lhomme-grenouille    

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The Leftovers

Critique de The Leftovers - Saison 3

   5 - Chef d'oeuvre
Je ne sais pas vous, mais moi, chaque saison de « The Leftovers » je l’ai toujours regardé avec un mélange de jouissance et de crispation. Jouissance parce que j’adorais l’alchimie que cette série avait su mettre en place – entre mystère fantastique et exploration de l’errance mélancolique de l’Humain – mais aussi donc crispation parce que j’avais peur à chaque instant du terrible faux pas. Cet équilibre que la série avait su trouver dès ses premiers épisodes avait pour moi quelque-chose de tellement miraculeux que j’avais du mal à la voir évoluer sans que tout cela ne finisse par s’écrouler, notamment au travers d’une révélation douteuse qui m’aurait tout de suite sorti du trip. Mais bon… Qu’il s’agisse de la saison 1 ou de la saison 2, les craintes furent nombreuses tant certaines tentatives scénaristiques s’étaient révélées nombreuses, mais à chaque fois, à chaque épisode, la série était toujours parvenue à retomber sur ses pattes. Donc oui, même si jusqu’à présent Damon Lidelof et Tom Perrotta avaient su me transmettre des gages de confiance, cette troisième saison n’en restait pas moins une saison de conclusion, et je ne pouvais m’empêcher de me crisper à nouveau en espérant que la fin de cette fable fantastique soit à la hauteur de l’événement… Eh bah, maintenant que je l’ai vu, je peux vous le dire : pour moi, elle l’est. Et elle l’est à 100%... Franchement, chapeau. Encore une fois, cette saison a su renouveler le postulat offert par ses prédécesseurs. Après avoir exploré ces deux mythes sensés nous réconforter face à l’incertitude de la mort, j’ai nommé l’American Way of Life (pour la saison 1), et la famille, voire la communauté (pour la saison 2), « The Leftovers » a donc décidé d’explorer le terrain de la religion ; de la croyance ; de la foi… Et encore une fois, il explore ce terrain avec audace, mais aussi et surtout il l’explore avec talent. A chaque fois, les situations posées se révèlent délicieusement ambigües. On se laisse porter à nouveau par l’appel mystique de chacun de ces personnages, espérant au fond de nous qu’il nous donne une révélation sur tout ce mystère, même si dans la foulée, on sait parfaitement nous démontrer à quel point cet appel mystique relève aussi d’une pure folie ; d’une envie de trouver une explication ou une solution coûte que coûte, qu’importe le bon sens et la raison… Encore une fois, le parcours des personnages est magnifique d’humanité, de questionnement, de sensation, de mélancolie… Et comme je le disais plus tôt, je trouve que cette série a su vraiment choisir la meilleure manière de se conclure. Je n’ose en dire davantage de peur de souiller votre expérience. Pour ceux voudraient en savoir plus je développe davantage la question son mon blog. Pour les autres, sachez donc simplement que désormais, suite à cette conclusion magnifique, cette série fait clairement partie de mon panthéon personnel. Quelle lucidité que d’avoir limité l’intrigue qu’à trois saisons ! Quel génie que d’avoir su alimenter avec autant de densité un tel postulat ! Et surtout quel talent que d’avoir su à ce point transformer cette aventure en expérience sensible, délicate et émouvante ! Non vraiment… Pour moi, jusqu’à présent, Damon Lindelog n’était que l’auteur de « Lost », et ça ce n’était pas glorieux. Maintenant, dans mon esprit, ce gars et aussi l’auteur de ce « The Leftovers » et ça, à mes yeux, c’est juste l’une des plus belles choses qui soit pour un auteur…
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Better Call Saul

Critique de Better Call Saul - Saison 3

   4 - Très bien
Elle est quand même singulière cette série… Ça en devient même marrant de se dire qu’elle est un spin-off de la légendaire « Breaking Bad » parce que des fois j’aurais presque tendance à l’oublier. C’est pourtant bien le même lieu, le même univers, voire le même état d’esprit certes, malgré tout elle a une subtilité, une dynamique et une atmosphère qui lui sont propres. On a beau savoir que cette série sera sans concession à l’égard de son personnage principal et de son entourage –après tout « Breaking Bad » nous l’a montré – il n’empêche que moi, à chaque fois, je marche à fond dedans. La série parvient à nourrir l’espoir, bien qu’on connaisse la terrible fatalité qui va s’abattre sur tout ce petit monde. Mais c’est justement là que se trouve la force de cette série je trouve. Elle nous donne envie d’y croire. On a envie d’y croire parce que personne n’est véritablement irrécupérable dans cet univers. La plupart des personnages se révèlent toujours conditionnés par leur situation : ils essayent de faire au mieux en fonction des cartes qu’on leur a donné. Cette ambigüité est vraiment subtile et remarquablement travaillée. Ils sont vraiment rares ces personnages dont on ne veut pas qu’ils se sortent de leurs pétrins respectifs. Et c’est de cette ambigüité que nait cet espoir. Moi, en tant que spectateur, j’ai du mal à m’imaginer qu’un monde composé essentiellement de gens qui cherchent à se sortir de leur galère puisse aussi mal tourner. Pourtant on le sait : on sait que ça va mal tourner, mais on a quand même envie d’espérer. On a quand même envie qu’ils s’en sortent. De cet espoir futile né une forme de mélancolie que je trouve franchement magnétique. Plein de fois on se dit « eh mais c’est malin cette façon de s’en sortir ! Bien joué ! » mais juste derrière, il y a toujours un acte stupide ou l’intervention d’un benêt qui ne perçoit pas cette subtilité pour que tout capote. Le manque de sensibilité. Le manque de clairvoyance. Le manque de recul. L’incapacité à se détacher de ses passions ; de ses pulsions de revanches sociales… Tous ces petits vices viennent à chaque fois ressurgir au mauvais moment, contribuant à la précipitation immuable de ce monde vers une forme de cruauté bien rêche. En cela, cette saison reste donc dans une belle continuité avec les précédentes. Et comme la qualité formelle (de très haute volée) reste au rendez-vous, moi je n’ai pu que me délecter tranquillement de cette saison, attendant avec curiosité la suite… Bon après c’est vrai que je me dis qu’à force de se rapprocher de la fin, on va bien finir par plonger dans une spirale de mélancolie que je n’ose imaginer. Mais bon… Que voulez-vous. On a beau savoir, l’appel du bon restera toujours le plus fort !
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Missions

