Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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De Valérie Donzelli
Avec Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm
Film français - Drame
Sa note :
(4,5)
Sa critique : D'abord intrigué par la bande annonce, j'avoue que j'étais ensuite réticent à aller voir ce film aux vues des critiques unanimes. J'ai tendance à me méfier des films pour lesquels les critiques s'emballent presque religieusement lors des projections cannoises. La déception est parfois au rendez-vous quand je découvre ensuite le film en salle… J'ai pourtant été touché en plein cœur par "La guerre est déclarée" qui, s'il se montre parfois maladroit, est traversé d'une énergie qui emporte littéralement tout sur son passage. Valérie Donzelli est une vraie cinéaste qui propose un traitement totalement différent de ce qu'on pourrait craindre face à un tel sujet larmoyant. Avec un culot incroyable, elle enchaine des scènes casse-gueule et parvient à garder l'équilibre, une certaine grâce même. Elle ose ainsi mélanger drame, comédie, et même une partie chantée avec un aplomb sidérant. Ce film n’est pas une imitation de la vie. Il est tout simplement la vie. Je suis sorti littéralement épuisé de la projection. Le film ne dure que 1H40 mais j’ai eu l’impression qu’il durait une éternité (c’est un compliment), tellement on en vient à partager cette guerre contre la maladie. J’ai passé tout le film, mâchoires serrées, collés au plus près de ces personnages qui refusent de baisser les bras, doutent parfois, expriment leur ras-le-bol ou font la fête pour ne pas oublier qu’ils sont vivants. La grande force du film de Valérie Donzelli, c’est que la jeune femme ne vise à aucune universalité (contrairement au cinéma américain). Elle balance son histoire telle qu’elle l’a vécue et en offrant ce point de vue personnel, elle parvient à vous frapper comme si vous étiez victime d’un uppercut. Concernant la mise en scène, j’ai adoré cette recherche permanente. Pas un plan qui ne soit pas envisager de manière cinématographique avec un souci du point de vue, du décalage permanent. C’est parfois périlleux et pas toujours réussi mais au moins, elle ose ! J’ai lu que Valérie Donzelli avait choisi de tourner avec l’appareil photo Canon EOS et avec une équipe réduite au maximum. Force est de constater que ces choix judicieux lui offrent une liberté de mouvement incroyable et impriment au film une urgence qu’on voit rarement au cinéma. Cette cinéaste est vraiment bourrée de talent et elle mérite amplement les critiques positives que son film a récoltées. A tous ceux qui voudraient découvrir un cinéma échappant au formatage, je ne dirais qu’une chose : Courez voir "La Guerre est déclarée" !
De Eric Judor, Hafid F. Benamar
Avec Eric Judor, Jean-Baptiste Shelmerdine
Série française - Comédie
Sa note :
(4)
Sa critique : Je suis étonné par les avis négatifs que récolte cette série que j'adore personnellement. Comme quoi, il n'est jamais évident de proposer un humour différent en France ou, comme disait Desproges, "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui"... Dans "Platane", Eric Judor flirte en permanence avec l'absurde et le malaise. Comme dans les très bonnes séries comiques anglo-saxonnes (je ne citerai que "The Office" ou "Seinfeld"), le décalage comique surgit de situations très quotidiennes (que certains jugent visiblement ennuyeux car quotidien justement). Je trouve que cette série souffle un air salutaire en ces temps de morosité et j'avoue que je me suis rarement autant marré devant ma TV. Platane offre un humour à froid auquel je ne résiste pas et il y a déjà (en seulement 6 épisodes !!!) une mine de scènes cultes : celle de l'hôpital où Eric empêche son voisin de dormir, celle où il traite avec mépris des clandestins vietnamiens, celle avec Mathieu Amalric totalement déjanté... Les meilleures étaient selon moi celles du 6ème épisode avec la querelle d'égo entre Guillaume Canet et Eric qui ne supporte pas que le "wonderboy" du cinéma français s'empare de son bébé. En découle une avalanche de mauvaise foi et de bassesse de la part d'Eric tout bonnement réjouissante. Un must d'humour j'vous dis !
