gimliamideselfes    

Membre depuis 4804 jours | Dernière activité : 21/10/2017

  • 1516 notes & favoris
  • 560 critiques
  • 42 suivis
  • 818 abonnés
Suivre son activité
Toutes ses critiques
  • Ses critiques de films
  • Ses critiques de séries
  •    
  •    
  •    
  •    
L'Amant D'un Jour

Critique de L'Amant D'un Jour

   3.5 - Bien
Plus les films de Garrel s'enchaînent, plus ils se ressemblent et ce n'est pas pour me déplaire, parce que tout comme la Jalousie ou l'Ombre des femmes, L'amant d'un jour est vraiment pas mal. Sans rentrer dans les détails de l'histoire ce qui est beau c'est cette capacité à réussir à traiter de quasiment tous les moments de la vie amoureuse, la rupture, le quotidien, les retrouvailles et il s'amuse à les mélanger entre ses différents personnages ce qui donne véritablement une impression de vie, il y a forcément un personnage auquel on va s'identifier vu la quantité de sentiments différents qui est montrée. Mais ce que je trouve le plus beau, outre encore une fois une très belle photographie qui laisse les tâches de rousseur de Chevillotte briller de mille deux, c'est la tendresse. Garrel filme quelque chose que les autres ne filment pas, ou rarement, il filme les gens se toucher, il me le contact entre les êtres et ça donne un film extrêmement charnel. Les gens vont s'embrasser, mais pas que, ils vont se caresser les cheveux, se toucher la nuque, se palper lorsqu'ils se prennent dans les bras ce qui ne fait que renforcer l'impression de vérité des personnages et donc notre identification. Ils ne font pas semblant que leurs corps se touchent. Le tout, bien entendu, sans jamais tomber dans la vulgarité. Bref, un film plein de tendresse qui prend le temps, malgré sa courte durée, de montrer ce qu'est un couple sans jamais trop en faire ou être didactique. Il laisse la vie se développer à l'écran. C'est beau.
MINDHUNTER

