L_huitre  

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Les heures sombres

Critique de Les heures sombres

   4 - Très bien
Winston Churchill est vénéré dans son pays, considéré comme le plus illustre anglais dans toute l’histoire de l’Angleterre. Un homme politique sans équivalent qui a marqué le siècle de son génie, de son sens politique et de sa capacité à anticiper les événements. Surtout de sa formidable capacité à rester fidèle lui-même, fut-ce au prix d’un isolement prolongé. On rit encore de ses citations savoureuses, tant il avait le sens de la répartie et de la formule à l’emporte-pièce. Une personnalité dont on rêverait pour gouverner nos pays aujourd’hui encore. Oui, mais un tel destin est fragile. Il se construit sur quelques heures. Des heures tragiques où celui qui préside à l’avenir d’un pays se trouve confronté à une pression maximale. Des heures atroces qui révèlent la vraie personnalité d’un dirigeant. Des heures où se forgent un destin. Ce sont ces quelques heures dont parle le film « Les Heures sombres ». Les heures qui auront propulsé Churchill au firmament de la gouvernance politique. C’est assurément le film à ne pas louper pour tous les amateurs d’histoire. La reconstitution des années 40 est sympa, mais juste esquissée. Economies de moyens ou plutôt concentration sur l’essentiel : les formidables jeux de pouvoir au sein de l’Etat britannique au début de la guerre. Gary Oldman fait une prestation incroyable en Sir Winston. Mais, reconnaissons-le, le début du film laisse un peu indifférent, comme un jeu de marionnettes sans âme. La béchamel ne prend pas, sans qu’on puisse juger pourquoi, car tous les bons ingrédients sont bien là. Mais heureusement la pression monte avec un début de guerre catastrophique de l’Angleterre. Les ennuis tombent sur le Premier Ministre comme à Gravelotte. Et tout d’un coup, l’étincelle s’allume. La magie du cinéma opère. On est enfin au coeur de l’action… « Les Heures sombres » est un film sur la solitude du dirigeant politique. La plus forte pression sans doute qui se soit exercée sur un homme dans l’histoire de l’humanité. La caméra réussit à capter le stress avec les lieux confinés de la war room en sous-sol. Mais aussi avec un champ visuel réduit comme dans ce formidable coup de fil à Roosevelt où l’on sent couler la peur dans les veines du dirigeant aux abois... Le film retranscrit bien le supplice de la décision et la tentation de céder à la facilité, facilité portée par les acteurs jouant le rôle de Lord Halifax et de Neville Chamberlain, presque aussi vrais que les vrais. Et puis, tout d’un coup, Churchill retrouve la magie du verve et « Malgrouh s’en va t’en guerre » comme son ancêtre le duc de Marlborough… Comme dit Halifax dépité, le vieux a mobilisé tous les mots de la langue anglaise au service de son combat. « Les Heures sombres » sont à voir pour comprendre notre histoire. Mais aussi pour réaliser que la facilité n’est jamais bonne conseillère en politique. Une leçon à méditer qui est toujours valable aujourd’hui. Mais nos dirigeants ont-ils l’étoffe d’un Churchill qui a accepté, par deux fois, dans sa carrière politique de connaître une longue traversée du désert pour ne pas avoir à déroger à ses convictions ?
Coco

