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Split

Critique de Split

   4 - Très bien
Cher spectateur, laisse moi te conter l'histoire d'un jeune homme qui pensait pouvoir conquérir le monde du cinéma. Armé d'un Sixième Sens affuté, la réputation de cet intrépide cinéaste a explosé dès le succès retentissant de son premier film : on pensait alors sa destinée incassable. C'était sans compter les déceptions intempestives de ses films suivant ses deux premiers succès, qui laissaient présager les Signes de la fin d'un Phénomène. Le jeune Shyamalan repartait à son Village, loin du cinéma, loin de son génie passé. Et puis, Split a pointé le bout de son nez. Au départ, on l'observait avec méfiance. C'était de juste guerre : à s'être trop enflammés pour Phénomènes ou After Earth, nous nous sommes consumés de déception. Mais petit à petit, au fil du teasing, des trailers et des photos de tournage, le film semblait être fait pour nous rassurer sur le futur de la carrière de son auteur/producteur/réalisateur. Split était destiné à redoré son blason, à nous redonner confiance envers ce cinéaste au ton particulier, à l'univers unique. La mission est réussie, le contrat rempli avec talent. Propre, net et sans bavure, le film scinde une profonde scission dans la carrière de Shyamalan, propulsant son art aux origines de son succès. Oui, Split tient largement plus d'un Incassable que d'un After Earth, d'un Sixième Sens que d'un Dernière Maître de l'Air, affirmant la profonde césure séparant les bons films des ratages complets. N'est-ce pas la signification même de son titre, que de diviser, de séparer? Porté par une direction d'acteurs impeccable, le film peut compter sur des acteurs tous très talentueux. Les seconds rôles, de Jessica Sula à Betty Buckley et Haley Lu Richardson, enrichissent la performance des deux acteurs principaux de leur présence et leur personnalité. Trois femmes au talent certain, qui s'investissent et offrent une énergie vitale et puissante pour les deux filles kidnappées (Sula et Richardson), tandis que que Buckley (la psychiatre) tempère le tout par son charisme naturel et la classe de son interprétation. Une classe anglaise qui en jette, une classe toute en retenue. L'inverse même de McAvoy, qui brille par la richesse de son jeu : il passe d'une personnalité à l'autre en une fraction de seconde, se concentre sur le changement d'expression faciale plutôt que de porter maints et maints costumes. Il suffit d'observer ses yeux pour savoir qui il joue, quelle personnalité l'anime : tout chez lui est intuitif, instinctif; c'est comme si McAvoy était Split, comme s'il était ces 23 personnalités distinctes et facilement reconnaissables (pour celles montrées). Fascinant en Dennis, terrifiant en Bête, il parvient à nous présenter un panel de jeu riche et varié, jamais trop cliché, jamais trop fin non plus (malheureusement). C'est du lourd, du puissant, pas toujours du très raffiné, mais c'est constamment habile et saisissant. Contre lui, une toute jeune Anya Taylor-Joy, la puissante leadeuse du groupe des trois kidnappées. Elle est la femme forte du film, la personnalité dominante des victimes, très belle femme que l'on penserait tirée d'un Cameron ou d'un Scott. Elle tournait là son premier film à grand budget,et s'est directement débauché un rôle sur mesure. Impressionnante, elle brille du début à la fin par son charisme et son regard. Belle, violente, intelligente et pleine de ressources, elle incarne la femme forte typique des films américains à grand budget. Nul doute que Shyamalan sait filmer ses acteurs, mettre en avant leur prestation. A mis chemin entre la précision d'un Fincher et la noirceur malsaine d'un Tarantino, la mise scène de Split sait tenir son spectateur en haleine pendant sa durée très correcte (2 heures, ce qu'il fallait au film pour présenter et développer son univers), ne tombant jamais dans la contemplation prétentieuse d'un Incassable. Seulement, le film n'est pas parfait. C'est son écriture qui viendra gâcher le plaisir que l'on pourra ressentir au visionnage, alignant des problèmes de rythme en début de film (au niveau de l'enchevêtrement des scènes, qui s'enchaînent soit trop vite soit trop lentement) et des soucis de cohérence en conclusion de l'intrigue, lorsque le combat final se déclenchera. Laissant tomber son ton réaliste, le film plongera tête la première dans un délire tout en puissance propice au spectaculaire pur et dur, abandonnant ce qui faisait l'intérêt de ses deux premières parties : l'identification aux personnages qu'apportait le traitement réaliste des victimes et de Kevin, qui même s'il était voué à devenir surhumain, gardait un côté humain en lui. Il pouvait être touchant, attachant, faible. Dès lors que viendra la fin, tout le travail mis en oeuvre pour le rendre profond se sera mué en un résultat totalement différent. On adhère, on n'adhère pas : le choix vous revient de droit. Split marque donc le retour en force de Shyamalan au cinéma, tant par sa mise en scène que l'interprétation marquante de ses acteurs. Quelques petites failles pointeront le bout de leur nez, à condition qu'on les cherche vraiment. Rien de bien dérangeant, rien de bien perturbant: c'est objectivement un excellent film, qui marque son spectateur. Du très bon travail.
Justice League

