Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 1466 résultats
De Peter Lord
Avec Hugh Grant, Salma Hayek
Film américain,britannique - Animation
Bande-annonce | Séances (94)
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Retour à l’animation traditionnelle en pâte à modeler pour le studio Aardman (après l’inégal "Souris City"), "Les Pirates : bons à rien, mauvais en tout" (je garderai la silence sur tout le "bien" que je pense de ce ridicule sous-titre) s’annonçait comme un film à l’humour ravageur et aux dialogues hilarants, dans la veine de "Wallace et Gromit". Malheureusement, l’alléchante bande-annonce s’est montrée, comme souvent, bien trop généreuse puisqu’elle dévoile la quasi-intégralité des scènes drôles du film (l'abordage des bateaux, le monstre marin qui est dessiné sur les cartes pour faire joli...). Dès lors, que reste-t-il de ces "Pirates" ? Une intrigue ultra-prévisible, d’énormes trous d’air narratif, un rythme plus qu’imparfait et un ton beaucoup trop gamin. C’est peu dire qu’on regrette l’absence de 2nd degré ou de références culturelles (qui sont l’une des marques de fabrique du studio) surtout au vu des gags potentiels que les auteurs ont mystérieusement sous-exploité. L’exemple le plus frappant réside dans l’équipage du capitaine Pirate, riche en personnalités atypiques (à commencer par le marin "étonnement plantureux") mais qui voient leur nombre de scènes réduites à peau de chagrin. Idem pour le singe qui parle avec des cartons, qui aurait dû être le meilleur running gag du film mais qui arrive beaucoup trop tard. Pire, le film est riche en ratés en tout genre, que ce soit le personnage de la Reine (trop méchante et jamais drôle) ou la rivalité entre les pirates (vaguement évoquée au lieu d’être le moteur du film). Il manque au également à ces "Pirates" une certaine énergie et un casting vocal français de qualité. Seul l’excellent Edouard Baer (qui double le héros) s’en sort avec les honneurs mais son omniprésence fait d’autant plus ressentir l’infériorité de ses camarades. Et pourtant, "Les Pirates" se laisse regarder, ne serait-ce que pour l’exploit technique de rendre aussi vivante de la pâte à modeler (exploit auquel le studio Aardman nous a habitué depuis quelques années). Les jeunes enfants seront donc ravis de ces gags gentillets. Pour les autres, autant se refaire l’intégrale des "Wallace et Gromit".
De Jason Reitman
Avec Charlize Theron, Patton Oswalt
Film américain - Drame
Bande-annonce | Séances (12)
Sa note :
(1)
Sa critique : Mais qu’est-il arrivé à Jason Reitman ? Réalisateur de petits bijoux (dont le génial "Thank you for smoking"), Reitman s’était imposé comme une valeur sûre du cinéma indépendant US, et ce malgré une légère tendance à faire un peu moins bien à chaque film ("Juno" était parfois un peu trop inégal, "In the air" souffrait d’une dernière demi-heure en dessous…). Avec "Young Adult", le réalisateur (qui retrouve pourtant Diablo Cody à l’écriture) se plante dans les grandes largeurs. Il a pourtant été survendu comme "le film où Charlize Theron" abandonne son image glamour version Dior. Si l’actrice reste, comme toujours, convaincante, il faut admettre qu’elle n’abandonne pas complètement son statut icône de la mode (voir ses tenues) et que sa prestation reste assez classique et prévisible (la seule originalité résidant dans le caractère détestable de son personnage jusqu’au bout du film). Mais il ne s’agit pas du seul raté du film. L’erreur la plus impardonnable de Reitman restera sans doute le ton nostalgo-dépressif qu’il a voulu insuffler à son film… ce qui est en parfaite contradiction avec son style habituel. Car c’est bien sa capacité à rendre dynamique des situations pourtant banales (à coups de dialogues acérés et de petits détails payants) qui forge tout le talent du réalisateur. Pourquoi, dès lors, avoir abandonné cette marque de fabrique au profit d’une mise en scène si contemplative et privée de rythme (BO minimaliste, plans épouvantablement long, séquences répétitives…) qu’elle en devient insupportable de lenteur dès les premières minutes du film ? Pourquoi avoir privé les personnages des répliques cinglantes qui font tout le sel de ses films ? Et surtout, pourquoi avoir choisi de traiter ce sujet (au potentiel pourtant prometteur) avec un tel misérabilisme et un tel mépris de l’Amérique rurale ? C’est l’autre grosse faute de ce "Young Adult" qui dresse un portait honteusement caricatural (voire insultant) des provinciaux, qui