Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 5 sur 5 résultats
De Giorgos Lanthimos
Avec Christos Stergioglou, Michele Valley
Film grec - Drame
Sa note :
(4)
Sa critique : "Dérangeant" est le mot qui convient le mieux à ce film. Mélangeant finalement une situation concrète avec des thèmes de fond abstraits, Yorgos Lanthimos nous offre une petite réflexion sur les phénomène de socialisation. La réalisation est soignée, le sentiment d'enfermement et d'oppression agit sur le spectateur, et la quasi-absence de musique de fond renforce cette impression. On se retrouve vite dans un huis-clos ; huis-clos quasi-irréel mais où il n'y a pas paradoxalement aucun élément surnaturel. A fortiori, la réalisation n'utilise pas d'artifices (effets spéciaux, musiques etc. ...) pour mieux indiquer au spectateur quelle émotion ou pensée il serait convenu de ressentir. Le spectateur est ainsi laissé en totale liberté de conscience face à ce film. Libre à lui d'interpréter la situation de fait qui est celle de cette famille, et surtout de ces enfants qui semblent vivre en dehors de toute norme de notre société moderne. Car c'est la principale force de film que de bouleverser les normes, et, principalement, les codes de langage. Les codes du langage oral d'une part. Les codes du langage gestuel d'autre part. Mais aussi et surtout des interactions entre ces deux types de langage (ainsi à titre d'exemple, l'absence d'une conception claire de la notion de filiation pour les enfants -l'idée- ne leur fait pas prendre conscience de leur inceste -l'acte- ; inceste qui est laissé, encore une fois, au libre jugement et à la libre appréciation du spectateur). C'est finalement un film à voir pour nourrir sa réflexion sur les normes de langage. On peut finir en notant la performance des acteurs, qui arrivent à conjuguer leur côté de grands adolescents à une naïveté enfantine, voire ingénue (conséquence de leur éducation).
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Un film long, mais dans la longueur se justifie par la diversité des ambiances exposées au long de l'oeuvre ainsi que par la pluralité des thèmes abordés. Quatre heures sont ainsi un excellent format pour laisser monter en puissance une intrigue aussi riche qu'ici. Love exposure peut a priori dérouter, avec un scénario qui est à première vue assez absurde et comique. C'est cette dimension comique que l'on retrouve dans la première heure du film, qui sert essentiellement à nous présenter les personnages et poser les bases du film. Un film qui raconte à première vue une histoire d'amour qui va se tisser entre deux personnages, Yoko et Yu. Par la suite, ce film nous narre une gigantesque manipulation perverse et sadique qui va toucher les héros du film, Yoko et Yu, en se servant de leurs sentiments les plus nobles (l'amour pour l'une, la foi pour l'un). Manipulation qui est ici poussée à un point quasi-extrême, et où la folie n'est jamais bien loin des sentiments rationnels qui guident les personnages, sujets du sadisme de Koïke, le troisième personnage-clé du film, initiatrice de toute la machination exposée dans ce film. C'est là tout le génie de cette oeuvre : cette contradiction entre les sentiments vertueux des personnages et le fait que ce soient ces mêmes sentiments qui sont le ciment d'une terrible manipulation. On sent une véritable montée en puissance tout au long de ce film. D'un ton assez léger et comique, on passe vite à des thèmes plus universels, puis à une ambiance plus grave. Shion Sono fait carrément basculer son film dans le drame lors de la dernière heure, avec des scènes absolument bouleversantes, portées par un trio d'acteurs excellents. A titre d'exemple, la scène de l'épître aux corinthiens est l'une des plus belles qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps. Avec un tel scénario et une telle longueur, il n'est pas étonnant que les thèmes de fond abordés dans le film soient nombreux et riches. Il est ainsi question d'amour, de religion, de foi et de croyance, d'endoctrinement, de sacrifice, des liens familiaux, ou encore de la sexualité et les tabous qui s'y rapportent. Tous ces thèmes s'entremêlent au long du film. Si l'on doit en dégager deux principaux, on pourrait dire que c'est la foi (qu'elle soit religieuse ou amoureuse) et le pêché. Tout au long du film, Shion Sono nous fait passer des messages métaphoriquement. L'un des plus forts et qui revient à plusieurs reprises est celui de l'érection. Représentée de façon très caricaturale mais avec une force symbolique très forte, l'érection du héros n'intervient qu'en présence de la fille qu'il aime. Il dit avoir "une érection avec le coeur". Cette érection est comparée à la croix catholique, couchée sur le sol, ou levée fièrement vers le ciel. Là encore, on voit que Shion Sono veut nous montrer le paradoxe entre la vertu et ses conséquences. Une autre scène représentant la manière dont le film fait s'entrechoquer les idées est celle de la confession d'un ancien prêtre qui avoue désirer plus que tout "du sexe". A travers ce film, le réalisateur ose poser la question au spectateur de ce qui est vertueux ou pas, de ce qui relève du pêché ou ce qui n'en relève pas. Le faisant de manière très subtile et ne nous assénant pas de morale à la fin de son film, le spectateur est laissé assez libre de ses opinions. Au final, c'est donc un film qui derrière son aspect assez burlesque est très profond et laisse de nombreuses questions en suspens, auxquelles les réponses sont données à la discrétion du spectateur. Derrière toute cette toile de fond, ce film reste aussi et avant tout une histoire d'amour, qui se laisse savourer au fil de quatre belles heures.