Critique de MINDHUNTER - Saison 1

   3.5 - Bien
Je ne regarde pas ou peu de séries, mais pour une série sur laquelle Fincher a travaillé (même si malheureusement il n'a pas réalisé tous les épisodes et c'est un truc que je ne comprendrais jamais sur les séries, pourquoi il n'a pas tout fait ?) je peux faire une exception surtout si ça se veut dans la veine de Zodiac, parce que Zodiac c'était quand même assez antispectaculaire et assez loin des canons habituels de la série policière habituelle, donc j'avais envie de voir ce que ça pouvait bien donner de traiter cette absence de réel spectacle sur une dizaine d'heure sans qu'on se fasse chier et sur petit écran. Et je suis partagé. Partagé car j'ai dévoré la série assez vite alors que d'habitude je ne supporte pas de regarder "la même chose" trop longtemps, ce qui me fait éviter les très longs films, j'ai pris du plaisir à regarder ça, mais je crois malgré tout avoir quelques réserves sur le traitement. En effet, si comme prévu on est assez loin des standards de ce que l'on peut imaginer de la série policière, parce qu'en vrai si on enlève le générique on peut imaginer un film d'une dizaine d'heure, la construction des épisodes n'est pas répétitive, il y a une réelle progression dans l'histoire sans que la limitation à des épisodes d'une heure soit contraignante, le fait que ça soit diffusé par et sur Netflix permet réellement à la série d'entrer directement dans le sujet vu que tout est diffusé d'un seul coup et donc on peut se faire plaisir dès le début et surtout ne pas rappeler ce que l'on sait déjà et que l'on aurait pu oublier d'une semaine sur l'autre, mais malgré tout, ça garde la marque série. Je trouve ça froid, sans émotion, sans rapports humains qui fonctionnent réellement, comme si tout devait être mécanique, décortiqué, décorticable, analysable, alors ça va avec le thème de la série, mais ces gens là ont quand même le droit d'avoir des moments de bonheur de temps en temps ? Et c'est là que ça fait vraiment série, j'ai l'impression qu'on s'intéresse à leur vie familiale juste pour occuper un peu d'espace même si techniquement ça n'apporte rien à l'histoire, ça n'apporte pas réellement d'émotion, juste un sentiment de malaise tant tout est sombre et déprimant. Je ne dis pas qu'ils vont aller danser tous les soirs après avoir eu des entretiens avec des découpeurs d'enfants, mais comme dit je ne vois pas l'intérêt de montrer la vie privée, d'en parler, si c'est pour garder le même ton et ne pas humaniser un peu les personnages qui font quand même robots avec des réactions assez écrites. Parce que là je dois dire que je m'en foutais un peu de l'amourette avec la jolie jeune fille. Et les personnages en eux-mêmes sont assez cantonnés à leur rôle, ils ne sont jamais réellement surprenants, ils ont leur fonction, la remplisse très bien, mais ça ne va jamais plus loin. Jamais en les voyant je ne me suis dit autre chose que "Putain Emmanuel génie de la finance se met aux enquêtes policières". Après les personnages, surtout les secondaires sont bien amenés et biens joués, où sans exposition on arrive à cerner qui ils sont, ce qu'ils font, ce qu'ils pensent, etc. Si j'aime beaucoup Fincher d'habitude, là ça m'a un peu gêné, c'est la manière, notamment dans le dernier épisode de conduire les entretiens avec les criminels. C'est gênant, volontairement, mais je trouve ça un peu facile d'instaurer le malaise en parlant d'une jeune fille de 12 ans et de ses poils pubiens et je m'en veux d'avoir été un peu mal à l'aise, car encore une fois, c'est très écrit, très pensé, très bien découpé et finalement ce n'est que de la manipulation (oui je sais c'est normal, le cinéma c'est de la manipulation), mais à aucun moment je n'ai senti quelque chose qui allait au-delà de ce qui était filmé. Quelque chose qui viendrait réellement être malsain, quelque chose d'inattendu, d'imprévu, qu'on ne saurait identifier. En gros j'ai cette impression désagréable d'avoir été mis sur une montagne russe (ou plutôt un corbillard sur rails), où j'ai réagi là où il fallait réagir, mais que l'expérience vendue ne peut prétendre être plus qu'une montagne russe, en gros ça ne sera jamais réellement l'aventure. En gros je voulais voir la vérité 24 fois par secondes et j'ai vu un mensonge 24 fois par seconde et j'ai senti qu'on me mentait. Après outre ça, c'est bien réalisé et c'est même assez homogène de manière générale, on ne se dit pas "ah tiens là c'est sûr que c'est pas Fincher qui réalise un truc aussi dégueulasse", même si j'avoue que je ne suis un grand admirateur de l'esthétique verdâtre... mais je suppose que ça participe à l'ambiance macabre et puis c'est intéressant, on n'apprend rien réellement (et pas sûr que ça soit le but) mais l'histoire sans qu'il y ait réellement une intrigue forte autour d'un meurtre arrive à être réellement prenante, on a envie de voir ces personnages avancer, continuer leurs entretiens, leurs enquêtes... même si je dois dire que ce que je préfère c'est les enquêtes, voir leurs déductions se frotter à la pratique. Bref c'était bien mais ça manquait de vie, ou de folie... c'était bien trop contrôlé pour quelque chose sur des gens qui défoncent des jeunes filles...
The Babysitter

Critique de The Babysitter

   1 - Très mauvais
McG n'est pas le pire faiseur et loin de là, du peu que j'ai vu de lui on a fait bien pire. Contrairement à ce que l'on dit son Terminator est loin d'être le pire et contrairement au 3 et au 5 avaient au moins l'intelligence de proposer autre chose et même Target, qui est un mauvais film avait quelques audaces de mise en scène. Mais bon là dans ce Babysitter il n'y a pas grand chose à sauver. C'est très court, produit par Netflix et c'est exactement ce que l'on peut attendre d'une série B diffusée sur la plateforme, un truc sans grande inspiration, avec un réalisateur qui fait bêtement le travail, mais rien de plus. Le film se permet d'être pas mal gore histoire de mériter d'être vu par quelques ados à Halloween, mais c'est tout. Il n'y a aucune construction de personnage qui soit réellement intéressante, c'est une énième histoire d'ado qui va grandir. Mais surtout tout est grossier, tout va super vite, c'est juste un déluge d'effets spéciaux vite fait gore (enfin surtout au début) et après c'est une course poursuite basique sans être réellement folle. Alors là c'est clairement la faute de McG qui a beau faire ce qu'il peut il n'est pas un virtuose et donc n'arrive pas à faire ce qu'il faut pour sublimer la débilité du scénario... et c'est bien dommage... Cependant le plus grand défaut du film vient de l'histoire en elle-même, parce que c'est rien du tout ce truc. C'est que du déjà vu et ça n'ose absolument pas aller assez loin pour être réellement intéressant. Parce que dans l'ado qui fantasme sur sa gardienne, il y avait moyen de faire quelque chose... je ne dis pas qu'il fallait refaire deep end ou un film du genre, mais tout de même, on pouvait mettre quelques moments réellement gênants montrant ce que c'est que d'adolescence, d'avoir les hormones en ébullition... Là c'est quand même bien gentillet et ce n'est pas une ou deux gerbes de sang qui vont changer la donne. Autant Little Evil sur la même plateforme était fait avec un peu de savoir faire et d'amour, autant ça c'est juste une connerie expédiée par un mec qui respecte un cahier des charges débile sans jamais sourciller et c'est dommage. Il y avait bien mieux à faire avec l'idée de départ. Une perte de temps.
Junkopia

