Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 287 résultats
Sa note :
(4)
Sa critique : The Major and the minor est le premier film de Billy Wilder seul et, comme il le fera toujours en tant que scénariste, c'est lui qui l'a co-écrit. Certes, on n'est pas encore dans les chefs-d'oeuvres de maturité du maître, mais il s'agit véritablement d'une plongée dans l'univers de Wilder, avec ses quiproquos désopilants, ses dialogues irrésistibles et ses personnages doubles-jeux malgré eux. Ginger Rogers joue à merveille ses rôles de fillette-jeune fille/femme - mère/ grand-mère, et se joue avec plaisir de tous les naïfs qu'elle croise, à commencer par Ray Milland. On est transporté de fil en aiguille depuis New-York dans un train pour l'Iowa, et puis dans un camp de militaires aux allures de camp scouts, avec des plaisanteries et des pirouettes typiques de Wilder. Billy Wilder, habitué des scénarios sophistiqués, assure d'emblée de jeu une mise en scène solide, même si elle n'a pas été reconnue avant Le Poison. Pourtant, son génie crève les yeux, et c'est toujours avec délice qu'on peut revoir ses premières, qui ne sont pas même effacées par les plus grands succès de Wilder.
De Nicolas Roeg
Avec Donald Sutherland, Julie Christie
Film italien,britannique - Thriller
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Mystérieux, déroutant, fantastique et fascinant. Le troisième film de Nicolas Roeg (deuxième réalisé seul) est une descente aux enfers d'un couple déjà déchiré par la tragique disparition de leur petite fille, et dont le souvenir est ravivé lors d'un séjour à Venise. Admirablement bien conçu, le film présente une ouverture et une conclusion qui se répondent, par leur caractère dramatique, mais aussi par la boucle qu'elles closent. La fin offre aussi une splendide compilation des meilleures images du film : Nicolas Roeg étant un ancien directeur de la photographie, elles ne tarissent pas au long du film. Don't look now est émaillé de scènes inoubliables : la scène de la noyade, vue de différents points de vue, la scène de vie conjugale qui aboutit en une torride scène d'amour, et tous les plans fugitifs qui suggèrent la stupeur et le désarroi des personnages. Finalement, la trame est sordide, mais la manière de raconter est admirable : les dialogues sont très confus, et ce sont les images, autant que les regards, qui narrent cette pénible histoire.
De Ridley Scott
Avec Harvey Keitel, Keith Carradine
Film britannique - Historique
Bande-annonce | Séances (3)
Sa note :
(4)
Sa critique : Il est véritablement très compliqué d'attribuer un style à Ridley Scott. Est-ce une démonstration d'exploits virils ? Thelma et Louise nous dit le contraire. Une ouverture aux grands espaces ? Alien l'infirme. Une propension au réalisme ? Blade Runner ne va pas dans ce sens. Et heureusement que je ne parle que des plus grands films de Ridley Scott. Sa première œuvre est dans tous les cas l'une des plus étonnantes. Faisant fi d'un budget mince pour un si vaste projet, Scott adapte avec brio cet auteur si difficile qu'est Joseph Conrad. D'emblée, on reconnaît le virtuose, dans cette capacité à capter les plus belles lueurs du jour et leur donner une teinte dramatique au contact de l'action qui occupe le film. Le récit est plus qu'absurde, on oppose un opportuniste (que l'on voit sous son bon côté, puisqu'il n'est que le héros) se démener dans la vie et essayant de s'arracher à la menace d'Harvey Keitel, sorte de Julien Sorel impulsif, admirant voire imitant son idole, Napoléon. Les Duellistes n'abuse pas d'une mise en scène trop brouillonne, et est au contraire quasiment impeccabe. Mais le plus important de ses défauts est d'être sorti deux ans après Barry Lyndon...