baignent dans une stupidité ambiante dont ils se satisfont faute de mieux et une vénération de la ville, grand temple considérée comme inviolable. Il faut voir les réactions des habitants à l’arrivée de Mavis, entre jalousie et admiration alors que le personnage est avant tout pathétique. Reitman ne nous avait pas habitué à aussi peu de subtilité. Et ne parlons même pas de l’intrigue en elle-même, le spectateur ne pouvant raisonnablement comprendre ce qui pousse l’héroïne à retourner dans un bled qu’elle déteste pour retrouver son ex, marié, père de famille et surtout anti-thèse de sa nouvelle vie. Quant à son histoire avec son ancien camarade de lycée (Patton Oswalt, caricatural), elle repousse les limites du déjà vu dans lequel on n’imaginait pas que le réalisateur oserait tomber. "Young Adult" restera donc comme le premier raté de Jason Reitman, qui pourra toujours se vanter de ne pas avoir fait les choses à moitié à ce niveau. Espérons qu’il retrouve très vite son style habituel.
De Jean Dujardin, Gilles Lellouche
Avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche
Film français - Comédie
Bande-annonce | Séances (4)
Sa note :
(3,5)
Sa critique : On ne dira jamais à quel point il est agréable de voir un acteur bankable mettre sa notoriété et son pouvoir d’attraction du public au service d’un projet risqué. Et il fallait bien la présence de Jean Dujardin et Gilles Lellouche (soit deux des acteurs les plus tendances de ces dernières années) pour porter ces "Infidèles", film à sketchs sur l’infidélité au ton résolument moderne. Au final, le film s’avère imparfait (comme presque toujours dans ce genre de productions) et déstabilisera une partie des spectateurs qui s’attendront à voir une grosse comédie survitaminée (comme le vend la bande-annonce) alors que "Les Infidèles" se veut bien plus profond et dérangeant. Et c’est peu dire que le film n’épargne pas les hommes, présentés sous un jour bien peu flatteur (menteurs, lâches, manipulateurs, faibles…), à travers différents sketchs de valeur inégale. Evacuons tout de suite l’intrigue la moins réussie, à savoir "Le Séminaire" (signé Michel Hazavanicius) et les tentatives désespérées d’un cadre (Jean Dujardin en roue libre) tentant de tromper son femme pendant un déplacement avec sa boîte, qui a le tort de privilégier l’aspect pathétique de son héros au lieu d’exploiter le ressort comique de l’histoire, et qui se voit alourdi par une mise en scène molle et répétitive (beaucoup de longueurs sont à déplorer). A l’opposé, j’ai adoré "Les Infidèles Anonymes" et les mini-sketchs présentant les personnages (signés par le méconnu Alexandre Courtes), qui est incontestablement le passage le plus drôle du film, avec des dialogues hilarants et des personnages hallucinants (mention spéciale à Gilles Lellouche en sportif beauf, à Manu Payet en gérontophile adepte du bondage et, surtout, à Guillaume Canet, monstrueux en bourgeois fayot). Dans un registre complètement différent (on passe de la comédie pure au drame), "La question" (d’Emmanuelle Bercot) permet au couple (à la ville comme à l’écran) formé par Jean Dujardin et Alexandra Lamy de brouiller les pistes entre réalité et fiction et étonne par la pertinence de son propos, le tout filmé avec une subtilité appréciable. Les autres sketchs sont un peu moins aboutis mais restent des courts métrages de qualité. Ainsi, "Lolita" (d’Eric Lartigeau) retrace l’aventure extraconjugale un quadra marié et père de famille (Gilles Lellouche impeccable) et une lycéenne de 17 ans (Clara Ponsot troublante), prétexte à une réflexion le fossé existant entre les 2 amants sans doute un peu caricaturale mais originale. A l’inverse, "Le Prologue" (signé Fred Cavayé), qui décrit les soirées de deux queutards invétérés (Jean Dujardin et Gilles Lellouche, superbes de naturel et de complicité) pourra décevoir par son manque d’originalité mais a l’avantage d’être réalisé efficacement (humour, rythme, musique omniprésente…) et de parfaitement introduire le propos du film. On retrouve d’ailleurs les 2 héros dans le dernier segment du film, "Las Vegas" (réalisé par Dujardin et Lellouche eux-mêmes), avec un style très semblable et, surtout, avec une conclusion inattendue Bref, malgré ses imperfections, "Les Infidèles" recèle d’une énergie bien agréable pour un film français et prouve, une fois encore après "The Artist", que notre cinéma peut produire des films différents sans pour autant sombrer dans l’austérité et l’underground.
