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La Grande Muraille

Critique de La Grande Muraille

   1.5 - Mauvais
Depuis à peine plus de deux ans, l'on observe une nouvelle mouvance dans l'ensemble des blockbusters actuels : désormais dénués de talent, ils assument complètement, pour une grande partie d'entre eux, leur aspect purement mercantile et le jette à la gueule d'un spectateur international interloqué. Et si l'on ne s'intéressera pas aux films gâchés par les patrons des maisons de production (Ant-Man, Justice League, Fantastic Four, Suicide Squad), parlons plutôt de ceux qui, d'une nouvelle espèce en voie d'éclosion, se basent sur l'exploitation d'un marché occidental et chinois, ce dernier ayant rattrapé par le passé nombre de flops en Amérique ou dans le monde (on se souviendra d'Expendables 3 et de Terminator Genisys). Ici, la bâtardisation des codes se concrétise sur le plan visuel : plans larges à l'américaine avec un soupçon de shaky cam dans les moments de combats, et couleurs vives et diverses pour plaire aux pupilles asiatiques formeront un tout hétérogène, prétendument esthétique mais seulement artificiel, superficiel. Il n'y a rien derrière, rien d'autre qu'un éclairage certes réussi mais sans personnalité, qui se perd plus du côté des comics que des animés, parodiant presque la beauté resplendissante des habituels décors de films chinois/japonais pour la travestir en un film dénué d'âme à l'américaine, qui ne trouve de seule prétention que celle d'attirer l'oeil par sa myriade d'effets spéciaux incessants. Certes réussis, les CGI se bousculent les uns les autres en démontrant le réalisme de leurs détails, plombant trop souvent l'efficacité de leur venue par l'évident plagiat à la mise en scène et aux passages marquants d'un certain Starship Troopers. Bouillis numérique insoutenable tout autant qu'elle jouit d'un rythme soutenu, budget plaqué dans une attaque incessante full cgi aux forts relents de séries z à la Power Rangers, les mécha et autres fusions de méga-zord en moins. La Grande Muraille, c'est un peu l'objet de la diversité qui pouvait inaugurer de bons mélanges cinématographiques et culturels à la Tsui Hark, John Woo et j'en passe, mais qui préfère se vautrer lamentablement dans un mauvais goût évident, n'évitant évidemment jamais les blagues américaines et bien lourdes que l'on doit se coltiner dans chaque blockbuster post-Avengers. Et vas y qu'on te prend une blague et qu'on l'étire en longueur, jusqu'à plus soif ou avoir envie de vomir. Et vas y que les personnages n'auront aucun développement de leur psyché, qu'ils ne seront caractérisés par rien d'autre que, pour Damon et Tian, l'évidente love-story qui se lancera petit à petit, et pour Dafoe, l'étrange mais commune impression qu'il joue, pour une fois, le rôle du gentil pour ensuite revenir à une interprétation plus habituelle. On ne se concentrera pas sur les défauts d'écriture inhérents au style du film; incohérences et inepties, comportements stupides et blagues pataudes, caractérisation des personnalités minimes et réflexions peu poussées sur les thèmes brièvement abordés. Si l'on va voir la Grande Muraille, c'est pour son action et son visuel, mais les deux étant rendu mollement par une mise en scène dénaturée, ne reste finalement plus que l'ennui et l'impression de se trouver devant un terrible nanar, potentiel gâché sur l'autel des artistes sans talent. On repassera pour voir un bon film.
S.O.S. Fantômes