De Michel Gondry
Avec Gael García Bernal, Charlotte Gainsbourg
Film français - Comédie
Sa note :
(1)
Sa critique : Le problème de ce film, c'est que c'est un peut comme les toiles de Dali. A trop montrer le rêve en images, il devient moins parlant que s'il était suggéré. Très loin de la réussite de son précédent film, "Eternal sunshine of a spotless mind", "La science des rêves" démontre que sans un bon scénario, un bon réalisateur ne suffit pas à faire un grand film. En clair : sans le génie de Charlie Kaufmann, celui de Michel Gondry est beaucoup moins éclatant. "La science des rêves" se réduit donc à une succession de clips (répétitifs en plus) nourrie de dialogues puérils sur le thème "Je t'aime moi non plus". Alors, certes il y a des idées de ouf (déjà vues dans les clips de Gondry d'ailleurs) et plus de cinéma dans ce film que dans la plupart des films français qui sortiront cette année. Mais de manière générale, on regrette la gravité et la réflexion presque philosophique sur le temps ou l'amour que Kaufmann sait insuffler à un film et que Gondry sait magnifier par les images. Il n'en demeure pas moins que Gondry reste un réalisateur génial dont j'attends avec impatience le prochain film. En espérant qu'il sera plus intéressant que celui-ci.
De Michael Mann
Avec Colin Farrell, Jamie Foxx
Film américain,allemand - Policier
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Fidèle à la série, plutôt bien réalisé avec un scénario plutôt bien écrit, "Miami Vice" ne parvient pourtant pas à se hisser au niveau des meilleurs films de Michael Mann. Trop long, trop esthétique (on retrouve les tics qui m'avaient déjà gonflé dans "Collatéral") et faible en scènes d'action, le film paraît parfois inabouti. Si Colin Farrell est surprenant dans le rôle de Sonny, Jamie Foxx est franchement décevant dans celui de Tubbs. Avec son jeu monolithique (il se contente de froncer les sourcils et de rouler des biceps), on le sent totalement à côté de la plaque durant tout le film... Très loin de ses précédentes "performances d'acteur" ! Reste toute la partie sur Colin Farrell et Gong Li où Mann parvient à nous faire ressentir le drame existentiel de ces flics condamner à mentir et à taire leurs sentiments. Colin Farrell fait de Sonny un flic cramé et dopé à l'adrénaline... Presque dèjà mort (du moins sur le plan sentimental) puisque sa droiture l'empêchera d'aller au bout de son amour pour la magnifique Gong Li. Rien que pour ces amants terribles et pour la description quasi-documentaire du milieu des narco-trafiquants, "Miami Vice" vaut tout de même le détour.
De Tommy Lee Jones
Avec Tommy Lee Jones, Barry Pepper
Film américain - Drame
Sa note :
(5)
Sa critique : Quatre étoiles pour "Trois enterrements" qui est (selon moi) le meilleur film de l'année 2005. C'est en effet un véritable chef duvre que réalise Tommy Lee Jones pour son premier film. Il est quasiment impossible d'énumérer dans le détail toutes les qualités du film (scénario, réalisation, interprétation, ) tant elles ont déjà été louées par la presse et les spectateurs. Je dirais simplement que ce "jeune" réalisateur filme l'Amérique comme les grands maîtres du cinéma d'antan, sans juger ses personnages et sans les excuser non plus. Peu dartistes ont ainsi su retranscrire le particularisme de cette frontière (humaine et géographique) qui sépare les Etats-Unis du Mexique (mis à part John Sayles dans le magnifique "Lone Star"). Autour de Tommy Lee Jones « himself », les comédiens sont tous formidables avec une mention spéciale pour Barry Pepper qui parvient (malgré très peu de dialogues) à nous faire ressentir lévolution de son personnage dun simple regard. Enfin, on retrouve dans ce film tout le talent et les obsessions du scénariste mexicain, Guillermo Arriaga (pour ceux qui ont aimé ce film, je recommande fortement la lecture de ses romans dont « Le Bison de la nuit » et « Un doux parfum de mort »). Le scénario ménage ainsi des scènes totalement surréalistes (le procédé très particulier de conservation du cadavre, la rencontre avec le vieil homme aveugle, ) qui font de ce film une uvre hors normes. Finalement, le message de "Trois enterrements" pourrait se résumer à cette phrase : on ne naît pas homme, on le devient.