Critique de Justice League

   4.5 - Excellent
Avant même sa sortie, Justice League s'était fait assassiné par les amateurs de cette guéguerre stupide entre firmes (Marvel et DC), les uns prétendant que le film ne pouvait être bon puisqu'il allait plagier tout ce qu'avait fait Marvel, les autres avançant qu'un film au développement si chaotique ne pourrait jamais être de qualité. A cela vinrent s'ajouter les fausses rumeurs ridicules, les quelques éléments véridiques reportés du tournage, et le décès de la fille de Snyder, pour lequel nous avons beaucoup de peine. Lancer un film d'une telle ampleur au sein de ces conditions désastreuses était fortement risqué. Et lorsqu'on voit la moyenne du film sur SC, on comprend qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Parce qu'au final, Justice League n'est pas la catastrophe que tout le monde annonce, le film en demi-teinte qui ne sait pas s'assumer. Il est bien des choses, mais sûrement pas celles là : mieux, il en est tout le contraire. Pétaradant, bourré de références et de passages de réflexion intéressants, le film de Snyder et Whedon impressionne par sa maîtrise. C'est un film plus court que tout ce qu'a pu faire l'ami Zack, certes, mais l'on tient ici un véritable effet de style : faire rentrer en deux heures ce qu'il aurait mis trois à développer. Et lorsque l'on s'intéresse un minimum au rendu final, ça ne peut qu'être impressionnant. Parce qu'en plus de la maîtrise constante de son écriture (même si l'on pourra regretter les quelques premières scènes qui s'enchaînent trop vite, ou deux ou trois dialogues en manque d'inspiration), Justice League s'est également muni d'un travail de mise en scène titanesque. Tout y sonne comics, tout est travaillé pour que l'on ait l'impression de voir une oeuvre Justice League sous format bulle s'animer devant nos yeux fascinés. C'est un rêve de gosse qui prend forme, un fantasme geek que Snyder met en place. Le rêve de tout fan de l'univers super-héro. S'aidant d'une photographie soignée, profonde et riche en éléments visuels, le réalisateur laisse transparaître tout le génie de sa mise en scène, éblouissant nos yeux ébahis d'un spectacle inattendu. De telles images, nous n'avions jamais vu cela nulle part, et ne sommes pas prêts de les revoir ailleurs. On pourra imiter ce que fait Snyder à la manière d'une suite à 300, on pourra tenter de lui rendre hommage comme dans Thor Ragnarok, de s'en inspirer comme l'a si bien fait Patty Jenkins, mais il demeure le maître de son art, et en tant que tel, nul ne l'imitera jamais sur son terrain de jeu. Il suffit de voir ce JL pour comprendre que le maître a encore de beaux jours devant lui, et qu'il n'est pas prêt d'arrêter de nous éblouir de son talent. A côté de cela, on notera un casting complémentaire fait de personnalités diverses, tantôt froides tantôt exubérantes, des personnalités qui forment une équipe fidèle aux comics et psychologiquement intéressante. Une équipe qui entraînera l'humour que tant redoutaient, y compris moi : au final, on n'est ni dans le too much ni dans le pas assez, le film sachant quand placer son humour, et quand le retirer. Quelques petites blagues qui viendront d'ailleurs tempérer avec talent le ton sombre et matûre de l'oeuvre, qui même si l'on n'atteint pas là les sommets d'un BvS ou d'un Watchmen, gardera tout de même l'esprit des comics DC. C'est simple comme bonjour : JL est un comics animé en live qui parle de famille, de rapports père/fils et fils à mentor, d'amourette cachée et de dieux qui meurent et se battent, qui manient la foudre et la force d'Hercule, l'imagination d'Ulysse et la violence d'Athéna. Parce qu'au final, la Justice League pourraît se résumer comme une simple famille de dieux qui voudraient devenir des hommes, qui désireraient se mettre au niveau de cette humanité qu'ils protègent au péril de leur vie. C'est un constat qui tient également pour le Bat de Gotham, qui sera parvenu, au fil du temps, à suffisamment se faire craindre par ses ennemis pour atteindre le stade de divinité de la nuit. Un Batman étrangement useless et humain, qui servira plus pour ses neurones que pour ses muscles. L'idée de supprimer le côté over-cheaté des comics fera tout de même plaisir et rendra le film d'autant plus crédible qu'on sent clairement qu'il souffre comme nous. Ce n'est pas un super-héros. Non, il est à la limite de l'anti-héro : rusé, froid, il ne recule devant rien, rien du tout. Tenons aussi un petit mot sur Flash, le comic-releef du film qui parvient, comme je le disais plus haut, à tempérer la sombreur du ton global par ses répliques incessamment comiques. Une phrase, une punchline, et ça passe très bien. Allen est un gosse qui vit son rêve de nourrisson, un gars au ton léger pour balancer avec la lourdeur d'un Batman. Exactement le personnage de base, donc. Egalement superbe en ce qui concerne ses effets spéciaux, JL prouve donc que l'on peut faire un excellent film de deux heures avec autant de personnages, si l'on va à l'essentiel et qu'on ne s'encombre pas de superflu. Extrêmement bien rythmé, le film fera rêver le fan jusqu'à cette fameuse scène post-générique à la toute fin des crédits, annonçant une suite fantasmagorique. JL, ou l'adaptation que l'on attendait. JL, ou le contre-Avengers totalement indépendant de la production super-héroïque actuelle. JL, ou l'adaptation que l'on méritait. Et n'oubliez pas de suivre mon activité sur ma page Facebook, Ma Culture Geek. A très bientôt !
Man Of Tai Chi