Critique de Coco

   5 - Chef d'oeuvre
La bande dessinée ou le dessin animé est un art mineur, c’est bien connu… Un truc essentiellement pour les enfants. Jusqu’au jour où Pixar se décide à travailler dur sur un projet de film, en essayant d’élever son jeune public à sa qualité d’être humain à part entière. Il en sort « Coco », un dessin animé, à nul autre pareil. C’est normal car c’est un pur chef d’oeuvre… Quelle idée audacieuse de parler de la mort à un jeune public qui ne fait que commencer sa vie. Parler de la famille, des ancêtres, de la filiation, de l’arbre généalogique. Et des disparus qu’on honore le jour des morts. C’était casse-gueule, à n’en pas douter, car la mort fait peur. Elle ne se raconte pas… L’idée géniale est de situer l’histoire au Mexique dans un pays où le culte des morts est très vivace. Un peuple joyeux, qui plus est, qui adore chanter et jouer de la musique. Avec des traditions fortes qui permettent de donner une belle consistance à l’histoire. Et quelle histoire ! Une histoire de cimetières en fêtes, de plongée dans l’au-delà, de communauté des morts qui essayent de se rappeler au bon souvenir des vivants. Le tout dans une science de l’image qui est de l’ordre du génie. Tout est merveilleusement beau dans ce dessin animé. Le spectateur reste sans voix devant cette débauche de couleurs et dans les trouvailles géniales du scénario. Miguel, petit bonhomme au visage poupin, est un héros absolument charmant. Sa passion de la musique est touchante. Mais l’autre grand personnage du film est le groupe familial dont personne ne se détache vraiment, en dehors des deux plus vieilles, les grands-mères. Le dilemme du personnage, partagé entre ses aspirations personnelles et la pression familiale, donne à l’histoire une dimension universelle. Nous voilà embarqués dans un scénario de grand-huit de fête foraine pour 1h45 de pur bonheur. L’émotion est aussi vive que lors de la disparition de la maman de Bambi. C’est tout dire… Coco se termine sur un feu d’artifice de bons sentiments, mais aussi de vraies réflexions sur le sens de la vie. A la fin, le spectateur a presque envie d’applaudir les scénaristes d’un tel film. S’il y a encore de tels bons hommes à la création, c’est que le monde n’est pas si pourri. Réjouissant…
La Promesse de l'aube

Critique de La Promesse de l'aube

   5 - Chef d'oeuvre
"La promesse de l'Aube", mon roman préféré au cinéma... Quelle aubaine ! Le livre qui m'a fait vibrer, qui m'a ému, qui m'a emballé par son écriture soignée. Le destin incroyable de ce petit Polak juif devenu Consul de France pour répondre aux rêves de sa mère, me fascine totalement. La vie de Gary est un roman fleuve. Le cinéma pouvait-il lui rendre justice ? La réponse est oui. Je suis sorti les larmes aux yeux du film "La promesse de l'Aube". Un film qui est fidèle au livre, mais qui, plus que cela, donne envie de le (re)lire. Car le film est bien sûr réducteur. Quelle histoire incroyable !... Une comédienne ratée, d'origine russe, qui tente de survivre en Pologne, en élevant seule son fils unique. Elle lui a appris le français et communique avec lui essentiellement dans cette langue. Elle porte la France au plus haut dans son échelle de valeurs. Et elle a décidé de faire de son fils le plus grand artiste dans son domaine. Et même un ambassadeur de France... Une obsession qui va le porter durant toute sa jeunesse, et être sa ligne de vie. Au point que, après avoir été Consul de France aux Etats Unis, puis le plus grand écrivain du siècle, grugeant les Jurés du Prix Goncourt en obtenant un second prix sous un pseudonyme en 1975, son but était atteint, et plus rien ne le portait : Gary s'est suicidé en décembre 1980. Charlotte Gainsbourg est parfaite en Nina Kacew, mère obsessive qu'on qualifierait aujourd'hui de brindezingue. Mais cette femme a fait de son petit Romain l'homme génial qu'il est devenu. Et puis comment ne pas être ému devant cette mère, pourtant farouchement possessive, qui incite son fils en 1940 à rejoindre de Gaulle et à continuer le combat, car "la France est en danger". C'est aussi ce qui m'a toujours fait vibrer chez Gary, c'est cette vision supérieure de la France, cet amour sans compromis de notre pays. Des étrangers fraîchement naturalisés qui aiment plus leur pays d'adoption que des Français de souche. Le film est une réussite car il sait capter le ton fiévreux, et en même temps, pétri d'humour du Gary quadragénaire racontant sa mère. Certes, il sait qu'il écrit sa propre légende et brode un peu. Mais qu'importe ! C'est le plus bel hommage d'un enfant à sa mère, la plus belle déclaration d'amour à l'auteur de ses jours. "La promesse de l'Aube" vous étreint le coeur et sera toujours à mes yeux le livre le plus abouti, nourri aux plus belles lettres françaises. D'ailleurs, le film se termine sur une citation céleste, de celles qui vous laissent sans voix et la larme à l'oeil. Gary est le plus grand...
Les Gardiennes