Critique de S.O.S. Fantômes

   2 - Pas terrible
Faire un remake/reboot d'un film multi-générationnel tel qu'S.O.S Fantômes à quelque chose de profondément suicidaire; déjà qu'il faut des corones de la taille de Zeppelins, cela requiert également une équipe créative aux petits oignons. Qui d'autre que Paul Feig pour s'occuper du projet, déjà à l'oeuvre sur Les Flingueuses, Spy et autres comédies bourrines américaines à l'humour des plus gras. Si l'on y ajoute le fait que Melissa McCarthy se trouve au casting dans un rôle principal, il y a de quoi craindre un désastre de l'ordre Amérique/Corée du Nord; toujours aussi mauvaise, elle se contente de sortir la même recette que par le passé, à base de vannes sur le poids et d'expressions faciales malaisantes au possible. Pas même drôle, elle continue de surjouer comme dans Spy, écopant d'un personnage et d'une écriture équivalents. Parce qu'S.O.S. Fantômes se construit comme l'oeuvre de Feig : même personnages féminins en avant et hauts en couleurs, même actrice propice aux écarts d'humour les plus gras possibles, même blagues sur le poids, même personnage masculin idiot qui rattrape l'humour du film, interprété par un Chris Hemsworth génial quand il était campé par un Statham de même niveau dans Spy. Et si les similitudes sont courantes, le niveau n'est guère relevé; c'est ainsi que l'humour fin du Ghostbuster d'origine ne se retrouvera que dans les vannes sur le personnage d'Hemsworth, le reste préférant adopter un humour ricain à la Ted certes soutenu dans le rythme de venue de ses blagues, mais tout de même très caricatural et finalement complètement prévisible. Soupirs et frustration seront au rendez-vous devant des situations "comiques" vues et revues ailleurs, entre une totale paresse d'écriture et la banalité d'un humour en mort subite. A cela, le casting offre quelque peu de nuances; si l'on omet les écarts d'une Leslie Jones en voie de nous reproduire tous les plus gros écarts d'un horrible Big Mama, Kate McKinnon tirera son épingle du jeu par sa prestation dynamique et fantasque, éclipsant une Kristen Wiig en dernière membre de l'escouade de chasseuses de fantômes. Apogée de l'idiotie de l'homme, S.O.S. Fantômes affiche son féminisme au travers du personnage d'Hemsworth, représentatif d'une communauté masculine idiote et rabaissée; et si l'idée de changer l'équipe de base par une version féminine et moderne, concept à la base des plus intéressants, le propos trouvera rapidement ses limites dans un mépris de la gente masculine affirmé, en plus d'un rabaissement de la femme au niveau de l'homme. Ici, elle devient ce que les femen critiquent actuellement : rabaisser l'autre sexe en le caractérisant par son utilité sexuelle, mépriser sa volonté pour mieux mater sa beauté, le représenter par un caractére stupide, bon qu'à assouvir les désirs de l'équipe d'héroïnes. C'est donc là que le film perd tout son sens : s'il était présenté comme un progrès pour l'image de la femme dans le cinéma, il n'est au final perçu que comme une idiotie de plus ne faisant pas avancer le problème de la place de la femme dans le cinéma d'action, préférant rabaisser l'homme plutôt qu'élever la femme. C'est un problème que l'on rencontrait avec moins de virulence dans Spy, démontrant dès lors qu'il est inhérent à la cinématographie de Paul Feig; et s'il ruine constamment son propos par le mépris de l'homme et par l'héroïsation de figures féminines tout aussi peu intéressantes que les modèles masculins de ses oeuvres, Feig se plante où des films comme Aliens, Terminator, True Lies avaient pleinement réussi l'égalisation de l'importance des figures masculines et féminines au sein du cinéma d'action, sans pour cela rabaisser l'un ou l'autre des deux sexes. Et s'il est plutôt divertissant, S.O.S. Fantômes prend une toute autre tournure après cette réflexion : bien plus que de ruiner une licence décédée depuis bien des années, le Ghostbusters de Paul Feig continue d'appuyer l'inégalité homme/femme en donnant des réponses primaires et bêtes au problème, inversant la misogynie pour faire rire le public, sans penser qu'inverser un problème ne le supprime jamais.
Videodrome

