Orich
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Orich

 

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Les Chants de Mandrin
  1.5 - Mauvais
Les Chants de Mandrin, Un réalisation esthétiquement superbe, une bande son magnifique... Mais où est passé le film? Passons sur l'indigence du scénario, que le parti-pris contemplatif peut éventuellement expliquer. Passons aussi sur le ratage du 'dialogue politique' entre 18ème et 21ème siècle, massacré à coup d'anachronismes d'une subtilité BenHillesque (Parmi un florilège je me suis étranglé avec celle ci : "Achetez les chants de mandrins... Les prémisses de la révolution..." hurle le colporteur à un moment dans le film...). Oui, le sujet était beau... Non, il ne passe pas à coups de klaxons et d'appels de phare... Tout particulièrement, les dialogues -pourtant réduits- m'ont consterné. L'anachronisme s'y engouffre comme le froid par une porte ouverte en plein hiver, glaçant toute velléité d'adhésion. J'ai eu parfois l'impression d'avoir à faire à un doublage calamiteux, à l'instar des parodies de films sur you-tube dans lesquels des dialogues débiles remplacent la bande son originale. Des expressions modernes y côtoient des incohérences, des lieux communs, des bouffonneries... Que penser par exemple de la première phrase du compagnon libéré d'une geôle royale du 18ème siècle: "Ils m'ont tapéééééé!" Ayant accouru voir ce film, presque conquis d'avance, j'en suis même venu à me demander s'il n'y avait pas là une volonté délibérée de sabordage... A y réfléchir, j'aurais peut-être adoré ce film s'il en était resté sur cette veine contemplative, sans aucune parole échangée. Comme si une voix off n'avait cessé de vouloir m'expliquer, par le truchement des personnages, ce que je devais comprendre de tel ou tel passage, ce qui aurait pu rester dans une beauté énigmatique et qui en venait à se substituer au jeu d'acteur. Je serais d'ailleurs bien en peine de vous dire si les acteurs sont bons. Ils sont bien filmés, mais perdent toute crédibilité dès qu'ils ouvrent la bouche. Quand au jeu d'acteur de l'impénétrable Belissard, il transparaît du personnage un tel désir de revanche sociale, que j'ai d'avantage senti planer l'ombre de la Terreur que perçu l'exaltation révolutionnaire. Il n'y a rien de mal à cela, mais j'ai vu, peut-être à tort, dans le comportement de ce héros paternaliste et assoiffé de camaraderie, le pathétique désir d'identification d'un homme moderne blessé... et un énième anachronisme. Je voudrais aussi noter à quel point, déjà plombé par les dialogues, le surlignage du message politique est insupportable de bon sentiments... Et à ce sujet, je frémis tellement d'indignation -en rapport avec le niveau de gâchis d'un thème si riche- que vous pardonnerez ma méchanceté. Oui, la morale est sauve, les méchants de la maréchaussée sont bien punis. Spoiler :D'ailleurs, pas un ne survit dans le film. Bien fait pour eux, ils n'avaient qu'à être plus instruits ou moins cynique. De toute façon cela leur pendait au nez; les gens qui brûlent les livres en souriant derrière leur moustache ou méprisent les conventions internationales du droit des prisonniers n'ont que peu de chance de survivre à l'issue d'un film digne de ce nom. La morale est sauve aussi du côté des "camarades" brigands de Mandrins! Qu'ils sont généreux, qu'ils sont propres, qu'ils sont nobles sur leurs beaux destriers, qu'ils sont instruits.... Mention spéciale au brigand faisant la promotion d'un ouvrage de Rousseau devant des bouseux impeccablement costumés venus découvrir les principes du consumérisme et sa réplique fameuse à un de ces campagnards feuilletant un autre ouvrage : "Ah Voltaire, très bon choix"... Que d'érudition et de subtilité... Et surtout l'évidence qui s'impose à même l'écran: la crème de la civilisation du 21ème siècle se tenait déjà là au 18ème : le raffinement culturel des indigents, le respect instinctif de la nature et d'autrui... Comme sur un dépliant publicitaire d'éco-tourisme solidaire. Oui, cette taiseuse bande de scouts costumés et leur campement touareg au coeur du massif central m'ont presque redonné le goût au camping. Comme ce film l'illustre si bien, je retiendrais que si l'épopée de Mandrin a pu résonner si noblement au cours de notre glorieuse révolution, elle aura surtout contribué à la boboïsation précoce de nos montagnes. Moralité, je n'avais pas réalisé à quel point un mauvais dialogue pouvait transformer un bon film en navet.