Critique de Missions - Saison 1

   3 - Pas mal
Tiens donc ! Une série de SF spatiale 100% française ! Alors moi je ne suis pas particulièrement chauvin, donc ce n’est clairement pas l’aspect « cocorico » qui m’a attiré vers cette série. Non… Voir une culture spécifique se risquer à appréhender un genre qu’elle a jusqu’à alors (presque) délaissé, moi ça me rend curieux. Alors c’est vrai, dans ce cas là le risque est toujours grand de voir la série singer sans talent les codes américains. Mais bon… D’un autre côté, on a vu dernièrement comment Canal + a su nous proposer du lourd et du bon, du coup on est aussi en droit d’espérer que sa filiale OCS, à l’origine du projet, sache nous surprendre quelque peu… Le fait est que, maintenant, j’ai enfin découvert cette série et je dois bien avouer que… eh bah… que moi-même ma réaction face à ce visionnage a eu de quoi me surprendre. D’un côté je suis assez perplexe par ce résultat final, et pourtant je ne peux m’empêcher d’apprécier globalement ce qui a été fait… Perplexe d’abord parce qu’il faut bien se l’avouer : c’est quand même assez cheap tout ça. Cheap en termes de moyens, de réalisation, d’interprétation, mais aussi d’écriture… Paradoxalement, ce n’est pas le manque de moyens financiers qui me pose le plus de problème. Même si on voit bien que les décors et costumes sont limités et que l’équipe des CGI a fait ce qu’elle a pu avec ce qu’elle avait, moi j’aurais pu passer outre si derrière tout avait été nickel. Or, il faut bien avouer que les gars de chez « Missions », ils ne sont pas très à l’aise avec le genre. Les scénaristes reprennent beaucoup ce qui s’est fait ailleurs. Ainsi retrouve-t-on dans ce « Mssions » pas mal de « Sunshine » et beaucoup (voire beaucoup trop) de « Mission to Mars ». Il y a même tellement de « Mission to Mars » qu’on y retrouve jusqu’au principal trou d’air du scénario de Ridley Scott. (Spoiler : Bah oui… Parce que c’est bien gentil de dire que l’Humain vient de Mars… Sauf que cette belle fable, pour être crédible auprès de quelqu’un qui a un minimum de culture gé, elle se doit au moins d’être capable d’expliquer la présence des hommes de Cro-Magnon sur notre planète… Or là, ce n’est carrément pas le cas. On semble vouloir se limiter au registre du « ta gueule c’est magique… ») Idem, de leur côté, les acteurs ne sont pas forcément à l’aise avec ce genre nous plu. Ils ont du mal à être sobre. Ils ont du mal à inventer quelque-chose avec leur personnage. Cela reste très superficiel à quelques rares exceptions. Il faut dire que leur texte ne les aide pas. Pas mal d’archétypes basiques pour définir la personnalité de chacun. Ça ne va pas très loin et parfois c’est franchement ridicule (Mon dieu le personnage du méchant astronaute américain ! Mais quelle horreur !) Et enfin, je pourrais ajouter à cela une réalisation pas très inspirée qui n’arrive pas à masquer les coutures et les limites de ses décors (Je pense notamment à la scène de première descente dans l’atmosphère de Mars, où on voit juste trois gusses gigoter sur eux-mêmes pour donner l’illusion de la secousse : là franchement en termes d’immersion c’était plus que limite.) Bref, si je m’arrête là et que je fais ma liste de réserves, on est en droit de se dire que « Missions », ce n’est clairement pas très fameux… Et pourtant donc… Et pourtant je n’arrive pas à être trop cruel avec cette série. J’y suis même allé au bout sans trop de déplaisir, curieux même… La raison à cela tient en quelques points forts dont cette série peut se vanter ; des points forts qui sont loin d’être négligeables. D’abord « Missions » parvient à poser son atmosphère. En cela le générique et la très bonne musique d’Etienne Forget font vraiment du très bon boulot, et au vu du nombre de tares que la série se trimbale, c’est loin d’être du luxe. Ensuite, ce « Missions » a l’audace d’adopter un format très court. 20 minutes l’épisode. Seulement 10 épisodes pour la saison. Au final, ce temps court m’a permis de ne pas trop me lasser. A peine l’épisode commence-t-il que déjà il cherche à trouver son cliffhanger et sa conclusion. Cela oblige la série à poser assez régulièrement des éléments de révélation ou des péripéties, et pour le coup j’ai trouvé que cela donnait vraiment du rythme pour qui se regardait les épisodes les uns à la suite des autres. Pour le coup, ce simple choix compense pas mal de faiblesses, notamment celle qui concerne la superficialité des personnages. Cela lui donne un petit côté série B de luxe qui marche plutôt bien. Et puis surtout, cette série parvient à tenir le temps parce qu’au fond, elle sait jouer de ses quelques ficelles de scénario pour générer du mystère. Après tout, c’est ça aussi la force évocatrice de Mars : on ne sait pas trop ce qu’on pourrait y trouver. Donc à partir de là, un peu de fantastique peut suffire pour que le tout soit joué. Alors après c’est vrai, comme dit plus haut dans la bande spoiler, tout ça aboutit à quelque-chose de pas très fin et de pas très logique. De même on n’hésite pas non plus dans cette thématique là à brasser de bons clichés déjà vu ailleurs, mais bon… Mais bon, au final la série parvient quand-même à exploiter ce qu’elle peut exploiter du sujet et, comme elle sait aussi se la jouer un peu modeste, sans afficher de grosses prétentions, elle parvient malgré tout à poser un petit univers. C’est si court que franchement, je n’ai pas enragé de lui avoir consacré du temps. Au contraire même, j’ai l’impression d’avoir porté un œil bienveillant sur quelque-chose en gestation qui pourrait à l’avenir ouvrir la voie à des œuvres plus matures. Donc limite, si l’expérience vous dit, ce n’est pas moi qui vais chercher à vous en dissuader… A bon entendeur…
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Taboo