Critique de Videodrome

   4.5 - Excellent
Vidéodrome, ou la claque visuelle inégalée., l'explosion répugnante d'images partant loin dans le gore recherché, doublée d'une réflexion passionnante sur l'expansion progressive d'une télévision qui connaitrait bientôt son âge d'or. Vidéodrome, ou l'apogée de l'art graphiquement viscéral de Cronenberg, qui s'approchait ici du chef-d'oeuvre fantastique qu'il réalisera plus tard avec La Mouche. Porté par des acteurs de talent, le long-métrage de Cronenberg s'est tout de même armé de James Woods et Déborah Harry, acteurs secondaires qui ont eu, fut un temps, une certaine renommée dans le domaine du cinéma de genre. Woods marquera principalement par son charisme et son jeu cynique, incarnation parfaite de la virulente critique sociale disséminée avec plus ou moins de discrétion, mais toujours autant de finesse, tout le long de ce que l'on pourra considérer comme l'une des visions les plus intéressantes et novatrices sur la télévision et le cinéma. L'on croit instantanément à ce qui lui arrive, immersion renforcée par le réalisme et la crédibilité des effets spéciaux et des maquillages, d'un travail et d'un souci du détail rarement vus ailleurs. D'autant plus que l'horreur visuelle s'y mêle habilement avec la beauté d'un érotisme virant progressivement vers la perversité pure et dure. Sadisme, masochisme, hallucinations de ce que l'on voit et de ce que l'on fait, paranoïa et violence se confondront dans un trip viscéral révulsant, qui vous prendra jusqu'aux tripes et vous laissera une nausée persistante en bouche. Acerbe et cru, Vidéodrome se sert de sa violence exacerbée pour attirer l'attention de son spectateur sur le propos profond de son scénario, prônant une forme tape-à-l’œil inoubliable dans le but de mieux servir son fond passionnant. Réflexion poussée sur l'importance progressive des écrans dans nos vies, ce qui pourrait s'apparenter à du Lovecraft moderne et revisité trouve tout son génie dans l'intemporalité de ses termes, principalement due à la manière neutre et habile de les traiter. Et si le concept de base est un poil poussif, pour ne pas dire cheap (il s'agit tout de même d'une cassette vidéo qui donne une tumeur au cerveau à son spectateur, le précipitant dès lors dans la folie par le biais d'hallucinations monstrueuses), on le voit uniquement comme la justification d'une critique sociale passionnante, sans que cela ne dérange véritablement le visionnage. Vidéodrome est un film qui marque par sa brutalité, sa profondeur et son atmosphère poisseuse, glauque, vicieuse, qui vous en ferait presque devenir pervers par substitution. On suit l'oeuvre comme fasciné par ce qu'elle nous jette à la figure, par les possibilités de réflexion qu'elle nous laisse envisager, au point d'en venir à qualifier le film de novateur, de visionnaire, de chef-d'oeuvre. L'on y tient sans nul doute l'un des plus grands films du genre.
Le Dernier cheyenne

Critique de Le Dernier cheyenne

   3 - Pas mal
Tom Berenger, s'il n'a jamais eu de carrière digne de ce nom, était synonyme dans les années 90 de bon acteur de série b; disons qu'on était rarement déçus de films dont on attendait peu, sans parler de la surprise que certains pouvaient nous assener (Sniper reste un bon divertissement surprenant, par exemple). Arrive Le Dernier Cheyenne, sorte de western contemporain méconnu qui m'intriguait étrangement. Au final, on y tient un petit divertissement sympathique mais peu marquant (si ce n'est pour quelques répliques), qui même s'il est un bon passe-temps peine à se démarquer des autres westerns dramatiques. La faute à une mise en scène pataude et molle, principalement. Le travail de Tab Murphy, habituellement scénariste de films d'animation dont le dernier travail en date remonte au Batman : Year One de 2011, tombe bien trop souvent dans une convention visuelle malvenue ; c'est plat, banal et vide, sans grand esthétisme particulier. L'on y trouvera certes quelques belles images, un ou deux plans larges qui flatteront la rétine, mais que sont ces quelques exceptions quand le rendu global est d'une décevante banalité? Parce qu'au final, aussi bon scénariste qu'il soit (Tarzan et Le Bossu de notre dame attestant de son talent), Murphy n'a rien d'un réalisateur; et ce n'est pas pour rien qu'il signera là son seul poste en tant que directeur de plateau, retournant prestement faire ce qu'il savait faire de mieux, écrire l'intrigue plutôt que la mettre en image. Plein de bonne volonté, il tente pourtant de faire de son film une belle histoire d'amour et d'amitié, mais ce serait oublier cette mise en scène sans aucun rythme que de dire que l'on se prend facilement dans l'histoire. Tab ne sait pas comment rythmer une scène d'action, un accident, un malencontreux évènement qui se produirait sur la route; voir la mollesse de la scène où Berenger, fuyant dans la forêt, percute un arbre avec sa tête comme s'il coupait du beurre avec un couteau à bout rond, a quelque chose de traumatisant. Parce qu'on se retrouve à suivre d'une oeil discret une histoire qui avait tout pour devenir un grand drame : ses personnages contraires s'attirent dans un jeu de charme sous-jacent (quand les références faîtes au fat de se balader à poil le matin ne sont pas faîtes, bien entendu) et connaissent un très bon développement de leurs personnalités, les thèmes rebattus sont profonds, intéressants et bien traités, encore que l'on y trouvera une drôle de vision manichéenne des choses. C'est là que vient le dernier point perturbant de ce Dernier Cheyenne : si Tab Murphy était alors habitué à écrire des histoires de dessins animés principalement destinées aux enfants, cela se ressent dans la construction du récit, dans son évolution et sa conclusion. Alors qu'il commence comme un thriller à suspens, avec des échos d'un certain Predator, le film perd petit à petit de son atmosphère oppressante pour se muter petit à petit en un conte intemporel certes beau et plaisant, mais non moins naïf et prévisible. Les leçons de vie restent belles, les preuves d'amour et d'amitié aussi, mais l'on ne pourra s'empêcher de penser que le film, loin du western contemporain matûre et intense qu'il laisse penser être, est au final une histoire pour les gosses qui fera certes rêver les enfants, mais ne convaincra que peu de spectateurs habitués à ce genre de divertissements. Une belle morale, une belle leçon de vie gâchée par son rythme bâtard et la mollesse de son intrigue. Reste le plaisir de voir un joli duo (Berenger et Hershey se complètent très bien) agrémenté d'un humour habile et relaxant.
Daybreakers