Critique de Junkopia

   4 - Très bien
Dans ce très court métrage les réalisateurs, dont l'excellent Chris Marker (les autres n'ont rien fait d'autre à ma connaissance) explorent les œuvres d'arts anonymes laissées là sur une plage à partir des déchets laissés par la mer. Et si d'habitude Marker joint ses très belles images à un commentaire tout aussi beau, vraiment poétique tout en étant percutant, ici il n'en est rien, juste des images et elles parlent d'elles-mêmes. On voit donc ces œuvres un peu absurdes à côté de San Francisco exposées au vent, à la mer, composées de déchets, ça donne une allure très triste de fin du monde. On dirait les vestiges d'une autre civilisation tant les réalisations sont parfois simples dans leurs motifs. Comme si nos objets, nos inventions que nous utilisons au quotidien essayaient d'être reproduites avec trois fois rien une fois la civilisation éteinte. D'ailleurs certaines œuvres ne sont pas sans rappeler certains masques africains. Bref c'est très court et réellement étonnant, tout en étant sans doute le meilleur catalogue possible pour une exposition, c'est aussi un beau film qui garde sa poésie.
The Meyerowitz Stories (New and Selected)

Critique de The Meyerowitz Stories (New and Selected)

   2 - Pas terrible
Je comprends que ce film ait fait moins de bruit qu'Okja lors du dernier festival de Cannes où il était en sélection officielle et diffusé par Netflix, il n'avait aucune chance de gagner la palme d'or. En fait ça ressemble pas mal aux autres films de Noah Baumbach, des bobos artistes qui cherchent un peu le sens de la vie, qui ne se comprennent pas, qui s'engueulent, qui parlent tous en même temps, mais là il n'y a pas Greta Gerwig pour égayer un peu tout ça. En fait très rapidement cette histoire de famille devient profondément insupportable notamment à cause de Dustin Hoffman qui campe un personnage complètement horrible, imbus de lui-même, égocentrique, qui parle, qui parle, qui parle, qui parle et qui parle... et tout le monde parle, tout le parle de choses différentes en même temps, ce n'est pas que c'est dur à suivre, c'est juste que leurs disputes de bourgeois on s'en fout un peu, mais surtout que c'est pénible d'entendre tout ce beau monde gueuler en même temps. Alors tout ça a un côté réaliste qui est appréciable, on est vraiment pris dans le flot du quotidien de cette famille qui aimerait (ou pas) recoller les morceaux, mais 1h10 de paroles en continu comme ça, ça aurait suffit. Ici c'est non seulement trop long, mais surtout ça ne se renouvelle pas, c'est toujours les mêmes situations qui se reproduisent une fois avec un frère, une fois avec l'autre (la sœur passe étrangement à la trappe) ce qui fait que vu que les personnages sont pénibles, ça devient vite lassant. Reste Shailene Woodley qui pour une fois n'est pas trop insupportable qui a un personnage assez drôle vu qu'elle veut devenir artiste et que tout ce qu'elle fait c'est faire des courts métrages où elle est la seule actrice et se fout à poil et adore le montrer à toute sa famille... Ce qui est pour moi un peu le comble du malaise... mais bon... c'est cocasse et surtout ça change de la monotonie hurlante du reste du film. Si certaines fonctionnent, la plupart du temps c'est vraiment trop névrosé, bourgeois pour qu'on se sente concerné par tout ça. Je veux dire, si je peux comprendre que ça puisse faire mal de vendre sa maison d'enfance, quel spectateur a des parents qui font de l'art et dont on pourrait rechigner de vendre l’œuvre ? J'ai vraiment l'impression de voir des gens déconnectés de la réalité, on ne sait pas d'où il tire leur fric car l'un ne travaille pas, le père ne vend pas réellement ses œuvres... et l'autre frère n'a pas l'air de soutenir financièrement tout ce bordel... Bref, le film manque d'universalité car il se complait trop dans ses délires bourgeois. J'ai l'impression d'avoir vu un mauvais Woody Allen, sauf que chez Woody Allen en général il est le seul névrosé hystérique et donc c'est supportable, là ils le sont tous... C'est assez décevant.
Prisoners

