clients, cela devient un peu répétitif. On remarquera que, en général, elle montre beaucoup de sympathie aux femmes convoquées dans son bureau, qu'elles soient prostituées ou "maîtresse" dans des relations sado-maso mais que, par contre, lorsque ce sont des hommes qui sont en face d'elle, pointent de temps en temps des petites remarques qu'il n'est pas interdit de qualifier de racistes Ce film, c'est la bande-annonce qui m'avait donné au départ l'envie de le voir : bande-annonce qui reprend à peu près tous les meilleurs moments et qui m'avait fait croire que "Ni juge, ni soumise" était une fiction. Et c'est vrai que lorsqu'on compare "Ni juge, ni soumise" aux premières minutes de "Jusqu'à la garde", lesquelles se passent aussi dans le cabinet d'un juge, on peut vraiment se demander quel film est un documentaire et lequel est une fiction !
Northanger Abbey

Critique de Northanger Abbey

   4 - Très bien
On retrouve la grande qualité des adaptations BBC des romans de Jane Austen. Les comédiens et comédiennes sont particulièrement excellents.
Jusqu’à la Garde

Critique de Jusqu’à la Garde

   4.5 - Excellent
Il y a 5 ans, le comédien Xavier Legrand avait réalisé "Avant que de tout perdre", un court-métrage de 30 minutes sur les violences conjugales qui avait remporté le Grand prix du Festival de Clermont-Ferrand 2013 et obtenu le César du meilleur court-métrage en 2014. Dans la distribution de ce court-métrage, on trouvait Léa Drucker, Denis Ménochet et Mathilde Auneveux. Trois interprètes que l’on retrouve dans "Jusqu’à la garde", premier long métrage de Xavier Legrand. Un film doublement primé lors de la dernière Mostra de Venise : Lion d’argent du meilleur réalisateur et Lion du futur (Meilleur premier film, l’équivalent de la Caméra d’Or cannoise). La décision que va prendre la juge a une importance capitale, et elle doit la prendre en l’espace de 20 minutes : le couple Besson a divorcé et il s’agit maintenant de savoir ce que vont devenir Julien et Joséphine, les enfants de ce couple, garde alternée ou garde exclusive pour la mère. La réponse est particulièrement importante en ce qui concerne Julien, qui n’a que 11 ans et dont la suite du film va nous amener à comprendre qu’il a une peur bleue d’un père qu’il sait violent. Mais là, dans une extraordinaire scène d’ouverture, ce sont les avocates de Miriam et d’Antoine qui s’expriment et, grâce au grand talent des deux comédiennes qui les interprètent, on entre de plain-pied dans le film, en ayant l’impression d’être vraiment dans le cabinet de la juge. Laquelle des deux avocates cette dernière doit-elle croire ? L’avocate de Miriam décrit un Antoine particulièrement possessif et violent : cette assertion reflète-t-elle ou non la vérité ? L’avocate d’Antoine nie bien sûr ce caractère violent : pour elle, il est anormal que Miriam veuille empêcher Antoine de témoigner son amour pour sa fille et son fils. Xavier Legrand, en greffant de façon magistrale les codes du thriller sur un drame social, a tapé très fort pour ce qui est son premier long métrage. Très vite, le spectateur comprend qu’il va à coup sûr se passer entre Miriam et Antoine au moins une scène d’une grande intensité et, du début à la fin du film, la tension que ressent le spectateur est particulièrement intense. Une tension qui est exacerbée par le choix de faire de Miriam et, surtout, d’Antoine des personnages aux facettes multiples : les questions que se posait la juge dans la scène d’exposition, on peut continuer à se les poser durant une bonne partie du film, le pervers narcissique Antoine sachant parfois apparaître comme étant un être incompris qu’on pourrait presque plaindre. Une tension qui provient aussi de l’utilisation que fait Xavier Legrand des bruits du quotidien, ces bruits tels celui que fait une clé lors de l’ouverture d’une porte et que les femmes battues et qui vivent avec la peur au ventre savent interpréter comme autant de signaux pouvant annoncer l’arrivée d’un épisode violent. Même si la grande force du film réside surtout dans la façon dont le réalisateur nous tient en haleine, avec en point d’orgue ce mélange de crainte et d’espérance un peu perverse de voir arriver LA scène dont tout laisse penser qu’elle pourrait être d’une grande violence, Xavier Legrand fait également preuve de grandes qualités cinématographiques dans des scènes non directement liées à cette montée en puissance du suspense mais qu’on aurait tort de qualifier d’annexes : par exemple, la façon étonnante et intelligente dont il filme la scène où Joséphine procède à un test de grossesse. En fait, dès son premier long métrage, Xavier Legrand s’invite à la table des grands réalisateurs, quelque part entre Pialat et Haneke. Dans le rôle de Miriam, Léa Drucker sait donner à son personnage le juste dosage de force et de fragilité face à la peur qui la tenaille et à son désir de protéger ses enfants. A ses côtés, Denis Ménochet est impressionnant dans son rôle de pervers narcissique, mélange de ce qu’on peut prendre pour de l’amour paternel et de violence qui ne demande qu’à se manifester. Quant au jeune Thomas Gioria, l’interprète de Julien, cet enfant pris en otage entre son père et sa mère, c’est une véritable révélation qui arrive à exprimer avec peu de mots mais beaucoup de spontanéité toutes les émotions que le comportement de son père lui fait traverser. Il faut pas mal de courage pour se lancer, dès son premier long métrage, dans un film qui n’a, a priori, rien de facile, ni même de plaisant. Heureusement, le résultat est un film d’une force exceptionnelle, un film qui coupe le souffle, qu’on reçoit comme un coup de poing. Il est évident qu’avec "Jusqu’à la garde", un grand réalisateur est né, un réalisateur dont on va attendre les prochains films avec impatience et un peu de crainte : arrivera-t-il de nouveau à se montrer aussi proche de la perfection ?
Une Saison en France

