Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 3 sur 3 résultats
Sa note :
(5)
Sa critique : Little Big Man, contre toute attente, a gravé quelque chose en moi, une sorte de souvenir indicible et ambigu, teinté de respect, d'admiration, d'engouement et de surprise. Je pense à un long-métrage puissant, comme on en voit peu, de la caméra aux acteurs, en pleine maîtrise d'eux-mêmes, des décors aux situations, riches et intelligents. Car ce film est génial. Il nous prend aux tripes. Il nous apprend quelque chose que nous pensions connaître. Mais, qu'en est-il de ce "quelque chose", en vérité ? Est-ce juste l'étonnement de croiser une perle de cinéma au coeur de millions d'autres connues ou pour la plupart méconnues, la certitude d'être tombé sur "le" film qui va nous changer à jamais, la claque perfectionniste monumentale, la belle leçon de tolérance et de reconsidération d'un peuple, la redécouverte de deux cultures et d'un choc entre elles-mêmes ? Voire même un mélange de tout cela ? Je ne sais pas vraiment. Arthur Penn nous dépeint une fresque magnifique, drôle, romanesque, dramatique dans son film et, au-delà du reste, sensationnelle d'humanité (cette dernière qui, sans hésiter, ne cessera jamais de me faire aimer le cinéma). Little Big Man est donc un western atypique, jusque dire un anti-western ; une histoire vue des deux côtés d'une rivière tortueuse. À travers le destin extraordinaire d'un homme qui semble habité par le mensonge, - Dustin Hoffman, imprévisible, étonnant et touche-à-tout - nous allons tour à tour rencontrer deux cultures : indienne et américaine, qui finiront par "se faire face". L'une, marquée par ses coutumes, ses croyances et sa sagesse, l'autre, caractérisée par son ambition, sa violence et sa soif de richesses. Le parti pris est évident, mais au-delà de la simple position prise envers le plus faible, Penn ne nous prend pas pour des idiots et ne tombe en aucun cas dans le manichéisme de base : il confronte deux cas indissociables depuis le regard neutre du personnage de Hoffman, la réalité d'un génocide et de la folie aveugle d'un massacre incompréhensible, le massacre de personnes qui croyaient vivre, et qui tombent sous les coups des mieux armés, sans doute les plus intelligents... Malgré toutes les promesses, les décisions, la miséricorde apparente. Little Big Man est marqué par le mensonge : l'homme est un menteur, mais peu importe si Jack Crabb, dans son récit, idéalise ou invente : lui, dénué de certitudes, ne ment pas. D'ailleurs, une anecdote de son récit met en valeur cette idée d'inégalité marquée par des idéologies dissemblables : [spoiler]l'assaut ridicule des indiens consistant à toucher d'un bâton les soldats américains, où le simple fait de les toucher consistait en une forme de victoire acclamée (avant de finir sous le coup d'une balle)[/spoiler]. Je n'ai pas le souvenir d'une bande originale, d'un vieillissement de pellicule ni d'une longueur dérangeante, mais j'ai surtout le souvenir d'un scénario incroyable, qui oscille habilement sans tomber dans l'hésitation entre les nations, (mais la nation indienne en est-elle une ?) les rencontres, les allers et retours des personnages secondaires (qu'on voit toujours réapparaître, avec les années qui changent, qui les ont tous changés), toujours utiles ou très présents malgré leurs passages périodiques (le maître de la gâchette, les première et deuxième compagnes - [spoiler]principalement la magnifique "Rayon de Soleil" au destin tragique[/spoiler] - le rival fraternel, le général Custer), et le parcours d'un homme en quête de lui-même et de sa vérité dans un monde impitoyable et pitoyable, acerbe et doux, triste et drôle. J'ai le souvenir d'un film d'apprentissage, de redécouvertes, de tristesses et de sourires. Car, même s'il est dramatique, Little Big Man est aussi drôle. Des situations absurdes, de l'ironie, des passages improbables, [spoiler](le défi du harem !)[/spoiler], on rit et on pleure, on espère et on aime, on prend peine, pitié, mépris ; tout simplement, on ressent, et on ressent beaucoup. J'aimerais m'attarder sur les moindres détails m'ayant marqué dans cette histoire, j'aimerais vous parler plus longuement du regard de ce vieil homme qui a tout vécu, j'aimerais vanter les mérites d'une culture méconnue, d'un chef de tribu, de femmes et de passants, j'aimerais parler de l'humanité en connaissance de cause, j'aimerais vous dire à quel point j'ai aimé ce film, beau, riche, engagé, et sincère. Mais, au-delà du reste, je voudrais surtout vous laisser devenir ce jeune journaliste qui écouta la longue histoire du dernier survivant de la bataille de Little Big Horn, comme je le devins moi-même, comme je fus secoué comme pas possible, comme je sortis de ce récit avec un grand silence de respect.