Critique de Prisoners

   3.5 - Bien
J'avais longtemps boudé Prisoners car j'avais détesté Enemy sorti juste après, mais vu que j'ai aimé les trois derniers films de Villeneuve, pourquoi pas ? Cependant je reste déçu, je trouve ça bien moins bien que Sicario, Arrival ou bien Blade Runner 2049. L'histoire est assez classique, un enlèvement de gamines a priori sans histoires et un père qui veut logiquement tout faire pour les retrouver, même ce que l'on considère comme immoral. Le film a beau être long, ce n'est jamais chiant, bien qu'il ne passe pas grand chose, Villeneuve arrive toujours à nous tenir en haleine, mais plus par la mise en scène que par l'histoire. En fait pour tout dire après trente minutes environ j'avais tout deviné, donc forcément il n'y a plus réellement de surprises, on attend juste que l'enquête suive son cours pour arriver à ce que l'on a déduit dès le début. En fait c'est la faute à une structure de film policier qui cherche absolument le coup de théâtre et donc forcément il suffit de regarder ce qui est le plus surprenant et de se dire "ok, ben c'est ça". Alors petit tuto, pour que ça soit surprenant il faut que ça soit un personnage a priori inoffensif, introduit très rapidement au début du film pour qu'on puisse se dire "c'était lui tout du long", bref la personne qu'on ne soupçonne même pas... Aussi je n'aime pas le côté Seven avec une certaine "leçon" dans les enlèvements, je trouve que ça casse tout le côté assez réaliste du reste, c'est-à-dire juste un type qui pète les plombs parce que sa fille a disparu. Après cet aspect là relève plus du détail et ne prend heureusement pas trop de place, même si ce qui arrive au personnage de Jackman peut sembler être dans la continuité de cette "leçon" et pour quoi ça fait vraiment Joker dans TDK et si ça passe chez Nolan c'est parce qu'on est dans un film beaucoup moins intimiste où ce genre de coup d'éclat fonctionne mieux (bien que ça reste critiquable). Sinon l'interprétation est plutôt correcte, je me suis d'ailleurs surpris préférer Gyllenhaal (que je crois vraiment avec le recul ne pas aimer du tout) à Jackman, car son personnage est moins extrême, plus mesuré, donc plus intéressant et surtout j'aime comment les éléments de sa personnalité sont amenés plus par ce que l'on montre du personnage que par ce que l'on en dit. On sait juste qu'il n'a jamais échoué sur une affaire, ça c'est dit, tout le reste est montré par ses tatouages, ses réactions, son acharnement, ses regards. Jackman devient rapidement plus "ours" et on se coupe de lui émotionnellement pour chercher une personne plus rationnelle avec Gyllenhaal. Mais je n'ai pas trouvé que Jackman soit si bon que ça en personne qui sombre petit à petit dans la folie destructrice. Et sur son personnage je trouve qu'en dit trop, le notre père au début, la petite maxime qui dit d'être prêt à toute éventualité, etc. C'est beaucoup trop cinégénique pour s'inscrire dans le traitement cru du reste du film et ça semble vouloir donner une portée symbolique au film alors que techniquement le film est assez bien mis en scène pour se passer d'une symbolique un peu lourde et vraiment se concentrer sur l'intensité de ce qui se passe à l'écran. Ah et quitte à faire dans le symbolique, je pense qu'on n'avait pas besoin de ce dernier plan qui fait perdre un peu tout le sens à ce que l'on a vu. Bref, c'est vraiment bien fait, mais l'histoire du drame banal en milieu pavillonnaire me semble trop cousue de film blanc, trop artificielle pour réellement convaincre. Heureusement que les personnages sont assez bien écrits et que surtout Villeneuve se fait plaisir avec certaines scènes de tension folle, notamment une course poursuite contre la montre vraiment folle alors qu'elle est toute simple. Comme tous les films que j'ai pu voir de Villeneuve jusqu'à présent il y a des bonnes idées qui sont parfois réellement entachées par d'autres qui sont trop symboliques, trop écrites et qui font perdre l'intensité que l'on avait gagnée avec la mise en scène. Ah et pour finir je trouve que ce film manque d'inconnu, de mystères, une fois le film finit il ne pose plus aucune question, on sait tout, on a tout compris et ça l'empêche de marquer plus durablement.
Le Passage du Canyon