De Florent Emilio Siri
Avec Jérémie Renier, Benoît Magimel
Film français - Biopic
Bande-annonce | Séances (12)
Sa note :
(4)
Sa critique : Après Piaf et Gainsbourg, c’est au tour de Claude François d’avoir droit à son biopic. Et, malgré un sort tragique, il n’était pas forcément évident de réussir à intéresser le public à la vie d’un chanteur qui a surtout laissé le souvenir d’un sautillant blond décoloré en costume à paillettes. Pourtant, la vie de Cloclo est un véritable roman et on pouvait compter sur les fils du chanteur, actuels gardiens du temple, pour concocter un film à sa gloire. Mais, et c’est la première surprise de "Cloclo", le scénario ne s’avère pas particulièrement flatteur pour le chanteur et met en avant ses défauts même s’il prend toujours soin de désamorcer la critique (sa jalousie possessive s’explique par ses complexes physiques, son perfectionnisme maladif trouve ses origines dans le mépris de son père, sa dureté envers ses collaborateurs s’accompagne d’une vie dorée et de cadeaux…). On pourra toujours reprocher au film de ne pas être un portrait une charge mais j’avoue avoir préféré ce portrait nuancé qui n’hésite pas à égratigner l’idole (voir la façon dont il traite France Gaal ou les scènes où il cache son propre fils). Autre bonne surprise, la présence du très doué Florent Emilio-Siri sur le siège du réalisateur. Sa mise en scène, bien que relativement sage, s’avère d’une redoutable efficacité (rythmée, il faut le dire, par les tubes du chanteur… ce qui aide pour peu qu’on ne fasse pas partie des réfractaires) et brille par son sérieux apporté à la reconstitution des différentes époques traversées (de l’Egypte des années 50 à la France giscardienne des années 70). Le réalisateur réussit également à sidérer le spectateur lorsqu’il aborde la relation du chanteur avec ses fans (qui dorment dans son escalier, qui l’attendent devant son bureau, qui l’embrassent pendant qu’il conduit…) et nous offrent même quelques grands moments de cinéma (le "My way" final comme aboutissement d’une carrière). Mais ce qu’on retiendra de ce Cloclo, c’est bien évidemment la prestation de Jérémie Rénier, époustouflant voir troublant de ressemblance. Sans aller jusqu’à mérité incontestablement le César (sa voix le trahit et aurait pu être davantage travaillée), l’acteur nous livre une prestation physique éblouissante qui devrait enfin lui offrir une notoriété plus importante. Et, une fois n’est pas coutume, cette prestation n’écrase pas ses partenaires puisque le reste du casting est tout à fait épatant avec un Benoit Magimel méconnaissable en Paul Lederman, Monica Scattini en mère du chanteur, Sabrina Seyvecou en sœur, Ana Girardot en épouse, Joséphine Japy en France Gaal ou encore Marc Babe en père intransigeant. Quelques regrets néanmoins avec de petites maladresse (certaines chansons auraient pu être partiellement coupées, la danse de Cloclo au concert d’Aretha Franklin n’était pas indispensable, les images d’archives de Claude François où le visage de Jérémie Rénier est parfois incrusté…) et, choix scénaristique inhérents au biopic obligent, l’absence de certains moments clés (l’attentat de l’Ira, les émissions des Carpentier…) et autres personnages importants de la carrière du chanteur (Guy Lux, Michel Drucker, Michel Sardou…). Pour le reste, ce "Cloclo" restera comme un film incontestablement réussi qui pourra d’ailleurs intéresser les réfractaires à l’univers du chanteur et faire découvrir le chanteur à une nouvelle génération. Pour le autres, ils se délecteront de cette vague de nostalgie réalisée et interprétée avec brio.