Critique de Man Of Tai Chi

   3 - Pas mal
Man of Tai Chi est un film des plus sympathiques. Banal, mais sympathique. Première réalisation de Keanu Reeves, qui y tiendra le rôle du bad guy en chef, premiers faits d'armes, et c'est pas si dégueulasse. On ressentira certes un manque d'implication de l'artiste, un manque d'imagination au niveau du cadrage, de l'image ou du timbre de sa photographie, prouvant clairement qu'il est meilleur devant que derrière la caméra. Si l'on y réfléchit de manière générale, Reeves fait un bon réalisateur, et même s'il est plus proche du Yes Man que de l'artiste, au moins parviendra-t-il à nous transmettre de belles émotions au travers de combats spectaculaires, brutaux et sans concessions. Il sait filmer les affrontements, a la maîtrise suffisante de la caméra pour mettre en avant les corps qui se frappent, se brisent et s'éclatent sur un sol grisâtre. Et c'est parce que le film est dur qu'il est aussi filmé durement. On se croirait parfois devant un documentaire sur les combats clandestins, avec meurtres, éclats de tête, sang qui gicle et flics qui interviennent. C'est dur, c'est sale, c'est réaliste. Man of Tai Chi fait bien son travail, réussi ce qu'on lui demandait de réussir. Pourquoi n'est-ce pas une réussite, s'il fait ce que l'on attendait de lui? Pour plusieurs raisons. La première, son interprète principal : ami de l'ami Reeves depuis la trilogie Matrix (puisqu'il était l'un de ses cascadeurs), le fameux Tiger Hu Chen manque cruellement de présence, de charisme. Il a la technique qu'il faut, et sur ce point, il est irréprochable; c'est surtout sur le jeu d'acteur a proprement parlé qu'on évitera de plus s'appesantir sur son cas. Meilleur combattant qu'interprète, Chen tient la même expression tout le long du film, laissant une drôle d'impression de n'en avoir rien à faire. Keanu Reeves viendra relever le niveau par son charisme, se contentant de jouer son personnage de manière générique. Sans trop se fouler, il nous livrera une performance habituellement bonne, ni trop originale ni trop banale, ne changeant jamais trop d'expression faciale pour ne pas décrédibiliser la froideur indétrônable de son grand personnage de méchant sadique et cruel. A ses côtés, maints seconds rôles dont on aura oublié et le nom, et l'importance, ne trouvant de réel existence que dans les quelques bribes de souvenirs que l'on tiendra d'eux. Ne nous concentrons pas sur la bande-son, trop peu travaillée pour réellement intéresser son audience, ni même sur l'écriture, qui recèle suffisamment d'incohérences et de zones d'ombre pour faire bien tilter comme il faut. Retenons juste que Man of Tai Chi est un divertissement des plus agréables, un bon film d'arts martiaux, réaliste, avec ce qu'il faut de violence et de sang. On s'y intéresse du début jusqu'à la fin, et c'est tout ce qu'on lui demandait. Mission accomplie.
Le Pacha