Critique de Daybreakers

   3 - Pas mal
Daybreakers fait partie de ces films de vampire méconnus et potentiellement intéressants; se basant sur un concept scénaristique neuf (ou peu usé), de multiples opportunités de développement s'offrent à lui : ne lui reste plus qu'à choisir les bonnes pour convaincre et rester dans l'esprit d'un spectateur accoutumé aux films d'un genre en perdition. Et si l'on pourra apprécier son casting, c'est que de grands noms s'y glissent; Ethan Hawke et Willem Dafoe tiennent la barre, bons comme à leur habitude. Notons le fait amusant que Dafoe interprétant un vampire, ne joue pas le rôle du méchant. Sam Neil se dressera face à eux, chef d'entreprise détestable dont le personnage, pas manichéen non plus, incarnera la figure du parfait méchant bourré de pognon. En lien avec ce personnage, tout l'intrigue sociétale portera de grandes possibilités de développement : si le vampire ne se cache plus aux yeux des hommes et du soleil, c'est à l'homme de se dissimuler du vampire dans la nuit noire et le jour éclatant. Pourchassé, emprisonné, drainé de son sang, l'humain de Daybreakers fait songer à l'évolution des vampires de Blade Trinity, durant le court passage où hommes et femmes subissent le même sort. On pensera également au quatrième Underworld, parvenu deux années plus tard. Le postulat était prometteur, mais l'on comprend rapidement que le film, non content de nous présenter une évolution de la société des plus captivantes, désire partir en sens inverse pour détruire la totalité de cette nouvelle organisation mondiale, cauchemar d'invasion monstrueuse malheureusement trop peu représenté au cinéma. C'est effectivement là que le film déçoit : la seconde partie, celle où Dafoe amène la solution à tout ce bordel, part dans une direction naïve et banale qui annihile complètement l'originalité du plot de base. On se retrouve avec une intrigue classique d'invasion/antidote des moins passionnantes, rébarbative et peu novatrice. Même l'esthétique baisse d'un cran, quittant l'atmosphère futuriste poisseuse de la grande ville pour épouser une ambiance chaude et limitée dans ses couleurs qui marque surtout par l'ultra-présence du soleil. Dommage s'il en est, tant le combat final, de retour en ville, retrouvera les marques de sa première heure et remplira les yeux d'images marquantes, largement tirées du Blade de Del Toro (l'on attendrait presque que Nomak se ramène en hurlant, la gueule prête à souiller du cou de vampire) mais tout de même très iconiques. La conclusion, intéressante, relèvera quelque peu le niveau de son second acte mou du genou, et le fera principalement par un combat ultra-violent entre soldats filmé avec soin et sombreur, empli de violence et de ralenti pour bien que l'on puisse observer ce tableau peu ragoûtant. Ironie du sort ou simple constat de l'emprise de l'homme sur une autre espèce, mais le vampire tombera si bas qu'il en deviendra humain, à se battre avec ses semblables pour un bout de viande, à faire couler sang et tripes pour son bénéfice personnel. Beaucoup d'idées intéressantes jamais vraiment développées font de ce Daybreakers un potentiel gâché par une volonté d'en faire un divertissement plus qu'un film d'anticipation profondément noir, glauque et pessimiste, qui aurait pu, à la manière de La Planète des Singes, mêler habillement prisme d'une société fondée sur l'ancienne humanité et en faire une critique sur le monde actuel des plus assassines; l'on se retrouvera donc avec un film en demi-teinte, divertissement qui ne change guère d'un Underworld ou d'un Blade.
S.W.A.T. unité d'élite

