lhomme-grenouille    

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Game of Thrones

Critique de Game of Thrones - Saison 7

   4 - Très bien
Hourra ! Ça y est ! Enfin on nous annonce la fin de cette saga hors-normes ! Alors attention – ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit – si je me réjouis, c’est justement parce que j’apprécie suffisamment cette série pour ne pas la voir se diluer inutilement jusqu’à devenir imbuvable. Or, moi, clairement, si j’ai pu adorer les saisons 1 et 4, c’est clair que je n’aurais pas dit non à une fusion des saisons 2 et 3 d’un côté et des saisons 5 et 6 de l’autre, afin que tout ça gagne en densité et qu’on évite certains moments interminables et fort discutables (la balade interminable de Brienne et de Jaime à travers Westeros, les redites et multiples temps morts dans l’arc narratif de Daenerys, l’avancée interminable de marcheurs blancs, etc etc …) Bref, savoir que cette saison 7 est l’avant-dernière – voire plutôt la première partie de la dernière saison – forcément ça m’enchante, parce que ça veut dire que tout va enfin se décanter… Et oui – effectivement – sur ce point là cette saison ne nous la fait pas à l’envers. Ça bouge (Spoiler : Daenerys arrive ENFIN sur Westeros ; les marcheurs blancs attaquent ENFIN le mur ; les conflits et sous-intrigues convergent ENFIN en un faisceau unique et cohérent.) et ça bouge même assez vite et bien. En gros, cette saison fait le taf qu’on attendait depuis un petit moment, d’où une sorte de gros « ouf » de satisfaction… Seul problème peut-être : c’est que cette saison ne fait justement QUE qu’on attend d’elle depuis un petit moment, et pas plus. Alors attention, je ne dis pas ça pour faire mon relou non plus. Si je mets quatre étoiles c’est que je me suis quand même bien éclaté hein… Mais bon, la force qu’avait aussi cette série c’était cette capacité à nous prendre au dépourvu, à rappeler la rudesse de ce monde par des coups de théâtre cruels. Là, dans cette saison 7, tout roule un peu sur des rails. La plupart des choses qui se produisent sont celles auxquelles les saisons précédentes – et surtout la saison 6 – nous ont préparé (Spoiler : …c’est-à-dire une alliance Jon Snow / Daenerys pour monter ensemble sur le trône de fer) si bien que – même si le plaisir est là – la passion malgré tout s’amenuise un peu. Disons que cette saison fonctionne surtout en s’appuyant sur le capital laissé par les précédentes plutôt qu’elle n’est vraiment en mesure d’apporter sa propre plus-value... (Spoiler : Allez… Exception faite des quelques jolis plans sur Dragonstone et de cette belle mort de dragon qui était quand même aussi surprenante que visuellement saisissante.) Et puis j’avoue que pour ma part, je n’ai toujours pas digéré cette Spoiler : exécution / résurrection de Jon Snow qui, chez moi, ne passe toujours pas, et amenuise quand même quelque peu mon plaisir… Mais bon, au final, cette saga a l’air quand même d’embrayer sur un beau final. Pour le coup, elle ne se moque pas / plus de nous. Donc pourquoi bouder son plaisir ?
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The Affair