De Thomas Gilou
Avec Richard Anconina, José Garcia
Film français - Comédie
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Les 2 premiers volets de "La Vérité si je mens !" faisant incontestablement partie des plus grandes comédies françaises, l’annonce inespérée d’un 3e épisode, 10 ans plus tard, a forcément suscité une attente énorme teintée, malgré tout d’une certaine méfiance (le souvenir des Bronzés 3 restant très vivace). Au final, ce retour en grande pompe promotionnelle n’est ni le chef d’œuvre comique espéré, ni le ratage redouté… mais simplement une comédie amusante, portée par des acteurs toujours aussi en forme mais privée d’originalité. Au rayon des défauts, on retiendra notamment la longueur déraisonnable du film qui aurait pu être allégé de 20 bonne minutes (le rythme est plus inégal que dans les autres films), quelques dérapages lourdauds (le chinois est, une fois encore, associé au kung-fu et à la bouffe à base d’insectes) et une intrigue qui ressemble à un copié-collé de l’opus précédent (les chaussures remplacent ici les habits de poupée et le final est hyper prévisible). Quant au méchant de l’histoire, on ne peut que regretter le choix de Marc Andreoni (bien moins charismatique que Daniel Prévost) qui ne manquera pas de dérouter les spectateurs, l’acteur ayant campé un tout autre personnage dans l’opus précédent (subterfuge utilisé à de nombreuses reprises dans la saga mais qui n’a jamais été aussi voyant et contreproductif). Et pourtant, on ne peut s’empêcher d’être heureux de retrouver toute la bande du Sentier, délocalisé depuis à Aubervilliers, que ce soit Richard Anconina en chef démerdard, José Garcia en tornade comique, Bruno Solo en amoureux transi, Serge Melki en millionnaire traqué par le Fisc (malheureusement trop en retrait) ou encore Vincent Elbaz qui reprend le rôle de Dov qu’il avait laissé à Gad Elmaleh dans le 2and opus. Les scènes où la bande est réunies sont bien évidemment les plus réussies et surtout les plus drôles (le déménagement des meubles de Patrick, les discussions autour des problèmes de fertilité de Serge, le gag de la girafe…), aidées, comme toujours, par d’excellents dialogues ("tu nous payes en espèce et tu nous dis quand tu veux qu’on les encaisse", "on partage à trois, 50/50… moitié, moitié, moitié" ou encore le poids hors taxe…). Comme il fallait s’y attendre, ce feux d’artifice n’est pas favorable au reste du casting qui voit le retour des illustres anciens mis en sourdine (Elisa Tovati, Amira Casar, Aure Atika, Enrico Macias, Nicole Calfan, Gladys Cohen, Lucien Layani…) ainsi que l’arrivée de quelques nouveaux pas forcément dans la même énergie comique (Léa Drucker en agent du Fisc, Cyril Hanouna en homme d’affaires, Jean-Claude Tran qui semble être l’unique acteur chinois en France…). Un dernier épisode beaucoup plus anecdotique donc mais un bon moment quand même, qui aurait gagné à se renouveler.
