Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 1013 résultats
De John Huston, Ken Hughes
Avec Peter Sellers, David Niven
Film britannique,américain - Comédie
Sa note :
(3)
Sa critique : Quel étrange film. 6 réalisateurs, dont John Huston (également devant la caméra en tant que... "M") ; un casting à faire baver n'importe quel producteur des années 60 : David Niven, Peter Sellers, Ursula Andress, Orson Welles) ; une dizaine de scénaristes, certains acteurs ayant réécrit eux-mêmes certaines de leurs scènes (Sellers, Woody Allen... sans compter Welles tenant à tout prix à ce que son personnage fasse des tours de magie). Même Billy Wilder aurait participé à l'écriture ! Rien d'étonnant à ce que le film n'ait ni queue ni tête. Au bout d'un moment, on ne cherche même plus à comprendre, on subit, notamment lors des séquences avec Sellers, plus caractériel que jamais (son animosité avec un Orson Welles tout aussi égocentrique est restée célèbre). Avec des conditions de production aussi chaotiques, c'est un miracle que ce film existe. Non pas que sa conception fut particulièrement nécessaire, malgré quelques bonnes scènes, notamment dans la séquence écossaise réalisée par Huston (une scène de combat à base de boulets, hilarante) ainsi que la séquence finale, joyeux bordel sans nom plutôt bien exécuté (on n'a de toute façon cessé depuis longtemps d'essayer de comprendre ce qui se passe), avec un David Niven roundhouse-kickant à tire-larigot, un Woody Allen éructant des petits filets de fumée fluo et... Jean-Paul Belmondo, qui passait par là. Si tout le film avait été aussi délirant que cette séquence finale, il aurait pu devenir un film culte pour des raisons un peu plus valables que sa production absurde. Ah, et il y a aussi des scènes psychédéliques, mais c'est encore une autre histoire...
De Richard C. Sarafian
Avec Barry Newman, Cleavon Little
Film américain - Aventure
Sa note :
(4)
Sa critique : Impossible de ne pas comparer "Vanishing Point" à "Easy Rider" : la route, la route, encore la route, de la drogue, des hippies (dans les deux cas, mal perçus), l'Amérique, et la mort. Le film de Sarafian est moins connu, le héros est solitaire, il est en voiture, il carbure au speed (avec le double sens que cela suppose en anglais). Kowalski semble avoir un but : amener sa voiture à San Francisco, là où les héros de Dennis Hopper se rendaient à la Nouvelle-Orléans pour le carnaval. En réalité, on ne sait pas pourquoi Kowalski est si pressé, pourquoi il doit amener cette voiture : de fait, il conduit pour conduire. Tout comme chez Hopper, ce dernier héros américain périt sur les routes, à la différence que Kowalski le fait en gardant sa liberté. Le film contient quelques scènes inutiles (les flashbacks "féminins" apparaissent bien trop académiques, tant sur le papier qu'à l'image), mais aussi des courses-poursuites efficaces, en faisant un film d'action pas désagréable. Peut-être même injustement oublié quand "Easy Rider" est un peu trop célébré.
De Wes Anderson
Avec Bruce Willis, Edward Norton
Film américain - Comédie
Bande-annonce | Séances (352)
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Aller voir le dernier Wes Anderson de son plein gré, c'est savoir parfaitement ce qu'on va y retrouver : des histoires de famille et des longs travellings sur des décors ouvertement factices et colorés. Sur la forme, les premiers plans ne nous détrompent pas : Anderson filme la maison de la jeune Suzy de la même façon qu'il filmait le bâteau de Steve Zissou dans « La vie aquatique ». Sur le fond, il s'agit bel et bien, encore et toujours, d'un film sur la famille. Suzy vit avec son père dépressif, sa mère volage et ses trois petits frères ; sa famille, elle cherche à s'en défaire avec Sam. Les parents de ce dernier étant morts, il vit avec deux familles d'adoption : un couple de voisins qui finit par l'abandonner, et son équipe de scouts, qui le méprise ; sans vraie famille, il compense son manque d'affection son histoire d'amour avec Suzy. [spoiler]Sans grande surprise, le film finit bien, et Sam finit même par trouver une figure paternelle dans la personne d'un policier déprimé.