Critique de Le Pacha

   3 - Pas mal
Fut-il un temps, Gabin, Lautner et Audiard entrecroisaient le fer autour de productions soignées, généralement policières et fortes d'une maîtrise certaine. Le Pacha, s'il ne déroge pas véritablement à la règle, dévoile quelques petites faiblesses révélatrices de la fin d'une époque : on comprend rapidement qu'Audiard et Lautner auront trouvé les limites de leur collaboration. Empli d'une certaine lassitude, le film, de très courte durée, n'est autre qu'un thriller au ton banal animé par l'interprétation solide de Jean Gabin et les dialogues savoureux d'un Audiard inspiré. Le travail de Lautner ne marquera guère les esprits, sa réalisation de qualité de cherchant pas à sortir des sentiers battus. Elle se contente de toujours nous refourguer les mêmes plans qui manquent d'inspiration, confirmant l'impression première que l'on se trouve devant un thriller classique, film de vengeance français sans grande inspiration. Heureusement, le travail d'Audiard viendra rattraper le manque de recherche de la mise en scène tout de même talentueuse de Lautner, au travers de répliques cinglantes et d'une ironie jubilatoire. Audiard juge, Audiard sait, Audiard sait qu'il nous juge tous et en tire une joyeuse satisfaction. Il se moque du monde par l'intermédiaire de ses dialogues, tend vers le sarcasme au travers de répliques tournant au ridicule le machisme, les gens en général. Restera quelques passages courageux et des répliques de bons vieux bourrins, mais globalement, on critique la société, les moeurs dans une technique des mots irréprochable. Et pour déblatérer les mots géniaux d'un Audiard à l'apogée de sa carrière, il fallait forcément le monstre sacré du cinéma français, Jean Gabin. Dictant ses répliques avec un naturel inimitable, il fait rayonner le film par son charisme et son jeu tout en sobriété. Accompagné de seconds couteaux tous très connus à l'époque, Gabin se veut être le leader du film, celui qui mènera l'enquête à son terme. C'est ici qu'intervient le problème de la trop courte durée du film : l'enquête, pourtant rondement menée par un Gabin au charisme brut, pâtit de l'heure vingt que dure le film. On passe donc d'une première partie détaillée des plus intéressantes à une suite d'évènement surgissant subitement, comme pour remplacer, en deux minutes, la demi-heure de film qu'il manque au Pacha pour être un grand thriller du genre. Le Pacha manquait donc de temps pour être un film réellement abouti, pour qu'il marque autrement que par ses dialogues et le jeu d'acteur toujours impeccable de sa tête d'affiche légendaire. On pouvait espérer mieux d'une collaboration célèbre entre Lautner et Audiard, les deux ne montrant plus le même génie en duo qu'auparavant. Un film sympathique cependant, loin d'être mauvais. Si vous aimez le genre, je vous le conseille facilement.
Kenshin le Vagabond

Critique de Kenshin le Vagabond

   4 - Très bien
Premier volet d'une trilogie adapté du manga éponyme de Nobuhiro Watsuki, Kenshin le vagabond débute sur des chapeaux de roue l'histoire d'un personnage prometteur pour les aventures à venir. Fort bien interprété par Takeru Sato, tout droit sorti d'un manga, le personnage marque dès sa première apparition : le tout est stylisé pour mettre en avant sa force meurtrière destructrice, pour nous révéler la toute puissance inarrêtable de sa maîtrise du sabre. Et si le début du film sera à ce point ultra violent, c'est pour scinder le film en deux : d'un côté, son ouverture sanguinolente qui nous montrera toute l'étendue de la force du protagoniste, le dénommé Kenshin, pour ensuite laisser la place, pour toute la suite du film, à une réflexion sur le pacifisme des samouraïs après l'apogée de leur ère, en plus de mettre en avant la difficulté toute certaine de faire un film de sabre sans que son héro ne soit un fou furieux assoiffé de sang. Parce que Kenshin le vagabond est un film militant pour l'abandon des armes et de la violence, contre la peine de mort et la vengeance qui, si l'on en suit ses mots, n'apportera que d'autres vengeances et peines de mort (extrapolation amenée par la réflexion et les répliques de certains personnages). Kenshin le vagabond est un film qui laisse à penser, qui laisse songer sur les pistes qu'il nous tend gentiment, comme le ferait un grand film psychologique. Et cet effort de réflexion et de participation intellectuelle du spectateur est d'autant plus surprenant que l'on pourra avoir l'impression, dès l'ouverture du film, que l'on se trouve face à un autre film de sabre banal, ultra violent et stylisant constamment ses échauffourées sanglantes de manière presque Snyderienne. Il y a, en effet, une véritable inspiration Snyderienne dans ce film : les ralentis, la manière d'esthétiser les combats, de rapprocher les plans des corps et des objets, l'on dirait un mélange de 300 et des films de sabre de Tsui Hark. Savoureux mélange que voici, propice aux scènes d'action les plus torrides ou primales, Kenshin le vagabond marque par son désir d'intellectualiser sa violence, suivant le schéma pertinent de Né un 4 juillet : en montrant l'ultra violence de ses débuts, le film tend rapidement à justifier de manière intelligente et pertinente le non emploi de la violence. Disons que l'on ressent aisément que Kenshin a causé trop de morts, qu'il a fait couler suffisamment de sang pour teinter des forêts entières d'hémoglobine coagulée. Conséquence logique qu'il décide de ne plus jamais ôter la vie de ses ennemis, se servant même d'un sabre à lame inversée, sublime personnification de son nouveau mode de vie pacifiste. L'on regrettera la caricature grossière et outrancière des grands méchants du film, qui surjouent à vous en crever la rétine. Rapidement ridicule, ils font parfois entrer le film dans le registre de la comédie burlesque, chose dont se serait bien passée l'oeuvre. Malgré cela, Kenshin est un excellent film, puissamment beau et émotionnellement fort. A voir, une expérience peu commune.
Wheelman