Critique de The Affair - Saison 2

   4 - Très bien
Etonnamment j’avais un peu peur de cette seconde saison alors que, pourtant, la première m’avait vraiment convaincu. C’est que, pour être honnête, malgré ma satisfaction lors de mon premier visionnage, j’avais quand même eu l’impression que la série avait fait le tour de son concept et qu’elle n’avait peut-être pas les moyens scénaristiques pour tenir sur la longueur. C’est qu’en plus, ce double-prisme romance/polar est certes amusant quand on le découvre, mais il charrie aussi son petit lot de codes – voire de clichés – qui peuvent se transformer en de véritables obstacles pour développer des personnages et / ou une situation. Eh bien pourtant – ô surprise – je trouve que cette saison 2 parvient à faire des choix vraiment très intéressants pour à la fois rester fidèle à son esprit d’origine tout en apportant les innovations indispensables à son dynamisme. Premier coup gagnant : l’intégration de Cole et d’Helen dans le jeu des points de vue. C’est simple mais il fallait y penser quand même. Ainsi, presque mécaniquement, l’intrigue s’enrichit forcément de deux dimensions supplémentaires. Autre coup gagnant : le changement d’atmosphère. A se focaliser davantage sur New-York plutôt que sur Montauk, l’univers de ce « The Affair » abandonne l’esthétique du polar rural tranquillou OKLM typique de France 3 à un cadre plus noir, voire presque plus cynique et froid. Après, d’autres changements se révèlent à double tranchant, comme par exemple les libertés que prennent certains épisodes avec la grammaire bipolaire propre à la série. Très rapidement, les deux histoires finissent par ne plus se chevaucher quand parfois – carrément – on se décide exceptionnellement à l’abandonner. Alors certes, j’avoue que certaines fois, ce choix permet clairement à l’intrigue d’avancer et de gagner en rythme, ne subissant pas ces nécessaires retours en arrière. Mais bon, d’un autre côté ce qu’on gagne en dynamisme, on le perd forcément en ambigüité et nuance de regard sur les situations. D’ailleurs, le dernier épisode revient au tout dernier moment aux fondamentaux, et je pense que c’était indispensable pour ne pas perdre ce qui faisait la subtilité de la série. Au final, je dois avouer que je suis quand même assez séché par la qualité de la démarche fournie. Certes, le simple fait que je ne monte pas au « cinq étoiles » révèle quand même les limites qui peuvent se poser me concernant par rapport à l’artificialité de l’intrigue ou à la dimension archétypale des personnages, mais d’un autre côté le scénario est quand même suffisamment malin et – surtout – l’interprétation du carré West – Wilson – Tierney – Jackson suffisamment convaincante pour que la mayonnaise prenne sans souci me concernant. D’ailleurs – je l’avoue – je suis assez curieux de voir ce que la saison 3 va me proposer… L’avenir nous le dira…
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Fargo (2014)

