lhomme-grenouille    

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The Young Pope

Critique de The Young Pope - Saison 1

   3 - Pas mal
Saison 1… Et saison unique visiblement. Ça aurait dû me motiver ça : une seule saison – dense – produite qui plus est par un Canal+ en pleine bourre en ce moment… Seulement voilà, on aura beau me mettre du Jude Law en premier rôle, moi quand il s’agit de me parler d’Eglise, de religion, de papauté, je freine carrément des quatre fers. Pas que le sujet me crispe ou me révulse pour des raisons politiques ou religieuses. Non. C’est juste que c’est un sujet qui m’indiffère totalement… Franchement, que peut-on raconter d’intéressant sur le pape ? Un vestige du passé totalement emmuré dans son Vatican ?... Seulement voilà, la série semblait justement promettre un dynamitage du concept. Par l’idée d’un pape jeune et iconoclaste, on pouvait même espérer un vrai questionnement sur le rôle que pourrait avoir un tel pape dans une institution religieuse brusquement modernisée… Pour le coup, c’est vrai que cela pouvait rendre la chose intéressante. Pourtant, ce n’est absolument pas ce que nous offre au final ce « Young Pope » ! Mais – surprise ! – ce n’est pas pour autant que j’ai trouvé ça inintéressant, loin de là ! Déjà – premier point fort – c’est très soigné. Ah ça ! Il y a une esthétique, donc du coup, il y a un univers. Dans une série, c’est juste fondamental. Il n’y a pas un épisode où on pourra reprocher à Sorrentino d’avoir traité la chose par-dessus la jambe. Il y a dans cette série une sacrée flopée de plans saisissants, et justement pas forcément de ceux qu’on était en droit d’attendre. Rien qu’en cela, la série dispose d’un atout majeur et – selon moi – indiscutable. Ensuite, il y a un Jude Law qui fait le boulot bien comme il faut. Son taf était d’être capable d’occuper l’écran et de l’irradier pleinement de son personnage, eh bien il y est remarquablement parvenu. Franchement, c’est une performance marquante qu’il nous sort là et la série lui doit beaucoup. Restent donc ce qui est dit et comment c’est dit… Et c’est sûrement sur ces points-là que la série sera susceptible de diviser le plus. Parce que franchement, à part les deux premiers épisodes qui sont assez accrocheurs et cela justement parce qu’ils savent ménager une forme de mystère autour du personnage papal, les suivants par contre se révèlent très vite redondants, ressassant toujours plus ou moins les mêmes facettes du personnage et les mêmes ressorts d’intrigue. Pour le coup, je trouve qu’il est difficile de trouver un appât pour se laisser tirer par la série. Personnellement, j’ai peiné à enchaîner les épisodes, faute de motivation. Malgré tout, à chaque épisode le même constat revenait. Certes, il n’y avait rien de nouveau de proposé, et l’épisode était quand même bien long à démarrer, mais au final l’épisode ne se révélait jamais déplaisant à regarder. « The Young Pope » dispose d’une patte, d’une atmosphère, d’une esthétique et d’une qualité d’écriture qui font que ça marche quand-même. A la fin de l’épisode, on a toujours l’impression d’en savoir un peu plus sur le personnage, même si au fond, on n’en sait pas vraiment davantage. D’ailleurs, quand l’épisode final s’est conclu, pour ma part, je me suis dit qu’il n’y avait finalement pas grand-chose à dire de tout cet univers là. Mais, étrangement, ça ne m’est pas apparu comme un problème. Cette série était visiblement plus à prendre comme un moment plutôt que comme un déroulé. Et je me dois bien de reconnaître que le moment ne fut pas si désagréable que cela. L’air de rien, se risquer à aborder la question de l’Eglise et du pape sous l’angle de Spoiler : l’extrémisme religieux avait sa pertinence et je pense même que la série aurait pu aller plus loin si elle avait su se faire davantage audacieuse. Parce que bon, au lieu d’oser y aller bien à fond, je trouve dommage qu’au final la série se soit risquée à un trip Spoiler : fantastique dans lequel le pape se révèle vraiment être Spoiler : un saint capable Spoiler : d’accomplir des miracles, rien que ça ! Alors certes, cela permet de regarder la chose du point de vue du croyant et donc de nous faire percevoir le relief que peut avoir le pape pour ce genre de personnes. Mais d’un autre côté moi je trouve ça un brin facile pour la série qui, du coup, s’interdit par cette pirouette de vraiment questionner l’institution en profondeur… Mais bon, je ne vais pas faire mon susceptible non plus. « The Young Pope » ne m’a pas déplu : c’est un fait. Et même si je n’aurais sûrement jamais regardé une saison 2 si jamais saison 2 il y avait eu, je ne nierais pas avoir été séduit par une ambiance, un état d’esprit et une élégance qui ont quand même quelque-chose de suffisamment singuliers pour qu’on accepte de se laisser tenter… Du coup, à votre tour de vous poser la question chers lecteurs : êtes-vous prêts de votre côté à céder à la tentation ?
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The OA

