L_huitre  

Membre depuis 4304 jours | Dernière activité : 16/07/2018

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Volontaire

Critique de Volontaire

   2.5 - Moyen
(Je maintiens ma critique et ne vois pas la raison de votre censure. L'expression "enfiler des perles" n'est pas grossière. Elle fait référence à l'ennui et à l'activité classique de petites filles pour s'occuper. Si vous maintenez votre censure abusive, tant pis... Ma critique est déjà sur mon blog ). Ce film présente tous les atouts d’un succès : une affiche pleine de sensibilité, une jeune actrice très « engagée » au regard expressif ; un sujet sortant de l’ordinaire avec le quotidien des commandos de marine entre terre et mer… Et puis, il y a Lambert Wilson au casting. Un programme donc alléchant… qui ne tient malheureusement pas ses promesses. C’est difficile de dire du mal de ce film, tant il est pavé de bonnes intentions. La réalisatrice a voulu raconter une histoire d’amour impossible au sein de l’Armée. Il y a là sur le papier une bonne idée de scénario, puisque la grande muette est devenue mixte, et que la hiérarchie pesante y crée un environnement propice à des tentatives d’approche feutrées « à l’ancienne ». Quelques silences bien sentis sont de rares moments authentiques entre les personnages. Hélas, la réalisatrice est une femme qui semble peu connaître les milieux de la marine. Elle s’attache aux seules relations humaines, faisant de la Marine un milieu désoeuvré où chacun semble là pour saluer les couleurs, et enfiler des perles le reste du temps. Le personnage de Lambert Wilson est monolithique, et pour tout dire sans intérêt. Quant à l’histoire, elle semble proprement improbable. On se demande ce que cette jeune femme peut trouver d’excitant dans un job sans intérêt qui l’amène à rompre avec son fiancé. Comment peut-elle aussi laisser naître un béguin pour un commandant enfermé dans son bureau comme dans une forteresse inexpugnable. C’est dommage car il y a de bons moments dans ce film, du fait de la présence lumineuse de Diane Rouxel, jeune actrice que l’on espère revoir. Elle réussit à rendre un peu crédible un rôle qui ne l’est pas.
Monsieur Je-sais-tout

Critique de Monsieur Je-sais-tout

   3.5 - Bien
Un film par excellence difficile à critiquer... Il est pavé de si belles intentions qu'on aurait mauvaise grâce à ne pas adhérer à l'histoire. Arnaud Ducret est épatant dans un rôle d'entraîneur de football très autocentré sur lui-même. Quand on l'a vu tout jeune dans son One-man Show au Point Virgule, on n'est, à vrai dire, guère surpris de sa capacité unique à "rentrer dans des personnages". L'homme est un caméléon. Et même dans un registre qui n'est pas celui de l'humour, il est convaincant. Quant à son jeune partenaire, comment ne pas être bluffé ? Le jeune Max Baissette de Malglaive est saisissant de vérité au point que je me suis demandé s'il n'était pas vraiment un Asperger. Son rire de vieux tacot en panne de démarrage est une trouvaille scénique impressionnante. Ce gamin porte le film sur ses épaules avec l'aisance d'un vieux routier de la scène. Bravo pour ce casting sans faille... Alors, certes, s'il faut être un peu grincheux, je dirais que l'histoire est un peu consensuelle, sans failles, ni aspérités, comme pour plaire à tout le monde. Un produit aseptisé parfait pour rendre plus proche de nous tous les autistes. C'est sans doute le but recherché, et l'objectif est atteint. Après tout, tout le monde ne peut pas faire "Vol au dessus d'un nid de coucou" pour dénoncer un fait de société. Je suis sans doute un peu sévère car j'ai passé un bon moment avec ce film. Mais il est tellement bon au cinéma de se faire surprendre et que l'émotion vous envahisse de manière impromptue. Ce n'est pas le cas avec ce film qui vise à nous faire tous communier dans un esprit de tolérance avec tous ceux qui sont différents. Mon côté frondeur ne me rend pas totalement suiveur. Mais quoi qu'il arrive, j'aurais bien mérité vos jugements défavorables à ma critique !.... ( calembredaines.fr )
Amoureux de ma femme