Critique de Wheelman

   4 - Très bien
Wheelman est une excellente surprise, une petite claque tout droit sortie de nul part. Partant d'un postulat simple et basique (une course à la montre des plus communes), le film parviendra à se démarquer des autres films du genre par sa forme esthétiquement travaillée et son intensité soutenue. Passionnant, le film ne laisse jamais son spectateur tranquille, le persécutant du début jusqu'à la fin. Pour ce faire, la mise en scène de Jeremy Rush, sombre inconnu réalisant ici son premier long-métrage, accentue son univers oppressant et claustrophobe, la caméra restant embarquée dans la voiture de notre cher conducteur, et les rares fois où l'on sortira de la voiture, ce sera comme un vent de fraîcheur pour nous. Cela fait du bien, cela libère littéralement nos esprits : on se sent comme libérés d'un lourd fardeau, d'un fardeau qui nous étouffe et nous oppresse. Là est la principale qualité de la mise en scène : parvenir à rester viscérale du début à la fin, à ne jamais ennuyer son spectateur. L'action, qui prend généralement son temps pour intervenir dans l'intrigue, ne sera jamais trop longue à intervenir grâce à, justement, tout le travail orchestré par Rush, un travail de réalisation des plus honorables et honnêtes. Le film a de la personnalité visuelle, et même si l'on pourra déceler quelques failles d'écriture (concernant notamment quelques incohérences), l'on sera tellement impressionné, tellement pris par le film, pris jusqu'au cou qu'on n'aura que faire que tel ou tel détail soit défaillant, que telle ou telle erreur soit présente par ci, par là. Et c'est une force non négligeable : la forme fait oublier le vide du fond, remplace aisément le manque de réflexion de son intrigue qui, même si elle sera alambiquée, n'est jamais révolutionnaire au point qu'on soit renversé de notre siège. Et s'il est une chose de sûr, c'est que Wheelman ne cherchait pas à être révolutionnaire. Loin de là. Sa fonction principale concernait seulement le fait de nous détendre, de nous divertir une heure durant, cela sans que l'on ne s'ennuie. On passera donc un peu plus d'une heure vingt tendus dans notre siège, la larme coulante sur notre front, happés par un divertissement intense, sans prise de tête et purement détente. C'est devant ce genre que l'on oublie tous nos soucis, que l'on est transportés de son ouverture à sa conclusion, et qu'on en redemande finalement. Rien que cela vaut tout l'or du monde. Une excellente surprise que je ne saurai que vous conseiller.
Thor : Ragnarok