Critique de S.W.A.T. unité d'élite

   2 - Pas terrible
S.W.A.T. - Unité d'élite a tout de ces films de propagande détestables qui nous plaisent finalement, pour lesquels on se surprend à éprouver quelque plaisir coupable bien que peu explicable. Tentons donc de mettre des mots sur une drôle d'impression, celle d'avoir aimer un film objectivement médiocre et particulièrement beauf. Au premier abord, le casting surprend : Colin Farrell, Samuel Jackson, Michelle Rodriguez, Jeremy Renner, Josh Charles, LL Cool J, que des têtes connues qui n'ont pas forcément la même réputation ou n'ont pas joué dans des films de même qualité, mais resplendissent tout de même à la simple évocation de leur nom. De stars internationales à seconds couteaux qu'on voit dans à peu près tous les films d'action possibles, voilà des têtes d'affiche qui font envie. Et s'il est une certitude, c'est que le casting semble s'amuser à jouer au chat et à la souris, au flic et au voleur; ils rigolent presque sincèrement quand vient le moment de débiter les bêtises qui leur servent de dialogues, et nagent comme des dauphins dans la peau de leurs caricatures de personnages. Farrell le premier, Rodriguez et Jackson qui suivent de près, tous semblent y prendre leur pied. Une sincérité dans le jeu que l'on ressent à l'écran, et qui ne peut que nous engager à nous intéresser à cette équipe de super-flics super-armés, sorte de représentation cinématographique de la virilité stupide et profondément sudiste d'une Amérique en mal de confiance en soi. On se bourre la gueule avec maints et maints clichés de propagandisme poussif, avançant toutes sortes d'idioties sur le S.W.A.T. qui ne gâchent même pas le visionnage, tant on s'y attendait fermement. En même temps, quand on regarde ce genre de films, on sait généralement à quoi s'attendre; cela restera heureusement bien plus regardable qu'un Nous étions soldats et ses critiques répétitives sur l'armée française et le reste du monde, bien qu'en deçà de ce que pouvait nous pondre La Chute du Faucon Noir sur les forces spéciales d'intervention américaine. N'est pas Scott qui veut, en somme. Bien entendu, il ne faudra pas se concentrer sur l'écriture; c'est stupide, prévisible, pas même un brin profond ou approfondi, mais chaque scène étant une justification de la baston à venir, on prend rapidement goût à cet ensemble de stéréotypes tous plus bourrins et communs les uns que les autres, jusqu'au combat final, explosif et plein de testostérones, imagerie parfaite de la beauferie bien texane. Misogyne et débile, S.W.A.T. - Unité d'élite nous vend quelques passages de mise en scène sympas agrémentant des combats d'un dynamisme rafraichissant; on se croirait revenu du temps des années 80-90, en ces temps immémoriaux où les balles claquaient secs sur les carlingues fumantes, où les bruitages de tirs ne faisaient pas de pauvres piou-piou timides et discrets, où l'on assumait ses excès de testostérone en éclatant simplement la gueule de la moitié de la Chine parce que notre fille s'était faîte enlever. Le bon vieux temps. S.W.A.T. possède un peu de tout cela dans sa manière d'assumer le bas niveau de ce qu'il nous pond, et c'en devient très rapidement captivant. Outre la caricature forcée d'une équipe volontairement hétéroclite (bien qu'attachante dans sa stupidité), on notera tout de même quelques traits de caractère intéressants chez les personnages, notamment l'erreur de prendre Rodriguez pour un homme aux vues de ses états de service (dénonciation ou beauferie, à vous de décider). Notons cependant le détail étrange d'avoir voulu lancer une romance entre Colin Farrell et Michelle Rodriguez, romance qui n'aboutit nulle part puisqu'elle n'est plus jamais travaillée par la suite; il y aura bien un petit regard en fin de film, avant l'inévitable "ils partirent à l'aventure et butèrent un maximum de gens", mais rien de plus, comme si les scénaristes avaient oublié de noter dans leur petit carnet qu'ils avaient lancé les prémisses d'une love-story. Bourrin au point d'en devenir jouissif, prévisible comme jamais, charmant à la manière des actioners des années 80-90 tout en ayant une esthétique 2000's à gerber. C'est fort.
Insaisissables 2