De Eli Craig
Avec Tyler Labine, Alan Tudyk
Film américain,canadien - Comédie
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(2,5)
Sa critique : L’un des pitchs les plus alléchants de l’année (2 rednecks inoffensifs sont pris pour de dangereux serial-killers par une bande d’ados en mal de sensations fortes) accouche finalement d’une comédie amusante mais bien anecdotique. Il faut dire que l’enthousiasme suscité par la bande-annonce de ce "Tucker et Dale fightent le mal" avait été si considérable que les distributeurs français lui avaient donné sa chance sur grand écran alors que le film semblait promis à une sortie direct-to-video. Malheureusement, comme trop souvent, les meilleurs moments sont tous présents dans cette bande-annonce, à commencer par la succession de morts improbables des ados, censée pourtant être l’un des points forts du film. Comment peut-on apprécier à leur juste valeur ses" mises à morts" (le passage dans la broyeuse, l’empalement sur arbre, la balle dans la tête…) ou encore les clins d’œil que le réalisateur Eli Craig réserve à certains grands classiques ("Massacre à la tronçonneuse" pour l’attaque à la tronçonneuse, "Vendredi 13" pour le feu de camp, "Delivrance" pour l’ambiance redneck…) s’ils sont déjà entièrement dévoilés par les teasers ? Il ne reste, dès lors, plus grand-chose de neuf à se mettre sous la dent si ce n’est quelques fulgurances comiques (le goût de Tucker pour la bière qui lui sert même d’antiseptique, la timidité maladive de Dale…), une utilisation pertinente du gore et des dialogues plutôt amusants (bien que répétitifs). On aurait cependant aimé que le réalisateur aille plus loin dans l’hommage (avec des références plus poussées) et, surtout, un scénario bien plus élaboré plutôt que cette intrigue qui n’avance plus à mi-bobine (si ce n’est pas le biais de la découverte bien peu intéressante des motivations de Chad). Reste le casting… ou plutôt l’interprétation des 2 héros campés par le placide Tyler Labine (attendrissant en gros nounours maladroit) et l’énorme Alan Tudyk qui n’en finit plus de surprendre dans des rôles à contre-emploi. Car, pour ce qui est de la bande ados, on oubliera très vite des prestations qui oscillent entre le cabotin (la belle Katrina Bowden en gentille nunuche pas crédible une seule seconde, Jesse Moss en chef de bande psychopathe…) et le transparent (le reste du casting). Au final, "Tucker et Dale fightent le mal" est donc une tentative d’OVNI cinématographique certes partiellement ratée mais qui reste sympathique… pour peu qu’on ait pas vu la bande-annonce !
De Guy Ritchie
Avec Robert Downey Jr., Jude Law
Film américain - Aventure
Bande-annonce | Séances (2)
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Après avoir sérieusement dépoussiérer le mythe, Guy Ritchie nous livre la suite des aventures de son "Sherlock Holmes" en conservant un ton diaboliquement moderne mais en oubliant également de se renouveler. Ce "Jeux d’ombres" reprend en effet les mêmes ficelles que son illustre prédécesseur de façon parfois un peu pesantes (le goût du détective pour les déguisements, les déductions sous formes de flash-backs, les combats pensés au ralenti…) et la BO d’Hans Zimmer est bien moins prenante (même le thème principal parait plus mou). On regrette également quelques maladresses (la mort mal exploitée d’Irene Adler, le Russe yamakasi, la quasi-absence de Lestrade…) et la volonté farouche du réalisateur d’enfoncer le clou de l’ambiguïté de la relation entre Holmes et Watson (plus gay friendly que jamais) au détriment de l’enquête. D’ailleurs, on peut difficilement parler d’une enquête puisqu’il n’ait jamais fait mystère de l’identité du grand méchant de l’histoire, le Professeur James Moriarty (Jared Harris, détestable à souhait), ou de ses acolytes. Et même si les fans de l’univers de Conan Doyle (dont je fais partie) seront ravis de l’introduction du Napoléon du Crime (déjà présent de manière fantomatique dans l’opus précédent), j’aurai aimé que le scénario soit plus riche en mystères et de rebondissements. Cette suite est-elle pour autant ratée ? Bien sûr que non ! Car, outre une cohérence de ton et de forme avec son prédécesseur qui ne pouvait qu’être bénéfique (humour omniprésent, rythme incessant, dialogues très réussis…) et le retour de l’exceptionnel duo formé par Robert Downey Jr et Jude Law, "Sherlock Holmes - Jeux d’ombres" surprend par sa fidélité inattendue aux romans de Conan Doyle et nous réserve quelques séquences époustouflantes (l’attaque du train, l’affrontement dans l’usine d’armes, la fuite dans la forêt…). Quant aux nouvelles têtes, Noomi Rapace campe une gitane tout à fait convaincante (à défaut d’être vraiment utile à l’intrigue) et Stephen Fry apporte toute sa bonhomie au personnage de Mycroft Holmes. Ainsi, bien qu’étant incontestablement inférieur au premier opus (définitivement indépassable, ne serait-ce que parce qu’il a pris tout le monde de court), cette suite reste un grand spectacle divertissant qui prouve qu’il est possible de s’attaquer aux grands classiques de la littérature sans pour autant faire dans le surannée.