Critique de Amoureux de ma femme

   3.5 - Bien
Ce qui est bien, l'âge venant, c'est que les verrous sautent et que les réalisateurs laissent plus facilement libre cours à leurs fantaisies. Daniel Auteuil en est une belle illustration avec ce film. Il sort de sa vénération pour l'oeuvre de Marcel Pagnol ( 4 films au compteur quand même ! ), et s'attaque à un sujet qui lui parle : les émotions suscitées par l'éclat de la beauté féminine auprès d'hommes très matures dont on pourrait penser qu'ils sont définitivement rangés des voitures. Un sujet qui touche car il est courant de ne pas vouloir avoir l'âge de ses artères. Et pour quelques spécimens de la gente masculine, rêver même d'avoir la moitié de son âge... "Amoureux de ma femme" est un film très impliqué sur les fantasmes masculins qui polluent souvent la vie sociale de vieux messieurs ( et des moins vieux aussi, reconnaissons-le ) face à une ( jeune ) femme à la sensualité explosive. Adriana Ugarte, jeune actrice d'origine espagnole, est une grenade dégoupillée qui désoriente le pauvre Daniel Auteuil au point de lui susciter des envies d'autre vie. Et tout en essayant de donner le change, il est soumis à une boite à fantasmes qui fonctionne à plein tube. On rit de cette situation, d'autant que le récit est subtil, avec un savant mélange de réel et de rêve. L'alchimie du cerveau masculin est parfaitement rendue. Alors le film peut agacer ou séduire, selon le degré d'identification du spectateur aux personnages : Auteuil, touchant dans sa désorganisation intime; Depardieu, étonnant de sobriété, Kimberlain impériale en guerre larvée contre l'envahisseuse. Et enfin la tentatrice Adriana, sublime, étincelante, véritable luciole brillant dans la nuit de la routine affective des deux compères. La belle espagnole est entourée d'un nuage de phéromones irrésistibles. Elle sulfate à tout va autour d'elle... Ce film m'a séduit car il évoque avec tendresse la faiblesse des hommes, et les conséquences souvent tragiques pour leur équilibre psychologique, quand la dure réalité se rappelle à eux. Daniel Auteuil, dans le film, s'en sort avec une jolie pirouette rassurante. Mais Depardieu reste lui sur le bord de la route, abandonné et déprimé. Les hommes sont "volages et inconstants", on le savait depuis Marivaux. Il n'est cependant pas interdit de ressentir un peu de sympathie pour ces drôles de zèbres dévorés par leurs hormones.
Red Sparrow

Critique de Red Sparrow

   2.5 - Moyen
Quelle disgrâce ! Les Ricains qui jouent les Ruskoffs, c'est la promesse à coup sûr de clichés à la pelle. Surtout dans l'environnement du moment où Poutine et les Russes ne sont pas des "good guys". Red Sparrow ne nous épargne rien avec son école des "moineaux", autrement dit des agents russes prêts à tout pour collecter des informations au service de l'Etat. Charlotte Rampling reprend du service à cette occasion dans le rôle d'une formatrice coriace et revêche. Nul doute que son caractère froid et altier a aidé au moment du casting. Tout le film est centré sur le personnage de Jennifer Lawrence, nouvelle star des ados depuis le succès des Hunter Games. Le scénario vise à la mettre en valeur, et il faut lui reconnaître qu'elle donne de sa personne. Hélas, c'est au service d'un scénario confus. L'histoire est complexe et en même temps simpliste, avec son retour dans le sillon bien connu d'une confrontation Est/Ouest. On n'adhère pas à l'histoire, contrairement au récent "Atomic Blonde" qui était extraordinaire par son authenticité. Au trois quart du récit, le spectateur est un peu largué, puis tout cela se termine bien par un final à l'américaine où il apparaît que toutes ces images ne visaient qu'à développer l'histoire d'une vengeance personnelle, comme on les aime au-delà de l'Atlantique. Jennifer a ainsi étoffé sa filmographie d'étoile montante avec un film sérieux au compteur. Mais je ne suis pas sûr que le public ait vraiment gagné à l'affaire...
La Prière