Critique de Taboo - Saison 1

   5 - Chef d'oeuvre
Ah ! Bah ça ! Il y avait longtemps que je ne m’étais pas pris ma petite claque dans le monde des séries ! Et c’est d’ailleurs marrant de constater à quel point il m’est facile de déblatérer des lignes et des lignes pour expliquer pourquoi une série me pose souci, autant je me retrouve souvent en difficulté quand il s’agit d’expliquer pourquoi une série m’emballe totalement. C’est qu’avec la flopée de chefs d’œuvre qu’on s’est mangé ces derniers temps, on en viendrait presque à oublier ce qui fait la force d’une grande série. Heureusement donc, cette saison 1 de « Taboo » est venue me le rappeler et – pour être honnête avec vous – il ne lui a fallu que d’un épisode pour me conquérir totalement. Il n’y a pas à dire : une série, c’est vraiment une aventure. C’est une exploration. L’exploration d’un univers, l’exploration de personnages, l’exploration d’une logique particulière à laquelle on est confronté… Or on peut très vite se retrouver en terrain connu face à une œuvre. L’aventure impose donc d’inventer, de réinventer, de recomposer… Et pour moi c’est là que se trouve toute la clef du succès de ce « Taboo ». Déjà, le simple fait de prendre pour théâtre l’Angleterre à l’époque du blocus continental, c’est un choix original et osé. Parler de la guerre anglo-américaine de 1812, ça aussi c’est un choix original et osé. Se saisir de cette figure emblématique comme l’East India Company et d’en faire une sorte d’Etat dans l’Etat, ça encore c’est un choix original et osé… Et vouloir traiter tout cela sous l’angle d’une intrigue qui relève à la fois du polar, du thriller, de l’intrigue politique, de l’intrigue sociale, de l’intrigue morale, voire même de fable mystique, moi je trouve que tous ces éléments là ainsi combinés ne peuvent que donner naissance à un univers unique ; un univers au fort pouvoir de captation. Franchement, moi j’avais l’impression d’être dans un petit mélange entre le « Dracula » de Coppola et d’un western étrange plongé en plein univers burtonien (…et je parle là de la bonne période de Burton hein !). Bref, déjà, rien que ça, ça suffisait pour attiser ma curiosité. Mais il a fallu qu’en plus de ça, la série ait l’intelligence de construire une intrigue très maligne et très dense qui a fait que je n’ai pas su décrocher. C’est tout con comme principe, mais le simple fait d’avoir su poser quelques mystères bien intrigants dès le départ, ça a suffi à mettre l’eau à la bouche. Et comme le ton est au mystique, au mystérieux, on est finalement prêt à s’attendre à tout. Cette plongée dans l’inconnu, c’est ce qui fait tout le sel de cette aventure. Au-delà de cela je n’ai presque plus rien à dire. Les interprétations, notamment celles de Tom Hardy et de Jonathan Pryce sont savoureuses. La photo est à tomber. Le rythme est au cordeau. Rah ! Mais ouah quoi ! Et en plus il a fallu que cette saison sache éviter le travers que je reproche à de nombreuses séries : tout mettre dans le premier épisode, puis endormir l’intrigue pour qu’elle ne se réveille qu’au dernier épisode afin que l’appétit réapparaisse pour la saison 2. Non, là tout est traité. C’est tellement dense qu’à un moment, j’ai cru qu’à la fin du dernier épisode, j’étais en train d’assister à la fin de la série. Oui – et j’adore ça – on a à faire ici à une vraie saison complète qui clôt la plupart de ces questions et qui n’ouvre vers une saisons 2 que pour annoncer une suite bien différente, avec une nouvelle histoire, une nouvelle problématique, un nouvel univers… Franchement, c’est culotté, c’est mené de mains de maître, c’est généreux. Alors certes, je pourrais rechigner sur quelques détails de l’Histoire et la vraisemblance de certains éléments d’intrigue (les pouvoirs accordés au Prince-régent me semblent par exemple assez disproportionnés par rapport à ceux de cette époque, enfin bon…), et puis c’est vrai qu’au final je trouve que le titre de cette série est finalement assez inadapté et pas vraiment sexy au regard de ce qu’elle est vraiment… Mais bon, malgré tout, il n’en reste pas moins que dans l’ensemble, ce « Taboo » est vraiment une œuvre forte et entière ; une série au pouvoir envoutant. C’est bien simple, il y a bien longtemps que je n’avais pas regardé la saison d’une série aussi vite ! Bref, vivement la suite ! Et vivement que je me la revoie cette saison 1 somptueuse ! Un bijou !
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Outlander