Critique de The OA - Saison 1

   2 - Pas terrible
Honnêtement, je peux comprendre l’engouement qu’il y a autour de ce « The OA ». Moi le premier, après avoir vu le premier épisode, j’étais plutôt séduit. L’histoire était vraiment intrigante ; quant à l’esthétique assez énigmatique de la série, elle savait elle aussi séduire et rendre curieux à la fois. Le simple fait de faire débouler le titre de la série vers la fin de l’épisode, en plein milieu du récit, ou bien encore de disséminer des symboles mystérieux de temps en temps, franchement ça a aidé à faire le boulot me concernant. Et donc oui, à la fin du premier épisode, j’étais plein de questions ; j’étais curieux ; j’attendais de voir la suite… Et ce qui est dommage, c’est que l’illusion a tenu encore à peu près un ou deux épisodes supplémentaires, mais après mon intérêt s’est quand même vite dilué au point que tenir jusqu’au bout fut rapidement compliqué. « Pourquoi cela ? » me demanderiez-vous. Eh bien pour une multitude de raisons malheureusement. Déjà il y a clairement eu pour moi un problème qui s’est posé dès que l’intrigue a commencé à se révéler. (Spoiler : Désolé, mais moi, le trip sur les anges, malgré tous les efforts consentis par la série pour ne pas en faire trop, c’est vraiment un truc auquel je n’adhère pas. Pire ça me crispe.) L’autre souci, c’est clairement le rythme. Si au départ, les trois premiers épisodes savent chacun apporter leurs lots d’éléments nouveaux en termes d’univers et de péripéties, au-delà de ça, on commence à tourner en rond Spoiler : autour de la captivité chez Hap. Pour le coup, la scission de l’intrigue en deux timelines dysfonctionne vite, le passé de Nina / Prairie prenant le pas sur le temps présent et ses problématiques. Ce n’est pas compliqué, mais toute la clique BBA / Steve / Alfonso / Buck n’est pas développée. Cette timeline stagne et vient même pourrir l’avancement de l’autre timeline. Et puis au fond, si le rythme dysfonctionne également à ce point, c’est aussi parce qu’il n’y a finalement pas grand-chose à tirer de toute cette galerie de personnages. Alors que le premier épisode suggérait quelque-chose d’assez atypique et presque tordu, au final on se retrouve avec des schémas assez proches du teenage-movie pour midinette à base de personnages assez fades et archétypaux (Homer pour exemple est quand même le symbole d’un fantasme de lycéenne). D’ailleurs, ce côté un peu midinette de l’intrigue fait malheureusement assez tristement écho à la tournure assez baba-cool-ridicule que prend l’intrigue qui concerne le mystère Spoiler : des anges. Alors OK, parfois la série parvient à mettre en place un certain élan autour de ce mysticisme. Mais bon, moi perso, la plupart du temps, j’ai trouvé ça quand même assez risible. Pompon d’ailleurs à Spoiler : la chorégraphie des cinq mouvements. Franchement : NON. Même avec la plus meilleure volonté du monde, ce n’est juste pas possible. Alors après, certes, certains pourraient m’arguer que la fin peut nuancer tous les reproches que je fais à cette série. C’est vrai que celle-ci à le mérite de remettre en cause la propre pertinence de son récit et de questionner la crédulité que certains personnages ont pu y mettre. Mais bon, d’un autre côté on ne va pas me la faire non plus ! Et je m’explique : Spoiler : qu’on nous laisse à la fin avec cette interrogation en mode « tout ça au fond Prairie l’a peut-être totalement inventé. Où est le vrai ou est le faux ? », moi, ça, je trouve que c’est juste une blague. Une fin ouverte ? Vraiment ? Alors comment Prairie, après avoir fait un rêve prémonitoire dans sa baignoire, entraînant au passage un saignement de nez, a pu avoir envie de courir comme une grosse dératée jusqu’au lycée pour se prendre la balle d’un lycéen lambda qui a décidé de refaire chez lui la tuerie de Columbine ? Alors déjà, paye l’arbitraire de ton récit, parce que pour le coup, cet élément il tombe comme ça un peu comme un cheveu sur la soupe sans que l’intrigue ait pris le temps de l’annoncer. Et puis d’autre part, l’emboitement chanceux de tous les événements qui surviennent dans cette conclusion à quand même de jolies allures d’hasard divin. Donc franchement, pour moi il est juste inconcevable, à suivre la diégèse de cette série, que OA ne soit pas un ange. Bref, à faire un bilan de cette première saison de « The OA », je me dis d’un côté que je suis peut-être sévère parce que cette série tente beaucoup de choses et que, sur bien des aspects, elle est quand même assez audacieuse généreuse, et sait poser une atmosphère qui lui est propre. Seulement voilà, d’un autre côté, si on n’a pas l’esprit midinette mystico-kikou-choupinou-twilight, je ne vois pas comment cette série peut vous parler. Moi en tout cas elle ne me parle pas. Dommage pour moi j’ai presque envie de dire…
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Westworld