Critique de Une Saison en France

   4 - Très bien
Il existe plusieurs façons de traiter le drame des migrants au cinéma. Dans "Une saison en France", le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun en a choisi une qui s'écarte de celles qu'on voit le plus souvent. Ici, Abbas, le personnage principal, est arrivé en France depuis une bonne année avec sa fille Asma et son fils Yacine. Alors qu'il était professeur de français à Bangui, la capitale de la République Centraficaine, il a fui son pays avec sa femme et ses 2 enfants. Sa femme a péri durant le périple mais, lorsqu'on les rencontre dans le film, tout laisse croire que Abbas, Asma et Yacine sont bien installés dans notre pays : les enfants sont scolarisés, Abbas a un travail, Abbas a une "amoureuse" et le trio occupe un appartement plutôt cossu. Sauf qu'on va vite apprendre que l'appartement est prêté, qu'il va falloir le quitter pour se retrouver entre les mains d'un marchand de sommeil et que Abbas se trouve dans la situation difficile de demandeur d'asile. C'est sur ce canevas que Mahamat-Saleh Haroun, le réalisateur (et, par ailleurs, ministre) de, entre autres, "Daratt", "Un homme qui crie" et "Grigris" réussit à rendre passionnante et intense une histoire où on peut avoir l'impression qu'il ne se passe pas beaucoup d'autres événements que ce qui se passe dans la vie de tous les jours. C'est le comédien français Eriq Ebouaney qui interprète le rôle d'Abbas, Sandrine Bonnaire étant Carole, celle avec qui il a une relation et qui est d'origine polonaise.
Centaure

Critique de Centaure

   3.5 - Bien
On ne peut pas dire que nos salles soient submergées par des films en provenance du Kirghizistan. Il y a pourtant un réalisateur dont la plupart des films arrivent sur nos rivages, le plus souvent grâce aux festivals auxquels il participe : Son nom : Aktan Arym Kubat. Il y a 8 ans, c'était la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes qui avait contribué à la sortie de "le voleur de lumière". Pour "Centaure", c'est le Festival de Berlin 2017. Un dicton kirghiz affirme que les chevaux sont les ailes des hommes. A l'origine pays de nomades, le Kirghizistan est en pleine mutation, avec le démantèlement de l'Union Soviétique, dont il faisait partie, l'arrivée de la mondialisation et la montée en puissance de la religion. C'est au travers de l'histoire de Centaure, un ancien voleur de chevaux et ancien projectionniste de cinéma, dont la salle a été transformée en mosquée, que Aktan Arym Kubat aborde ces thèmes avec beaucoup de finesse. On sent dans son film l'attachement à la culture et aux traditions de son pays, menacées par la religion et l’égoïsme des gens. Comme dans "Le voleur de lumière", c'est Aktan Arym Kubat qui tient le rôle principal. Autre actrice importante, la magnifique nature du pays, bien mise en valeur par le film. Il est simplement dommage que la narration soit un peu trop décousue !
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