Critique de Fargo (2014) - Saison 3

   3 - Pas mal
Pour le coup, ces « 3 étoiles » sont clairement des étoiles de déception. Fargo, saison 1 et 2, j’avais trouvé ça formidable. Par cette saison 3, je l’ai juste trouvé… passable. Bah oui, ça peut paraître cruel au vu de la qualité plastique toujours au top de cette série ou bien encore de ce casting de luxe composé – excusez du peu – d’Ewan McGregor, Carrie Coon ou bien encore de David Thewlis. Seulement voilà, la réalité du cœur a parlé me concernant. Si d’un côté j’ai été client tout le long des deux premiers épisodes, j’ai vite décroché à partir du troisième, lassé de voir une situation se figer sur des codes déjà trop explorés par cette série pour encore me surprendre. A dire vrai, ce qui m’a peut-être le plus bloqué avec cette saison, c’est qu’elle ait décidé de rompre avec ce qui fait, pour moi, la force des séries d’aujourd’hui : le développement d’univers. Parce qu’à reprendre sans cesse les mêmes personnages dans les mêmes lieux, les créateurs sont forcément contraints d’innover ou d’explorer pour éviter la répétition. Et le paradoxe avec cette saison 3 de « Fargo », c’est qu’à rompre totalement le fil – bien que tenu – qui existait jusqu’à présent entre les deux premières saisons, c’est que cet affranchissement a surtout contribué à troquer l’enrichissement à la répétition. Certes, c’est un nouveau monde, de nouveaux personnages et une nouvelle intrigue, mais le paradoxe veut qu’en concevant cette intrigue en total « stand alone », les scénaristes en ont surtout profité pour reprendre la structure standard des deux premières saisons sans la modifier. On prend deux individus issus de deux mondes qu’au départ tout oppose, on les confronte chacun de leur côté à un accident stupide liée à leur maladresse ou à leur faiblesse, et puis on laisse dégénérer la chose à grand coup de stratégies stupides et insensées qui amènent les deux tornades de lose à se percuter et à tout dévaster sur leur passage dans un vaste tourbillon d’absurdité. C’est désormais tellement rodé que, moi, ça ne me surprend plus. Alors certes, il y a un vrai travail formaliste qui fait qu’à espaces réguliers, j’ai su me raccrocher à quelques branches (Spoiler : je pense notamment aux premières apparition de David Thewlis, au petit dessin-animé avec le robot « I can help » ou bien encore à cet épisode 8 très nerveux, pensé comme un vaste survival.) Alors certes, d’un côté j’ai envie de blâmer cette espèce de blazitude qui m’habite et qui semble désormais s’attaquer à tout, même à une saison de « Fargo » somme toute plus que convenable, mais d’un autre côté je n’ai pas non plus envie de me satisfaire de ce confort pantouflard dans lequel cette saison cherche à nous emmener. Quand tu as l’impression d’avoir déjà vu l’essentiel et compris la totalité de la saison avant même la moitié du visionnage des épisodes c’est qu’il y a un petit souci, et quand la seconde moitié te confirme ton impression, c’est que le souci n’est pas si petit. Bref, je ne le cache pas : je suis déçu. Et limite, avec mes « 3 étoiles », je me trouve assez gentil au vu du relatif ennui qui m’a habité en traversant cette saison. Alors, est-ce que cela veut dire pour autant que je ne conseillerai pas cette saison 3 à mon entourage et que je raye désormais cette franchise de mes séries à suivre ? Eh bah non. Même pas… Et c’est justement parce que je n’irais pas jusque là qu’au final je maintiens mes « 3 étoiles ». Parce que oui, je pense que « Fargo » saison 3 peut plaire ; je pense même que certains spectateurs ne connaitront pas le même sentiment de déception que moi. Idem, cette série reste d’un niveau formel trop élevé pour que je prenne le risque de passer à côté d’une saison 4 qui peut encore avoir le pouvoir de me séduire. Donc « wait and see » j’ai envie de dire. L’avenir nous éclairera…
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Rick et Morty

Critique de Rick et Morty - Saison 1

   5 - Chef d'oeuvre
Woh ! Ah ça ! La vache ! Ça envoie ! Autant l’épisode pilote est juste sympa, autant tout ce qui suis derrière est juste in-croy-able. Personnellement, je ne peux m’empêcher de rapprocher l’état d’esprit de cette série d’un « Futurama » en terme de densité et d’inventivité, mais auquel il faudrait rajouter une bonne grosse dose d’humour corrosif. Cette série n’a tout simplement aucune limite. Et fort heureusement, cette liberté n’est pas utilisée pour faire de la grossièreté facile comme aux temps des débuts de « South Park ». Non, là tout est au service d’un étrange mélange de références filmiques, d’absurdité, de regard cynique sur les gens et les choses… Mais bon, franchement, pour moi, tout cela ne serait rien sans cette remarquable densité que l’on retrouve dans chaque épisode. Il n’y a aucun temps mort. Ça envoie en permanence. Ça ne s’autorise aucune facilité. A peine une idée a-t-elle été utilisée qu’il faut tout de suite la dépasser ou l’enrichir. C’est d’un tel niveau que chaque épisode est un véritable festival. Et quand on croit que c’est fini, eh bah il y en a encore qui nous attend après le générique ! Et franchement, à part un premier épisode juste sympa et un autre épisode (le huitième) pas assez structuré pour faire totalement mouche, le reste c’est juste de l’or en barre. En tout cas, bravo à Dan Harmond et Justin Rolland : leur parodie trash de « Doc et Marty » est juste un régal de défoulement et de liberté artistique pure.
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BoJack Horseman