Critique de Le Passage du Canyon

   4 - Très bien
Je continue sur les westerns de Jacques Tourneur et celui-ci est vraiment chouette, on est comme avec Stars in My Crown assez loin des canons du genre et on offre de belles tranches de vie plus ou moins agitées. Rien que le lieu est original pour un western : l'Oregon, et ça donne envie ces paysages sylvestres avec les montagnes au loin, les petites maisons de bois isolées, les "grandes villes" de mille habitants, l'absence de routes, bref, l'aventure... la colonisation... Et le film arrive merveilleusement bien à le faire sentir, ici on n'a pas réellement de grand méchant, même le héros propre sur lui fait quand même des choses qui peuvent sembler "douteuses" par rapport à la loi et on voit alors juste la vie du village s'écouler. Les magouilles des uns, les rivalités des autres... Tout ça se met en place, on voit les hommes au travail, construire des maisons, faire quelque chose de leurs mains. Et c'est beau. C'est un véritable appel à la nature, à la conquête... C'est un film que je ne trouve pas forcément touchant, les amourettes sont au mieux sympa, au pire quelconques, mais ce qui compte c'est véritablement ces grands espaces... La menace indienne ici est d'ailleurs extrêmement bien traitée puisque forcément les gens ont peur des indiens, mais ceux-ci sont surtout inquiets de voir les blancs construire des maisons, de les voir s'installer, prendre de l'espace qui était partagé par tous, de voir en quelque sorte les propriétés terriennes s'installer et de ne plus pouvoir bénéficier des ressources qui étaient à tous fut un temps. S'ils restent traités comme une menace durant le reste du film, ils ne sont pas méchants gratuitement, on est vraiment loin d'un film idiot à ce niveau là. Je crois que c'est l'un des rares westerns que j'ai pu voir qui soit aussi "paisible" et autant je peux apprécier un stagecoach, autant cette approche là me parle énormément, parce que tout simplement ça donne envie, malgré les embrouilles, malgré la pénibilité. Bref ça donne envie de partir à la conquête de l'ouest.
Blade Runner 2049

