Yannickcinéphile  

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La Caverne de la rose d'or

Critique de La Caverne de la rose d'or - Saison 1 - par Yannickcinéphile

   4.5 - Excellent
Bien, je vais écrire une critique par saison, lorsque j’aurai évidemment tout vu, pour ce qui est moins une série qu’une saga, La Caverne de la rose d’or et plus largement les aventures de Fantaghiro. N’ayant (revu) récemment que la première partie, je me lance donc, et force est de constater que l’enthousiasme plutôt généralisé en faveur de cette série est justifié. Je craignais un peu en revoyant ce film que je serai déçu par la dimension « fleur bleue » de l’histoire, un visuel vieillissant, mais au final non, je suis même encore plus enthousiaste que par le passé. Comme bien des films d’heroic-fantasy, l’âge est très profitable à cette saga qui bénéficie en plus du côté artisanal de sa réalisation, loin des effets numériques actuels toujours un peu artificiels quand même. Bon, visuellement rien à redire sauf sur certains effets spéciaux, c’est vrai. Il y a quelques petites choses faiblardes (une épée, une grotte), qui ne font plus illusion loin de là, mais enfin, en tout ça doit représenter 10 minutes sur un film de plus de 3 heures. Les créatures sont plutôt bien animées, et même si ça reste un peu naïf (bien sûr on voit que ce sont des marionnettes), ça ne fait que très bien s’inscrire au final dans l’onirisme poétique de l’ensemble. Par ailleurs on aurait pu craindre un film un peu minimal en termes de décors, de costumes… Mais rien à redire. Petit manque de figurants très habilement dissimulé par Bava, le film profite à merveille des superbes décors Tchèques, avec des paysages de nature magnifique, des châteaux enthousiasmants, et le tout servi par une photographie aux petits oignons. Elle baigne le film d’un voile vaporeux divin, le travail sur la lumière est transcendant. A cela s’ajoute des costumes très soignés, qui donne un vrai luxe à cette production. Bava sert donc le tout de sa mise en scène. Pas franchement très connu, sauf des amateurs d’horreur, c’est un réalisateur que je trouve généralement sincère dans ce qu’il fait, et sans grand talent, c’est toutefois un bon technicien, appliqué, idéal pour cette production. Il fait preuve d’une belle finesse, les combats sont bien orchestrés, franchement rien à redire. Le tout est servi par une musique de Minghi absolument sublime, une des plus belles bande son de film, dans mon top 15. Au-delà de la forme parlons du fond. Certains demanderont si un film de 3 heures se justifiait. Honnêtement je dirai oui, puisqu’on ne s’ennuie pas de bout en bout, et cela, alors que l’action n’est pas forcément très présente, mais la recette fonctionne très bien. De l’action comme il faut, de l’humour, parfois très cocasse, des sentiments, un peu fleur bleu certes mais sans excès et sans jamais se départir d’une drôlerie manifeste, et puis un univers bien développé. 3 heures c’est aussi un moyen de prendre son temps, de faire des digressions enrichissantes, et de poser les personnages, pour pouvoir entrer dans cet univers. En tout c’est très prenant, il y a quelques petites incohérences parfois, mais c’est presque invisible dans un ensemble éminemment sympathique et touchant. C’est vraiment une constante de tout ce film, on sent une générosité évidente, une envie de bien faire, et ça fait plaisir pour le spectateur d’être face à ce genre de métrage. Enfin, je conclurai une fois n’est pas coutume par les acteurs, qui participent pleinement de la qualité de ce film, et plus largement de la saga. Le choix d’Alessandra Martines est de toute évidence un des choix de casting les plus top du cinéma ! Pas vraiment connue alors, elle était toute désignée. Non seulement on sent qu’elle a des années de danse dans les jambes, étant une virevoltante « amazone » dans ce film, athlétique et tout à fait crédible en femme combattante. C’est surement dans ce genre de rôle l’actrice la plus crédible que j’ai pu voir ! Elle joue par ailleurs très bien, apportant beaucoup de force aux émotions de son personnage, et ne se départissant jamais d’une agréable légèreté très à propos. Et puis elle est très belle malgré une coupe de cheveu improbable ! A ses côtés Kim Rossi Stuart, pas beaucoup plus connu et lui aussi très solide. On pouvait craindre là un bellâtre, mais non, Stuart n’est pas que cela. Sa complicité avec Martines est évidente et on pourrait presque croire les acteurs en couple ! Stuart campe un roi drôle, charmant, dynamique, un peu plus lisse peut-être que le personnage de Martines, mais enfin, très bon quand même. Ce duo de choc est épaulé par une galerie de seconds rôles très costauds, notamment du côté des vétérans que sont Adorf, Cassell et la Sorcière blanche, incroyablement charismatique et bien choisi pour ce rôle discret mais essentiel. Le casting est donc très bon, Martines en tête, et le film est surtout terriblement sympathique. C’est vraiment ça la force de cette saga et notamment du premier épisode que je critique ici. On sent la générosité de l’équipe, l’entrain, la complicité (et ce n’est pas pour rien si l’aventure dura si longtemps avec la même équipe), la volonté de bien faire, et le résultat est un superbe moment pour les fêtes, mais aussi, plus largement, pour s’évader dans un univers de conte très réussi. Je donne 4.5 pour les quelques aspérités soulignées, mais je crois me souvenir de quelques épisodes postérieurs encore plus réussis.