Critique de BoJack Horseman - Saison 1

   1 - Très mauvais
Euh… Non… Là, je dis « non ». Le pire c’est que je n’ai pas vraiment grand-chose à dire au sujet de ce BoJack Horseman, et cela tout simplement parce que je pense que je ne suis tout simplement pas la cible visée. Parce que, de mon point de vue, il n’y a juste rien là-dedans. C’est tout le temps la même scène, les mêmes blagues, le tout sur un rythme assez poussif. Du coup, il pourrait être assez facile pour moi de défoncer ce pauvre « BoJack » mais, d’un autre côté, quand je pense à ces séries du même format que moi j’adore comme « Futurama », « Les Griffin », « American Dad » ou bien encore le plus récent « Rick & Morty », je me dis qu’il serait aussi très facile pour quelqu’un qui n’est pas client de cet humour là de faire exactement le même type de reproches. Donc bon, à défaut de me sentir légitime pour en dire davantage, je dirais donc seulement cela : « pas ma came. » Voilà, faîtes donc en ce que vous en pouvez…
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Futurama

Critique de Futurama - Saison 1

   5 - Chef d'oeuvre
Gros classique que j’adule depuis l’origine, j’ai eu le bonheur de me refaire cette saison 1 de « Futurama » d’une traite récemment. Et par tous les dieux que c’est booooooon ! J’avoue même que les qualités inhérentes à cette série m’ont encore plus sauté aux yeux tant j’étais persuadé d’en avoir un souvenir idéalisé. C’est dense, créatif, visuellement très réussi et surtout… Qu’est-ce que c’est absurde. C’était pour moi ce qui faisait toute la force des « Simpson » et là, franchement, je trouve que c’est puissance 10 par rapport à la série phare de Matt Groening. Le gros avantage de cet univers futuriste dans lequel se développe cette série, c’est que tous les coups sont presque permis. Il suffit d’inventer une race d’extra-terrestre chelou, d’inventer des gadgets futuristes absurdes, ou des événements passés absurdes pour alimenter l’humour remarquable de cette série. Une fois qu’on a dit ça, je ne vois ce qu’on pourrait rajouter. Après il faut oser s’y risquer pour découvrir à quel point les personnages sont décalés, l’humour est corrosif, et comment chaque épisode se révèle inventif et sans temps mort. Un vrai régal. Je pense que la saison 2 ne va pas tarder à être dévorée…
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The Leftovers