De Peter MacDonald, Sylvester Stallone
Avec Sylvester Stallone, Richard Crenna
Film américain - Action
Sa note :
(2)
Sa critique : Troisième épisode, troisième réalisateur : Peter MacDonnald remplace George Pan Cosmatos. En témoin de son époque, John Rambo se voit embarqué en Afghanistan, à la rescousse des rebelles contre les méchants soviétiques. Comme toujours, le personnage qu'on connaît le plus est Rambo, et il est encore plus fermé qu'avant. Comme Scharzenegger, Stallone joue une machine, mais une machine bien capricieuse et toujours prête aux excès de zèle. Les autres personnages ne sont que des figurants qui parlent, même si cette fois-ci on accorde plus d'importance au colonel Trautman. Avec Rambo III, on est définitivement convaincu que le rôle éponyme n'est qu'un prétexte pour faire un film d'actions regorgeant d'effusions de sang, d'exhibition de muscles et d'explosions bruyantes. Car on n'a plus rien à dire, cette saga étant avant tout commercial, et le nom de Rambo se vendant très bien. Dommage car encore une fois, le principe du début de la saga était intéressant, mais les auteurs trop velléitaires pour poursuivre dans cette voie.
De George Pan Cosmatos
Avec Sylvester Stallone, Richard Crenna
Film américain - Action
Sa note :
(2)
Sa critique : Le problème de Rambo est qu'une fois les bases de l'histoire posées (le vétéran qui se réintègre mal dans la société), il n'y a plus rien à dire. Mais non, Stallone persiste dans le rôle de l'ex-soldat bourrin, cette fois-ci en "mission" de récupération de prisonniers. Le personnage est encore moins attachant que la dernière fois, et ce n'est pas la pseudo-romance, si insignifiante, qui nous convaincra que le personnage a le moindre intérêt. Pour recommencer ce qui devient une saga, c'est George Pan Cosmatos qui s'y colle, et l'on reconnaît son style sauvage dans les scènes d'action où le regard haineux d'un Rambo est censé construire l'histoire. Certes, il ne s'agit pas d'une nullité, car la tension montante et l'errance de Rambo autour de tous ses ennemis (à l'exception de son seul allié véritable, Trautman), sont les points remarquables. Néanmoins, Rambo II reste un film d'action, et son intérêt cinématographique est limité, ce qui ne s'arrangera guère avec le troisième volet de la série.
Sa note :
(2,5)
Sa critique : John Rambo est un vétéran du Viêt-nam qui, de retour au pays, cherche en vain de s'y faire accepter. Mais partout il est rejeté, car malgré lui, il représente ce que les Américains moraliste critique vivement. Ayant appris la mort de tous ses anciens compagnons de combat, Rambo est désormais seul, et dès qu'il cherche à se restaurer dans un patelin de l'Amérique profonde, il est confronté à l'hostilité des autochtones. Profondément révolté, Rambo se réveille et commence à se déchaîner. Le film d'action de Ted Kotcheff, basé sur un roman de David Morrell, présente de nombreux points intéressants sur le problème toujours vu et revu de la guerre du Viêt-nam, cette fois sur le sol américain. Mais de même qu'Oliver Stone (qui lui se veut sérieux), Kotcheff échoue dans sa volonté représenter quelque chose de significatif, et Rambo devient un film d'action basique, avec ses scènes de torture et d'explosions spectaculaires. Premier volet d'une trilogie au succès planétaire, Rambo est une énième remise en cause du conflit vietnamien.
De Woody Allen
Avec Dianne Wiest, Woody Allen
Film américain - Comédie dramatique
Sa note :
(4)
Sa critique : Oscillant entre Jean-Sébastien Bach et Cole Porter, Hannah et ses sœurs est l'un des meilleurs Woody Allen. Reprenant ses chères thématiques bergmaniennes (il a même convoqué Max von Sydow au générique), Woody Allen compose une pièce décapante autour de Hannah et des couples entrelacés. Ici, Woody Allen joue une fois de plus le bouffon du film, hypocondriaque qui, angoissé par l'idée de la mort, essaie la voie de la religion, passe du judaïsme au christianisme, bouddhisme... sans jamais être convaincu car trop velléitaire tant dans ses actes que dans ses pensées. Mais ce personnage a moins d'importance que Michael Caine qui, comme Martin Landau dans l'ultérieur Crimes et délits, ne tarde pas à détruire sa famille par ses humeurs changeantes. Car derrière le ton comique habituel, Woody Allen se fait plutôt grave, à la suite de son maître Bergman. Bien orchestré, Hannah et ses sœurs repose essentiellement sur ses personnages, tous merveilleusement interprétés par des acteurs exceptionnellement doués.