Critique de Outlander - Saison 1

   1 - Très mauvais
Vous voulez mon avis ? Je crois que Ronald D. Moore, à part l’exploration de l’espace et la robotique, il n’a pas grand-chose à dire… Et si vous voulez vraiment mon avis jusqu’au bout, je dirais même plus que tout ce que Ronald D. Moore avait d’intéressant à raconter, il l’a déjà raconté dans « Battlestar Galactica ». Bah ouais… C’est triste à dire, mais après avoir vu son pathétique « Helix » et maintenant que j’ai vu cet « Outlander », j’en viens vraiment à me dire que ce mec n’est finalement pas si doué que cela. Parce que oui, « Outlanders » c’est vraiment pas top. Et si la série le doit bien à quelque-chose, c’est bien à son écriture. Parce que sur le reste, il n’y a pas à dire : il y a du budget, une belle technique, des acteurs qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs… Mais alors pour ce qui est de l’écriture : ouillouillouille ! Ne serait-ce que sur le seul premier épisode, c’est la bérézina la plus totale. Près d’une heure pour mettre en place ses personnages et son intrigue ! Roh mais non quoi ! Si encore on avait eu à faire à des personnages complexes, ambigus et des lieux intrigants, là je n’aurais peut-être pas redit. Mais dans ce premier épisode, on se retrouve avec une accumulation de décors, de scènes et de personnages consternant de platitudes et de stéréotypes. (Spoiler : A elles seules, les scènes de sexe de cet épisode résument la vacuité de la série…) En gros, cette façon de mener cette intrigue, ça m’a rappelé l’introduction de « 22.11.63. » mais en loupé. Après tout, les deux séries traitent de voyage dans le passé, mais là où « 22.11.63. » savait très rapidement plonger le personnage principal dans son autre époque, « Outlander » quant à lui met des plombes pour ça ! Et en plus, tous ces éléments qu’il nous présente du présent parce qu’ils vont avoir une importance dans le passé, il n’arrive même pas à les rendre intéressants indépendamment de la manière dont ils seront réutilisés par la suite ! Dans « 22.11.63. », écouter le récit de Harry au début du premier épisode, c’est intéressant en soi, indépendamment de ce que ça impliquera par la suite dans le passé. Là, dans « Outlander », voir le personnage de Randall rechercher des traces de son ancêtre, en soi, c’est chiant. Se balader dans un château moisi, c’est très chiant. Faire l’amour dans une salle pleine de poussière, c’est uuuultra chiant… Et c’est d’ailleurs parce que c’est ultra chiant qu’on en vient à se dire « bon, c’est que ça doit servir pour plus tard parce que sinon je ne vois pas ce que ça fout là… » Eh bah moi je suis désolé, mais quand on en vient à se dire ça devant une série, c’est qu’il y a un vrai problème de mise en place de l’univers. Pire, il y a un vrai problème de narration. La seule scène de la cérémonie celtique en dit tellement long ! C’est tellement plat que l’auteur s’est senti obligé d’y rajouter une voix off pour dire « je sais que ça aurait pu paraitre ridicule pour d’autres, mais pour moi c’était magique… » Mais ça, pour moi, ce fut juste l’aveu ultime du fail ! Que t’en viennes à utiliser une voix off déjà, pour moi c’est en soi un vrai problème. A mes yeux c’est vraiment le recours ultime du gars qui se sent obligé d’expliquer ce que ses images ne parviennent pas à dire toutes seules… Et quand en plus c’est pour leur faire dire : « bon OK j’ai conscience que ma scène pue mais bon, je te demande d’y croire un peu » pour moi ça dit tout. Donc oui, tout ça rien que sur le premier épisode ! Mais à dire vrai, pour moi ça suffit déjà à tout dire, car le reste de la série est totalement du même ton. Claire met des plombes à partir dans le passé. Et une fois dans le passé… Eh bah elle y reste. Va-t-on jouer d’allers-retours ce qui justifierait le temps interminable que le premier épisode a passé à présenter les personnages et l’univers du présent ? Ou bien va-t-on le faire juste parce que ça offrirait au moins bien plus de possibilités que cette mécanique désormais classique d’une simple et unique plongée dans le passé ? Eh bah non… On reste statique dans le passé durant des épisodes entiers… Et on y reste pour ne rien faire d’ailleurs… On y reste juste pour attendre péniblement que les éléments d’intrigue daignent arriver… Alors le pire c’est qu’on les connait déjà ces éléments, car ils sont annoncés dès le départ. Mais non, il va falloir un, deux, parfois même trois ou quatre épisodes pour voir arriver la péripétie que tout le monde a venu venir depuis des lustres. Les choses se passent sans surprise, sans imagination, et on dilue tout ça avec des discussions futiles et des mini-couacs totalement déconnectés de l’intrigue, un peu comme s’il s’agissait de « missions secondaires » foutues là pour garnir le vide. Et tout cela sur SEIZE épisodes… Mais pourquoi ? …Oui, franchement, pourquoi ? Pourquoi quand tu n’as rien à dire tu t’imposes seize épisodes alors que les standards d’aujourd’hui sont à dix ou à douze ? Ah mais c’est triste à dire, mais vraiment tous les choix qui sont pris dans cette série sont à côté de la plaque (…jusqu’à oser reprendre le même acteur pour jouer un personnage et son ancêtre, mais c’est juste plus possible depuis le déclin des séries moisies des années 80 ça… Mais rololoh !) Bref, de mon point de vue, « Outlander » fut vraiment une expérience pénible tant elle fut vide de sens et d’intérêt. Je ne dis pas que c’est fait malhonnêtement, loin de là. Je pense même d’ailleurs que certains pourraient s’y retrouver. Mais franchement, pour tous les chercheurs de perles, « Outlander » c’est juste le symbole de la perte de temps ultime. Pauvre Ronald D. Moore… Tant de cœur, mais si peu de talent… S’en est triste franchement… Et ne croyez pas : au regard de ce que fut « Battlestar Galactica », ça me chagrine vraiment…
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Peaky Blinders