Critique de Insaisissables 2

   1.5 - Mauvais
Dans le genre mauvaise suite, Kingsman : The Golden Circle semblait se poser comme référence de ce qu'il faut faire et ne pas faire, mais aussi étrange que cela puisse paraître, Insaisissables 2 se pose à ses côtés avec le même niveau de ratage et le détrônerait presque de sa place de plus mauvaise suite de ces dernières années. On y retrouvera grosso modo le casting d'origine du film de Letterier (quoi qu'on remarquera l'absence d'Isla Fisher, qui avait sûrement senti le vent tourner), avec plus ou moins d'investissement dans leur jeu. Si l'habituellement bon Jesse Eisenberg ne fera preuve d'aucune conviction, Harrelson tombera dans le mauvais au travers d'un personnage de frère jumeau complètement fou, et qu'il interprètera en complète roue-libre sans jamais retrouver un tant soit peu de maîtrise. Il est là, à se ridiculiser constamment, sans jamais avoir la direction d'acteur suffisante pour s'aiguiller mieux et ne plus gaver un spectateur qui commencera, dès le départ du film, à sentir la douille mal passer. Triste à voir, tant il est censé être un acteur de renommée; il suffira de le voir jouer dans 7 Psychopaths ou Bienvenue à Zombieland pour comprendre que le gars a du talent; ne parlons même pas de Tueurs Nés, film à la réputation qu'on ne présente plus. A ses côtés, un Dave Franco interprétant le beau gosse débile et dragueur, blagueur à ses heures; Freeman ne relèvera pas le jeu, preuve comme dans Dreamcatcher qu'il peut être l'un des plus gros points noirs d'un film : toute l'écriture concernant son personnage, dont les retournements de situation (d'ailleurs tous prévisibles à l'excès) idiots, se contredira pour mieux tomber dans l'incohérence et le mauvais, entraînant toute la production dans un délire incohérent et prévisible à dix miles. Que dire de Ruffalo, qui fait toujours preuve de peu de charisme et de qualité de jeu, ou d'un Radcliff en surjeu total, sorte de gamin insupportable censé ramener le public d'Harry Potter dans un film de magie qui ferait presque référence à la célèbre franchise pour récolter quelques dollars en plus (quand on voit l'état de son box-office, ce ne serait clairement pas de refus). On préfèrera se concentrer à ses autres films, d'Imperium à Swiss Army Man. Il y aura bien Lizzy Caplan pour remplacer le départ de Fisher et instaurer une nouvelle touche féminine à l'équipe, voire même quelques apparitions d'un Michael Caine étrangement mauvais pour son talent immense, mais leur présence n'ajoutera rien à un casting vendeur et bancable. La faute à une direction d'acteurs qui ne sait pas ce qu'elle veut d'eux, quand sa vision des choses n'est pas ridicule ou caricaturale. On se retrouvera ainsi avec des stéréotypes de personnages et de caractères, point le plus basique de la caractérisation psychologique d'un personnage au cinéma (le rapport qu'entretient le double rôle d'Harrelson est un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire avec un acteur à double emploi) : quand l'un des personnages est un dragueur sans gêne, l'autre est un pauvre gosse aux rêves de grandeur couplés à des caprices d'être enfant illégitime; autrement, l'on aura un chef de meute en pleine remise en question de son passé (le personnage de Ruffalo, donc) censé amener un côté sombre à l'oeuvre, diablement mal rendu par une mise en scène molle, sans âme et énergie. Il y aura bien quelques passages marquants (le dernier tour d'Eisenberg, avec la manipulation des gouttes d'eau) au milieu de scènes d'actions ou de runs over-cutées à mort pour qu'on ne finisse pas la corde au cou, voire même en train de faire une crise d'épilepsie. Mais que dira-t-on de ce filtre d'image artificiel pour augmenter le côté sombre d'une intrigue pataude et banale, alors que l'humour ne cesse de s'abaisser constamment en deça des limites du mauvais goût? Il y a de cela dans Insaisissables 2, un drôle de mélange entre une volonté de se prendre au sérieux, de sortir un film dramatique quand on tombe dans la parodie de films de magie par la suite, avec des personnages, des situations, des dialogues d'un niveau plus qu'exécrable; c'est comme si le film, se voulant du niveau de The Dark Knight, avait finalement chuté en décrépitude jusqu'à atteindre le niveau catastrophique d'un Golden Circle. Au moins est-ce suffisamment stupide pour divertir son spectateur, et j'en penserai presque que le fait qu'il se prenne atrocement au sérieux joue un rôle prépondérant dans le génie nanardesque de certaines scènes. Ca se pense beau, classe, ça se la pète plus que de raison (la scène de l'échange de carte est d'un ridicule et d'une inutilité consternants) sans jamais se dire que bien plus qu'un divertissement simplet, bien plus qu'un film de magie surprenant (ce qu'il voudrait être plus que tout), bien plus qu'un film d'action au grand casting, Insaisissables 2 se perçoit surtout (et seulement) comme un pauvre petit nanar pas même à la hauteur d'un Hitman, sorte de suite sans rapport avec le premier qui présente tous les défauts de la création d'une franchise. Je n'aurai jamais pensé l'écrire, mais ré-engagez Letterier.
Solo: A Star Wars Story

