Against
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La Piste
  0.5 - Nul
Certes, les images sont belles...mais est-ce suffisant pour faire un (bon) film ??? Surement pas ! Scénario inexistant, on peine à trouver matière dans ce désert...
Le chien jaune de Mongolie
  5 - Chef d'oeuvre
Film poétique, rafraîchissant et simple qui repose sur un conte. Après "l'Histoire du chameau qui pleure", cette jeune réalisatrice confirme tout son talent avec ce 2ème film en s'appuyant une fois encore sur ses racines. Partir de ce que l'on connait, ça peut paraître simple mais montrer autant d'authenticité et de naturel, c'est toute la force de ce film superbement servi par cette famille mongole.
Munich
  1 - Très mauvais
Partant d'un fait historique (la prise des otages aux J.O de 1972 et les représailles du Mossad dans les années qui ont suivies) et se voulant un film sérieux, adulte, une fois n'est pas coutume, S.Spielberg a le mérite pour une fois de ne pas caricaturer et cantonner ses protagonistes aux "bons" et aux "méchants". D'ailleurs, ni les pro-Palestiniens, ni les Israéliens dans l'ensemble n'ont apprécié le film, ce qui montre bien que Spielberg a évité un trop plein de manichéisme. Chaque personnage possède sa part d'ombre et Spielberg laisse surgir ça et là différents points de vue sur la question d'Israël. Cependant, si le fond du film offre certaines nuances, Spielberg retombe dans la forme dans ses travers habituels. Une mise en scène symbolique appuyée et ratée...En témoigne le montage alterné entre la reconstitution du massacre des otages à l'aéroport et la scène d'amour entre le personnage d'E.Bana et sa femme, la séquence s'achevant par une rafale de mitraillette au moment de l'orgasme...
Enfermés dehors
  2.5 - Moyen
Voici un film français comme on aimerait en voir plus souvent. Certes, il comporte des défauts, notamment à mes yeux sur le fond, mais sur la forme, Dupontel tente et ose...parfois c'est même tres réussi, pour illustration, les scènes de shoot à la colle où le personnage se met à faire la circulation dans le ciel, les personnages qui sortent des affiches publicitaires et qui prennent vie...ou encore la scène de l'interrogatoire dans le pseudo commissariat du squatt. Dans ces scènes, on y trouve de l'audace, du surréalisme, un grain de folie qui ne peuvent que ravir...A l'inverse, parfois, Dupontel en fait trop...En témoigne le gag récurrent de l'épicerie. Cela donne au final un film qui possède une energie indéniable avec de vrais bons moments de comédie burlesque mais qui s'arrête à ce stade. Pour ma part, je m'attendais de la part de Dupontel à plus de matières à reflexion, critique ou denonciation...Et là, malheureusement, le film n'en contient que quelques traces éparses...du coup, le film reste aussi "sage" et lisse dans le contenu qu'il est audacieux, fou-fou et nerveux formellement.
Silent Hill
  2.5 - Moyen
On attendait cette nouvelle adaptation cinématographique d'un jeu vidéo avec impatience et crainte compte tenu des tentatives ratées précédentes...C.Gans s'en sort plutôt bien...Il reprend les codes visuels du jeu et signe un film d'atmosphère. La ville déserte, les créatures "mutantes", les ténèbres qui envahissent et modifient les lieux...Tout est mystérieux et inexpliqué...Le spectateur prend plaisir à se perdre dans cet univers étrange, angoissant et fascinant. Mais voilà, que le réalisateur prend le spectateur par la main et s'acharne à donner du "sens" à l'ensemble. L'histoire se veut compréhensible par le plus grand nombre et on sent que Gans ne veut laisser personne au bord de la route. S'ensuivent des scènes explicatives lourdes (finalement, une simple histoire de vengeance)et un ode à la tolérance (et donc en contrepoint, une critique du fanatisme religieux). En conclusion, le film tient ses promesses plus sur l'univers visuel qu'il propose que sur l'histoire...
Da Vinci Code
  1 - Très mauvais
Voilà enfin visionnée cette fameuse adaptation cinématographique du Best seller de D.Brown...et que d'encre coulée pour pas grand chose. Car qu'attendait-on de ce film si ce n'est ce que proposait déjà le livre, une intrigue mystico-policère à suspens ??? Et là, où le livre entretient cet effet et parvient à captiver le lecteur, c'est loin d'être le cas du film qui enchaîne les scènes poussivement...R.Howard, désireux de "respecter" le livre en bon élève s'embourbe dans les explications et théories...et donne à voir des scènes de reconstitution souvent laborieuses. Les rapides "Flashs" explicatifs du passé des personnages sont baclés à tel point qu'on se demande si quelqu'un n'ayant pas lu le livre y saisirait un sens...La mise en scène est standart, exemple, les plans aériens indiquant à chaque fois le changement du lieu de l'action. A.Toutou et J.Reno sont transparents, Sir I.McKellen s'en sort le mieux en incarnant le personnage de Teabing.