Critique de The Leftovers - Saison 3

   5 - Chef d'oeuvre
Je ne sais pas vous, mais moi, chaque saison de « The Leftovers » je l’ai toujours regardé avec un mélange de jouissance et de crispation. Jouissance parce que j’adorais l’alchimie que cette série avait su mettre en place – entre mystère fantastique et exploration de l’errance mélancolique de l’Humain – mais aussi donc crispation parce que j’avais peur à chaque instant du terrible faux pas. Cet équilibre que la série avait su trouver dès ses premiers épisodes avait pour moi quelque-chose de tellement miraculeux que j’avais du mal à la voir évoluer sans que tout cela ne finisse par s’écrouler, notamment au travers d’une révélation douteuse qui m’aurait tout de suite sorti du trip. Mais bon… Qu’il s’agisse de la saison 1 ou de la saison 2, les craintes furent nombreuses tant certaines tentatives scénaristiques s’étaient révélées nombreuses, mais à chaque fois, à chaque épisode, la série était toujours parvenue à retomber sur ses pattes. Donc oui, même si jusqu’à présent Damon Lidelof et Tom Perrotta avaient su me transmettre des gages de confiance, cette troisième saison n’en restait pas moins une saison de conclusion, et je ne pouvais m’empêcher de me crisper à nouveau en espérant que la fin de cette fable fantastique soit à la hauteur de l’événement… Eh bah, maintenant que je l’ai vu, je peux vous le dire : pour moi, elle l’est. Et elle l’est à 100%... Franchement, chapeau. Encore une fois, cette saison a su renouveler le postulat offert par ses prédécesseurs. Après avoir exploré ces deux mythes sensés nous réconforter face à l’incertitude de la mort, j’ai nommé l’American Way of Life (pour la saison 1), et la famille, voire la communauté (pour la saison 2), « The Leftovers » a donc décidé d’explorer le terrain de la religion ; de la croyance ; de la foi… Et encore une fois, il explore ce terrain avec audace, mais aussi et surtout il l’explore avec talent. A chaque fois, les situations posées se révèlent délicieusement ambigües. On se laisse porter à nouveau par l’appel mystique de chacun de ces personnages, espérant au fond de nous qu’il nous donne une révélation sur tout ce mystère, même si dans la foulée, on sait parfaitement nous démontrer à quel point cet appel mystique relève aussi d’une pure folie ; d’une envie de trouver une explication ou une solution coûte que coûte, qu’importe le bon sens et la raison… Encore une fois, le parcours des personnages est magnifique d’humanité, de questionnement, de sensation, de mélancolie… Et comme je le disais plus tôt, je trouve que cette série a su vraiment choisir la meilleure manière de se conclure. Je n’ose en dire davantage de peur de souiller votre expérience. Pour ceux voudraient en savoir plus je développe davantage la question son mon blog. Pour les autres, sachez donc simplement que désormais, suite à cette conclusion magnifique, cette série fait clairement partie de mon panthéon personnel. Quelle lucidité que d’avoir limité l’intrigue qu’à trois saisons ! Quel génie que d’avoir su alimenter avec autant de densité un tel postulat ! Et surtout quel talent que d’avoir su à ce point transformer cette aventure en expérience sensible, délicate et émouvante ! Non vraiment… Pour moi, jusqu’à présent, Damon Lindelog n’était que l’auteur de « Lost », et ça ce n’était pas glorieux. Maintenant, dans mon esprit, ce gars et aussi l’auteur de ce « The Leftovers » et ça, à mes yeux, c’est juste l’une des plus belles choses qui soit pour un auteur…