Critique de Westworld - Saison 1

   3 - Pas mal
Si vous vous intéressez un peu au monde sériel, je pense qu’en ce début 2017, vous avez dû entendre parler de « Westworld ». Je pense même que même si vous ne vous intéressez pas au monde sériel on a dû vous a parler de « Westworld »… C’est même d’ailleurs dingue à quel point tout le monde parle de « Westworld » en ce moment ! Est-ce parce que HBO nous la vend comme son nouveau fleuron sensé prendre le relais de « Game of Thrones » ? Perso, je n’en sais rien. En tout cas une chose est sûre : moi j’ai essayé de m’y plonger dedans sans trop rien en attendre ni – d’ailleurs – sans trop rien en savoir… Et je dois avouer que les premiers épisodes m’ont quand même pas mal laissé de marbre. Pourtant, les premières minutes avaient vraiment su me prendre. Cette entrée en matière, mêlant d’un côté la présentation de cet Ouest américain qu’on sent factice, et de l’autre ce dialogue surréaliste entre les personnages de Bernard et de Dolores, moi je l’ai trouvé plutôt efficace. Mais bon, au-delà le premier quart d’heure, j’avoue que déjà, j’ai commencé à lâcher un peu prise. Alors après – entendons nous bien – je ne me suis pas ennuyé pour autant ! Pour le coup je trouve que le lieu et l’univers qu’on nous présente ont vraiment quelque-chose d’original et d’intrigant. Je trouve aussi que formellement c’est vraiment maitrisé et que ça tient la route. Et tout comme je trouve enfin que le casting a vraiment de quoi séduire. Entre Anthony Hopkins, Sidse Babet Knudsen, Thandie Newton, Jeffrey Wright et Ed Harris, on nous sort quand même du lourd… Bah ouais, mais seulement voilà, malgré tout ça, je ne peux m’empêcher de considérer que, globalement, ce « Westworld », il reste quand même un peu trop lisse. Alors certes, j’entends que le concept même de Westworld implique un ressenti un peu lissé. Mais bon, d’une part j’estime que ça ne devrait pas toucher les personnages extérieurs à l’Ouest américain, et d’autre part je ne suis même pas sûr que ce fut voulu et souhaité. D’ailleurs, c’est un peu le problème qui, à mon sens, a brimé mon plaisir tout le long de cette première saison. Je n’ai pas été vraiment convaincu par les personnages et les situations. Je n’ai pas pu m’empêcher de les trouver un brin caricaturaux et pas très fouillés. Alors certes, ce n’est pas non plus de la série B. ça reste convenablement écrit. Mais franchement, pas si bien que ça non plus. Du moins pas suffisamment pour qu’ils s’incarnent vraiment dans mon esprit et que pour que je me prenne d’empathie pour eux… Et puis voilà quoi : au-delà de tout ça, cette série, en fin de compte, elle ne dit finalement pas grand-chose. Le sujet traité a beau être intéressant, je trouve malgré tout que ça ne va pas plus loin que ce qui a déjà été posé plein de fois par d’autres œuvres du même genre. Peut-être ça pourra captiver les néophytes – je n’en doute pas – en tout cas, moi, ça ne m’a pas emballé plus que ça. Après, ça n’empêche pas la série de faire le boulot, notamment en parvenant à entretenir quelques mystères tout le long de la saison (Spoiler : Mais que nous cache Ford ? Qui est l’homme en noir ? Quel est ce mystérieux labyrinthe ?), mais encore une fois, rien de véritablement transcendant. Le problème, c’est que j’ai vraiment eu l’impression de devoir attendre jusqu’aux deux derniers épisodes pour enfin voir la situation initiale bouger. Or, ça, pour moi, c’est un peu symptomatique d’une série qui, mis à part un univers, n’a finalement pas grand-chose à proposer. Certes, des questions intéressantes sont posées dans le tout dernier épisode (même si en fait, à mes yeux, il n’y en a eu qu’une seule : Spoiler : celle du lien entre le dépassement et la souffrance), mais bon, non seulement ce n’est finalement pas creusé et puis… bah et puis ça n’arrive qu’au dernier épisode quoi ! Moi, je suis désolé, mais ça me fruste. Se bouffer presque 10 heures de programme juste pour une simple amorce, c’est quand même un peu limite en termes de rythme. Enfin bon… Ça reste beau. Ça reste soigné et plutôt bien mené. Ça reste aussi efficace dans l’ensemble, même si quelques détails sont parfois venus me pourrir l’immersion (Spoiler : Je pense notamment au fait que le parc existe depuis 30 ans mais que les technologies ne semblent pas avoir évolué entre temps. Je pense aussi au fait qu’on nous laisse suggérer qu’au fond, les robots ne semblent exister que dans ce parc et pas ailleurs, et personne ne semble jamais avoir pensé à faire autre chose d’eux que des attractions visant à se faire flinguer… C’est quand même sacrément contre-intuitif moi je trouve…) Bref, je n’ai peut-être pas vu dans « Westworld » l’événement que tout le monde semblait pourtant annoncer. Malgré tout – je ne vais pas vous mentir – je trouve que ça fait le taf et que ça passe le temps. Après tout c’est déjà ça. Donc, en définitive, pourquoi pas…
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Mr. Robot