Critique de Les Gardiennes

   3 - Pas mal
J'aime le cinéma qui prend des risques... Sortir un roman des années 20 de son anonymat ( malgré le prix Goncourt qu'il a obtenu ) et raconter à sa suite une histoire totalement rurale des années de guerre14-18, on ne peut pas dire que Xavier Beauvois joue la facilité. Est-ce si étonnant de l'auteur des "Hommes et des dieux" ? Le pedigree de l'auteur et le sujet peu consensuel ont, en tout cas, suscité ma curiosité. Ce film est très étonnant. Il est peu bavard, et l'action se traîne à un point qui peut relever d'un quelconque record du livre Guiness. La vie laborieuse, monotone et sans éclat des paysannes suppléant leurs hommes au front pendant les années de guerre remplit l'écran avec une sobriété qui confine à l'ascétisme . Au-delà du caractère documentaire de la fauche des blés en bas Limousin au début du siècle dernier, l'objet du film ne saute pas aux yeux. Heureusement la jeune actrice Iris Bry, par sa présence subtile, finit par capter l'attention. On s'habitue à ce rythme lent, souvent jugé horripilant par nos contemporains, pour rentrer dans l'esprit de l'époque : la quête de survie, l'attente de rien, le fatalisme ponctué de révoltes vite comprimées, la joie des petits bonheurs simples...A défaut d'éveiller les foules, Xavier Beauvois rend un bel hommage à toutes ces femmes qui se sont tuées à la tâche pour remplacer leurs hommes absents. Il apporte ce témoignage précieux au débat actuel sur l'égalité homme-femme pour montrer que depuis longtemps, les femmes ont su s'affirmer, quand les circonstances l'exigeaient. La scène où le poilu rentré du front, s'étonne devant le tracteur et la moissonneuse dont sa femme a su s'équiper pour réduire son labeur, est peut-être le message que Beauvois voulait faire passer par ce film. Faisons confiance aux femmes pour changer le monde. C'est une belle morale qui justifie bien les quelques bâillements fugaces que le cinéphile indulgent que je suis, n'a pas pu réfréner lors de ce film un peu long. Mais l'image était tellement belle, et le spectacle de cette France rurale tellement proche d'un tableau de Millet que la poésie était au rendez-vous.
Maryline