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Better Call Saul

Critique de Better Call Saul - Saison 3

   4 - Très bien
Elle est quand même singulière cette série… Ça en devient même marrant de se dire qu’elle est un spin-off de la légendaire « Breaking Bad » parce que des fois j’aurais presque tendance à l’oublier. C’est pourtant bien le même lieu, le même univers, voire le même état d’esprit certes, malgré tout elle a une subtilité, une dynamique et une atmosphère qui lui sont propres. On a beau savoir que cette série sera sans concession à l’égard de son personnage principal et de son entourage –après tout « Breaking Bad » nous l’a montré – il n’empêche que moi, à chaque fois, je marche à fond dedans. La série parvient à nourrir l’espoir, bien qu’on connaisse la terrible fatalité qui va s’abattre sur tout ce petit monde. Mais c’est justement là que se trouve la force de cette série je trouve. Elle nous donne envie d’y croire. On a envie d’y croire parce que personne n’est véritablement irrécupérable dans cet univers. La plupart des personnages se révèlent toujours conditionnés par leur situation : ils essayent de faire au mieux en fonction des cartes qu’on leur a donné. Cette ambigüité est vraiment subtile et remarquablement travaillée. Ils sont vraiment rares ces personnages dont on ne veut pas qu’ils se sortent de leurs pétrins respectifs. Et c’est de cette ambigüité que nait cet espoir. Moi, en tant que spectateur, j’ai du mal à m’imaginer qu’un monde composé essentiellement de gens qui cherchent à se sortir de leur galère puisse aussi mal tourner. Pourtant on le sait : on sait que ça va mal tourner, mais on a quand même envie d’espérer. On a quand même envie qu’ils s’en sortent. De cet espoir futile né une forme de mélancolie que je trouve franchement magnétique. Plein de fois on se dit « eh mais c’est malin cette façon de s’en sortir ! Bien joué ! » mais juste derrière, il y a toujours un acte stupide ou l’intervention d’un benêt qui ne perçoit pas cette subtilité pour que tout capote. Le manque de sensibilité. Le manque de clairvoyance. Le manque de recul. L’incapacité à se détacher de ses passions ; de ses pulsions de revanches sociales… Tous ces petits vices viennent à chaque fois ressurgir au mauvais moment, contribuant à la précipitation immuable de ce monde vers une forme de cruauté bien rêche. En cela, cette saison reste donc dans une belle continuité avec les précédentes. Et comme la qualité formelle (de très haute volée) reste au rendez-vous, moi je n’ai pu que me délecter tranquillement de cette saison, attendant avec curiosité la suite… Bon après c’est vrai que je me dis qu’à force de se rapprocher de la fin, on va bien finir par plonger dans une spirale de mélancolie que je n’ose imaginer. Mais bon… Que voulez-vous. On a beau savoir, l’appel du bon restera toujours le plus fort !
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Missions