Critique de Peaky Blinders - Saison 3

   2 - Pas terrible
Arf… D’un côté je me dis que je suis sévère avec cette saison 3 de « Peaky Blinders » en ne lui attribuant que deux étoiles… Mais bon, d’un autre côté il m’est difficile d’envisager de lui mettre plus tant le bilan définitif que j’en tire est négatif. Certes, ça reste très beau, l’univers est complètement respecté, et les compléments et évolutions apportés par cette troisième saison se révèlent au fond plutôt pertinents. Qu’il s’agisse de l’ascension observée de la famille Shelby ; de toute cette sphère russe qui y est introduite ; ou bien encore des choix drastiques opérés par l’intrigue (Spoiler : la mort de Grace, tout de même !) : tout colle parfaitement à la démarche initiée depuis le départ par cette série… Et pourtant… Et pourtant c’est marrant, dès le premier épisode j’ai senti que quelque-chose clochait. Pourtant, ce premier épisode, c’est pour moi sûrement le meilleur de cette saison. Il est tout en rupture, assez riche, assez dense, et son articulation autour d’un événement fort (Spoiler : le mariage de Tom et Grace) en fait la plus parfaite des introductions. Pourtant, je me souviens avoir tiqué à plusieurs reprises. J’ai tiqué à cause d’une souplesse d’écriture qui avait disparu. Les informations étaient amenées de manière assez artificielle et rude. « Rien de grave » me disais-je alors. Mais bon, c’était là un sentiment que je n’avais pas senti lors des saisons précédentes et je me disais que ça passerait sûrement. Mais non. Les épisodes se sont enchaînés et le problème a pris de l’ampleur. A dire vrai ce n’était pas seulement les dialogues qui posaient problème, c’était la manière générale dont s’enchaînaient les informations et les péripéties qui était problématique. Tout s’entrechoquait et s’entremêlait sans vraiment dégager un schéma cohérent. Et malgré quelques événements forts, chaque épisode ne manquait pas de contenir ses trous d’air durant lesquels j’ai eu l’impression que l’intrigue était totalement paralysée. Au bout du compte, je me suis rendu compte que la principale conséquence néfaste de cette écriture sans souffle fut d’anesthésier tous les événements forts auxquels s’est pourtant risqué cette saison. Incapable de mettre en relief ces événements avant et après qu’ils surviennent, l’écriture s’est pour le coup révélé inopérante. Spoiler : Que les scénaristes aient l’audace de tuer Grace ? Merveilleux ! Mais dans ce cas pourquoi la chose est si peu exploitée du reste de la série ?! Tom divague le temps d’un demi-épisode, tue les responsables de la mort de sa femme, ce qui n’entrainera d’ailleurs aucune escalade de violence pour tout le reste de la série (les Italiens disparaissent d’ailleurs miraculeusement de l’intrigue) et ensuite il rempile comme si de rien était ! Non mais oh ! C’est tout ? Et après ça se réduit simplement à quelques piqûres de rappel et basta ? Ah mais ça non ! Et dans le même cas, je pourrais aussi évoquer le moment où on capture le fils de Tom pour le faire chanter. Ça m’aurait peut-être fait quelque-chose si les dernières menaces de kidnapping ne remontaient pas à trois épisodes plus tôt ! Idem, je trouve génial qu’un élan féministe monte parmi les Shelby… mais ça aurait été chouette que la question soit traitée plutôt que d’être oubliée en cours de route. Et que dire du passage à tabac de Tom ? Il est amené de manière tellement absurde ! D’abord, pour une raison obscure, Polly se met à informer le prêtre que Tom veut tuer (WTF !). Ensuite, pour une raison tout aussi obscure, Tom accepte de tuer de ses propres mains le prêtre qui pose souci. Ensuite, il décide d’accomplir son méfait seul, sans protéger ses arrières, afin que la péripétie voulue par les auteurs survienne bien ! Bah voyons ! Et quand bien même flirte-t-il avec la mort, là encore il suffit d’attendre vingt minutes lors de l’épisode suivant pour qu’il n’en reste plus rien ! Moi je suis désolé, mais des événements qu’on ne sait pas amener et qui, derrière, ne laissent que peu de traces sur le déroulement de l’intrigue, bah pour moi ça ne peut pas être perçu comme des événements forts. Au final donc, on se retrouve avec plein de pistes, plein de personnages traités, tout ça mélangé, et la plupart du temps pour n’aboutir à rien. Spoiler : L’intrigue concernant Polly mène à un cul-de-sac ; la mise en avant de Michael n’aboutit finalement à pas grand-chose et stagne la plupart du temps ; Arthur stagne lui aussi ; le troisième frère lui ne sert strictement à rien ; Salomone revient… pour redisparaitre tout aussitôt ! Et tout ça en nous faisant poireauter sur la question russe alors qu’elle semblait imminente à la fin de chaque épisode ! Oui, clairement il est là le problème : le problème c’est que c’est mal écrit. C’est mal agencé. C’est mal rythmé. J’ai l’impression que si on avait retiré les épisodes 3,4 et 5 et qu’on avait expurgé le reste des sous-intrigues Polly / Arthur / Michael, la série ne s’en serait que mieux sortie ! Non pas que la saison n’avait pas de quoi tenir six épisodes. C’est juste qu’elle n’a pas su exploiter ses éléments comme il le fallait. Et en cela, la conclusion de cette saison en résume toutes les limites. En soit j’ai trouvé le propos juste et intéressant. Spoiler : Que la saison aboutisse à ce constat selon lequel Tom au fond ne peut pas se passer de ce business, qu’il n’est pas un homme de paix, qu’il n’est pas un homme rangé, et qu’il risque de nuire à tous ceux qu’il aime sous prétexte de les rendre heureux, oui ça je trouve ça très intéressant. Mais que cela s’exprime comme ça, par une pirouette aussi grossière et expéditive (l’arrestation de sa famille), alors que la série a passé son temps pendant trois épisodes à ne brasser que du vent ? Bah non je suis désolé mais ça ne passe pas chez moi ! Alors après voilà. Au regard de tout ce qui se fait, cette saison 3 de « Peaky Blinders » est loin d’être odieuse. Seulement voilà, quand on est la saison 3 de « Peaky Blinders », l’étalon c’est les saisons 1 et 2 de « Peaky Blinders ». Or, au regard de ses deux prédécesseurs, cette saison 3, elle n’est clairement pas à la hauteur. C’est triste, parce que pour le coup, le charme de cette série reposait sur peu de choses, et ce peu de choses, cette saison 3 l’a vraisemblablement oublié. Du coup, est-ce que cela vaudra la peine de regarder la saison 4 ? …Moi, personnellement, j’avoue que je n’ai pas encore ma réponse, mais il est clair que me voila désormais clairement refroidi… Dommage et triste…
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The Young Pope