[/spoiler] Mélancolique à tendance burlesque, Wes Anderson tente de changer quelques ingrédients à sa recette, les enfants prenant pour la première fois le pouvoir. Sam, le scout malin, et Suzy, la gamine rebelle, s'aiment, et ne veulent laisser personne les en empêcher, naturellement surtout pas leurs familles. Les ingrédients sont savoureux, mais l'ensemble manque de cuisson. De façon assez prévisible, les adultes semblent avoir oublié leurs propres émois pré-adolescents. Les parents de Suzy ne s'aiment plus : Monsieur (Bill Murray, en caricature de lui-même) est dépressif, Madame (Frances McDormand, sous-exploitée) regarde ailleurs, et ni l'un ni l'autre ne peut comprendre que leur fille puisse être réellement amoureuse. Le chef de troupe scout (Edward Norton, convaincant à contre-emploi) est quant à lui bien trop naïf pour concevoir l'existence de telles amourettes. Seuls deux adultes soutiennent les deux tourtereaux : [spoiler]un autre chef scout (Schwartzmann, sympathiquement cabotin), arrivant comme un cheveu sur la soupe et disparaissant presqu'aussitôt, véritable enfant aux allures de trentenaire et qui accepte de « marier » Sam et Suzy ; et le policier déprimé (Bruce Willis, pas très à son aise), assumant finalement la fonction du « père » compréhensif.[/spoiler] Tout cela est gentiment mignon, mais entre le casting très inégal et les manies visuelles un brin lassantes d'Anderson, « Moonrise Kingdom » n'apporte finalement rien de fondamentalement nouveau dans sa filmographie. Anderson est en réalité passer à côté de son vrai sujet (une histoire d'amour entre un garçon et une fille de 12 ans) en s'attardant sur des intrigues secondaires : la relation McDormand/Willis, les conversations téléphoniques avec Tilda Swinton, les scènes avec le narrateur Bob Balaban... Pour un film traitant de la jeunesse, « Moonrise Kingdom » manque d'un certain grain de folie, d'une certaine innocence, mais lorsqu'il s'en tient à l'histoire qu'il aurait aimé lui-même vivre à cet âge là, Anderson signe un beau moment de grâce :[spoiler] sur fond de Françoise Hardy (effet kitsch garanti), les deux amants se rapprochent et s'embrassent avec la maladresse inhérente à leur jeunesse.[/spoiler] Pendant l'espace de quelques minutes, on parvient à croire à leur histoire et à leur romance, et on se plait à imaginer que la suite du film touchera au même degré de poésie et d'humour qui est alors celui de ses personnages. Il s'agit probablement de la scène où les deux enfants sont le moins dirigés, le plus naturels : une scène réussie perdue au milieu d'un film décevant, pour un réalisateur talentueux trop occupé à se regarder filmer.
De Michael Bay
Avec Bruce Willis, Billy Bob Thornton
Film américain,russe - Science fiction
Sa note :
(1)
Sa critique : Par flemme et aussi à cause de la réputation du sieur Michael Bay, je n'avais vu aucun de ses films. C'est maintenant chose faite avec cet insupportable nanar intergalactique. On peut avoir des millions de dollars, faire plein de grosses explosions, se payer de la grosse star (Willis), de petite (Affleck, encore à ses débuts) et d'autres qui passaient par là (Buscemi, dont les interventions humoristiques ont été pour moi les seuls moments du film où je n'avais pas envie de vomir sur l'écran). Sur le fond : une menace venue de l'espace, des bouseux pour sauver la Terre, du patriotisme et plein de bonnes vieilles valeurs américaines, du placement de produits, des clichés à la pelle (mention spéciale au plan sur le Mont Saint-Michel), etc... Sur la forme : cadreur parkinsonien, montage épileptique, musique à fond les ballons. 2h30 éprouvantes. Dans mon entourage, même les personnes ayant aimé le film reconnaissent que ce n'est pas là un chef d'oeuvre (encore heureux), mais estiment que c'est un très bon film pour se détendre. Pourquoi donc étais-je à deux doigts de me ronger les ongles jusqu'à l'os tellement j'ai eu l'impression qu'on essayait de me violer le cerveau ? Mystère.
De Francis Ford Coppola
Avec Gene Hackman, John Cazale
Film américain - Thriller
Sa note :
(4)
Sa critique : "Conversation Secrète", ce petit Coppola tourné entre les deux premiers "Parrain", a des allures de thriller psychologique... qu'il n'est pas vraiment. C'est aussi un empreint assumé à "Blow-Up" : l'histoire d'un homme (photographe chez Antonioni, un filateur chez Coppola) dont la perception est dépassée par celle de son outil de travail. L'enjeu, en apparence : un meurtre. Chez Antonioni, il est déjà fait ; ici, il est à faire. Et surtout, dans "Conversation Secrète", le personnage est un professionnel de l'espionnage, alors que c'est un artiste dans "Blow-Up". Dans les deux cas, c'est finalement le cheminement du personnage principal, sa réaction vis-à-vis d'un évènement inattendu troublant son quotidien répétitif, qui nous intéresse, bien plus que la résolution de l'affaire (d'ailleurs assez prévisible). La fin se solde sur un échec pour le personnage principal, comme dans "Blow-Up" et comme dans... "Blow Out". Trois films très différents et pourtant similaires dans leur développement ; trois grands films même si celui-ci est peut-être le moins indispensable...