Critique de Mr. Robot - Saison 2

   3 - Pas mal
Bon bah, malgré mon impression plus que mitigée de la première saison, j’y suis retourné ! Il faut dire : difficile de tourner le dos à une série qui – malgré tout ce que j’ai eu à lui reprocher – se révèle aussi belle plastiquement parlant et aussi pertinente dans le sujet qu’elle entend aborder. Et franchement, bien m’en a pris. Tout mon entourage m’avait dit que cette seconde saison était différente de la première. Certains la jugeaient meilleure, d’autres la trouvaient moins bonne. Moi, en tout cas, je fais effectivement partie de ceux qui la trouvent meilleure (comme la plupart des gens qui n’ont pas trop été conquis par la première saison d’ailleurs ^^). Et, à dire vrai, il n’y a pas trop de mystère à ça. Pourquoi je la trouve meilleure ? Déjà parce que cette saison met entre parenthèse tout ce qui m’avait le plus gonflé lors de la première (Spoiler : Notamment ce personnage moisi qu’est Wellick !), mais aussi parce qu’elle ose enfin mettre les pieds dans le plat. Après je ne sais pas combien de digressions lors de la saison 1, dans cette saison 2 on ose enfin aborder la question du chaos généré par la petite révolution de F-Society. Franchement, j’ai trouvé ça très agréable tant ça posait un univers assez original, prenant, et surtout tant ça nous conduisait vers une forme d’inconnu. Après tout, c’est vrai ça : jusqu’où le système actuel pourrait couler si on le privait de ce qui lui est désormais devenu essentiel : la communication globalisée ? Pour le coup, j’ai revécu le même grisement que j’avais connu en début de saison 1. la seule différence c’est que là, contrairement à la saison 1, le grisement ne s’est pas évanoui après deux ou trois épisodes. Là, il a duré plus longtemps… Jusqu’à l’épisode 5 environ… Bon, du coup. Bon, du coup, vous l’aurez compris, tout l’est pas rose non plus dans cette saison 2. Encore une fois, j’ai fini par buter contre les mêmes faiblesses que lors de la saison 1. passé l’épisode 5, l’intrigue du personnage principal ne bouge plus trop (à dire vrai, elle ne bouge jamais vraiment). De même, voilà que se multiplient (à nouveau) les problématiques des personnages secondaires que, moi, je trouve totalement inconsistants (qu’il s’agisse d’Angela, de la sœur, de Whiterose, ou de l’agent du FBI, ces quatre personnages, pour moi, sont bien trop lisses et stéréotypés pour fonctionner). Et le pire, c’est que pour tenir la longueur, la série revient nous endormir avec tout un jargonage et des intrigues à base de piratage dont je n’ai jamais vraiment vu l’utilité sur l’intrigue. Et c’est un peu le gros souci de cette série je trouve. Elle lance plein de pistes, les fait stagner toutes, si bien qu’au final je ne suis parvenu à m’intéresser pour aucune. Si la série avait vraiment voulu me happer par le mystère de ces différentes intrigues, il aurait fallu qu’elle lâche régulièrement du lest, qu’elle me donne l’impression que ce fil conducteur là allait peut-être me permettre de démêler toute la pelote. Or, là, ce n’est clairement pas le cas, et ça dure sur des épisodes entiers. Et le problème, c’est que lorsque qu’une piste se débloque enfin, moi, je n’ai même plus le souvenir d’où vient cette piste (par exemple, la mort du hacker et la douille qui permettent de remonter jusqu’à la sœur du héros, je ne sais même plus d’où elles sortent et ce qui les a causé.) Du coup, j’ai suivi ce gloubiboulga d’intrigue de manière un peu passive, sans vraiment le comprendre, et pour arriver au final à une conclusion qui me démontre qu’en fin de compte, rien ne s’est vraiment passé lors de cette saison, et que le changement, ce sera pour les deux ou trois premiers épisodes de la prochaine saison, avant que celle-ci ne sombre à nouveau dans la léthargie. Alors après, je ne reviens pas sur ce que j’ai dit en début de critique : globalement, ça tient quand même bien mieux la route que la première saison. Je trouve l’ensemble mieux équilibré et la situation est suffisamment lancée pour qu’elle capte mon attention (et puis, que c’est beau !) Seulement voilà, c’est encore vraiment frustrant de me dire que cette série, qui pourrait être une pure bombe si elle était plus dense et épurée, me laisse encore une fois sur le frein à main. Mais bon… Je suis encore ouvert à la prochaine saison… Comme quoi, ce « Mr. Robot » a quand même quelque-chose de vraiment intéressant pour lui. Donc encore une fois « wait and see ». En espérant que l’effort de patience saura être un jour récompensé…
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Mr. Robot

Critique de Mr. Robot - Saison 1

   2 - Pas terrible
En cette période de grande peur du Big Data ; des « lois renseignements » et autres piratages de données personnelles, c’est peu dire si ce « Mr. Robot » surfe sur une mouvance d’actualité. Et comme cette série se révèle, dès les premières minutes, magnifique plastiquement, suggestive dans sa forme, et surtout portée par un personnage principal à la gueule et au phrasé qui ne laissent pas indifférents, forcément ça a vite alimenté chez moi de grands espoirs. Et je dois bien le reconnaitre : sur les deux premiers épisodes, la mécanique de la série a clairement marché sur moi. Il y avait dans ce « Mr. Robot » quelque-chose d’un « Matrix » moderne (presque ouvertement assumé), c’est-à-dire une sorte de parcours initiatique mené par un héros marginal pour nous conduire dans une sorte de métaphore de l’envers du décor. Et puis, à partir du troisième épisode, je trouve que la série dérape lentement. Les personnages se révèlent progressivement assez caricaturaux (c’est notamment le cas de Wellick qui endosse rapidement le rôle de gros vilain méchant sans scrupule et sans logique ; incarnation suprême du Mal sur Terre. Mais bon, les autres, de Christian Slater à la flopée de personnages féminins réduits à leur plus simple expression de fantasme pour ados devant écran ne valent pas forcément mieux…). Mais ce n’est pas tout, dans le registre de la caricature, les situations proposées s’en sortent pas mal non plus (Spoiler : l’infiltration de la base où sont enfouis les serveurs a des vieux airs de « Mission : Impossible » mal gaulée). Enfin, toujours dans le domaine des clichés qui ne passent pas, je pourrais aussi citer la plupart des éléments perturbateurs random qui nous sont sortis à partir de l’épisode 3 (Spoiler : ...Notamment les minables ressorts autour de l’histoire de la copine et du dealer en milieu de saison : aïe aïe aïe ! Tellement artificiels ! …Et que dire de ce twist incroyable concernant Mr. Robot en mode « Je suis ton père »… Pire : en mode « Je suis ton père… mort ». Non mais là non… NON ! Trop c’est trop. Amené comme ça, pour moi ça ne marche clairement pas. Le pire c’est que ça aurait pu être une bonne idée, et ça a le mérite de clarifier les choses sur la fin. Mais là, c’est juste la manière de faire tomber ça comme un cheveu sur la soupe qui me pose véritablement souci… Du coup, ça ouvre la porte à plein d’absurdités, genre « finalement Wellick c’est aussi une autre facette de mon esprit « Mouhahaha » ! …Le pire, c’est que, au vu des pistes laissés par les derniers épisodes, la série pourrait très bien s’empêtrer dans une intrigue de ce genre…) Mais bon, au-delà de tous ces problèmes d’écriture, le vrai souci, c’est surtout la manière dont cette série entend finalement traiter son sujet principal : le piratage informatique. Au départ observé sous l’angle de l’analyse, ouvrant à une certaine forme de réflexion quant à la place qu’occupe la data dans notre société, il devient très vite un gadget servi sous toutes les sauces afin d’alimenter les péripéties les plus absurdes (Spoiler : …Personnellement, je trouve que la réaction de la blondinette à son usurpation d’identité est juste absurde et illogique au plus haut point. Et ce n’est malheureusement qu’un exemple parmi tant d’autres.) Et je ne m’étends pas sur les fois où le monde du piratage informatique sert juste à embrumer l’intrigue avec du jargonnage qui ne sert en rien l’intrigue, ou bien lorsque celui-ci se limite à un simple prétexte pour solliciter des fantasmes de geeks (Spoiler : le personnage de Whiterose est pour moi un bon exemple typique de trip geek qui ne marche pas du tout sur moi.) Bref, je ne vous le cache pas, j’ai failli plus d’une fois arrêter le visionnage de cette saison, et à chaque fois que je l’ai repris, ce fut sans satisfaction derrière. J’ai enquillé les épisodes sans passion, me contentant juste d’admirer les jolis cadres. Et c’est franchement dommage, parce que – gâchis ultime ! – l’intrigue se relance enfin lors… du dernier épisode. Oui, le dernier épisode seulement. Non mais là, franchement… Le dernier épisode quoi… Sept épisodes de vent, juste pour gagner du temps avant l’avènement de l’épisode 10. Le pire c’est que le contenu du dernier épisode a de quoi me rendre curieux de ce que va contenir la deuxième saison ! « Super », j’ai envie de dire ! Mais quelle purge avant d’arriver à ça ! Enfin bref… On verra ce que cette saison 2 aura à nous proposer. Mais en tout cas, cette première saison est un beau condensé de frustration. A savoir je pense avant de ce lancer dans cette drôle d’aventure qu’est « Mr. Robot »…
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Le Bureau des Légendes

