Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 4 sur 4 résultats
Sa note :
(4)
Sa critique : Je ne risque pas de trop m'avancer en qualifiant ce long métrage de film expressionniste pur et dur ! Tous les ingrédients y sont : photographie en noir et blanc ultra contrastée, jeux de lumières, jeux d'ombres (photo signée d'ailleurs par un fameux chef opérateur de Welles, Laughton et Lang : Stanley Cortez) et surtout un cadre qui colle en tous points à ce courant qui débuta en Allemagne dans les années '20 : la folie ! Enfin, la particularité de ces films, et non des moindres, c'est de critiquer, soit avec finesse, soit de manière cinglante, la société contemporaine de l'auteur. Et si il y a une chose que Fuller ne lésine pas : c'est bien de cette manière à raconter très abruptement, grâce à une série de portraits de "gens devenus fous", les reflets malheureux d'une société qui court à sa perte : résidus du maccartysme pendant la guerre froide, ségrégation raciale, guerre, bombe atomique et pour finir, traitement dans les hôpitaux psychiatriques. En ce qui concerne ce dernier point, l'internement en asile de fou, le sujet est également très fort chez les cinéastes de l'époque. Je veux parler par exemple (car ils sont nombreux) de l'excellent et difficile "Titicut Folies" de Frederick Wiseman, sorti quatre années plus tard et bien entendu de l'un des chefs d'œuvres de Forman : "One Flew Over the Cuckoo's Nest", sorti quant à lui en 1975. Au final, la trame narrative (meurtre dans un hôpital psychiatrique) ne sert presque que de prétexte à une fronde farouche de la société. Il faut bien saisir la nuance : les personnages rencontrés dans le film n'ont pas tous été fous depuis toujours, mais le sont devenus à cause de l'intolerabilité de leurs passés. Les événements qu'ils ont vécus ont été suffisamment puissants et odieux pour que la folie puisse être la seule "issue" possible à leurs malheurs. Les séquences oniriques en couleur pointent merveilleusement bien ce traumatisme en témoignant une certaine forme de lucidité latente, cachée au plus profond du subconscient. Si le message est très fort, on pourrait toutefois reprocher à Samuel Fuller de ne pas avoir été plus subtil dans son récit. A défaut de l'être, le film en devient alors beaucoup plus pédagogique et nettement plus accessible, ce qui n'est au final, pas plus un mal que ça.
De Robert Bresson
Avec Anne Wiazemsky, Francois Lafarge
Film suédois,français - Drame
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Bresson signe dans "Au Hasard Balthazar" une des ses œuvres parmi les plus plus pessimistes sur l'humanité. Loin d'être misanthrope pour autant, le cinéaste nous montre bien que même si chez certaines personnes, la bonté et l'honnêteté existe, la nature humaine dans ce qu'elle a de plus néfaste, en effacera indubitablement toute trace. D'une part, en se servant bien entendu de l'image de l'âne, mais aussi en mettant en scène le parcours de Marie, jeune fille sensible, naïve et innocente. Bresson personnifie l'âne au delà d'un simple être humain pour en arriver presque à un statut "d'être divin". L'âne semble comprendre mais ne jugera jamais. L'âne subit, mais ne se rebellera jamais. Je vous laisse ensuite déterminer le rapprochement avec un certain personnage biblique ... La naïveté de ces deux êtres permettra de refléter une certaine vision "objective" de la société. Marie est à l'image de l'âne, mais sera quant à elle, contaminée par les vices de l'Homme, ce qui provoquera sa perte. Le sort de l'âne est tout aussi triste, mais ce dernier réussit malgré tout à conserver son innocence jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'à ce que l'Homme vienne transpercer sa chair... Si le caractère religieux peut rebuter certains, il n'en demeure pas moins que le discours du cinéaste est, malheureusement, extrêmement juste. Bresson arrive encore une fois, grâce à son cinématographe, à pointer du doigt les travers de l'homme avec une efficacité redoutable.
De Robert Bresson
Avec François Leterrier, Charles Le Clainche
Film français - Drame
Sa note :
(5)
Sa critique : Un Robert Bresson excellent qui signe un film excellent, c'est juste logique dirons-nous. C'est, il me semble, le film qui m'a fait découvrir le style Bressonien que j'affectionne tant aujourd'hui. Je profite de ce modeste commentaire pour vous signaler à tous que le film est présent en Bluray (une fois n'est pas coutume) ! Si ca continue comme ça, je vais commencer par trouver un réel intérêt à ce support !
Sa note :
(4)
Sa critique : "Une vie humble" est un film du cinéaste Alexandre Sokourov, malheureusement très peu connu du grand public. Sokourov a décidément bien retenu les leçons enseignées par le maitre Tarkovski, et signe ici une œuvre purement contemplative, incroyablement belle et édifiante. Une fulgurante sensation de paix, de respect et de tendresse transpercent la caméra, ou devrais-je dire, l'œil de Sokourov, et viennent caresser langoureusement notre âme. Pour lui, l'humilité s'atteinds nottamment par un profond respect de la nature à l'instar de cette petite mamie nippone, devenue solitaire malgré elle, vivant en osmose avec les différents éléments. Le soucis du détail chez Sokourov (long plans de bouche, de cheveux ...) ne témoigne pas d'une recherche anthropologique malvenue, mais bien d'une réelle volonté à percer le mystère et la beauté d'une telle quiétude. Le cinéaste porte un réel regard d'admiration envers une telle humilité, une telle simplicité de l'être, bien loin de tout le matérialisme intrinsèque à notre société. Thèse que Sokourov défend ardemment dans son cinéma, notamment dans Maria, Alexandra ou Dolce. Il est vrai, l'œuvre n'est pas accessible à tous ; le spectateur pourra être dérouté par une telle contemplation, une telle lenteur et un tel silence. Mais comme disait Jeanson, le silence est véritablement la plus belle conquête du [cinema] parlant. De rares copies circulent, bien souvent en qualité VHS (car diffusé sur Arte). Cependant quelques sites proposent d'acheter le DVD.
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