Critique de Thor : Ragnarok

   3.5 - Bien
Cette année, Marvel nous aura gâtés de deux films de bonne qualité : Les Gardiens de la Galaxie 2 et Spider-man : Homecoming, qui marquaient un véritable tournant dans l'univers cinématographique Marvel. Désormais, les films de la célèbre écurie de comics s'assument pleinement, ne cherchent plus à faire de ton en demi-teinte comme pour Captain America : Civil War, sorte de débâcle artistique à l'écriture sans grand courage. Dans la foulée sort Thor : Ragnarok. D'un côté, sa communication laissait présager une certaine catastrophe en ce concerne qui l'adaptation de Thor : Ragnarok et Planet Hulk en un film, mais nous vendait un ton humoristique et fun des plus attirants. Mi-figue mi-raisin, c'est sans grand espoir que je me suis lancé dans le visionnage. Et c'est agréablement surpris que j'en suis sorti. Bourré d'action autant qu'il est ampli d'humour, ce Ragnarok fonce tête la première dans son délire, s'assumant tellement qu'il pourrait en perdre certains. Connaissant pourtant quelques difficultés lors de son lancement, le film débutait par un humour lourd et gras sans grand intérêt, si ce n'est d'instaurer un malaise persistant au sein de la salle. Heureusement que le film se rattrapera par la suite, dès l'arrivée d'une certaine Héla. Vendue comme la némésis de l'univers de Thor et, plus largement, de tout Asgard, on se rend vite compte de son manque de charisme évident, et de sa vaineté fatale. Elle fera certes de grandes choses, de grands crimes contre le peuple du dieu du tonnerre, mais la portée de ses actions sera amoindrie par son phrasé, son interprétation et ses mimiques caricaturales, faisant plus penser à la version Leader Price de Maléfique qu'à la réelle déesse de la mort, antithèse de toute vie sur Asgard. Voilà donc le seul réel défaut à signaler en ce qui concerne le jeu des acteurs, les autres prouvant clairement que la direction d'acteurs du MCU est prodigieusement sérieuse et efficace. Une préférence viendra forcément pour tel ou tel acteur, la mienne s'étant porté sur ce quatuor de héros complémentaires et si différents qu'ils en deviennent psychologiquement très intéressants. On regrettera peut-être le manque de recherche de la relation entre Thor, Odin et Loki, qui même en se prenant un twist dans la face ne change presque en rien. Un effort d'écriture aurait pu être fait pour approfondir l'un des personnages les plus fades et plats de la trilogie Thor : le dieu des dieux, père de toutes choses au pays des vikings et des valkyries. Quelques rares défauts rapidement évacués par une mise en scène qui a du talent, une patte, de la personnalité. Enfin, Marvel a décidé d'engager autre chose que des Yes Man sans foi ni lois. Répondant à l'appel, un certain Taika Waititi, réalisateur peu connu du grand public qui a fait ses armes, depuis plusieurs années, sur des comédies toutes plus loufoques ou touchantes les unes que les autres. On sentira donc son talent tout du long, alors que le film fera preuve d'une maîtrise sans faille de son humour balourd (une fois la première partie sur Terre passée, qui contient du très bon autant que du très mauvais). Habile et fin metteur en scène, Waititi prouve qu'on peut sortir les films Marvel de leur filtre terne et grisonnant post-Dark Knight sans qu'on doive obligatoirement s'appeler James Gunn. Waititi blindera également son film de références : Le Seigneur des Anneaux, 300, Stargate, Led Zep', tant d'emprunts qui vous voleront sûrement un petit sourire ! Talentueux et rythmant son film d'une intensité d’orfèvre, le réalisateur pourra cependant se heurter à des reproches concernant le Ragnarok, qui s'il laisse bien la place à la partie Planet Hulk, ne s'imposera pas suffisamment pour que l'on ait l'impression d'un film cataclysmique. Voilà un point que l'on pardonnera aisément au film, qui s'il a décidé de porter sur ses épaules le parti pris du métrage fun et décérébré, ne se sera pas entiché de sentiments exacerbés et d'un pathos de dramaturge qui n'auraient sûrement pas fait bon ménage au sein de vannes et d'explosions primaires et assumées. Dans Thor : Ragnarok, rien n'est grave, rien n'est triste (ou presque), le tout est propice à la détente et aux rires. C'est un film qui redonne espoir envers le MCU, qui laisse un grand sourire sur le visage dès la fin de la séance, et qui nous laisse avec une seule idée en tête : "c'était bon!". Clairement pas le meilleur film du MCU, mais l'un de ses divertissements les plus honnêtes et sans prise de tête. Il faut le voir pour passer un bon moment et se détendre. Rien de plus.
47 Ronin