Critique de Maryline

   4 - Très bien
Eh bien moi je ne partage l'opinion générale du public : ce film m'a touché... C'est un superbe portrait de femme, authentique et puissant, porté par une jeune actrice incroyablement talentueuse. N'importe comment, un film de Gallienne ne peut pas être autre chose que profond, tant il est vrai que l'auteur des "Garçons et Guillaume, à table" sait merveilleusement capter les tréfonds de l'âme. Ce petit rien qui est le ressort de chacun. Dans le cas de cette jeune femme, on le découvre lentement, car le personnage est mutique et fermé. Il s'en dégage une douleur secrète, un manque de confiance en soi, une pulsion destructrice... Gaullienne nous promène de scènes en scènes, avec à chaque fois, une tension latente. Le spectateur n'est jamais libre de ressentir de l'empathie pour cette femme, pourtant très belle. Elle avance, mais sans jamais se départir de son fardeau. Serait-ce le propre d'un comédien, a fortiori d'un grand comédien, que de rester prisonnier de son conditionnement ? On voit que la question n'est pas si éloignée de son précédent film sur l'identité sexuelle. Dans cet embarras permanent, Gallienne amène heureusement avec bonheur le personnage joué par Vanessa Paradis. Une bonne fée qui va dégager chez cette femme la noix de sa brou collante, sans réussir à casser la coquille pour arriver jusqu'au coeur. Le message qui se dégage subtilement, est qu'un comédien ne s'estime pas, il ne croit pas en lui, et doute constamment. Il a tendance à vouloir se faire mal, à s'abîmer. Jusqu'au jour où le public, par ses effusions, provoque une émotion incontrôlable. C'est la dernière image assez magique dans un restaurant. Et cette image légitime à elle-seule la souffrance de tout le film. Une fin libératrice qui survient au son suave de Vanessa Paradis sur une chanson de Leo Ferré. Un vrai bijou ! Au final, Gallienne n'a pas joué la facilité avec ce film, mais il porte au pinacle sa jeune actrice de la comédie française, Adeline d'Hermy. Il nous dit avec d'autres mots la difficulté d'être acteur. Mais on gage qu'il n'abandonnera jamais ces moments de souffrance et de torture. Ils sont sans doute la seule voie possible pour toucher au bonheur du sommet.
Borg/McEnroe

Critique de Borg/McEnroe

   3 - Pas mal
Le film est surtout un bain de jouvence pour replonger dans ses jeunes années. Qui ne se souvient pas de cette finale incroyable où le nom du vainqueur semblait l'enjeu d'une rivalité entre les dieux ? Apollon du côté de Borg, demi-Dieu viking vénéré des filles qui est d'un calme olympien. Dionysos du côté de McEnroe, roi de la folie et de la démesure qui promenait une réputation de sale gosse mal élevé, "superbrat" pour les English, soit "sale morveux". Je me souviens bien de ce match et de son indécision totale. Sans doute un des plus grands matchs de tennis de tous les temps. Fallait-il en faire un film, selon cette mode tyrannique du biopic qui veut remettre en image toutes les célébrités passées ? Pour les amoureux du tennis, oui bien sûr. Ce film est d'une fidélité absolue aux deux héros, avec notamment un Borg plus vrai que nature. Leurs jeux, leurs matériels, leurs tocs, leurs passions, tout est repris, ce qui permet de faire revivre deux personnages qui ont marqué leur sport. On découvre aussi leurs personnalités intimes, ce qui n'apporte rien de neuf sur McEnroe, mais fait découvrir un Borg surprenant. Pas tout à fait aussi calme qu'il le laisse paraître. Mais tous deux animés d'une rage de vaincre insolente qui ne les font jamais dévier de l'objectif. Comment, en effet, Borg a-t-il pu trouver en lui les ressources pour se re-mobiliser pour le 5ème set, après avoir vendangé tant de balles de matchs dans le 4ème set ? C'est la question centrale de ce match. Le film apporte un éclairage instructif avec quelques images sur la jeunesse de Borg, ses rapports compliqués avec son coach. Et l'on se persuade que ce champion était pour ainsi dire un martien. Un garçon tellement shooté à la victoire qu'il a interrompu sa carrière le jour où il a commencé à perdre. Arrogance ? Orgueil ? Certainement un peu, mais sans doute aussi une dévorante envie de gagner qui rendait le jeu moins intéressant quand la victoire n'était plus au bout du chemin. Je comprends mieux après le film la conviction que j'avais à l'époque que Borg était imbattable. Il exsudait la victoire de tous les pores de sa peau. Toujours en restant calme ce qui contribuait à sa légende. Rien que pour cela, le film mérite le détour. Mais, passion tennistique mise à part, le film n'enflamme guère le spectateur. Cela restera donc un petit film, discret sur les écrans. Une forme d'hommage de tous les quinquagénaires et plus à un grand champion qui a marqué leur jeunesse....( Calembredaines.fr )
Au revoir là-haut