Sa note :
(1,5)
Sa critique : "Un film qui ne décolle jamais"...Voilà la réflexion que je me suis fait durant la seconde moitié du film et après l'avoir fini. Outre l'esthétique du film qui n'est pas vraiment marquante, les personnages sont très (trop) caricaturaux (les acteurs ne sont pourtant pas mauvais, sans être excellent non plus). Surtout, ce film contient des clichés à n'en plus finir, pompés et usés sans vraie originalité. Sur le scénario en lui-même, il s'agit de deux paumés. Là où Sofia Coppola avait sû mettre avec originalité dans Lost in Translation deux paumés dans le cadre Japonais, très propice à faire ressortir la solitude des personnages, le cadre Américain est lui-ici pas du tout exploité (ou très peu). Il y a quelques bonnes idées parsemées par-ci, par-là, mais pas de réelle profondeur.. A noter tout de même, la bande originale sympathique...
De Sean Ellis
Avec Sean Biggerstaff, Emilia Fox
Film britannique - Comédie dramatique
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Un film au scénario qui paraissait intéressant, mais qui laisse sur sa faim. A première vue, tout était ici fait pour avoir un film de contemplation. Ce jeune ayant rompu avec sa petite amie peut s'épancher dans un magasin nocturne à la contemplation de sa propre douleur qui se manifeste par l'insomnie et trouver refuge dans son art, le dessin. Ajoutons à cela, un élément qui relève du surnaturel, à savoir qu'il peut arrêter le temps pour encore mieux contempler et dessiner les choses, les gens, leurs émotions, et on obtient un film qui aurait pu être un petit bijou. Mais malheureusement Sean Ellis nous offre ici un film qui oscille entre le comique et la beauté. Certaines scènes sont particulièrement réussies ; on vire parfois dans un érotisme beau à voir. Mais trop souvent, l'héros se retrouve confronté à d'autres personnages trop caricaturaux pour rendre le film vraiment crédible. Pire, on nous assène même une morale à la fin. En bref, dommage que le réalisateur ne soit pas allé chercher plus d'idées dans l'idée de base du film.
De Richard Linklater
Avec Ethan Hawke, Julie Delpy
Film américain - Romance
Sa note :
(4)
Sa critique : Before Sunset fait encore mieux que Before Sunrise... Je trouvais le premier encore un peu trop niais à mon goût à certains moments (bien qu'il reste assez réaliste par rapport au flot des films sentimentaux qui sortent en salles), before sunset fait mieux avec un ton qui me parait vraiment juste. Ce film paraît...assez réaliste, et ça devient assez rare pour me plaire. Paris est un cadre évidemment romantique mais rien n'est surjoué, les réactions ne sont pas stéréotypés, et une longue tirade d'un des protagonistes peut très bien se retrouver à l'eau par l'auto dérision de l'autre personnage, et ça fait du bien de voir ça parfois ! Le fait que le spectateur suive quasiment toute la rencontre des deux personnages de bout en bout rajoute vraiment quelque chose d'assez intense. Bref, ça faisait longtemps que je n'avais pas vu un film qui m'avait autant plu. Un film authentique.
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