Critique de 47 Ronin

   2.5 - Moyen
Keanu Reeves est un acteur que j'aime énormément. Déjà parce qu'il est cool, aussi parce qu'il est classe, surtout parce qu'il est cool. Alors quand j'ai appris qu'il allait tourner dans la légende des 47 rõnin, fallait bien que je saute de joie et que j'aille tabasser des clones en costard avec mon imper bien noir. J'me suis pris une raclée, et vous savez pourquoi? Parce qu'il y a quelque chose qui m'a déconcentré pendant que j'effectuais mes prises de kung-fu longuement apprises devant Matrix, pendant que j'étais gosse. J'ai vu que ce serait une adaptation américaine. Là, mon coeur a eu un raté, tellement que je pense être un sacré looser, niveau chance cinématographique. L'industrie américaine devait-elle vraiment ruiner cette légende, surtout avec un tel potentiel? Keanu Reeves dans son film, Keanu Reeves qui fait ses cascades, Keanu Reeves qui joue un rõnin, c'était quelque chose. Question : la catastrophe est-elle si saisissante que cela? Oui et non. Oui, parce qu'il est évident que le film faillit par de nombreux aspects. Sa mise en scène est fade et sans personnalité, cela même si tu comprends rapidement qu'elle veut tenter des choses. Seul petit bémol, c'est le premier (et seul) film de Carl Erik Rinsch qui, s'il n'avait guère de talent de base, manquait aussi d'expérience et de connaissance de la profession. Difficile de réussir un film qui demande tant de savoir faire et d'invention. Oui, du fait de son écriture qui part en biberine et ne sait plus trop ce qu'elle doit faire une fois les 47 samouraïs devenus rõnin, partant dans un plagiat de tout ce qui a pu être fait en ce qui concerne les blockbusters : de Pirates des Caraïbes (la scène avec les bateaux) au Seigneur des Anneaux, le film rassemble tout ce qu'il a déjà vu auparavant et réuni le tout dans un conglomérat de détails perturbants et manquant cruellement d'imagination. Ne trouvant jamais ses repères dans un genre des blockbusters difficile d'accès pour connaître un véritable succès, 47 rõnin souffre également d'une écriture qui ne se souvient jamais de ce qu'elle a pu amener aux scènes précédentes, et ne tente jamais de tirer profit de tout le potentiel qui pouvait découler de son histoire (ou si elle tente de le faire, c'est sacrément foiré). Multipliant les incohérences et les contre-sens, les personnages stéréotypés et les passages plein de lieux communs, de ce genre de courage que l'on ne trouve qu'au cinéma et qui sonne éminemment faux, 47 rõnin ne peut être caractérisé que d'une seule manière : comme un divertissement banal et sans âme, qui possède de sympathiques moments trop rares pour en faire un vrai bon film. Au final, on tombe sur un film en demi-teinte, qui tente clairement des choses mais ne va jamais jusqu'au bout de ses pensées, qui essaie d'apporter au genre mais n'est clairement pas suffisamment abouti pour y parvenir comme il se devrait. Banal et bancal, le résultat final pourra passer pour un bon divertissement si l'on ne se concentre pas trop sur ses défauts importants.
Death Note Le film

Critique de Death Note Le film

   2.5 - Moyen
Alors que l'adaptation Death Note de Netflix vient tout juste de sortir et qu'elle se fait déjà conspuer par la grande majorité du public international, il me paraissait bon de me plonger dans les autres adaptations du célèbre manga avant d'attaquer la dernière en date. Et si l'on bâche méchamment le reboot américain, autant vous avouer directement que la première adaptation en live-action ne valait pas grand chose non plus. Sympathique petit film manquant singulièrement de maîtrise, le Death Note de Shûsuke Kaneko se vautre bêtement, alors qu'il avait tout pour plaire. La fidélité au manga est suffisamment respectée pour ne pas faire hurler les plus puristes d'entre nous, les acteurs ressemblent suffisamment bien aux personnages de base ( surtout Ryuk et L, qui l'imite très bien ). De même pour le caractère de tous les protagonistes, globalement très bien respecté. Seulement, le film pêche justement par son jeu d'acteur, qui s'ils avaient le bon physique pour nous livrer une adaptation un tant soit peu fidèle dans son apparence, n'avaient pas forcément le talent suffisant pour nous offrir une prestation réellement convaincante. Bouffé par le surjeu, gâché par ses acteurs qui ne savent plus trop où se placer, ou par sa direction d'acteurs qui semble catastrophique, ce Death Note se gâche donc bêtement, alors que son seul acteur un minimum crédible et talentueux semblait être l'interprète de L, Ken'ichi Matsuyama, qui ne veut plus quitter la saga depuis. Le film ne serait pas réellement médiocre si la suite n'était pas tout aussi décevante. Prenons l'exemple des effets spéciaux : laids et peu crédibles, ils détruisent le charisme même de Ryuk, le transformant en une poupée mal animée. Le look était pourtant très fidèle aux comics : seul défaut, la qualité du rendu visuel était clairement en deçà de ce que l'on faisait à l'époque, ruinant tout le potentiel crédibilité de son personnage. L'écriture est elle-même décevante, tant elle manque de maîtrise à tel ou tel moment, pour être de très bonne facture l'instant d'après. Les rebondissements sont suffisamment bien vus et mis en avant pour maintenir l'intérêt du spectateur, ce twist final montrant le fond de la pensée d'un certain personnage. L'écriture est elle-même décevante, tant elle manque de maîtrise à tel ou tel moment, pour être de très bonne facture l'instant d'après. Les rebondissements sont suffisamment bien vus et mis en avant pour maintenir l'intérêt du spectateur, ce twist final montrant le fond de la pensée d'un certain personnage. Heureusement que la mise en scène viendra rattraper ces défauts, mettant bien en valeur les qualités de l'oeuvre. Petite adaptation médiocre mais divertissante, Death Note prouve que les adaptations live de mangas ne réussissent que très rarement à rendre un bon résultat final. Laid dans ses effets spéciaux mais convaincant de par sa mise en scène efficace, il se plante dans son écriture globale mais réussi à bien développer la psychologie de ses personnages et ses retournements de situation. Un résultat surprenant, donc, qui oscille entre le bon et le mauvais. Simplement moyen.
Starship Troopers: Traitor Of Mars