De Kevin Macdonald
Avec Forest Whitaker, Gillian Anderson
Film britannique - Drame
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Un film édifiant qui retrace l’accession au pouvoir du dictateur sanguinaire Amin Dada à travers le regard d’un jeune médecin européen. C’est sans doute ce parti pris scénaristique qui rend "Le Dernier Roi d’Ecosse" si accessible à un large public, la mise en scène énergique de Kevin MacDonald ayant, en outre, le bon goût de ne pas sombrer dans l’austérité trop souvent de mise dans ce genre de production. On se prend d’ailleurs à partager l’admiration du héros pour Amin Dada, dirigeant affable et original… avant de découvrir sa folie intérieure et les exactions qu’il commet quotidiennement (la terrible scène du corps démembré de l’épouse du dictateur reste longtemps accrochée à l’esprit). En ce sens, la volonté d’identification du spectateur au personnage joué par l’épatant James McAvoy a parfaitement atteint son but. L’interprétation du jeune acteur est d’ailleurs souvent oubliée par les critiques alors qu’il réussit l’exploit de tenir tête au monstre du film, l’époustouflant Forest Whitaker (oscarisé pour l’occasion), qui campe un Amin Dada tout simplement terrifiant. Quelle grandiose idée d’avoir confié ce rôle de dictateur psychopathe à un acteur connu pour ses prestations empreintes d’humanité. Ce choix apporte beaucoup au portrait, tout en contradiction, d’Amin Dada et confère une formidable richesse au film. Le reste du casting souffre un peu de la place prise par les 2 personnages principaux mais on retiendra quand même la présence de Gillian Anderson en humanitaire, de Kerry Washington en épouse volage et de David Oyewolo en médecin local. Enfin, "Le Dernier Roi d’Ecosse" dresse un portrait assez impitoyable mais juste de la situation en Ouganda dans les années 70, en rappelant la responsabilité des occidentaux et en traitant avec une certaine subtilité la légende autour d’Amin Dada (on appréciera notamment l’allusion aux pratiques cannibales ainsi que son goût pour les décorations fictives). Kevin Macdonald signe donc un film particulièrement réussi qui, ironie du sort, a peut-être pour seul défaut d’être trop accessible et ainsi de manquer d’une certaine hauteur qui lui aurait permis de prétendre au statut de classique du 7e art.
Sa note :
(3)
Sa critique : Film culte des années 70 auréolé d’un Palme d’Or à Cannes, "M.A.S.H." doit sa renommée à son ton éminemment anti-militariste, franchement novateur lors de sa sortie en salles. Mais que reste-t-il aujourd’hui du film de Robert Altman ? Car "M.A.S.H." a particulièrement vieilli, de sorte que ces défauts, sympathiques en 70, sont aujourd’hui difficilement acceptables. La mise en scène, tout d’abord, est franchement foutraque, Altman alternant les séquences étirées au-delà du raisonnable (en général, les atterrissages d’hélicoptères que le réalisateur semble affectionner tout particulièrement) et les répétitions en pagailles (les scènes au bloc et leurs gros plans sur les mains des chirurgiens lassent très vite). "M.A.S.H. " restant avant tout un film satirique, un rythme plus soutenu aurait été souhaitable (la BO typiquement 60’s ne venant pas aider). L’intrigue, ensuite, étonne par son absence de structure et donne à "M.A.S.H." des allures de film à sketchs. Les gags sont d’ailleurs assez inégaux, certains brillant par leur inventivité (le running gag avec le sergent Radar, l’annonce des films projetés dans le campement…), d’autres étant bien plus attendus voire lourdingues (les ébats dévoilées par le micro, la scène de la douche…). Le principal reproche que je peux adresser au film est sûrement de souffrir d’une nature hybride (pas vraiment une comédie, pas vraiment un film de guerre) sans pour autant inventer un nouveau genre. On a ainsi souvent l’impression de se retrouver