De Federico Fellini
Avec Broderick Crawford, Richard Basehart
Film italien,français - Comédie dramatique
Sa note :
(4)
Sa critique : Chez Fellini, les escrocs sont des clowns. Mais des clowns tristes, des minables condamnés à une vie insignifiante et une fin aussi glorieuse. Après le succès mondial de La Strada, Fellini réalise une œuvre plus mineure, mais non moins dramatique, Il Bidone. C'est l'histoire pitoyable de ces voleurs ratés qui vont de coup en coup sans jamais pouvoir décoller. Ils se déguisent comme les gens du cirque, et l'on retrouve avec leur recherche de mise en scène dans leurs méfaits la passion de Fellini pour le spectacle. Mais le rire côtoie les larmes, et ce n'est que pour nous enfoncer dans le pathétique que Fellini nous fait cheminer dans la bassesse et la misère de ses personnages : ils dérobent les plus indigents et les plus démunis, sans honte ni vergogne. L'un d'eux est marié, et il finit par éprouver des remords pour sa dignité perdue, de même que le plus âgé d'entre eux, lassé par une vie de rapines et de lâchetés. Federico Fellini est désabusé devant tous ces individus solitaires parce qu'isolés, de même qu'il sera enthousiaste face aux foules et aux familles unies.
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Blithe Spirit, comme tous les premiers films de David Lean, reflète davantage l'esprit de Noël Coward que celui de Lean. Comédie fantastique, elle réemploie le thème classique du couple fantôme, avec d'amusants effets spéciaux récompensés aux oscars. Mais si l'histoire est loin d'être intéressante, les acteurs sont tous merveilleux, Rex Harrison en tête, et la plus grande qualité du film est bien entendu le dialogue. Dès le début, on sent qu'il s'agit d'une pièce de théâtre cinématographique, et les décors typiquement britanniques sont là pour nous le rappeler. Osés, sophistiqués, cinglants, les dialogues sont l'essence même de L'Esprit s'amuse. Ils fusent dans tous les sens, de la même façon que les spectres devant les mortels désemparés. David Lean brillera par la suite dans ses grandes fresques épiques, mais il n'est pas moins bon dans la détente cérébrale avec cette comédie dont on regrette néanmoins la légèreté vexante. Vexante car David Lean est certainement le plus grand de tous les cinéastes britanniques, ce dont on a pu se rendre compte uniquement grâce à ses œuvres ultérieures.
De Hal Ashby
Avec Ruth Gordon, Bud Cort
Film américain - Comédie dramatique
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Comme tous les films de Hal Ashby, Harold et Maude ne manque pas d'une certaine originalité. Éprouvant tous deux une passion malsaine pour tout ce qui attrait au suicide et à la mort, Harold et Maude vivront un amour particulier au vu de leur grande différence d'âge. Ce film possède des touches comiques très réussies, ce sont bien sûr toutes les tentatives bidons de suicide, gagnant chaque fois en originalité, et culminant lorsque Harold se voit confié la mission pressante de trouver une épouse, et y prête la plus belle mauvaise volonté du monde. Harold se trouve incapable d'assumer son existence, et contrairement à tout ce que prônait le bouleversement des valeurs de la fin des années, c'est Maude, une sexagénaire qui va réveiller ce mort-vivant et lui redonner le goût de vivre. Malheureusement, pour ce qui est du côté dramatique du film, Ashby ne va pas très loin, il n'arrive pas à faire sentir la gravité de son sujet, et on pourra lui faire le même reproche avec Bienvenue Mister Chance, sorti huit ans plus tard.

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