Critique de Le Bureau des Légendes - Saison 2

   4 - Très bien
La première saison m’avait satisfait, sans me séduire totalement non plus. Malgré tout, cette première saison s’était conclue sur un renversement de situation fort intéressant qui ouvrait une piste d’exploration des plus excitantes. Ainsi, j’étais curieux de cette seconde saison, et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette curiosité a été richement récompensée. Déjà – très bon point – du premier au dernier épisode, cette saison sait se faire haletante, sachant ménager ses moments de tension et orchestrer comme il le faut ses twists. Gros point fort aussi : j’y crois. Parler d’espions, de leurs missions, de tensions entre services, entre nations, de terrorisme : c’est casse-gueule. Moi, je ne suis pas un expert en espionnage, mais tout ce que je vois me parait crédible. Je crois aux situations et je crois aux personnages : pour le coup le dosage entre les artifices nécessaires à la bonne tenue du suspense et les éléments sensés apporter de la crédibilité fonctionne bien. Et puis enfin – dernier détail qui n’est pas anodin – je trouve qu’Eric Rochan et son équipe maitrisent de mieux en mieux leur sujet d’un point de vue formel. Parfois, lors de la première saison, certaines scènes étaient soit trop cheaps, soit trop maladroites. Là, tout ça n’est plus, si bien que – forcément – ce « Bureau des légendes » passe un niveau au-dessus. Ah ça ! Il n’y a pas à redire : avec des « Baron noir », des « Engrenages » et maintenant ce « Bureau des légendes », Canal+ est en train de s’installer au rang des chaînes capables de fournir du bon en termes de séries, et ça, ça fait plaisir ! Et comme le final de cette saison 2 est encore une fois une très belle conclusion très haletante, une fois de plus, j’attends avec impatience la saison 3. Celle-ci va-t-elle encore gagner en force et en forme ? La réponse en 2017. J’ai hâte…
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Stranger Things

Critique de Stranger Things - Saison 1

   3 - Pas mal
Après avoir tendu l’oreille à droite et à gauche, j’ai vite eu l’impression que ce « Stranger Things » était la petite sensation de cet été (2016)… On me disait que c’était très années 80 ; que c’était un mix réussi entre les « Goonies », « E.T. », et « The Mist » ; que c’était un joli clin d’œil pour toute une génération de trentenaires dont je fais partie… D’un côté ça pouvait être alléchant, de l’autre je craignais l’œuvre qui ne soit qu’un simple appel à la nostalgie. Alors au final, après l’avoir vu, j’aurais tendance à dire que – certes – cela repose beaucoup sur la corde nostalgique, mais bon, qu’heureusement ça sait aller au-delà. Disons pour être plus clair que la série ne nous la fait pas à l’envers concernant sa sollicitation des années 80 : du début jusqu’à la fin, que ce soient dans les décors, les références et surtout les codes narratifs utilisés qui nous rappellent les films de genre de cette époque, tout est échafaudé pour devenir une immense madeleine de Proust. Bref, « Stranger Things » ne se cache pas, et c’est peut-être cela qui fait qu’il est aussi efficace. La série maitrise très bien ses codes et sait fournir une intrigue qui marche, qui sait générer son suspense sans pour autant quitter les conventions qu’on peut être heureux de retrouver. C’est propre, c’est beau, ça fonctionne. Seul bémol peut-être, des acteurs enfants pas toujours à la hauteur de l’événement, mais bon… C’est ce qui fait aussi le charme de cette série… Alors après, est-ce que cet édifice supportera-t-il l’accumulation des saisons ? Honnêtement je ne pense pas ; à moins que la série parvienne à se renouveler profondément dans son fond et dans sa forme. Mais bon, en attendant, cette première saison tient la route à elle seule, et peut même être considérée comme une saison qui se suffit à elle-même, tant elle boucle bien la plupart de ses arcs narratifs. Donc voilà, rien de révolutionnaire donc, mais un bon produit qui sait faire son office. Eh bah moi je dis que ça se prend…
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Vikings