Critique de Solo: A Star Wars Story

   3.5 - Bien
Une petite salle de quartier; installation modeste pour budget minime dans un cadre sympathique. Neuf personnes vont voir le film le lendemain de sa sortie, insolite communauté de l'anneau. Les lumières s'éteignent, l'écran s'anime. Débute un film mort-né, qui fit polémique du moment de son annonce jusqu'après sa sortie. S'attaquant au Han Solo de Ford pour le remplacer par un acteur mineur, le film a su faire un bon choix de casting : Alden Ehrenreich brille par le charisme dont il fait preuve durant les scènes d'action, donnant vie à la version rajeunie d'un personnage culte, et qui devrait revenir pour au moins deux films de plus. Il manquera cependant de présence durant les dialogues, pour lesquels il se contente d'un sourire en coin sans prendre en compte toutes les nuances du jeu de son prédécesseur. Le tableau du personnage est donc bien dépeint, et les reprises des célèbres mimiques du personnage continuent de faire basculer l'opinion globale de sa prestation vers une note positive. Le voir avancer les mains sur la boucle de sa ceinture, en observant chaque personnage présent autour d'une table de Sabbac, profondément badass et très western, aura son petit effet sur le spectateur qui voulait revoir le Solo d'Un Nouvel Espoir. Bien aidé par un casting aux petits oignons (charmante Emilia Clarke, imposants Woody Harrelson et Paul Bettany)Ehrenreich tire son épingle du jeu en réussissant largement mieux l'appropriation de son personnage qu'un Donald Glover certes classieux, mais finalement en demi-teinte dans son interprétation d'un jeune Lando Calrissian. Il lui manque l'ambigüité de Billy Dee Williams, acteur à la présence difficilement reproductible. A côté de cela, le film évolue dans un univers western-steampunk réussit au point d'en faire oublier ses nombreux problèmes de productions (dont le départ de ses précédents réalisateurs pour différents artistiques avec Disney); jeunesse et genèse des héros présents dans la trilogie originale y sont contées de très bonne manière, et l'introduction des personnages dans l'intrigue n'est jamais forcée (l'arrivée de Chewbacca demeure une réussite totale). Bien qu'un poil prévisible lors de son climax, Solo : A Star Wars Story possède une écriture qui parvient à surprendre le spectateur au bon moment, effaçant la déception de quelques longueurs malvenues ou de passages aisément prédictibles. On lui reprochera cependant quelques incohérences et changement de caps abruptes (le retournement de situation concernant le contrebandier pourchassant Solo et sa clique est une affreuse déception conduisant à la pire des baisses de régime). Et même s'il peut manquer de finesse (particulièrement dans sa construction visant à privilégier le spectaculaire au détriment de la psychologie de ses personnages), Solo y remédie par l'intelligence de ses références et l'originalité de son univers en tant que spin-off Star Wars. On regrettera cependant sa fin qui n'en est pas une et conduira plus à des questions sur l'intrigue, ce qui se passera après qu'aux réponses qu'on était en droit d'attendre; sans réel climax autre que l'annonce du retour d'un personnage et de la mort de quelques autres (dans un affrontement sans grande ampleur), l'on pourra quelque peu rester sur notre faim en pensant à la suite qu'ils produiront sûrement d'ici quelques années. Petit bémol, Solo semble n'avoir pas de réel bad guy; le principal se désamorce petit à petit, tandis que le secondaire semble n'être qu'un pantin, et manque trop de développement pour qu'on retienne ne serait-ce que son nom; lisse et sans grand intérêt, le personnage de Bettany est heureusement sauvé de l'inintérêt par sa gueule et son jeu d'acteur, qui font largement ce qu'on leur demande. Au final, Solo est un film à voir comme un divertissement classique qui développe seulement la psychologie de son personnage secondaire sans vraiment tenir compte des protagonistes alentours. Il fait bien son travail de blockbuster d'été en nous proposant nombre de morceaux de bravoure et de passages explosifs, humour balourd oblige (encore que la parodie des féministes extrémistes est cocasse). C'est classique, convenu mais suffisamment bien foutu pour faire passer un très bon moment devant le renouveau d'un personnage mort depuis trente ans.
TMNT les tortues ninja