Critique de Au revoir là-haut

   5 - Chef d'oeuvre
C'était évident !... Le prix Goncourt 2013 de Pierre Lemaître était un tel enchantement qu'un film devait suivre. Oui, mais pas n'importe quel réalisateur. Le livre était dense, profondément humain et comportait sa part de subversion et de douce folie qu'il fallait préserver. Albert Dupontel semblait taillé pour un tel défi. Et force est de reconnaître qu'il s'en acquitte superbement... Sa réalisation est riche, et en même temps concentrée sur l'essentiel du roman. La scène de guerre du début, d'une extraordinaire sauvagerie campe bien le récit dans son jus psychologique. De même, le songe du jeune mutilé dresse en quelques jolies images sépias les relations familiales tendues qui sont le ressort essentiel de toute l'action. Bravo d'avoir ainsi capté l'essence du roman dès le premier quart d'heure. L'autre fait d'arme de Dupontel est de s'être entouré de costumiers hors-pairs, avec ces masques délirants qui donnent au personnage de gueule-cassée d'Edouard, cette étincelle de folie, de cynisme et de désenchantement qui baigne toutes les pages de Pierre Lemaître dans une profusion de mots millimétrés qui ont emballé le jury du Goncourt. Enfin, et pour clore cette magnifique et très fidèle reconstitution, Dupontel a choisi des acteurs formidables avec Nahuel Perez Biscayart, jeune acteur aux yeux très expressifs dans le rôle du mutilé, mais aussi un Laurent Laffite, génial de cynisme, qui va tout droit vers l'Oscar, où je n'y comprends rien. Tout dans ce récit participe d'un réel génie narratif, tant dans le sel de l'histoire que dans la description d'une époque. "Au revoir, là-haut" était un très grand bouquin. C'est devenu aussi un très grand film. Puissent d'ailleurs ces images inciter tous ceux qui sont passés à côté de ce grand moment de littérature, à découvrir le livre. Quand un auteur magnifie aussi bien notre Histoire commune dans un français de cristal, je me dis que notre belle langue a encore de belles années devant elle...
Kingsman : Le Cercle d'or

Critique de Kingsman : Le Cercle d'or

   4.5 - Excellent
Une nouvelle franchise du cinéma d'action est née : Kingsman 2 confirme les promesses du 1 ! On n'avait plus vu cela depuis Jason Bourne... Honnêtement j'ai pris autant de plaisir à ce "Cercle d'Or" qu'au premier opus, même s'il n'y avait plus l'effet de surprise du ton décalé. Assurément la griffe de la marque !... Kingsman 2 se renouvelle bien, tout en faisant des jolis clins d'oeil au premier numéro avec, en particulier une bagarre dans un bar qui rappelle quelque chose... Dans le même registre, il y a aussi l'exploitation identique du thème des addictions populaires : le téléphone mobile dans le premier, les drogues douces et dures dans le second. Kinsgman tisse sa trame en exploitant nos faiblesses, et le fait avec toujours ce petit ton de dérision qui rend le propos irrésistible. La lutte contre le mal se fait avec le sourire, sans la tension des sérieux James Bond. On n'imagine guère également 007 demander l'autorisation de sa dulcinée avant de coucher avec une de ses conquêtes ( ? ) Tout relève de la quasi blague, ce qui facilite des messages iconoclastes, du genre "la disparition de tous les drogués règlera définitivement le problème de la drogue"... Comment ne pas vibrer devant une telle parodie, d'autant que l'action est sans temps mort, les acteurs sont tous épatants et que les bagarres sont chorégraphiées comme des ballets. Sans oublier une dose d'humour très britannique. D'ailleurs, comme James Bond s'internationalise, Kingsman revendique plus que jamais sa british attitude. Taron Egerton est un espion comme on les aime, au même titre que son mentor Colin Firth qui fait un comme-back épatant, à défaut d'être crédible. Voilà en tout cas une belle promesse pour l'avenir : un Kingsman tous les deux ou trois ans, ce qui permettra de comparer avec le dernier James Bond. Une promesse de cinéma totalement jouissif et une belle pluie de dollars pour la Century Fox. Le peuple ne demande pas mieux. Du pain et des jeux !....
L'Ecole buissonnière