De M. Night Shyamalan
Avec Mark Wahlberg, Zooey Deschanel
Film américain,indien - Fantastique
Sa note :
(3)
Sa critique : Le début de "Phénomènes" ne manque pas de rappeler certains films de Carpenter ("Le village des damnés" surtout, mais aussi un peu "Prince des Ténèbres") : la menace se manifeste d'emblée. Quelle est-elle ? Terroristes, extraterrestres ? Non, la Terre elle-même ! Si Carpenter signaient des thrillers anars, Shyamalan invente le thriller écolo ! L'idée fait sourire, et ne manque pas d'excéder étant donné l'indigence du scénario. Cela dit, elle donne lieu à des scènes très intéressantes : lorsque les personnages font face à la menace, Shyamalan filme... un champ vide parcouru par des rafales de vent. Là où des dizaines de réalisateurs auraient mis des monstres et des robots, Shyamalan n'y laisse que du vide, peut-être inspiré par la scène du meurtre du "Blow-Up" d'Antonioni. Si "Phénomènes" avait été aussi réussi dans son ensemble que dans ces scènes-là, sans doute se rendrait-on plus compte du talent certain de Shyamalan. Malheureusement, entre la sous-intrigue sentimentale, des dialogues ridicules et une absence totale de direction d'acteurs (Mark Wahlberg a lui-même qualifié le film de "mauvais", un peu excessivement), on est loin du chef d'oeuvre. C'est là tout le problème de Shyamalan : grand metteur en scène, mais scénariste médiocre et totalement incapable avec les acteurs. Selon les dires de l'auteur, "Phénomènes" serait une "excellente série B". Cela aurait pu l'être s'il ne s'était pas focalisé que sur la mise en scène.
De Hitoshi Matsumoto
Avec Takaaki Nomi, Sea Kumada
Film japonais - Comédie
Bande-annonce | Séances (7)
Sa note :
(3)
Sa critique : Un samouraï déchu est condamné à se faire seppuku. Le seul moyen d'en réchapper : réussir à faire sourire un jeune prince, à raison d'un gag/sketch par jour pendant un mois. Ainsi donc, les 2/3 du film consistent en une série de sketchs burlesques un peu répétitifs. Certains sont vraiment très drôles, aidés en cela par le physique de l'acteur principal et par un vrai sens du cadre. D'autres le sont beaucoup moins, et semblent ratés, à moins qu'ils soient volontairement déceptifs, dans le but de tisser une métaphore du cinéaste/comique Matsumoto faisant face à la peur de ne pas réussir à faire rire. Déceptive, la fin l'est également, et probablement de façon trop brutale pour ne pas sortir de la salle un peu dubitatif ; on n'est d'ailleurs pas aidé par la dernière scène, gentiment cliché. Comédie qui se saborde volontairement en cours de route, ou mélo nécessitant de commencer par le rire afin d'arriver à ses fins ? Mais à quelles fins ? Le début de "Saya Zamuraï", loufoque et typique d'un certain humour grand guignol japonais, est en totale opposition avec la fin, mélancolique, tragique, spirituelle, si bien qu'on a l'impression d'avoir changé de film entre temps. Un scénario rachitique rafistolé à grand coups de gags inégaux, et soudain un sérieux à toute épreuve dans le dernier tiers du film. Cette bipolarité aurait été un peu plus intéressante s'il y avait vraiment du fond là-dessous, or ce n'est pas le cas : les enjeux dramatiques demeurent les mêmes tout le long du film. "Saya Zamuraï" n'est au fond qu'un petit film de clown triste, un clown nommé Hitoshi Matsumoto.