Critique de Vikings - Saison 1

   2 - Pas terrible
Je la prends en retard cette série, mais je vous avoue qu’elle m’intriguait quand même pas mal… Les échos qu’on m’en donnait étaient généralement bon et puis – je pense qu’on sera tous d’accord là-dessus – le sujet en lui-même à quand même quelque-chose de fascinant. Entre fantasme et questions historiques encore non élucidées, les Normands autorisent tous les fantasmes et – finalement – tous les types de traitements. Moi, personnellement, je suis plutôt fan des séries qui développement des personnages subtils et – quand il est question d’Histoire – qu’elle sache faire l’effort de mettre en éclairage des aspects des sociétés anciennes qui nous échappe parfois. Là, avec Michael Hirst aux commandes, j’avoue que cette série n’a pas forcément pris la direction que j’aurais souhaitée. Pour ceux qui ne connaissent pas le personnage, Michael Hirst, c’est le showrunner des « Tudor » ; une série – historique elle aussi – qui partait bien, et puis qui finalement s’est enlisée dans des marivaudages un peu vains, laissant de côté les caractères les plus intéressants de son sujet. « Vikings », c’est malheureusement un peu la même chose. On a un sujet passionnant, et pourtant, la plupart du temps, la saison s’enlise dans des artifices qui ne sont pas à la hauteur du standing qu’elle revendique. Certes Ragnar Lodbrock est un personnage presque légendaire dont finalement on ne sait rien. Malgré tout, la série n’était pas obligée d’en faire un personnage tissé de fils blancs. Et malheureusement, ce constat, on peut le faire pour un peu tout le monde. Le personnage de Lagertha par exemple sonne totalement faux : elle apparait souvent anachronique par son comportement, mais surtout elle se retrouve parfois imposée dans certaines scènes où elle n’a clairement pas sa place (Spoiler : Non mais franchement : comment justifier que Ragnar l’amène pour à son second pillage ? Son équipage est totalement masculin. En plus, il avait été précédemment qu’il fallait qu’elle garde la ferme…Quel changement de logique absurde !) Même Gabriel Byrne ne fait pas illusion bien longtemps. Son personnage est trop lisse, trop univoque. Du coup l’opposition qu’il offre à Ragnar n’a que peu d’ampleur. Et que dire de tous les autres ? Floki est un arlequin assez risible, Siggy est une caricature bien fade de femme fatale sans substance ; le gosse de Ragnar n’a aucune subtilité ; Aslaug n’a aucun charme… Bref, voilà un tableau pas très réjouissant, surtout que la série n’est pas très douée non plus dans la gestion de son rythme. Les temps forts tombent aux mauvais moments ; de longs instants de temporisation lacèrent régulièrement l’élan de l’intrigue (le pire cas étant cet avant dernier épisode qui s’abandonne dans une cérémonie religieuse qui sort de nulle part) ; et pire encore, le cours de l’histoire emprunte parfois des aiguillages difficiles à comprendre (Spoiler : Le roi Horik sort un petit peu de nulle part, et ses problèmes d’inféodations apparaissent clairement comme un parasitage de la vraie intrigue que sont les pillages de l’Ouest.) Bref, voilà un tableau bien peu reluisant, même si au final, je ne trouve pas le résultat soit si catastrophique que ça. Il y a quand même une atmosphère séduisante, et la série parvient souvent à donner envie de savoir ce qui se passe après. Dommage donc que ça prenne autant de temps à se développer. Dommage aussi que ce soit aussi lisse. Dommage enfin que le rythme soit aussi mal gérer. Alors après, peut-être me laisserais-je tenter par la saison 2 pour voir comment évolue l’ensemble. Maintenant j’avoue que, au vu de cette première saison, et au regard de ce qu’à déjà fait Michael Hirst avant, je ne suis pas très confiant. Mais bon, on verra. En attendant, je pense qu’il y a mieux à découvrir dans ce riche monde des séries…
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22.11.63