Critique de L'Ecole buissonnière

   4 - Très bien
Nicolas Vanier, explorateur du grand Nord et amoureux fou de nature sauvage, a voulu démontrer que le sauvage n'était pas nécessairement lié au voyage lointain. Il est à nos portes, en Sologne en particulier où a été tourné ce film de fiction naturaliste. "L'école buissonnière" est avant tout un carnet de cartes postales, magnifiques, magiques, splendides ( les mots manquent !... ) sur les animaux de la forêt : cerfs, biches, renards, lapins, oiseaux de toutes sortes. On se demande parfois comment les images ont été tournées. C'est très dépaysant pour les citadins que nous sommes, et le film mérite à ce titre le déplacement. Mais l'histoire ? Elle est très conventionnelle, sans surprise, axée autour d'un gamin touchant aux yeux très clairs. Le scénario est lisse comme du velours, pas la moindre aspérité, pas d'écart, des personnages bons et d'autres méchants, tout cela roule gentiment... C'est du cinéma pour enfants, et si on avait un doute, les publicités qui précèdent le film, finissent de vous en convaincre. C'est dommage, car le film aurait gagné à être un peu plus mordant. Et puis, j'ose imaginer qu'il n'y a pas que les enfants qui aiment la nature sauvage. En tout cas, je suis sûr que beaucoup d'adultes vont passer à côté du film. Ce n'est pas ce qu'ils feront de mieux, car Nicolas Vanier est un vrai magicien de l'image, notamment pour révéler à nous-mêmes le plus beau de notre environnement immédiat.
Le Sens de la fête

Critique de Le Sens de la fête

   3.5 - Bien
Grand retour du tandem Toledano-Nakache, auteurs de comédies exceptionnelles ( "Intouchable" ), réussies ( "Nos Jours heureux" ) ou complètement ratées ( "Tellement proches" ). La patte artistique de ces deux auteurs est de jouer les équilibristes sur la crête de scénarios aux situations forcées, source de fous rires, tout en essayant de ne pas tomber dans l'excès et le grand n'importe quoi. Ils n'y arrivent pas toujours !... Avec "Le Sens de la Fête", nous voilà à nouveau dans une histoire qui flirte avec cette fragile frontière. On a parfois peur, car nos auteurs ont chargé la barque très lourdement. Ce mariage est exceptionnel à plus d'un titre, et quelques scènes font sursauter par leur caractère factice, faites juste pour provoquer le rire. On n'y croit pas une seule seconde, ce qui m'a toujours gêné dans les comédies. Le rire provient de l'improbable, pas de l'irréaliste. Mais, heureusement, le film s'en sort par le haut, grâce à cette scène magique et proprement délirante du ballon. Le rire vient alors, il est irrépressible, il emporte tout, et fait sauter toutes les digues, donnant au film une autre dimension à la Mel Brooks ou à la Peter Sellers. Le film se termine par une fin subtile jouant sur l'intime, soit l'inverse même de ce qu'a été tout ce mariage. Au final, on a passé un bon moment. Jean Pierre Bracri s'est, il est vrai, bien battu pour nous faire adhérer jusqu'au bout à son personnage de gars sensé et sensible, entouré par un groupe de déjantés de la pire espèce : le chanteur mégalo, l'amoureux de la grammaire, le marié égocentrique, la belle-mère délurée, le photographe parasite, le chef de rang pleutre et l'adjointe aboyeuse... Quelle brochette ! ( calembredaines.fr )
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