Critique de Starship Troopers: Traitor Of Mars

   3 - Pas mal
Rares auront été les potentiels gâchés avec la superbe de celui de feu Starship Troopers premier du nom. Porteur d'un message cynique sur l'impérialisme de l'armée américaine sous la présidence de Bush Senior, le film de Verhoeven s'attaquait frontalement à la politique militariste affirmée d'une Amérique en soif de guerre et de recettes monétaires. Petit chef-d'oeuvre de science-fiction, il nous promettait des suites tout aussi réjouissantes. Mais c'était sans compter Starship Troopers 2 : Héros de la Fédération et son huis-clos des plus ridicules, prouvant qu'un bon scénariste n'est pas forcément bon réalisateur ( n'en déplaise à David Goyer ). Échec cuisant, ce triste dtv n'en finissait plus de tenter de dissimuler ses pauvres moyens derrière son écriture je-m'en-foutiste et ses plans de caméra mal maîtrisés, annihilant complètement le souffle épique, voire même grandiose, de son illustre ainé. Plus tard, Starship Troopers 3 est venu enfoncer le clou, une suite minable dont le seul intérêt se trouvait dans le retour de Casper Van Dien en Johnny Rico, fatigué mais efficace, clairement ici pour toucher un chèque honorable ( ou pas ). Mais l'animé sorti ensuite, du nom d'Invasion, permettait de renouer un peu avec l'âme de l'a saga, sans atteindre de réels sommets de grandeur. Sympathique et divertissant, il nous montrait du bon défouraillage d'arachnides, de la tripaille de soldat mêlée aux cadavres de punaises éclatées. Un bon film, qui promettait du lourd pour la suite. Traitor of Mars s'inscrit donc dans cette longue lignée de suite, aussi bonne que mauvaise. Mais à ma grande surprise, le film s'est écopé d'une mauvaise réputation, passant pour une suite décevante à l'écriture démentiellement catastrophique. Certes, ce cinquième Starship Troopers pâtit d'une écriture qui manque de cohérence : en simple détail, l'illogisme va jusqu'à faire revenir le sergent Rasczak en VF, alors qu'il était clairement mort dans le film d'origine, et que ce Traitor of Mars s'en dit la suite canon. Fait d'autant plus étrange que le film ressemble plus à une suite d'Invasion que de Starship Troopers, son univers graphique et son Johnny Rico étant drastiquement identiques. Reste à préciser, en ce qui concerne l'écriture, que les dialogues manquent parfois de finesse ( surtout pendant la première demi-heure du film ) et que le scénario, très simple, s’embarrasse de retournements de situations et de sous intrigues qu'il ne maîtrise. Mais comme pour contre-balancer tout cela, l'esthétisme du film est magnifique, ses graphismes soignés faisant un travail remarquable. Sertie de détails faciaux saisissants, son animation rend tout vrai, rendrait les personnages presque palpables. L'illusion est totale, l'on a clairement l'impression qu'ils se trouvent devant nous, que Mars s'anime sous les coups de feu incessants et les explosions pétaradantes. On lui regrettera quelques faiblesses aisément discernables, des faiblesses identifiables lorsque les arachnides se déplacent, l'animation baissant largement de qualité. Les graphismes paraissent alors vieillissants, peu précis, et les mouvements des monstres perdent de leur réalisme pour virer à la démarche la moins crédible possible, marchant sur la sable comme si elles surfaient sur l'eau. Mais pour le rattraper, le film possède son action soutenue, ses passages glorieux et ses références au premier film : car s'il reprend les fameux gimmicks de l'oeuvre de Verhoeven, c'est qu'il tente des choses. Il tente de retrouver ce ton propre à l'original, de retrouver ce côté satirique qui manquait tant aux autres films. Et si c'est globalement raté, cela aura au moins permis au film de retrouver l'âme de la saga, de renouer avec ce qui en faisait l'intérêt principal, autre que l'action et la violence débridée. Au final, Traitor of Mars n'est pas un mauvais film : c'est une bonne suite, clairement pas du niveau de l'original, non, c'est un film indépendant qui souffre de défauts mais jouit également de qualités importantes, qui permet au spectateur de passer un bon moment autant que de se divertir devant des soldats qui dézinguent des arachnides par centaines. Intéressant et bien plaisant. Voulez-vous en savoir plus?
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