Critique de The Young Pope - Saison 1

   3 - Pas mal
Saison 1… Et saison unique visiblement. Ça aurait dû me motiver ça : une seule saison – dense – produite qui plus est par un Canal+ en pleine bourre en ce moment… Seulement voilà, on aura beau me mettre du Jude Law en premier rôle, moi quand il s’agit de me parler d’Eglise, de religion, de papauté, je freine carrément des quatre fers. Pas que le sujet me crispe ou me révulse pour des raisons politiques ou religieuses. Non. C’est juste que c’est un sujet qui m’indiffère totalement… Franchement, que peut-on raconter d’intéressant sur le pape ? Un vestige du passé totalement emmuré dans son Vatican ?... Seulement voilà, la série semblait justement promettre un dynamitage du concept. Par l’idée d’un pape jeune et iconoclaste, on pouvait même espérer un vrai questionnement sur le rôle que pourrait avoir un tel pape dans une institution religieuse brusquement modernisée… Pour le coup, c’est vrai que cela pouvait rendre la chose intéressante. Pourtant, ce n’est absolument pas ce que nous offre au final ce « Young Pope » ! Mais – surprise ! – ce n’est pas pour autant que j’ai trouvé ça inintéressant, loin de là ! Déjà – premier point fort – c’est très soigné. Ah ça ! Il y a une esthétique, donc du coup, il y a un univers. Dans une série, c’est juste fondamental. Il n’y a pas un épisode où on pourra reprocher à Sorrentino d’avoir traité la chose par-dessus la jambe. Il y a dans cette série une sacrée flopée de plans saisissants, et justement pas forcément de ceux qu’on était en droit d’attendre. Rien qu’en cela, la série dispose d’un atout majeur et – selon moi – indiscutable. Ensuite, il y a un Jude Law qui fait le boulot bien comme il faut. Son taf était d’être capable d’occuper l’écran et de l’irradier pleinement de son personnage, eh bien il y est remarquablement parvenu. Franchement, c’est une performance marquante qu’il nous sort là et la série lui doit beaucoup. Restent donc ce qui est dit et comment c’est dit… Et c’est sûrement sur ces points-là que la série sera susceptible de diviser le plus. Parce que franchement, à part les deux premiers épisodes qui sont assez accrocheurs et cela justement parce qu’ils savent ménager une forme de mystère autour du personnage papal, les suivants par contre se révèlent très vite redondants, ressassant toujours plus ou moins les mêmes facettes du personnage et les mêmes ressorts d’intrigue. Pour le coup, je trouve qu’il est difficile de trouver un appât pour se laisser tirer par la série. Personnellement, j’ai peiné à enchaîner les épisodes, faute de motivation. Malgré tout, à chaque épisode le même constat revenait. Certes, il n’y avait rien de nouveau de proposé, et l’épisode était quand même bien long à démarrer, mais au final l’épisode ne se révélait jamais déplaisant à regarder. « The Young Pope » dispose d’une patte, d’une atmosphère, d’une esthétique et d’une qualité d’écriture qui font que ça marche quand-même. A la fin de l’épisode, on a toujours l’impression d’en savoir un peu plus sur le personnage, même si au fond, on n’en sait pas vraiment davantage. D’ailleurs, quand l’épisode final s’est conclu, pour ma part, je me suis dit qu’il n’y avait finalement pas grand-chose à dire de tout cet univers là. Mais, étrangement, ça ne m’est pas apparu comme un problème. Cette série était visiblement plus à prendre comme un moment plutôt que comme un déroulé. Et je me dois bien de reconnaître que le moment ne fut pas si désagréable que cela. L’air de rien, se risquer à aborder la question de l’Eglise et du pape sous l’angle de Spoiler : l’extrémisme religieux avait sa pertinence et je pense même que la série aurait pu aller plus loin si elle avait su se faire davantage audacieuse. Parce que bon, au lieu d’oser y aller bien à fond, je trouve dommage qu’au final la série se soit risquée à un trip Spoiler : fantastique dans lequel le pape se révèle vraiment être Spoiler : un saint capable Spoiler : d’accomplir des miracles, rien que ça ! Alors certes, cela permet de regarder la chose du point de vue du croyant et donc de nous faire percevoir le relief que peut avoir le pape pour ce genre de personnes. Mais d’un autre côté moi je trouve ça un brin facile pour la série qui, du coup, s’interdit par cette pirouette de vraiment questionner l’institution en profondeur… Mais bon, je ne vais pas faire mon susceptible non plus. « The Young Pope » ne m’a pas déplu : c’est un fait. Et même si je n’aurais sûrement jamais regardé une saison 2 si jamais saison 2 il y avait eu, je ne nierais pas avoir été séduit par une ambiance, un état d’esprit et une élégance qui ont quand même quelque-chose de suffisamment singuliers pour qu’on accepte de se laisser tenter… Du coup, à votre tour de vous poser la question chers lecteurs : êtes-vous prêts de votre côté à céder à la tentation ?
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The OA