De David E. Kelley
Avec Kathy Baker, Tom Skerritt
Série américaine - Drame
Sa note :
(4)
Sa critique : Une série méconnue et pourtant géniale du créateur d'"Ally McBeal" et de "The Practice". Sous ses airs de "Petite Maison dans la prairie" moderne, cette série était pourtant innovante et gonflée. Sexualité, religion, racisme... Tous ces thèmes de société (et bien d'autres encore) étaient traîtés avec intelligence et sans cliché à travers le prisme de chacun des personnages (interprétés par des comédiens épatants). Pour tous les télévores, "High secret city" est une série qui mérite d'être (re)découverte.
De Michel Hazanavicius
Avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo
Film français - Comédie
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Enfin une comédie française où on passe plus d'1H30 à rigoler. Honnêtement, ça faisait combien de temps qu'on attendait ça ?! Dujardin campe un OSS 117 génial et offre une performance d'acteur incroyable (le vide intersidéral de son regard n'est pas sans rappeler celui de Villeret dans "Le Dîner de cons"). Sa gestuelle, ses mimiques, son phrasé, ... Tout est absolument irréprochable. Et puis, voir une comédie brocarder notre passé colonialiste et raciste (est-ce que ce n'est pas encore d'actualité d'ailleurs ?) à coups de répliques implacables ... Que du bonheur on vous dit !
Sa note :
(5)
Sa critique : Cela faisait vraiment très longtemps que je n'avais pas vu un film qui refuse de prendre les spectateurs pour des abrutis. Enfin un récit qui ne vous prend pas par la main, mais qui vous abandonne parfois avec des doutes, des interrogations et pour tout dire une certaine frustration. On peut lire dans certaines critiques que le film est incompréhensible. Je voudrais mettre un bémol. Tout d'abord, il n'est pas si compliqué que ça (pas la peine d'avoir écrit une thèse sur le Moyen-Orient et la politique américaine pour le comprendre). Ensuite, je répondrais à ceux qui ne comprennent pas tout qu'il était illusoire (pour ne pas dire naïf) d'imaginer qu'un film de 2H10 allait réussir à résumer plus de trente ans d'interventionnisme américain et le scandale du pétrole. Pour le reste, le film est moins moralisateur que "Traffic" du précédent scénariste (pas de Michael Douglas réac près à sauver sa fille de la drogue à l'aide des sacro-saintes valeurs américaines). Clooney incarne un agent de la CIA comme vous n'en avez jamais vu (sauf dans les romans de James Grady ou de John Le Carré) et mérite amplement son Oscar. Et puis, un film américain post 11 septembre qui ose montrer les kamikazes comme des êtres humains qui se font manipuler par désespoir apparaît comme sacrément gonflé ! Finalement, ce film nous laisse sur une seule question : comment le cinéma américain peut-il produire de tels films sous l'ère Bush alors que nos réalisateurs et auteurs français sont incapables de critiquer notre système politique ?
De Scott Peters, René Echevarria
Avec Joel Gretsch, Jacqueline McKenzie
Série américaine - Drame
Sa note :
(1)
Sa critique : Mouais ... Je ne comprends pas vraiment l'engouement général autour de cette série que je trouve lente (les réalisateurs devraient prendre des cours chez les producteurs de 24) et franchement peu inovante. Le concept emprunte (copie ?) à "X-Men" (des mutants aux pouvoirs étranges que la société rejette) et à "X-Files" (pour ce duo d'enquêteur qui ressemble beaucoup à Mulder et Scully). Quant aux enquêtes paranormales sur les différents 4400, elles ne sont pas toujours palpitantes.
De Sam Peckinpah
Avec Warren Oates, Isela Vega
Film américain,mexicain - Policier
Sa note :
(4)
Sa critique : Un très bon film de Sam Peckinpah qui a sûrement influencé le cinéma de Tarantino. On retrouve dans ce film une tendre affection pour les losers, des dialogues et des sentiments décalès (en tout cas hors des canons hollywoodiens) et surtout un goût prononcé pour la violence qui explose toujours au moment où l'on s'y attend le moins. En Bref, un film a découvrir car malheureusement moins connu que les autres films de ce grand réalisateur qu'était Sam Peckinpah !

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