Critique de La Prière

   4.5 - Excellent
Un film ouvertement religieux, cela peut rebuter un public le plus souvent agnostique ou athée. Mais ce film porte une telle charge d'humanité qu'il en devient lumineux et visible par tous. Tout y est vrai. Cela débute sans préambule dans la voiture qui conduit un jeune homme vers un centre de désintoxication par la prière et le travail. Ces premières minutes de silence, troublées par de courts échanges, vous captent l'attention comme si c'était votre fils ou votre frère qui était là, dans cette voiture, montant sans conviction sur le chemin de sa rédemption. La présence du jeune comédien est forte et troublante. Il emporte par son jeu une adhésion totale du spectateur qui va être, comme lui, balloté par des litanies de prières. Comme lui, on ressent un certain malaise face à l'ascétisme d'un quotidien terne et routinier. Comme lui, on ressent la morsure d'une vie à la dure dans un univers minéral, froid et sans confort. Comme lui, on a envie de fuir, comme l'ont fait deux couples, ce soir là, dans le cinéma. Mais, inconsciemment, le spectateur se laisse gagner par la spiritualité de cette quête, la beauté des paysages et les sourires de ces jeunes. La vérité de la simplicité nue, sans tous les artifices de la vie moderne. Les témoignages publics de quelques uns de ces jeunes cabossés par l'existence sont tellement criants de vérité qu'on ne peut qu'être ému. Le film est un merveilleux éloge de la prière. Il réintroduit subrepticement dans notre vie la quête d'une certaine spiritualité. On marche, ou on ne marche pas. En tout cas, on ne ressort pas tout à fait indemne de ce très beau film.
Wonder Wheel

Critique de Wonder Wheel

   2.5 - Moyen
Woody Allen est sans doute le réalisateur le plus foisonnant de notre époque. Il n'est pourtant plus très en cour depuis quelques temps, notamment depuis qu'il a défendu mollement Harvey Weinstein. Et sa vie privée est plutôt trouble. Il est donc difficile de critiquer son dernier film sans donner l'impression de hurler avec les loups. Mais bien que "Alleniste" de coeur, je suis très déçu par son dernier film. Un film mineur qui essaye de surfer sur les images chatoyantes des années 50, parfaitement bien rendues dans une petite ville balnéaire avec un grand parc d'attraction. Est-ce suffisant pour rendre passionnante une nouvelle chronique du temps qui passe et des amours crépusculaires chez une femme mûre ? Je n'ai pas trouvé le petit coup de génie habituel du réalisateur pour sortir des sentiers battues d'une histoire trop conventionnelle, Pour une fois et de manière très inhabituelle, Woody s'est fourvoyé... Le film est court, et le générique de fin surprend le spectateur de manière inattendue. Le film est terminé. On n'a pas vibré.... Dommage !... En revanche, on peut vraiment accorder un satisfecit à Kate Winslet, absolument étonnante en femme mûre qui essaye de s'accrocher à son jeune amant. Elle étonne par cette capacité à se dévaloriser dans un rôle qui risque de lui faire passer de l'autre côté de la barrière dans les prochains castings. Un choix audacieux, très conforme à son exigence artistique, mais qui pourrait faire du mal à son image. Pour ma part, je suis et resterai fan....
Le Retour du Héros

Critique de Le Retour du Héros

   4 - Très bien
L’épopée napoléonienne ne donne pas souvent lieu à des films. C’est dommage car les costumes sont étincelants, entre les robes vaporeuses des femmes et les uniformes chamarrés des hommes. Alors, lorsque qu’une comédie en costume sort sur les écrans, avec un duo jubilatoire au casting, la tentation est grande de foncer prendre un billet. En l’occurrence, l’instinct était bon car « le retour du héros » est une comédie enlevée avec un Dujardin séducteur comme jamais. Face à lui, Mélanie Laurent étonne par son jeu contemporain où perce des faiblesses féminines d’antan. Elle est irrésistible. Le tandem s’oppose à fleuret moucheté dans un marivaudage qui déclenche l’hilarité. « Le retour du héros » repose sur un fil tenu : le retour d’un déserteur dans son village, alors qu’on lui a tricoté, à son insu, un destin de héros pour consoler sa bien-aimée délaissée. Tout cela est bien léger, et l’adhésion n’est pas immédiate. Mais le charme des deux acteurs emporte tout. D’autant qu’ils sont bien secondés par quelques seconds rôles comme Noemie Merlant en soeur passionnée et dévergondée, ou Christophe Montenez en beau-frère timide devenant lion pour sauver son honneur. Il y a du burlesque dans tout cela, et parfois le film fait penser à du Louis de Funes. Le capitaine Neuville est veule, lâche, bonimenteur; tout ce qui caractérise les personnages de Funes. Avec l’oeil de velours de Dujardin en plus… C’est une bonne comédie. Pas du genre à déclencher de grands éclats de rire. Mais le film se laisse voir avec un sourire permanent; du cinéma populaire comme on l’aime…
Jusqu’à la Garde