Critique de The OA - Saison 1

   2 - Pas terrible
Honnêtement, je peux comprendre l’engouement qu’il y a autour de ce « The OA ». Moi le premier, après avoir vu le premier épisode, j’étais plutôt séduit. L’histoire était vraiment intrigante ; quant à l’esthétique assez énigmatique de la série, elle savait elle aussi séduire et rendre curieux à la fois. Le simple fait de faire débouler le titre de la série vers la fin de l’épisode, en plein milieu du récit, ou bien encore de disséminer des symboles mystérieux de temps en temps, franchement ça a aidé à faire le boulot me concernant. Et donc oui, à la fin du premier épisode, j’étais plein de questions ; j’étais curieux ; j’attendais de voir la suite… Et ce qui est dommage, c’est que l’illusion a tenu encore à peu près un ou deux épisodes supplémentaires, mais après mon intérêt s’est quand même vite dilué au point que tenir jusqu’au bout fut rapidement compliqué. « Pourquoi cela ? » me demanderiez-vous. Eh bien pour une multitude de raisons malheureusement. Déjà il y a clairement eu pour moi un problème qui s’est posé dès que l’intrigue a commencé à se révéler. (Spoiler : Désolé, mais moi, le trip sur les anges, malgré tous les efforts consentis par la série pour ne pas en faire trop, c’est vraiment un truc auquel je n’adhère pas. Pire ça me crispe.) L’autre souci, c’est clairement le rythme. Si au départ, les trois premiers épisodes savent chacun apporter leurs lots d’éléments nouveaux en termes d’univers et de péripéties, au-delà de ça, on commence à tourner en rond Spoiler : autour de la captivité chez Hap. Pour le coup, la scission de l’intrigue en deux timelines dysfonctionne vite, le passé de Nina / Prairie prenant le pas sur le temps présent et ses problématiques. Ce n’est pas compliqué, mais toute la clique BBA / Steve / Alfonso / Buck n’est pas développée. Cette timeline stagne et vient même pourrir l’avancement de l’autre timeline. Et puis au fond, si le rythme dysfonctionne également à ce point, c’est aussi parce qu’il n’y a finalement pas grand-chose à tirer de toute cette galerie de personnages. Alors que le premier épisode suggérait quelque-chose d’assez atypique et presque tordu, au final on se retrouve avec des schémas assez proches du teenage-movie pour midinette à base de personnages assez fades et archétypaux (Homer pour exemple est quand même le symbole d’un fantasme de lycéenne). D’ailleurs, ce côté un peu midinette de l’intrigue fait malheureusement assez tristement écho à la tournure assez baba-cool-ridicule que prend l’intrigue qui concerne le mystère Spoiler : des anges. Alors OK, parfois la série parvient à mettre en place un certain élan autour de ce mysticisme. Mais bon, moi perso, la plupart du temps, j’ai trouvé ça quand même assez risible. Pompon d’ailleurs à Spoiler : la chorégraphie des cinq mouvements. Franchement : NON. Même avec la plus meilleure volonté du monde, ce n’est juste pas possible. Alors après, certes, certains pourraient m’arguer que la fin peut nuancer tous les reproches que je fais à cette série. C’est vrai que celle-ci à le mérite de remettre en cause la propre pertinence de son récit et de questionner la crédulité que certains personnages ont pu y mettre. Mais bon, d’un autre côté on ne va pas me la faire non plus ! Et je m’explique : Spoiler : qu’on nous laisse à la fin avec cette interrogation en mode « tout ça au fond Prairie l’a peut-être totalement inventé. Où est le vrai ou est le faux ? », moi, ça, je trouve que c’est juste une blague. Une fin ouverte ? Vraiment ? Alors comment Prairie, après avoir fait un rêve prémonitoire dans sa baignoire, entraînant au passage un saignement de nez, a pu avoir envie de courir comme une grosse dératée jusqu’au lycée pour se prendre la balle d’un lycéen lambda qui a décidé de refaire chez lui la tuerie de Columbine ? Alors déjà, paye l’arbitraire de ton récit, parce que pour le coup, cet élément il tombe comme ça un peu comme un cheveu sur la soupe sans que l’intrigue ait pris le temps de l’annoncer. Et puis d’autre part, l’emboitement chanceux de tous les événements qui surviennent dans cette conclusion à quand même de jolies allures d’hasard divin. Donc franchement, pour moi il est juste inconcevable, à suivre la diégèse de cette série, que OA ne soit pas un ange. Bref, à faire un bilan de cette première saison de « The OA », je me dis d’un côté que je suis peut-être sévère parce que cette série tente beaucoup de choses et que, sur bien des aspects, elle est quand même assez audacieuse généreuse, et sait poser une atmosphère qui lui est propre. Seulement voilà, d’un autre côté, si on n’a pas l’esprit midinette mystico-kikou-choupinou-twilight, je ne vois pas comment cette série peut vous parler. Moi en tout cas elle ne me parle pas. Dommage pour moi j’ai presque envie de dire…
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Westworld

Critique de Westworld - Saison 1

   3 - Pas mal
Si vous vous intéressez un peu au monde sériel, je pense qu’en ce début 2017, vous avez dû entendre parler de « Westworld ». Je pense même que même si vous ne vous intéressez pas au monde sériel on a dû vous a parler de « Westworld »… C’est même d’ailleurs dingue à quel point tout le monde parle de « Westworld » en ce moment ! Est-ce parce que HBO nous la vend comme son nouveau fleuron sensé prendre le relais de « Game of Thrones » ? Perso, je n’en sais rien. En tout cas une chose est sûre : moi j’ai essayé de m’y plonger dedans sans trop rien en attendre ni – d’ailleurs – sans trop rien en savoir… Et je dois avouer que les premiers épisodes m’ont quand même pas mal laissé de marbre. Pourtant, les premières minutes avaient vraiment su me prendre. Cette entrée en matière, mêlant d’un côté la présentation de cet Ouest américain qu’on sent factice, et de l’autre ce dialogue surréaliste entre les personnages de Bernard et de Dolores, moi je l’ai trouvé plutôt efficace. Mais bon, au-delà le premier quart d’heure, j’avoue que déjà, j’ai commencé à lâcher un peu prise. Alors après – entendons nous bien – je ne me suis pas ennuyé pour autant ! Pour le coup je trouve que le lieu et l’univers qu’on nous présente ont vraiment quelque-chose d’original et d’intrigant. Je trouve aussi que formellement c’est vraiment maitrisé et que ça tient la route. Et tout comme je trouve enfin que le casting a vraiment de quoi séduire. Entre Anthony Hopkins, Sidse Babet Knudsen, Thandie Newton, Jeffrey Wright et Ed Harris, on nous sort quand même du lourd… Bah ouais, mais seulement voilà, malgré tout ça, je ne peux m’empêcher de considérer que, globalement, ce « Westworld », il reste quand même un peu trop lisse. Alors certes, j’entends que le concept même de Westworld implique un ressenti un peu lissé. Mais bon, d’une part j’estime que ça ne devrait pas toucher les personnages extérieurs à l’Ouest américain, et d’autre part je ne suis même pas sûr que ce fut voulu et souhaité. D’ailleurs, c’est un peu le problème qui, à mon sens, a brimé mon plaisir tout le long de cette première saison. Je n’ai pas été vraiment convaincu par les personnages et les situations. Je n’ai pas pu m’empêcher de les trouver un brin caricaturaux et pas très fouillés. Alors certes, ce n’est pas non plus de la série B. ça reste convenablement écrit. Mais franchement, pas si bien que ça non plus. Du moins pas suffisamment pour qu’ils s’incarnent vraiment dans mon esprit et que pour que je me prenne d’empathie pour eux… Et puis voilà quoi : au-delà de tout ça, cette série, en fin de compte, elle ne dit finalement pas grand-chose. Le sujet traité a beau être intéressant, je trouve malgré tout que ça ne va pas plus loin que ce qui a déjà été posé plein de fois par d’autres œuvres du même genre. Peut-être ça pourra captiver les néophytes – je n’en doute pas – en tout cas, moi, ça ne m’a pas emballé plus que ça. Après, ça n’empêche pas la série de faire le boulot, notamment en parvenant à entretenir quelques mystères tout le long de la saison (Spoiler : Mais que nous cache Ford ? Qui est l’homme en noir ? Quel est ce mystérieux labyrinthe ?), mais encore une fois, rien de véritablement transcendant. Le problème, c’est que j’ai vraiment eu l’impression de devoir attendre jusqu’aux deux derniers épisodes pour enfin voir la situation initiale bouger. Or, ça, pour moi, c’est un peu symptomatique d’une série qui, mis à part un univers, n’a finalement pas grand-chose à proposer. Certes, des questions intéressantes sont posées dans le tout dernier épisode (même si en fait, à mes yeux, il n’y en a eu qu’une seule : Spoiler : celle du lien entre le dépassement et la souffrance), mais bon, non seulement ce n’est finalement pas creusé et puis… bah et puis ça n’arrive qu’au dernier épisode quoi ! Moi, je suis désolé, mais ça me fruste. Se bouffer presque 10 heures de programme juste pour une simple amorce, c’est quand même un peu limite en termes de rythme. Enfin bon… Ça reste beau. Ça reste soigné et plutôt bien mené. Ça reste aussi efficace dans l’ensemble, même si quelques détails sont parfois venus me pourrir l’immersion (Spoiler : Je pense notamment au fait que le parc existe depuis 30 ans mais que les technologies ne semblent pas avoir évolué entre temps. Je pense aussi au fait qu’on nous laisse suggérer qu’au fond, les robots ne semblent exister que dans ce parc et pas ailleurs, et personne ne semble jamais avoir pensé à faire autre chose d’eux que des attractions visant à se faire flinguer… C’est quand même sacrément contre-intuitif moi je trouve…) Bref, je n’ai peut-être pas vu dans « Westworld » l’événement que tout le monde semblait pourtant annoncer. Malgré tout – je ne vais pas vous mentir – je trouve que ça fait le taf et que ça passe le temps. Après tout c’est déjà ça. Donc, en définitive, pourquoi pas…
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Mr. Robot