Critique de 22.11.63 - Saison 1

   2 - Pas terrible
« 11.22.63 »… Ou comment lancer plein de pistes super sympas dans un premier épisode très riche, et puis tout déballonner derrière lors des sept épisodes suivants au point d’atteindre un niveau de créativité presque consternant. Ah ça je lui en veux à cette série ! Ou bien disons plus exactement que j’en veux à Stephen King ! Non, en fait, je crois que j’en veux aux deux, et je vais tout de suite expliquer pourquoi. Moi, à la base, j’ai vraiment adoré le concept de départ. Un prof d’Anglais un peu crâneur, totalement surfait, se retrouve pris malgré lui dans une intrigue qui le dépasse complètement et qui implique à la fois le fait de réécrire le scénario de l’Histoire, en même tant qu’il va devoir apprendre à se composer un rôle sur mesure dans une époque qui n’est pas la sienne et qui ne répond pas à ses codes. Franchement, cette base, elle déchirait. Et elle déchirait d’autant plus que Stephen King, maître du fantastique, l’avait davantage pensé comme un scénario fantastique plutôt que comme un scénario de science-fiction ! Ainsi s’était-il permis d’édicter des règles du jeu claire et très sympas qui permettaient de jouer avec ces voyages dans le temps de manière différente que celles avec lesquelles les autres fictions abordant cette thématique nous avaient habituées. Du coup, moi, dans ce premier épisode, j’y ai à la fois retrouvé le plaisir que savaient refiler les « Retour vers le futur » à nous foutre le vertige entre deux périodes si proches et pourtant si lointaines et étrangères. J’y ai aussi retrouvé l’excitation d’avoir la promesse d’un bon polar avec – excusez du peu ! – une enquête sur l’assassinat de JFK. Et enfin, j’y ai retrouvé le plaisir simple des intrigues qui aiment jouer avec la logique et qui, pour le coup, savent nous mettre à la place d’un héros lambda qui va essayer de tirer parti au mieux de cette situation. Bref, tout allait bien dans ce premier épisode qui savait d’ailleurs très rapidement poser les pieds dans le plat (on explore déjà les premières pistes de l’assassinat, on assiste aux premières bourdes du personnage principal, on commence aussi à poser un parallèle entre la vie dans les années 60 et la vie aujourd’hui…) Et puis vient le second épisode… L’affaire JFK disparaît. On se retrouve embringuer sur un enjeu secondaire. Les personnages rencontrés ne brillent vraiment pas par leur subtilité (le personnage de Frank Dunning est notamment une horreur de caricature), et puis progressivement, la série commence à perdre le fil de son intrigue de base. L’affaire de l’assassinat devient encore plus secondaire, les enjeux principaux se réorientent presque exclusivement sur des enjeux amoureux (?) non seulement vus mille fois, mais en plus construits autour de personnages stéréotypés vraiment peu intéressants. Et c’est là que la série, à mon sens, sombre lentement. De gaffeur et loser, le personnage de Jake devient juste un personnage mielleux et lisse dans ses enjeux. J’ai même fini par me dire que l’aspect crâneur et surfait que le premier épisode donnait au personnage n’était sûrement pas voulu, mais qu’il n’était en fait certainement que la simple et triste conséquence d’une écriture de mauvaise qualité. L’intrigue elle-même se délite par une multitude de péripéties absurdes : le pompon revenant à tout ce qui touche de près ou de loin ce personnage moisi qu’est Johnny Clayton, le mari de Sadie. (Spoiler : Plus cliché que ça, tu meurs ! Et puis c’est quoi ces années 60 où une personne sur trois que tu croises est un psychopathe en puissance ?!) Mais le pire, cette tristesse de l’écriture ne va pas se limiter qu’aux personnages et aux enjeux amoureux, elle va très vite contaminer le traitement de l’affaire JFK… Et là… Je trouve que la série se tire trois balles dans le pied, et sûrement avec un calibre bien plus gros que celui d’un simple fusil Carcano. Alors OK, j’entends bien qu’il y a encore des zones d’ombres assez importantes sur le pourquoi du comment de cet assassinat. Mais s’il y a bien un point qui semble quand même aujourd’hui acquis, c’est que JFK a été abattu Spoiler : par plusieurs tireurs. Or, que la série décide d’adopter la thèse Spoiler : du tireur unique ; qu’elle adhère à l’idée Spoiler : d’un moment de folie d’Oswald ; qu’elle relègue Spoiler : l’implication de la CIA et du FBI au simple fait que – oui bon – ils connaissaient Oswald mais s’ils l’ont laissé tirer c’était par simple négligence et ignorance, mais c’est juste tellement vouloir porter des œillères sur l’Histoire ! Ah ça ! On croirait entendre Stephen King crier : « Ne vous inquiétez pas, chers lecteurs américains, avec moi, on ne touchera pas aux bons vieux mythes de notre beau pays ! Oh ça non ! » Mais quelle imposture intellectuelle ! C’est comme si demain il nous promettait un voyage dans le temps pour enquêter sur le mystère de Jésus et que – ô surprise ! – on découvrait qu’il multipliait vraiment les pains ! Qu’il marchait vraiment sur l’eau ! Et qu’il avait vraiment un halo de lumière autour de la tête ! Non mais quelle blague ! C’est en cela que j’en veux d’abord à Stephen King pour le ratage de cette série ! C’est lui l’auteur ! C’est lui qui a pensé tous ces ressorts moisis ! C’est lui qui, dans son intrigue originale, a finalement benné les trois quarts de ses bonnes idées de départ ! Parce que oui, le pire, c’est qu’en fin de compte, toutes les règles fixées au sujet du voyage dans le temps et qui auraient être pu être exploitées mille fois, eh bah, au final, elles ne sont même pas exploitées ! parce que l'air de rien, si on fait les comptes, Spoiler : Jack ne fait qu'un seul aller-retour en plus de son voyage initial, et ça seulement dans la deuxième moitié du dernier épisode en plus ! Le comment du pourquoi le monde est tout pourri après la survie de Kennedy est à peine expliqué. D’un autre côté, j’ai lu la raison sur Wikipedia, c’est tellement absurde et peu réfléchi que je peux encore comprendre que la série l’ait zappé. Et tout cela se conclut en fin de compte sur la romance, comme si, finalement, JFK, depuis le départ, bah en fait on s’en foutait un peu, voire beaucoup même. Et là je trouve que c’est quand même un scandale, parce que quand tu appelles ton bouquin « 11.22.63. » et que tu démontres à l’intérieur que, pour toi, l’assassinat de JFK, eh bah c’est un détail sur lequel tu n’as même pas envie de te renseigner un peu, je trouve qu’on touche le fond du cynisme. Alors après voilà, je charge l’ami King parce qu’en fin de compte, c’est quand même lui qui est à l’origine de tout ce qui cloche dans cette série, mais bon, sachons aussi le décharger de certaines fautes. Que Lee Harvey Oswald soit joué d’une manière aussi pathétique (moi aussi je sais rentrer les lèvres et les rehausser pour montrer que je suis frustré), ça c’est la série qui en est responsable, bien plus que le bouquin. Qu’il m’ait fallu lire la page Wikipedia du bouquin pour comprendre comment Spoiler : Sadie était morte dans le dernier épisode, tellement la scène n’était pas claire à la première vision, ça aussi c’est de la faute de la série, pas du bouquin. Que Spoiler : Jack, qui était désigné comme le coupable idéal, s’en sorte finalement grâce au plus incroyable des Deus Ex Machina de l’histoire de la fiction (Non mais franchement : de où que Kennedy peut savoir que Jack l’a sauvé et n’est pas en fait le tireur ? C’est Dieu ce mec ?), eh bah cette horreur scénaristique, c’est aussi de la faute de la série ! …Bon, c’est peut-être aussi celle du bouquin, mais quand-même ! Tu es scénariste, tu lies ça, tu sais que tu as huit épisodes sous la main pour corriger le tir, tu gères ton temps pour éviter une résolution expéditive comme celle là. Et puis d’ailleurs oui, il y a ça aussi. Et c’est peut-être finalement ce qui explique aussi l’essentiel des problèmes de cette série. Le gros problème : c’est qu’il y a huit épisodes. Ils durent chacun 50 minutes en moyenne, ce qui veut dire qu’en totalité, l’intrigue s’est étalée sur presque sept heures ! Généralement, les bouquins de Stephen King, on les adapte au cinéma, et je pense qu’effectivement, c’est le format qui leur va le mieux. Un film de 2h40, je pense, serait beaucoup mieux passé qu’une série. J’ai l’impression que l’agacement que j’ai pu avoir face à cette série, notamment celui de voir aucun personnage creusé, de voir l’intrigue s’enliser, de voir toutes les questions de l’époque traitées superficiellement… Eh bah ça s’explique essentiellement par le fait qu’on a voulu diluer sur sept heures quelque-chose qui, à la base, ne pouvait même pas tenir sur trois. Je n’ose imaginer tout ce qui a été rajouté ou rallongé, mais je suis persuadé que c’est tout ce que j’ai détesté dans cette série. Or, là, désolé, mais Stephen King n’y est pour rien. Pour que son intrigue tienne la route sur sept heures, eh bah il fallait savoir inventer ! Il fallait savoir transgresser ! Il fallait savoir transcender le concept de base ! Spoiler : Ne faire qu’un seul aller-retour supplémentaire dans le temps, sur un film, je comprends. Sur une série, tu en penses plusieurs. Tu rapproches la date d’arrivée dans le passé avec celle de l’assassinat afin qu’on n’ait pas trois ans à se taper à chaque fois. Tu testes. tu explores ! Lors de la première visite, tu pars du principe qu’Oswald est tout seul. Mais – bang ! bang ! – d’autres tireurs abattent le président. Alors cela oblige à un nouveau voyage, pour enquêter sur ces autres tireurs. Chaque voyage aurait pu être l’occasion d’une nouvelle enquête. Chaque voyage aurait pu être l’occasion de repenser la relation avec Sadie autrement, permettant ainsi au personnage de Jack de progressivement comprendre ce qui cloche dans sa relation avec les femmes. Chaque voyage aurait pu être l’occasion de tester les impacts et les répercussions de chaque acte commis sur les individus aidés en annexe de l’enquête sur JFK… Bref, si les gars avaient pris le bouquin de King comme une base, plutôt que comme un tout, cette série aurait vraiment pu être géniale… Et s’étendre sur plusieurs saisons qui plus est ! C’est d’ailleurs pour cela qu’au final, je mets quand même deux étoiles à ce « 11.22.63. » J’ai beau l’avoir taillé en pièce à travers l’une de mes critiques les plus longues (chapeau d’ailleurs à ceux qui ont lu jusqu’à cette ligne-là !) mais je n’en garde pas moins en tête que le premier épisode était plus que sympa, plein de bonnes idées, et que le concept global de la série était loin d’être immonde. D’ailleurs, si j’avoue avoir souffert pour la finir, j’en tire quand même un minimum de satisfaction. « 11.22.63. » n’est pas de ces séries qui ne tentent rien du tout et qui se contentent d’enfiler les perles. Non, « 11.22.63. » a certes enfilé beaucoup de perles, elle a certes gâché un véritable potentiel de grande série, mais au moins, elle a posé sur bobine une idée intéressante ; une idée qui ne laisse pas insensible. La preuve d’ailleurs… Aurais-je écrit autant à son sujet si « 11.22.63. » était totalement dénuée d’intérêt ?...
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Peaky Blinders