Critique de TMNT les tortues ninja

   1.5 - Mauvais
Je l'évoquais dans ma critique sur Ninja Turtles 2 : les Tortues Ninja au cinéma, c'est une catastrophe, le cas d'école des franchises à succès qu'on jette aux oubliettes soit par manque de talent, soit par une trop grande volonté d’amasser de l'argent. Le mélange des deux est souvent courant, en témoigne cet odieux reboot en 3D dégueulasse mis au point pour rapport un maximum de monnaie, chose qu'il n'est même pas parvenu à accomplir. Laid dès son introduction, TMNT foire complètement la plastique des corps; mal proportionnés, répugnants dans leur ensemble, ils imitent avec peine les graphismes types pâte à modeler de nombreux dessins animés pour enfants (de ceux qui passaient sur TF1 et France 3, il y a dix ans), le public en moins. Les tortues sont immondes, sortes de parodies de ce qu'elles furent; l'on se croirait en train de regarder la suite toujours plus faiblarde des Tortues Ninja 3 en animé mal foutu, avec des héros encore plus inharmonieux et mal branlés. Pas même imposantes durant des combats sans saveur ni entrain, elles deviennent limite flippantes une fois arrivé le temps de la parlotte. Leur regard, digne des pires suppôts de Satan, vous en donnerez des réminiscences de cauchemars lovecraftiens; leurs corps verts et gluants ne seront pas sans rappeler le Thing de Carpenter, version pomme pourrie; et que dire des doublages, pas même plus crédibles que ceux des pires sitcoms des années 90? C'est tout aussi triste que c'est convenu; prévisible ou stupide, je ne saurai trancher. On suivra bien l'histoire toute relative d'un pauvre gars qui, ayant voulu copier le Roi Scorpion du Retour de la Momie, s'est vu embrigader dans une malédiction conduisant à quelque humour des plus profondément enfantins (cela va de soi, dans le mauvais sens du terme). Combats, cabrioles et blagues potaches nous conduirons donc vers une conclusion qu'on connaîtra dès la présentation des enjeux du film, sans qu'aucune réelle surprise ne vienne pimenter le visionnage. Il aurait été préférable, à défaut d'avoir un scénario qui vaille le coup, de mieux travailler sa mise en scène pour compenser tel gâchis. Que nenni mes amis, c'eut été trop demandé à ces petits arnaqueurs que de travailler plus que le b.a.-ba d'un divertissement destiné aux enfants; le public cible manquant à ce point d'esprit critique et d'analyse de ce qu'ils regardent, au moins ne pourront-ils pas faire la différence entre Ratatouille et la dernière catastrophe estampillée "Tortues vertes qui ne rapportent plus un sou". D'un autre côté, heureusement que Michael Bay a pointé le bout de son nez... Ai-je réellement écrit ça? Seigneur.
Batman contre le fantôme masqué

Critique de Batman contre le fantôme masqué

   4 - Très bien
Bien souvent cité comme référence, Batman contre le fantôme masqué bénéficie de l'aura de la série TV dont il est tiré, le fameux chef-d'oeuvre d'animation des années 90. Au prime abord, la qualité visuelle y est identique : c'est beau, fluide, recherché, spectaculaire; tout ce qu'il faut pour faire de cet animé l'une des références du genre. Tout particulièrement lors des combats et autres escarmouches nocturnes, qui baignant dans des jeux d'ombres et de lumières tous mieux réussis les uns que les autres, en jettent plein la vue du spectateur. C'est puissant, bien rythmé, passionnant, mais l'impact visuel ne serait pas si fantastique sans l'aide de la magnifique bande son de Shirley Markey, aux forts emprunts des Batman de Burton. On y tient un savant mélange entre les films du réalisateur gothique et les comics Batman; faut bien avouer que c'est impressionnant à voir, tant dans la fidélité de l'adaptation que dans son côté poignant. Les doublages, par ailleurs tout autant réussis en VF qu'en VO, appuieront la qualité de l'ensemble; Hamill face à Conroy, Darbois contre Hatet, on était en l'occurrence en plein âge d'or des doublages d'animés inspirés de comics, avec des voix ayant marqué des générations entières de jeunes téléspectateurs. On soumettra seulement un défaut affirmé au constat de toutes ces qualités : prévisible de bout en bout, on est rapidement déçus par l'aspect trop convenu de l'oeuvre, qui se déroule comme sur des roulettes et sans jamais sortir des sentiers battus. Ainsi, la fin sera prévisible dès les 20 premières minutes, soit dès lors que l'on commencera à se faire aux personnages. Aussi belle que soit son intrigue (de sacrées évocations du décès familial, du deuil et d'un amour impossible), il sera bien complexe de ne pas songer à sa banalité certaine. Les ficelles étant mal tirées, on ne prendra pas longtemps avant de tout deviner de cette enquête "tortueuse", détruisant alors une bonne part du suspens instauré de base. Sympathique, donc; un très bon film, même, esthétiquement sublime mais plombé par une écriture sans surprise. Un excellent moment cependant, que la faiblesse de son écriture ne devrait pas tant vous gâcher que cela, à conditionner de ne pas s'y attarder plus que de raison.
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