De Hayao Miyazaki
Avec Gillian Anderson, Claire Danes
Film japonais - Drame
Sa note :
(5)
Sa critique : Contrairement à d'autres grandes œuvres de la légende vivante de l'animation japonaise Hayao Miyazaki, "Princesse Mononoké" n'est pas à mettre entre toutes les mains. En effet, malgré l'esprit écologique sincère et vivant de l'auteur qui ressort encore, plus intense, le nouveau message de tolérance qui se dégage implicitement (il s'agit tout de même d'une guerre), les animaux qui reprennent place avec poésie dans le contexte, l'absence subtile d'une quelconque intrigue manichéenne, ce film d'animation est d'une violence rare pour le genre. Les dessins sont certes d'une beauté fidèle à l'auteur, colorés, propres et d'une qualité impressionnante, mais les blessures (béantes !), l'infection terrible des créatures et du héros, les sentiments les plus sombres, les états physiques et psychologiques des personnages y sont décrits explicitement par les traits du studio Ghibli et du maître - à l'apogée de leur art certes, mais sans retenue quelconque ; ce qui aide beaucoup à la considération globale que "Princesse Mononoké" est l'un des meilleurs Miyazaki, et par conséquent l'un des meilleurs Ghibli jamais créés. La forêt y est sublime, fantastique, verte, mais rude et sauvage ; on songe à "Nausicäa" mais, dans l'histoire, rien ne s'y attache. De plus, les personnages principaux possèdent tous une profondeur d'esprit très digne dans "Princesse Mononoké". La candeur courageuse du jeune "héros" (il est difficile de parler de "héros" en soi dans ce film) soumis à sa malédiction, en quête désespérée de rédemption, l'obstination sauvage mais sincère et justifiée de Mononoké, l'intelligence subtile, avide et redoutable de Dame Eboshi, l'état d'âme opiniâtre, juste, effrayant et inébranlable de la mère louve... Même les seconds rôles imposent une façon de penser réaliste, dans un sens comme dans l'autre ; c'est ce qui joue beaucoup dans la féerie superbe de ce chef-d'œuvre d'animation : un réalisme étonnant encré dans un fantastique improbable. "Princesse Mononoké", au-delà de son travail graphique inégalable, est donc une fable humaine moderne et unique, métaphorique et engagée... mais dans un autre monde, un monde où un dessin magnifique, juste et fluide guide deux camps dans une guerre absurde pour la survie ou la gloire. La perfection épique et poétique d'une bande originale signée Joe Hisaishi, toujours fidèle à Miyazaki (l'une des plus fructueuses collaborations réalisateur-compositeur de tous les temps), conclut le travail immense, aux ressources inépuisables, de ce long-métrage à offrir aux cinéphiles de tous genres. "Princesse Mononoké" est, finalement, un conte relationnel mature, à savourer, à accepter et à comprendre, et dont la fin irrémédiablement troublante achève de nous remettre en question sur beaucoup de réalités humaines.
De Zep
Avec Donald Reignoux, Maria Pacôme
Film français - Animation
Sa note :
(3)
Sa critique : Bon, je n'ai pas encore vu "Titeuf, le film", mais je me permets un petit commentaire, bien malgré le fait que je ne supporte pas des commentaires de pré-sortie. Alors, pour être franc, je viens de feuilleter le dernier Studio Ciné Live, et "Titeuf, le film" a eu droit à 3 étoiles sur 5. Le magazine est, je pense que nous le savons, sérieux et appliqué, et pas non plus totalement laxiste... Je me suis attardé sur leur critique, étant un réel fan de la bande dessinée. En gros : c'est quelque chose d'assez frais, de cohérent et de tendre, qui n'a pas grand-chose à voir avec la série animée. Le style graphique serait même très fluide et pas désagréable pour un sou. Avec les clichés tirés de la série (zizi sexuel à tout-va, bave et existentialisme juvénile en fond de teint) ou la bande-annonce qui, sincèrement, n'annonce rien de bon, il est compréhensible que les fans de la BD et de l'état d'esprit initial de celle-ci craignent un cataclysme. Mais Zep en personne s'occupe de son film, lui donne le ton, la forme et l'esprit, en tant que digne créateur de la BD (lui-même s'exprime en toute sincérité : "Je pense être, sans prétention, aujourd'hui l'auteur le plus qualifié pour m'occuper de mon personnage") et le résultat ne s'annonce pas si décevant, nul, ou vulgaire. Après, on aime ou on aime pas Titeuf en lui-même ou l'œuvre de son auteur, mais, dédié tout de même (rappelons-le) à un jeune public, ça ne serait pas tellement raté, bien que l'effet 3D, bien entendu, est là par pur état de tendance et non d'utilité, vu que le travail en lui-même a tenu à être produit en 2D... Alors, à voir, et à commenter d'un œil curieux et non et non obstinément rivé sur les idées reçues : Titeuf est un travail nostalgique sur l'enfance moderne, avec ses réalités et ses absurdités. Je pense que c'est tout ! Et sinon, les réfractaires de la BD n'ont certainement rien à y faire, je le reconnais. Ou simplement pour avoir un avis vraiment argumenté.
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