Game of Thrones
  4 - Très bien
Parmi les séries télévisuelles les moins regardables trônent souvent celles utilisant des univers fantastiques. On s'y épuise à chercher les détails qui nous font rêver et précisément, ce sont eux qui nous révèlent l'étendue du désastre: décors indigents, acteurs lamentables, des rôles stéréotypés à en pleurer, des dialogues épouvantables de niaiserie, des scénario trop prévisibles ou béants d'incohérences, effets spéciaux ratés, atmosphère asceptisée sans relief ni intérêt… Bref, de quoi se moquer mais pas de quoi rêver. Peu intéressé par les productions télévisuelles en général, j'ai pu découvrir, parmi ce qu'il y avait de mieux, 'Merlin', mais j'abandonnais rapidement en réalisant que je devais me forcer à débrancher l'intégralité de mon sens critique pour arriver à finir les épisodes. Je m'étais résigné à penser que le monde des séries n'arriverait jamais à exploiter correctement ce filon et me rabattait sur des adaptations plus humoristiques "Kaamelott" ou même "NoobTV", assurément amateurs, mais ayant la modestie de convertir leurs faiblesses en humour… ou sur certaines séries d'animations finalement bien plus riches: Naruto par exemple. En esthète auto-proclamé des créations fantastiques, je trouvais plutôt mon bonheur dans le monde du cinéma, qui bien que grand pourvoyeur de navets et autres nanars dans le domaine, présente quelques perles... Mais voilà quelques semaines, j'ai découvert "Game of Thrones". En un mot: LA Perle qui dévoile qu'en y mettant les moyens il est possible de faire de la bonne, de la très bonne série fantastique. Il s'agit à ce titre d'une exception, une révolution stylistique, se plaçant au niveau des meilleures productions cinématographiques fantastiques, mais utilisant habilement les possibilités des séries. D'accord, il y a des longueurs dans cette deuxième saison, mais au service de quelle richesse!!! Enfin un univers complexe qui parvient à rendre une atmosphère... Mais il ne s'agit pas seulement d'une réussite scénaristique (liée à la qualité de l'ouvrage): on y voit aussi de bons acteurs s'investissant dans des rôles complexes, libérés d'un manichéisme niais. A la différence de nombre de commentaires s'agaçant de la présence de ces scènes 'sexuelles' qui, bien qu'explicites, apparaissent plutôt soft, je serais plutôt choqué par le degré de violence et de cruauté hallucinante qui se trouve déballé sous nos yeux. Mais il semblerait que pour de nombreux spectateurs,la vue d'un pubis de jolie donzelle soit plus choquante lorsque cette dernière est bien accorte que lorsqu'elle se trouve découpée en morceau - L'état psychique des gens à de quoi inquiéter parfois -… Enfin oui, dans la série parfois les corps sont nus, les ébats passionnés, les tabous sexuels habituels sont transgressés (homosexualité...)... J'ai envie de dire: Enfin! Enfin des scénaristes qui parviennent à faire sauter les verrous d'une pudibonderie nauséabonde sans tomber dans le travers du mauvais goût pornographique! Le travail plastique sur les corps me parait au contraire nourrir l'ambiance du récit: aux scènes de violence guerrière succèdent le déshabillage des vivants souvent joliment mis en valeur… L'ensemble est abordé crûment, comme pour nous immerger dans un monde qui par le peu de valeur qu'il accorde à la vie facilite l'accès à la chair. Cette représentation est peut-être, à ce titre, plus proche de notre moyen-age que la plupart de nos tentatives de reconstitutions historiques télévisuelles (lisez Druon bordel!)… Je salue donc ce récit libéré des mièvreries puritaines pour gamins prépubères! Que n'ai-je pas évoqué? Paysages, décors et costumes somptueusement travaillés, effets spéciaux réussis et parfaitement dosés -réellement au service du récit- enfin ce qui ne gâte rien: un superbe générique… A ne pas manquer.