Critique de Blade Runner 2049

   4 - Très bien
Blade Runner 2049 c'est tout ce que je déteste, une suite à un film qui n'attend pas de suite, c'est jaune, mais bien bien bien bien jaune... et comme le dit le grand penseur moderne Karl Lagerfeld : "le jaune c'est moche", la musique est omniprésente et pas réellement discrète, c'est super long... Mais j'ai vraiment pris mon pied devant le film et je pense que c'est parce que c'est fait avec amour par quelqu'un qui ne se fait pas mettre de bâtons dans les roues, qui a sa vision complémentaire au film de Ridley Scott. Le film ne tombe pas dans le piège de la redite, le premier parlait de l'humanité des répliquants, là le sujet a déjà été traité, donc pourquoi Villeneuve reproposerait-il la même chose ? Il aborde donc Blade Runner avec une approche beaucoup plus sensorielle, c'est vraiment un film à voir au cinéma, parce que visuellement c'est très beau, mais surtout pour le travail sur le son qui fait vraiment vibrer la salle. On est dans les sonorités très graves, lourdes et lancinantes, savamment dosées qui viennent habiter ces ruines que l'on voit à l'écran. Rien qu'à la musique on sent l'état de décrépitude du monde. Mais c'est surtout la manière avec laquelle la musique arrive, en même temps qu'une nouvelle séquence, semblant englober tout l'univers qui meurt peu à peu. J'ai vraiment été conquis par cette approche alors que d'habitude je suis plutôt partisan du film sans musique ou avec éventuellement un morceau de Mozart (et si c'est intradiégétique c'est mieux), mais pas plus... Bref, à ce niveau c'est une réussite totale. Surtout que ça colle vraiment avec la mise en scène du film, qui elle aussi très lente, on a le temps de voir les espaces, de sentir la ville, beaucoup plus que dans le premier. Même dans les scènes d'action, on est très loin d'un film film surdécoupé, au contraire l'intensité d'un tir de pistolet se fait avec le son, on sent la puissance de l'arme et que ça ne rigole pas... la caméra n'a pas besoin de bouger dans tous les sens... Et si le film peut se permettre ça c'est grâce à sa durée... C'est beaucoup trop long, mais grâce à cette durée le film peut prendre le temps de faire exister son univers à travers ces scènes lancinantes, nihilistes où au dehors tout n'est plus que pub ou désolation... Et franchement limite j'aurai pu voir un film tout entier de voyage en voiture, sans intrigue ni rien... En parlant de l'intrigue, elle est correcte sans être folle, un beau petit retournement de situation sur la fin qui aurait pu être amené de manière plus subtile, mais bon... mais ce n'est pas réellement elle qui importe, ce qui importe c'est le parcours du personnage de Ryan Gosling dont on sait dès le départ qu'il est un répliquant. Et là je me pose la question du choix de Gosling comme acteur, parce que je trouve que les mecs ténébreux qui ne disent rien, notamment ici, ça ne lui va pas. Il est trop propre sur lui (alors bon quitte à s'acheter un répliquant autant qu'il soit beau...), un peu comme Ford dans le premier. En parlant de Ford, le film a l'intelligence de ne pas trancher explicitement sur la fin du premier... ce qui est une bonne chose et permet au premier de garder toute sa "saveur". Le film part donc d'un Gosling sans personnalité, ou que l'on croit sans personnalité (on casse un peu les burnes avec l'âme au début du film, les humains ont des âmes, les répliquants n'en ont pas... qu'on nous dit... sauf que lorsque l'on dit ça on ne dit rien étant donné que l'existence de l'âme n'est pas prouvée et je n'y crois pas et je pense que le film aurait été plus subtil si on ne venait pas nous parler de ça) et qui va petit à petit se découvrir. Le film ne traite pas la question de l'humanité des répliquants qu'elle semble considérer comme acquise pour le spectateur étant donné l'intrigue du film, malgré le discours binaire sur l'âme dont on sait très bien qu'il ne tient pas... La question est plus de ce que l'on peut faire une fois que l'on s'est rendu compte qu'on est vivant. Et le film se permet plus d'explorer la relation entre une intelligence artificielle et Gosling. Car le fait qu'un monstre de Frankenstein créé de toute pièce en labo puisse avoir une "âme" (comme ils disent) ça fait longtemps que la question est explorée, notamment dans le premier film, là pour changer on va s'intéresser à une relation virtuelle entre quelqu'un qui n'existe pas, qui n'est qu'un programme informatique. Le film va marcher sur les plates-bandes de Her. Il le fait encore une fois très bien puisque jamais le film ne va remettre en question l'humanité de cette IA ce qui va donc créer de réels paradoxes à cause des limitations techniques du fait de ne pas avoir de corps, mais ça va surtout permettre des scènes très belles, je pense notamment à cette scène où l'IA demande à Gosling de la fragiliser et où elle dit qu'elle sera comme une vraie femme. Les répliquants, les IA, tous n'ont qu'une volonté, devenir humain, faire comme eux, être comme eux. Même leur mortalité semble être bonne pour eux. Le bémol viendrait de la fin, moins marquante que celle du premier et surtout beaucoup plus attendue, quand on voit la scène arriver on sait exactement à quel moment ça va couper pour qu'on ait le générique et j'avoue que ça m'a déçu. J'ai passé un excellent moment un peu gâché par la fin. Pas qu'elle soit pas bien, mais le film n'est pas banal et là ça contraste... Bref c'était vraiment très bien, très beau, puissant, avec une pointe d'humour bien que très long et que l'on reste sur sa faim.
Un Jeu risqué