Critique de Jusqu’à la Garde

   4 - Très bien
"Jusqu'à la garde", voilà un titre magnifique ! Un terme d'escrime qui signifie "jusqu'à la protection du poignet", quand l'épée s'enfonce totalement dans l'adversaire... L'adversaire, il s'agit bien de cela. "L'autre", autrement dit, celui qu'on n'ose plus nommer pendant un divorce. Des divorces saignants, c'est monnaie courante. C'est ce à quoi s'attache ce film dans une composition quasi documentaire. La première scène - point de fioritures ! - se passe chez le juge pour apprécier le principe d'une garde partagée. Les avocats parlent et débobinent les arguments de chaque camp. On ne se parle plus directement. La tension est latente. Le spectateur est englué dans cette histoire lourde dont on devine, dès le départ, que cela finira mal. Ce film est une vraie réussite par son interprétation hors pair et par un casting bien trouvé. La pauvre Lea Drucker paraît fluette et fragile face au profil lourd, menaçant et à la personnalité monolithique de Denis Menochet. Et l'enfant qui est l'enjeu du conflit joue merveilleusement bien, notamment dans les scènes de tension familiale où on lit l'épouvante sur son visage. Le film est lourd, ancré dans une réalité qu'on ne voudrait pas partager. C'est d'une humanité cuisante... "Jusqu'à la garde" n'est pas uniquement le porte-drapeau des violences conjugales. Certes, il dénonce la chose avec un réalisme brutal. Il est hautement nécessaire de ce point de vue. Mais j'ai trouvé tout aussi pertinent de comprendre les motivations de l'agresseur, ce père en quête de reconnaissance, qui ne sait pas exprimer ses sentiments, et qui cède à la violence par désespoir. L'incapacité d'aimer est un mal contagieux. De ce point de vue, les positions intransigeantes du grand-père et le mutisme de la grand-mère donnent quelques clefs d'explication à la personnalité du père. Ce père qu'on déteste dès le départ, mais pour lequel on éprouve par moments des bouffées de pitié. Il se bat contre sa nature brutale, s'accroche désespérément à un semblant de normalité, mais trouve nulle part de quoi lisser ses accès de colère. Ce père aime sa femme jusqu'à la garde pour la toucher au coeur d'une façon ou d'une autre. Ce film mérite le déplacement par sa sobriété et par le jeu exceptionnel des acteurs. Il est le récit d'une réalité inadmissible, la violence faite aux femmes. Il doit être vu, en mémoire des 123 femmes tombées en 2016 sous les coups de leur compagnon...( calembredaines.fr )
Les heures sombres