le cul coincé entre deux chaises, ce que la mise en scène bordélique ne vient pas arranger. Heureusement, le film bénéficie d’une liberté de ton et d’un décalage permanent qui font tout son charme. Il faut voir ces toubibs siroter des Martini, draguer tout ce qui bougent, jouer au golf, débarquer en chemise bariolées ou préparer toutes sortes de sales coups pour égayer leur quotidien pour comprendre ce qui a fait le succès du film. Ce décalage (et le parti-pris d’Altman de refuser de montrer les batailles) confère à "M.A.S.H. " un ton absurde sans pour autant être parodique, qui aurait pu être difficile d’accès si le réalisateur ne s’était pas entouré d’acteurs magnifiques et visiblement ravis de faire partie de l’aventure, à commencer bien sur par le trio infernal composé de l’énorme Donald Sutherland, de l’excellent Elliott Gould et du tout jeune Tom Skeritt. Les 2nds rôles ne sont pas en reste même s’ils ont moins marqué les esprits, à part, bien sûr, Robert Duvall en Major rigide et Sally Kellerman dans le rôle culte de l’infirmière Lèvres-en-feu. Bref, "M.A.S.H. " devait très certainement être fantastiquement révolutionnaire lors de sa sortie mais n’a pas forcément supporter le poids des années.
De Álex de la Iglesia
Avec Elijah Wood, John Hurt
Film français,britannique,espagnol - Thriller
Sa note :
(3)
Sa critique : Annoncé comme le retour des films d’ambiance à la Hitchcock, "Crimes à Oxford" s’avère être un thriller plutôt ambitieux sur le papier qui pêche malheureusement par excès de style à l’écran. En effet, le pari de mêler enquête policière et équations mathématiques tout en rendant le discours accessible au plus grand nombre était assez osée et, malgré des dialogues parfois un peu trop artificiels (on sent bien la main des scénaristes par faire plier l’intrigue à la logique mathématiques), le film est plutôt réussi sur ce plan. On se prend même à s’intéresser aux joutes verbales entre le jeune étudiant Martin (Elijah Wood, très bien en rat de bibliothèque mais dont le pouvoir de séduction visiblement irrésistible m’a laissé un peu dubitatif) et le vieux professeur Seldon (l’insaisissable John Hurt, épatant de charisme). Le problème de "Crimes à Oxford" ne réside donc pas dans son pari initial mais bien dans sa mise en scène, le réalisateur ayant eu la main particulièrement lourde sur l’ambiance du film. On retrouve ainsi des personnages beaucoup trop singuliers pour une intrigue aussi classique (la violoncelliste névrosée, le conducteur de bus qui invoque la Bible, l’étudiant russe barje…), un manque de naturel dommageable (que ce soient dans le jeu des acteurs ou les dialogues) et des effets de mise en scène parfois pompeux (le plan séquence dans la rue ou la séquence du théatre, entre autres), parfois inutilement trashs (l’apparition du protégé de Seldom amputé de trois de se membres). A croire que l’influence principale du réalisateur espagnol n’était pas tant Hitchcock que Lynch ou Polanski, autres adeptes des ambiances dérangeantes. Dommage également qu'Alex de la Iglesia n'ait pas davantage joué avec l'univers d'Oxford, l'intrigue pouvant, au final, se dérouler dans n'importe quelle université. Heureusement, le scénario, bien que souvent tiré par les cheveux, vient relever le niveau puisqu’il réussit à égarer le spectateur sur différentes pistes et s’achève sur une note pessimiste plutôt bien vue qui évite l’arrestation moralisatrice qu’on était en droit de craindre. J’ai également apprécié la qualité des 2nds rôles (Leonor Watling, Julie Cox, Dominique Pinon…) et l’accent mis par le réalisateur sur la fascination dévorante que Martin nourrit pour Seldom, aux dépens de sa vie privée. "Crimes à Oxford" reste cependant un film aux coutures trop apparentes pour espérer rester dans les mémoires.

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