Critique de Un Jeu risqué

   3.5 - Bien
Jacques Tourneur n'est pas principalement connu pour ses western, mais plus pour ses films d'horreur, mais reste que Stars in My Crown ou bien là Witchita c'est vraiment pas mal. Un film très court, à peine une heure vingt, qui s'ouvre avec une chanson comme au bon vieux temps, avec un héros qui reprend la légende Wyatt Earp dans une histoire originale cette fois (on n'est plus sur OK Corral, mais on meuble sur la période où il était Shérif à Witchita), si je ne m'abuse, et qui surtout représente à la fois la force et la justice. L'histoire est assez classique, le héros est plus beau, tire plus vite, plus fort, plus précisément que tout le monde et donc forcément ça ne plaît pas à tout le monde, surtout qu'il veut bannir les armes de la ville, donc il s'attire des ennuis et vu que c'est lui le meilleur ça ne le fait pas peur malgré sa sensibilité qui fait fondre les femmes... Mais du coup sans révolutionner quoi que ce soit, avec une histoire banale (là où Stars in My Crown était quand même un peu plus original au niveau de l'histoire), Tourneur arrive à faire un film on ne peut plus sympathique parce qu'il n'y a rien à dégraisser, c'est un film concentré, tout est là, précis, bien comme il faut... avec le charme du vieux western un peu oublié et pas forcément inoubliable qui offre un spectacle de qualité. Ce qui est fascinant c'est la manière de filmer les personnages, notamment dans la scène d'introduction, où des cowboys voient un cavalier avancer vers eux, ils n'ont pas peur, mais se méfient. Ils comptent se montrer hospitalier avec lui. On ne sait pas qui est bon, qui est mauvais, on voit juste des hommes réagir à un événement lors de leur voyage. Le décor est planté, on sait tout ce qu'il faut savoir sur eux sans même qu'ils aient eu besoin de se présenter. On n'a pas un gars qui cherche les ennuis, mais qui ferait tout pour protéger son groupe. J'aime cette manière de découvrir les personnages par leurs actions et non pas par ce que l'on me dit d'eux. Et ça fait la différence avec d'autres productions du genre. On voit les gens réagir à des situations, se préparer à des situations, on n'expose que très peu, mais on va montrer ce qu'il faut savoir sur les personnages à travers leurs réactions. Ce qui mène à un film si on excepte le héros et le "méchant" à un film assez peu manichéen, alors que sur le papier et traité différemment ça aurait vraiment pu l'être et l'être même un peu trop.
Vive la baleine

Critique de Vive la baleine

   5 - Chef d'oeuvre
Cet excellent documentaire de Chris Marker et Mario Ruspoli (que je ne connais pas) traite de la chasse à la baleine, mais contrairement à beaucoup de documentaires moralisateurs sur la chasse aux espèces en voie de disparition, elle arrive à faire mouche. En effet Marker n'est pas un moralisateur, c'est un artiste, un poète, ce que vous voulez, mais son film est éminemment beau. On a donc une femme qui parle aux baleines qui se font tuer de manière de plus en plus industrielles, aux baleines qui passent de vitamines pour les esquimaux à une ressource naturelle comme le pétrole. Leur histoire est belle et on ne peut plus tragique. Et surtout la forme du film renforce le tragique puisque l'on voit au travers de nombreuses illustrations (le film est quasiment uniquement composé de commentaires hors champ et d'illustrations, il y a très peu de "film vidéo" et uniquement des images d'archives, Marker n'a rien dû tourner lui-même) l'évolution de la chasse, comment on passe des premières chasses, à quelque chose de tout de suite plus industriel au Japon (où à ce qu'il paraît ils sont très forts pour dépecer des trucs) avant de voir le harpon monté directement sur le bateau pour rendre la chasse "plus humaine". On peut donc en tuer beaucoup plus beaucoup plus vite. C'est vraiment touchant parce qu'on sent que ces bêtes sont estimées, magnifiées dans leurs représentations ce qui rend leur dépeçage bien plus atroce, sans être gore, mais juste parce que l'on met à mort un animal majestueux. Bref, le film arrive à dénoncer en étant d'une grande intelligence, en dénonçant plus l'industrialisation que l'utilisation qu'en faisait les esquimaux pour survivre. Il faut noter que la nature humaine choisit systématiquement, comme le précise le film, l'hécatombe plutôt que de changer de ressource nature un peu avant la pénurie de celle-ci. On attend le dernier moment. Ce qui ne fait que renforcer le destin tragique de ces monstres des mers.
Précédente Suivante
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
  • ...
  • 355