Critique de Peaky Blinders - Saison 2

   4 - Très bien
La classe… Oui c’est ça… S’il y a bien un mot qui peut décrire cette saison et plus généralement cette série, c’est la « classe ». Pour être entièrement honnête, j’avais même peur de m’aventurer dans cette seconde saison. C’est qu’en repensant à chaque fois à ces huit premiers épisodes de la série, je me disais quand même que beaucoup de mon plaisir avait reposé sur cette forme léchée, sur ces personnages marqués et marquants, sur cette atmosphère séduisante… Cette « classe » quoi… Or, moi, j’avoue que j’aime les univers évolutifs. Je n’aime pas la stagnation ou la dilution. Quitte à me replonger dans un univers que j’aime bien, je préfère encore revoir en boucle l’original plutôt que de me coltiner des suites qui n’apportent rien de neuf… Cette peur, je l’avais donc pour cette saison 2 de « Peaky Blinders », eh bien maintenant que je m’y suis risqué, je peux vous dire que j’ai été bien sot d’être ainsi effrayé. Ah ça ! Je l’aimais déjà beaucoup cette série, mais je pense qu’elle commence à gagner ses galons dans mon cœur. Personnages, univers, intrigues… Tout a changé de dimension dans cette saison 2. Alors après, certes, il faut attendre quelques épisodes pour que la machine se lance, mais une fois qu’elle est lancée, elle sait démontrer toute sa puissance et à quel point elle est bien huilée. D’ailleurs, c’est peu dire si cette saison 2 sait finir sur les chapeaux de roue car, me concernant, j’ai rarement un Grand final aussi rondement orchestré. Ce n’est pas compliqué : je trouve que cette conclusion de saison est peut-être l’une des plus abouties que j’ai pu voir jusqu’à présent. Ah ça, il n’y a pas à redire : ça dépote, c’est clair ! Mais en plus ça promet encore une montée en puissance dans la saison 3 ! Mais quel pied ! Moi je ne dis plus qu’une seule chose : « Vivement ! »
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