Critique de Les heures sombres

   4 - Très bien
Winston Churchill est vénéré dans son pays, considéré comme le plus illustre anglais dans toute l’histoire de l’Angleterre. Un homme politique sans équivalent qui a marqué le siècle de son génie, de son sens politique et de sa capacité à anticiper les événements. Surtout de sa formidable capacité à rester fidèle lui-même, fut-ce au prix d’un isolement prolongé. On rit encore de ses citations savoureuses, tant il avait le sens de la répartie et de la formule à l’emporte-pièce. Une personnalité dont on rêverait pour gouverner nos pays aujourd’hui encore. Oui, mais un tel destin est fragile. Il se construit sur quelques heures. Des heures tragiques où celui qui préside à l’avenir d’un pays se trouve confronté à une pression maximale. Des heures atroces qui révèlent la vraie personnalité d’un dirigeant. Des heures où se forgent un destin. Ce sont ces quelques heures dont parle le film « Les Heures sombres ». Les heures qui auront propulsé Churchill au firmament de la gouvernance politique. C’est assurément le film à ne pas louper pour tous les amateurs d’histoire. La reconstitution des années 40 est sympa, mais juste esquissée. Economies de moyens ou plutôt concentration sur l’essentiel : les formidables jeux de pouvoir au sein de l’Etat britannique au début de la guerre. Gary Oldman fait une prestation incroyable en Sir Winston. Mais, reconnaissons-le, le début du film laisse un peu indifférent, comme un jeu de marionnettes sans âme. La béchamel ne prend pas, sans qu’on puisse juger pourquoi, car tous les bons ingrédients sont bien là. Mais heureusement la pression monte avec un début de guerre catastrophique de l’Angleterre. Les ennuis tombent sur le Premier Ministre comme à Gravelotte. Et tout d’un coup, l’étincelle s’allume. La magie du cinéma opère. On est enfin au coeur de l’action… « Les Heures sombres » est un film sur la solitude du dirigeant politique. La plus forte pression sans doute qui se soit exercée sur un homme dans l’histoire de l’humanité. La caméra réussit à capter le stress avec les lieux confinés de la war room en sous-sol. Mais aussi avec un champ visuel réduit comme dans ce formidable coup de fil à Roosevelt où l’on sent couler la peur dans les veines du dirigeant aux abois... Le film retranscrit bien le supplice de la décision et la tentation de céder à la facilité, facilité portée par les acteurs jouant le rôle de Lord Halifax et de Neville Chamberlain, presque aussi vrais que les vrais. Et puis, tout d’un coup, Churchill retrouve la magie du verve et « Malgrouh s’en va t’en guerre » comme son ancêtre le duc de Marlborough… Comme dit Halifax dépité, le vieux a mobilisé tous les mots de la langue anglaise au service de son combat. « Les Heures sombres » sont à voir pour comprendre notre histoire. Mais aussi pour réaliser que la facilité n’est jamais bonne conseillère en politique. Une leçon à méditer qui est toujours valable aujourd’hui. Mais nos dirigeants ont-ils l’étoffe d’un Churchill qui a accepté, par deux fois, dans sa carrière politique de connaître une longue traversée du désert pour ne pas avoir à déroger à ses convictions ?
Coco

Critique de Coco

   5 - Chef d'oeuvre
La bande dessinée ou le dessin animé est un art mineur, c’est bien connu… Un truc essentiellement pour les enfants. Jusqu’au jour où Pixar se décide à travailler dur sur un projet de film, en essayant d’élever son jeune public à sa qualité d’être humain à part entière. Il en sort « Coco », un dessin animé, à nul autre pareil. C’est normal car c’est un pur chef d’oeuvre… Quelle idée audacieuse de parler de la mort à un jeune public qui ne fait que commencer sa vie. Parler de la famille, des ancêtres, de la filiation, de l’arbre généalogique. Et des disparus qu’on honore le jour des morts. C’était casse-gueule, à n’en pas douter, car la mort fait peur. Elle ne se raconte pas… L’idée géniale est de situer l’histoire au Mexique dans un pays où le culte des morts est très vivace. Un peuple joyeux, qui plus est, qui adore chanter et jouer de la musique. Avec des traditions fortes qui permettent de donner une belle consistance à l’histoire. Et quelle histoire ! Une histoire de cimetières en fêtes, de plongée dans l’au-delà, de communauté des morts qui essayent de se rappeler au bon souvenir des vivants. Le tout dans une science de l’image qui est de l’ordre du génie. Tout est merveilleusement beau dans ce dessin animé. Le spectateur reste sans voix devant cette débauche de couleurs et dans les trouvailles géniales du scénario. Miguel, petit bonhomme au visage poupin, est un héros absolument charmant. Sa passion de la musique est touchante. Mais l’autre grand personnage du film est le groupe familial dont personne ne se détache vraiment, en dehors des deux plus vieilles, les grands-mères. Le dilemme du personnage, partagé entre ses aspirations personnelles et la pression familiale, donne à l’histoire une dimension universelle. Nous voilà embarqués dans un scénario de grand-huit de fête foraine pour 1h45 de pur bonheur. L’émotion est aussi vive que lors de la disparition de la maman de Bambi. C’est tout dire… Coco se termine sur un feu d’artifice de bons sentiments, mais aussi de vraies réflexions sur le sens de la vie. A la fin, le spectateur a presque envie d’applaudir les scénaristes d’un tel film. S’il y a encore de tels bons hommes à la création, c’est que le monde n’est pas si pourri. Réjouissant…
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