Critique de Missions - Saison 1

   3 - Pas mal
Tiens donc ! Une série de SF spatiale 100% française ! Alors moi je ne suis pas particulièrement chauvin, donc ce n’est clairement pas l’aspect « cocorico » qui m’a attiré vers cette série. Non… Voir une culture spécifique se risquer à appréhender un genre qu’elle a jusqu’à alors (presque) délaissé, moi ça me rend curieux. Alors c’est vrai, dans ce cas là le risque est toujours grand de voir la série singer sans talent les codes américains. Mais bon… D’un autre côté, on a vu dernièrement comment Canal + a su nous proposer du lourd et du bon, du coup on est aussi en droit d’espérer que sa filiale OCS, à l’origine du projet, sache nous surprendre quelque peu… Le fait est que, maintenant, j’ai enfin découvert cette série et je dois bien avouer que… eh bah… que moi-même ma réaction face à ce visionnage a eu de quoi me surprendre. D’un côté je suis assez perplexe par ce résultat final, et pourtant je ne peux m’empêcher d’apprécier globalement ce qui a été fait… Perplexe d’abord parce qu’il faut bien se l’avouer : c’est quand même assez cheap tout ça. Cheap en termes de moyens, de réalisation, d’interprétation, mais aussi d’écriture… Paradoxalement, ce n’est pas le manque de moyens financiers qui me pose le plus de problème. Même si on voit bien que les décors et costumes sont limités et que l’équipe des CGI a fait ce qu’elle a pu avec ce qu’elle avait, moi j’aurais pu passer outre si derrière tout avait été nickel. Or, il faut bien avouer que les gars de chez « Missions », ils ne sont pas très à l’aise avec le genre. Les scénaristes reprennent beaucoup ce qui s’est fait ailleurs. Ainsi retrouve-t-on dans ce « Mssions » pas mal de « Sunshine » et beaucoup (voire beaucoup trop) de « Mission to Mars ». Il y a même tellement de « Mission to Mars » qu’on y retrouve jusqu’au principal trou d’air du scénario de Ridley Scott. (Spoiler : Bah oui… Parce que c’est bien gentil de dire que l’Humain vient de Mars… Sauf que cette belle fable, pour être crédible auprès de quelqu’un qui a un minimum de culture gé, elle se doit au moins d’être capable d’expliquer la présence des hommes de Cro-Magnon sur notre planète… Or là, ce n’est carrément pas le cas. On semble vouloir se limiter au registre du « ta gueule c’est magique… ») Idem, de leur côté, les acteurs ne sont pas forcément à l’aise avec ce genre nous plu. Ils ont du mal à être sobre. Ils ont du mal à inventer quelque-chose avec leur personnage. Cela reste très superficiel à quelques rares exceptions. Il faut dire que leur texte ne les aide pas. Pas mal d’archétypes basiques pour définir la personnalité de chacun. Ça ne va pas très loin et parfois c’est franchement ridicule (Mon dieu le personnage du méchant astronaute américain ! Mais quelle horreur !) Et enfin, je pourrais ajouter à cela une réalisation pas très inspirée qui n’arrive pas à masquer les coutures et les limites de ses décors (Je pense notamment à la scène de première descente dans l’atmosphère de Mars, où on voit juste trois gusses gigoter sur eux-mêmes pour donner l’illusion de la secousse : là franchement en termes d’immersion c’était plus que limite.) Bref, si je m’arrête là et que je fais ma liste de réserves, on est en droit de se dire que « Missions », ce n’est clairement pas très fameux… Et pourtant donc… Et pourtant je n’arrive pas à être trop cruel avec cette série. J’y suis même allé au bout sans trop de déplaisir, curieux même… La raison à cela tient en quelques points forts dont cette série peut se vanter ; des points forts qui sont loin d’être négligeables. D’abord « Missions » parvient à poser son atmosphère. En cela le générique et la très bonne musique d’Etienne Forget font vraiment du très bon boulot, et au vu du nombre de tares que la série se trimbale, c’est loin d’être du luxe. Ensuite, ce « Missions » a l’audace d’adopter un format très court. 20 minutes l’épisode. Seulement 10 épisodes pour la saison. Au final, ce temps court m’a permis de ne pas trop me lasser. A peine l’épisode commence-t-il que déjà il cherche à trouver son cliffhanger et sa conclusion. Cela oblige la série à poser assez régulièrement des éléments de révélation ou des péripéties, et pour le coup j’ai trouvé que cela donnait vraiment du rythme pour qui se regardait les épisodes les uns à la suite des autres. Pour le coup, ce simple choix compense pas mal de faiblesses, notamment celle qui concerne la superficialité des personnages. Cela lui donne un petit côté série B de luxe qui marche plutôt bien. Et puis surtout, cette série parvient à tenir le temps parce qu’au fond, elle sait jouer de ses quelques ficelles de scénario pour générer du mystère. Après tout, c’est ça aussi la force évocatrice de Mars : on ne sait pas trop ce qu’on pourrait y trouver. Donc à partir de là, un peu de fantastique peut suffire pour que le tout soit joué. Alors après c’est vrai, comme dit plus haut dans la bande spoiler, tout ça aboutit à quelque-chose de pas très fin et de pas très logique. De même on n’hésite pas non plus dans cette thématique là à brasser de bons clichés déjà vu ailleurs, mais bon… Mais bon, au final la série parvient quand-même à exploiter ce qu’elle peut exploiter du sujet et, comme elle sait aussi se la jouer un peu modeste, sans afficher de grosses prétentions, elle parvient malgré tout à poser un petit univers. C’est si court que franchement, je n’ai pas enragé de lui avoir consacré du temps. Au contraire même, j’ai l’impression d’avoir porté un œil bienveillant sur quelque-chose en gestation qui pourrait à l’avenir ouvrir la voie à des œuvres plus matures. Donc limite, si l’expérience vous dit, ce n’est pas moi qui vais chercher à vous en dissuader… A bon entendeur…
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Taboo

