Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 3 sur 3 résultats
De Amos Kollek
Avec Austin Pendleton, Anna Thomson
Film américain - Comédie dramatique
Sa note :
(5)
Sa critique : Sue ou la ballade des cafés tristes (pourtant toujours u peu heureux, ou si profondément vivants). Sue ou l'un des personnages féminins les plus forts qui m'a été donné de rencontrer à l'écran, Sue ou l'un des portraits de femme, de ville les plus subtils qu'il m'a été donné de voir. Relations humaines, micro-sociologie appliquée, ode à l'errance, symphonie de la perte de soi, cinéma simultanément social et pleinement lyrique; en vérité je ne saurais vraiment comment parler de ce film qui m'apparaît comme un véritable temple du cinéma. Notamment parce qu'une telle proposition de récit, la pensée et la sensibilité sur lesquelles s'apppuie Amos Kollek sont des points de départs artistiques rarement présents dans les salles obsures, le film mérite dès lors d'être vu par la singularité de l'oeuvre. Chaque séquence, et peut-être chaque plan, est un tableau subtil, et déjà, une sorte de poème ; puis tout se tisse et se noue harmonieusement pour nous offrir une totalité touchant plénitude, salvatrice complexité et palette émotionnelle rarement égalée. Les deux responsables principaux, Amos Kollek et Anna Thomson, nous offrent ici le plus cadeau, la plus belle bombe cinématographique de leurs multiples collaborations et me semblent toucher la quintessence de leur cinéma. Sue, critique subversive d'une époque et d'un modèle de société, Sue, poésie maudite et exaltante, inénarrable, magnifique Sue !
De Tony Scott
Avec Christian Slater, Patricia Arquette
Film américain - Thriller
Sa note :
(5)
Sa critique : Tout ici est savamment bien huilé, regorgeant de couleurs pop et d'archétypes, d'émotions souvent simples et adolescentes, et dépose sur l'iris un ballet kitsch, mélange d'eau de rose et d'hémoglobine soigneusement composé. S'attacher à un film comme celui-ci pose aussi la question, lorsque l'on donne à ce point à voir les ficelles, les symboles et préjugés sur lesquels le récit repose, du noeud qui nous relie aux oeuvres, des circonstances qui y sont propres et des différentes "strates" de la subjectivité auxquelles l'art peut s'adresser. Car nécessairement, un film ou une oeuvre pose la question du spectateur : ici, en pleine adolescence, une odyssée épique et sucrée qui fait fi en partie des catégories morales classiques m'a foudroyé droit au coeur. Devant les émois passionnels des deux amants, encore aujourd'hui, plus d'une dizaine d'années après, je ressens cette fraîcheur du rêve, et revois le film comme on remonte dans un manège, toujours avec la même délectation - sa candeur nous renvoie peut-être tous à quelque chose de typiquement adolescent. Il y a pléthore de grands films de couples dans le cinéma américain de ces dernières années, étrangement ce sont des opérations architecturales - bien stériles par leur froideur technique - comme Titanic qui ont raflé l'attention du plus large public ; ici pourtant on se situe en pleine fable, dans un décor plus marqué, mais la magie me semble opérer d'autant plus que les stigmates portés par les amants sont forts et violents. Le thème de Hans Zimmer qui revient dans le film, aux allures de petite musique douce et hivernale, Patricia Arquette qui n'est autre chose qu'une réactualisation moderne de la fée, ou de l'ange déchu qui va trouver une rédemption, et de nombreux autres éléments sont constitutifs du fait que ce film s'impose à mes yeux comme un des plus jolis contes produit sur ce fameux thème de l'amour tempête, à la fois destructeur et créateur. Ainsi, que ce soit seul pour rêver, au début d'une histoire d'amour que l'on vit ou lorsqu'une autre vient de se terminer, selon que l'on cherche exaltation ou nostalgie - car le récit puise savamment dans les deux registres -, True Romance reste le bienvenu, à garder sous la main comme ces petits jouets ou objets de l'enfance et de la vie que l'on conserve soigneusement dans des boîtes que l'on aime à rouvrir.
De Zack Snyder
Avec Jackie Earle Haley, Patrick Wilson
Film américain,britannique - Science fiction
Sa note :
(1)
Sa critique : Cette étoile plus haut vaut, à juste titre, pour la première moitié du film, qui nous offre des toiles resplendissantes et subliminales assez réussies. Cependant, quelque chose se passe, se brise, au fur et à mesure, l'ami Snyder a lâché soit sa mise en scène soit l'œuvre d'origine et semble se perdre (avec le spectateur) dans un abîme sans fond. Dilemme insurmontable face à la profondeur du travail de Moore et Gibbons : comment traiter à l'écran quelque chose d'aussi intense ? Alors, nous ne savons plus si nous sommes devant les Watchmen 87 ou les Watchmen 2009, et on valse, presque comme dans une publicité qui userait de super-héros pour l'exotisme. L'alternance de plans qui sont l'exacte copie des cases de la bd et d'éléments entièrement incongrus finit par réduire, écrabouiller, ratatiner l'ensemble. Faire un choix précis, donc, aurait sans doute été nécessaire (la fidélité ou le détournement magique ?) ; le choix qu'il nous reste à nous, spectateur, est de lire ou de relire le comic.
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