Volver
  4 - Très bien
Almodovar prouve une fois de plus avec ce nouvel opus qu'il est un grand réalisateur accompli...Que ce soit à l'écriture, à la direction d'acteurs ou à la mise en scène, tous les ingrédients indispensables pour faire un bon film sont réunis. Le spectateur est emporté dans un tourbillon d'émotions, tantôt amusé, tantôt ému...En gardant ses thématiques personnelles (la filiation, l'entraide féminine, le non-dit...etc), Almodovar signe un film plein de couleurs et de surprises...où le spectateur ressort les yeux éblouis.
Takeshis'
  5 - Chef d'oeuvre
"Takeshis" est un film deconstructif très réussi et passionnant. Sa structure heurtée, non-linéaire telle un gigantesque kaléidoscope peut rebuter le spectateur non averti...Pour celui qui se prête au jeu, l'exercice devient alors très vite jubilatoire. Kitano reprend, condense et explose les thématiques de ses précédents films s'interrogeant au passage sur la création. Grand film de mise en abyme (comme l'était aussi "Mulholland Drive" de D.Lynch) Le maître semble régler ses comptes avec l'image (les images: celles de Kitano cinéaste et Beat Takeshi comique) qu'il renvoit. Narcissique, le film met en scène Kitano et ses "multiples personnalités" dans un grand puzzle onirique et drôle. Le spectateur désireux d'être surpris ne peut qu'être comblé par les nombreuses facettes de ce film résolument moderne. De "l'aventure" proposée par Kitano, on ressort déboussolé et impatient de voir vers quels nouveaux horizons le cinéaste va se diriger...
Flandres
  4 - Très bien
Avec "Flandres", Bruno Dumont persiste à proposer un cinéma radical qui n'est pas fait pour ménager le spectateur. Le cinéaste ne se pose pas en donneur de leçons et c'est l'une des grandes qualités du film. Il nous confronte avant tout à des personnages avec leurs forces et leurs faiblesses pour mieux y chercher et révèler leur part d'humanité. L'idée de ne pas nommer l'ennemi ni de situer précisemment l'action du conflit est pertinente car elle ramène à l'essentiel, au côté brut et primaire de la lutte pour la survie. Le film pousse le spectateur à se poser des questions et le bouscule. Sur la forme, Dumont apporte un soin particulier au traitement du son pour nous faire partager au plus près les sensations de ses personnages. Que ce soit L'essoufflement après une course, des branches qui craquent sous des pas, le crépitement du feu, ou la brise dans le désert où dans les flandres, ces sons participent tout autant que l'image à nous faire ressentir viscéralement ce que vivent les personnages. Face à cette démarche, on ne peut que saluer l'audace et la singularité de ce cinéma.
Inland Empire
  1 - Très mauvais
Voici tant attendu le nouvel opus de Lynch et force est de reconnaître que le cinéaste ne propose pas grand chose de nouveau...Il reprend des thématiques (le couple, la mise en abyme de Hollywood...) et des obsessions déjà parcourues brillamment dans Lost Highway et Mulholland Drive en une narration éclatée et elliptique. Si effectivement, Lynch s'attaque au thème de l'adultère et à l'angoisse qu'elle génère (nouveau sujet pour lui), il s'agit toujours de rentrer dans le monde "subjectif" d'un personnage et d'offrir une perception multiple et kaleidoscopique des différentes réalités et des "mondes" (réels, oniriques, fantasmés...etc). En clair, Lynch aime exprimer le tumulte intérieur, le trouble et la confusion d'un personnage en proie à ses angoisses. Seulement voilà, à l'inverse d'un Kitano avec "Takeshi's" qui reprenait ses thèmes en les parodiant et en les poussant à l'extrème pour en indiquer la limite et leur impact, Lynch lui tombe dans l'autocitation pompeuse. Là où Kitano se moquait de lui-même et jouait avec son ego et ses codes cinématographiques, Lynch lui nous livre un film sérieux qui se veut "expérimental" et synthèse de son cinéma. Ainsi, on retrouve entre autre les codes et signes visuels qui le caractérisent (lampe, portes, couloirs sombres,...), un soin particulier dans le traitement du son à base de graves caverneux...etc. Bref, nous sommes en terrain connu...Alors, où réside la nouveauté ? car nous venons de voir que le contenu n'offre rien de neuf. Lynch utilise la Dv et effectivement, le rendu est sale, heurté, granuleux et donc très différent de ses précedents films. Ce choix, s'il permet à un plasticien tel que Lynch, de focaliser sur les matières et présente une utilisation plus maniable (dixit Lynch lui-même) se révèle finalement injustifié et gratuit. Pour conclure, Lynch avec ce film s'est surement fait plaisir et tant mieux pour lui. Malheureusement, il trahit chez son auteur une sérieuse tendance à tourner en rond. Et c'est triste...
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