De John Madden
Avec Judi Dench, Tom Wilkinson
Film britannique - Comédie dramatique
Bande-annonce | Séances (243)
Sa note :
(1)
Sa critique : Guère tenté par le sujet du film, je me suis laissé convaincre par le casting : Judi Dench et Maggie Smith pour les dames, Bill Nighy et Tom Wilkinson pour ces messieurs, ça donne envie. Bien mal m'en a pris. C'est un film guimauve : au début, tout va mal ; à la fin, tout va bien. Paradoxalement, c'est au début du film que l'on "rit" le plus, grâce au cabotinage éhonté des meilleurs représentants du 3ème âge anglais plus que par des gags dont le fond un chouïa colonialiste dérange moins que le fait de les avoir vus des dizaines de fois avant (et en mieux). De la même façon, Dev Patel, qui semble n'avoir aucun problème à jouer l'hindou de service, est au centre d'une romance à l'indienne qu'on connaît par coeur (mariage arrangé, refus du jeune homme, mère obstinée, etc...) Quant aux histoires de nos chers retraités, elles sont tellement caricaturales (le papy gay, le papy dragueur, le papy soumis à sa mamie, la mamie en deuil, la mamie en fauteuil...) que l'on a du mal à s'y intéresser. Filmé sans âme, "Indian Palace" a un dernier défaut : sa durée, plus de deux heures. La scène où Maggie Smith se lève pour faire péniblement quelques pas représente assez bien l'allure de ce navet saveur curry.
De Jacques Audiard
Avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts
Film belge,français - Drame
Bande-annonce | Séances (643)
Sa note :
(4,5)
Sa critique : "De rouille et d'os", ou le mélo selon Jacques Audiard. L'histoire d'amour d'une jeune femme amputée des deux jambes et d'un freefighter peu doué en sentiments. Le genre de point de départ un peu sordide, qui en de mauvaises mains, donnerait un navet bien sale. Audiard réinventerait presque le genre, tellement son nouveau film évite le pathos. La caméra se fait tour à tour pudique (quand Stéphanie se réveille à l'hôpital) et voyeuse (les gros plans sur ses moignons, durant les scènes de sexe), le cadre est très travaillé sans pour autant faire étalage de style (la scène du lac). Audiard est un cinéaste complet, et surtout un des rares à se rappeler que le cinéma est un art d'images ET de son : ce dernier a, dans certaines scènes, des enjeux narratifs forts ; la musique de Desplat, jamais aussi bon qu'avec Audiard, relève de la même volonté de replacer le son au centre du film. "De rouille et d'os", c'est aussi l'intelligence du scénario, une histoire en fin de compte assez simple, même assez prévisible, mais brillante sur le fond comme sur la forme, de nombreuses scènes se répondant, certaines en annonçant d'autres. Marion Cotillard, après 5 ans de seconds rôles pour la plupart oubliables, signe son grand retour : la sobriété lui va très bien. Mathias Schoenaerts sera une surprise pour ceux qui n'ont pas vu "Bullhead", dans un rôle par ailleurs assez proche, et s'impose probablement durablement dans le cinéma belge et français. Dans les seconds rôles, notons la présence de Corinne Masiero, alias "Louise Wimmer", sorte d'icône prolétarienne sur grand écran, et Bouli Lanners, un de ces seconds rôles qu'on retrouve toujours avec plaisir de film en film. Si "De rouille et d'os" repartait de Cannes les mains vides, je crois que je n'y comprendrais plus rien au cinéma...
De Sean S. Cunningham
Avec Betsy Palmer, Kevin Bacon
Film américain - Epouvante-horreur
Sa note :
(2)
Sa critique : Un bon slasher, ça requiert tout d'abord un scénario avec des morts originales, et si possible, un sous-texte (politique, ironique, et de plus en plus souvent de nos jours, parodique) empêchant de rendre le tout un peu trop gratuit. Et ça requiert aussi une bonne mise en scène, le film d'horreur étant par essence un genre très cinématographique. "Vendredi 13" est à peu près dépourvu de bonnes idées dans les deux cas. C'est assez stupide, les morts ne sont pas exceptionnelles sur le papier et sont le plus souvent mal filmées. Sans compter le mauvais jeu des acteurs, les scènes dignes d'un mauvais film érotique, l'identité du tueur et la musique, sorte de pompage sans talent de "Psycho" et de "Jaws". A peu près toutes les 20 minutes, il y a un soupçon de bonne idée, comme la prise en stop de la cuisinière. L'affrontement final entre le tueur et l'unique survivante est tellement grotesque que ça en devient drôle. Le suspense n'est pas terrible, les effets de surprise sont un peu mieux (ah, ce Jason !)... mais le succès public du film laisse songeur. L'avantage, c'est que c'est une mine d'or pour les slashers parodiques, comme on a pu en voir récemment avec "Tucker & Dale vs. Evil". Ou comment faire de bonnes comédies à partir de mauvais films d'horreur.

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