Critique de Mr. Robot - Saison 2

   3 - Pas mal
Bon bah, malgré mon impression plus que mitigée de la première saison, j’y suis retourné ! Il faut dire : difficile de tourner le dos à une série qui – malgré tout ce que j’ai eu à lui reprocher – se révèle aussi belle plastiquement parlant et aussi pertinente dans le sujet qu’elle entend aborder. Et franchement, bien m’en a pris. Tout mon entourage m’avait dit que cette seconde saison était différente de la première. Certains la jugeaient meilleure, d’autres la trouvaient moins bonne. Moi, en tout cas, je fais effectivement partie de ceux qui la trouvent meilleure (comme la plupart des gens qui n’ont pas trop été conquis par la première saison d’ailleurs ^^). Et, à dire vrai, il n’y a pas trop de mystère à ça. Pourquoi je la trouve meilleure ? Déjà parce que cette saison met entre parenthèse tout ce qui m’avait le plus gonflé lors de la première (Spoiler : Notamment ce personnage moisi qu’est Wellick !), mais aussi parce qu’elle ose enfin mettre les pieds dans le plat. Après je ne sais pas combien de digressions lors de la saison 1, dans cette saison 2 on ose enfin aborder la question du chaos généré par la petite révolution de F-Society. Franchement, j’ai trouvé ça très agréable tant ça posait un univers assez original, prenant, et surtout tant ça nous conduisait vers une forme d’inconnu. Après tout, c’est vrai ça : jusqu’où le système actuel pourrait couler si on le privait de ce qui lui est désormais devenu essentiel : la communication globalisée ? Pour le coup, j’ai revécu le même grisement que j’avais connu en début de saison 1. la seule différence c’est que là, contrairement à la saison 1, le grisement ne s’est pas évanoui après deux ou trois épisodes. Là, il a duré plus longtemps… Jusqu’à l’épisode 5 environ… Bon, du coup. Bon, du coup, vous l’aurez compris, tout l’est pas rose non plus dans cette saison 2. Encore une fois, j’ai fini par buter contre les mêmes faiblesses que lors de la saison 1. passé l’épisode 5, l’intrigue du personnage principal ne bouge plus trop (à dire vrai, elle ne bouge jamais vraiment). De même, voilà que se multiplient (à nouveau) les problématiques des personnages secondaires que, moi, je trouve totalement inconsistants (qu’il s’agisse d’Angela, de la sœur, de Whiterose, ou de l’agent du FBI, ces quatre personnages, pour moi, sont bien trop lisses et stéréotypés pour fonctionner). Et le pire, c’est que pour tenir la longueur, la série revient nous endormir avec tout un jargonage et des intrigues à base de piratage dont je n’ai jamais vraiment vu l’utilité sur l’intrigue. Et c’est un peu le gros souci de cette série je trouve. Elle lance plein de pistes, les fait stagner toutes, si bien qu’au final je ne suis parvenu à m’intéresser pour aucune. Si la série avait vraiment voulu me happer par le mystère de ces différentes intrigues, il aurait fallu qu’elle lâche régulièrement du lest, qu’elle me donne l’impression que ce fil conducteur là allait peut-être me permettre de démêler toute la pelote. Or, là, ce n’est clairement pas le cas, et ça dure sur des épisodes entiers. Et le problème, c’est que lorsque qu’une piste se débloque enfin, moi, je n’ai même plus le souvenir d’où vient cette piste (par exemple, la mort du hacker et la douille qui permettent de remonter jusqu’à la sœur du héros, je ne sais même plus d’où elles sortent et ce qui les a causé.) Du coup, j’ai suivi ce gloubiboulga d’intrigue de manière un peu passive, sans vraiment le comprendre, et pour arriver au final à une conclusion qui me démontre qu’en fin de compte, rien ne s’est vraiment passé lors de cette saison, et que le changement, ce sera pour les deux ou trois premiers épisodes de la prochaine saison, avant que celle-ci ne sombre à nouveau dans la léthargie. Alors après, je ne reviens pas sur ce que j’ai dit en début de critique : globalement, ça tient quand même bien mieux la route que la première saison. Je trouve l’ensemble mieux équilibré et la situation est suffisamment lancée pour qu’elle capte mon attention (et puis, que c’est beau !) Seulement voilà, c’est encore vraiment frustrant de me dire que cette série, qui pourrait être une pure bombe si elle était plus dense et épurée, me laisse encore une fois sur le frein à main. Mais bon… Je suis encore ouvert à la prochaine saison… Comme quoi, ce « Mr. Robot » a quand même quelque-chose de vraiment intéressant pour lui. Donc encore une fois « wait and see ». En espérant que l’effort de patience saura être un jour récompensé…
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