Critique de Taboo - Saison 1

   5 - Chef d'oeuvre
Ah ! Bah ça ! Il y avait longtemps que je ne m’étais pas pris ma petite claque dans le monde des séries ! Et c’est d’ailleurs marrant de constater à quel point il m’est facile de déblatérer des lignes et des lignes pour expliquer pourquoi une série me pose souci, autant je me retrouve souvent en difficulté quand il s’agit d’expliquer pourquoi une série m’emballe totalement. C’est qu’avec la flopée de chefs d’œuvre qu’on s’est mangé ces derniers temps, on en viendrait presque à oublier ce qui fait la force d’une grande série. Heureusement donc, cette saison 1 de « Taboo » est venue me le rappeler et – pour être honnête avec vous – il ne lui a fallu que d’un épisode pour me conquérir totalement. Il n’y a pas à dire : une série, c’est vraiment une aventure. C’est une exploration. L’exploration d’un univers, l’exploration de personnages, l’exploration d’une logique particulière à laquelle on est confronté… Or on peut très vite se retrouver en terrain connu face à une œuvre. L’aventure impose donc d’inventer, de réinventer, de recomposer… Et pour moi c’est là que se trouve toute la clef du succès de ce « Taboo ». Déjà, le simple fait de prendre pour théâtre l’Angleterre à l’époque du blocus continental, c’est un choix original et osé. Parler de la guerre anglo-américaine de 1812, ça aussi c’est un choix original et osé. Se saisir de cette figure emblématique comme l’East India Company et d’en faire une sorte d’Etat dans l’Etat, ça encore c’est un choix original et osé… Et vouloir traiter tout cela sous l’angle d’une intrigue qui relève à la fois du polar, du thriller, de l’intrigue politique, de l’intrigue sociale, de l’intrigue morale, voire même de fable mystique, moi je trouve que tous ces éléments là ainsi combinés ne peuvent que donner naissance à un univers unique ; un univers au fort pouvoir de captation. Franchement, moi j’avais l’impression d’être dans un petit mélange entre le « Dracula » de Coppola et d’un western étrange plongé en plein univers burtonien (…et je parle là de la bonne période de Burton hein !). Bref, déjà, rien que ça, ça suffisait pour attiser ma curiosité. Mais il a fallu qu’en plus de ça, la série ait l’intelligence de construire une intrigue très maligne et très dense qui a fait que je n’ai pas su décrocher. C’est tout con comme principe, mais le simple fait d’avoir su poser quelques mystères bien intrigants dès le départ, ça a suffi à mettre l’eau à la bouche. Et comme le ton est au mystique, au mystérieux, on est finalement prêt à s’attendre à tout. Cette plongée dans l’inconnu, c’est ce qui fait tout le sel de cette aventure. Au-delà de cela je n’ai presque plus rien à dire. Les interprétations, notamment celles de Tom Hardy et de Jonathan Pryce sont savoureuses. La photo est à tomber. Le rythme est au cordeau. Rah ! Mais ouah quoi ! Et en plus il a fallu que cette saison sache éviter le travers que je reproche à de nombreuses séries : tout mettre dans le premier épisode, puis endormir l’intrigue pour qu’elle ne se réveille qu’au dernier épisode afin que l’appétit réapparaisse pour la saison 2. Non, là tout est traité. C’est tellement dense qu’à un moment, j’ai cru qu’à la fin du dernier épisode, j’étais en train d’assister à la fin de la série. Oui – et j’adore ça – on a à faire ici à une vraie saison complète qui clôt la plupart de ces questions et qui n’ouvre vers une saisons 2 que pour annoncer une suite bien différente, avec une nouvelle histoire, une nouvelle problématique, un nouvel univers… Franchement, c’est culotté, c’est mené de mains de maître, c’est généreux. Alors certes, je pourrais rechigner sur quelques détails de l’Histoire et la vraisemblance de certains éléments d’intrigue (les pouvoirs accordés au Prince-régent me semblent par exemple assez disproportionnés par rapport à ceux de cette époque, enfin bon…), et puis c’est vrai qu’au final je trouve que le titre de cette série est finalement assez inadapté et pas vraiment sexy au regard de ce qu’elle est vraiment… Mais bon, malgré tout, il n’en reste pas moins que dans l’ensemble, ce « Taboo » est vraiment une œuvre forte et entière ; une série au pouvoir envoutant. C’est bien simple, il y a bien longtemps que je n’avais pas regardé la saison d’une série aussi vite ! Bref, vivement la suite ! Et vivement que je me la revoie cette saison 1 somptueuse ! Un bijou !
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