Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 326 résultats
De Nikita Mikhalkov
Avec Nikita Mikhalkov, Viatcheslav Tikhonov
Film français,russe - Comédie dramatique
Sa note :
(3)
Sa critique : En termes de plaidoyer anti-communiste, Soleil Trompeur est la parfaite antithèse du Satantango. D'ailleurs les deux films ont été tournés à peu près en même temps, témoignage du vent de liberté qui a amené certains cinéastes à procéder au rituel devoir de mémoire, pour exorciser les souffrances subies. Au noir et blanc travaillé et grisailleux de Satantango s'oppose la mise en scène colorée un peu mécanique de Nikita Mikhalkov, à la gravité et au côté fleuve du film de Béla Tarr succède la légèreté et l'oisiveté de Soleil Trompeur, où la satire, les 30 dernières minutes exceptées, s'opère de manière plus douce, sous couvert d'un drame familial relativement académique mais suffisamment audacieux. Tarr montrait le peuple, le vrai alors que Mikhalkov s'immisce dans une famille de la Nomenklatura russe. Satantango était une ballade pessimiste au cœur d'un village hongrois ; Soleil Trompeur prend place dans les années 1930 et figure donc la croyance persistante dans l'ideologie communiste. La force du film de Mikhalkov, c'est sa capacité à lier légèreté familiale (d'ailleurs, Bergman n'est jamais très loin) et pur catharsis politique. Pour le reste, Soleil Trompeur reste plutôt académique, dans sa mise en scène comme dans son contenu, et ce, malgré la présence de très belles scènes. Le film pêche d'abord par la surabondance de ses dialogues. Inutilement bavard, il s'assimile d'abord, dans une première demie-heure pénible à une soupe guimauve et indigeste sur fond de stalinisme. Heureusement, Mikhalkov se rattrape par la suite. Mais il n'en reste pas moins que la réalisation reste relativement pauvre et que le film peine à retranscrire de véritables moments d'emotion, même s'il y parvient à certaines occasions (le final notamment). Les acteurs sont plutôt corrects sauf la petite fille, insupportable. Mais je dirais que c'est un bon film à voir, parce qu'il propose une vision atypique et originale de la vie sous Staline.
Sa note :
(5)
Sa critique : Dersou Ouzala est bien plus qu'une fresque historique au cœur de la Sibérie du début du siècle, bien plus qu'une épopée riche en morceaux de bravoure. Dersou Ouzala est avant toute chose une histoire d'amitié d'une justesse implacable entre deux hommes que tout sépare : l'un, Arseniev, est un topographe russe ; l'autre est Dersou, un homme de la nature qui a l'expérience de la taïga. À partir de là, le film de Kurosawa se déploie comme une fable bouleversante, un sublime apologue où pointe la critique de la technique, de l'ethnocentrisme. Mais en plus d'etre un plaidoyer extraordinairement subtil, déployé sur deux actes complémentaires, pour la communion avec la Nature, Dersou Ouzala est aussi et surtout un chef d'œuvre, émouvant aux larmes, enrichi d'images fabuleuses, sans aucune complaisance ou musique larmoyante. Un monument du cinéma, l'un des plus beaux films jamais faits.
Sa note :
(5)
Sa critique : Je peux le dire : 2046 est une révolution dans ma cinématographique (enfin ma vie tout court, en fait). Pas tant pour le sublime paroxystique de sa photographie, le baroque de sa mise en scène et de sa narration, qui flotte comme un souvenir, pas tant pour l'excellence de ses interprètes, le charisme de Tony Leung, la beauté poseuse de Ziyi Zhang ou celle plus spontanée de Faye Wong. Non 2046 est surtout un tremplin à l'émotion, une ballade empreinte de souvenirs nostalgiques et mélancoliques. WKW, dans 2046, est un cinéaste baudelairien qui convie le spectateur dans un spleen parfois purement physique (les scènes de sexe feraient baver de jalouser le Pasolini de la Trilogie de la vie). Le metteur en scène asiatique est décidément l'un des meilleurs de sa génération.
De Peter Jackson
Avec Thimothy Balme, Diana Penalver
Film néo-zélandais - Epouvante-horreur
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Peter Jackson est certainement le cinéaste le plus surestimé de sa génération. À mes yeux, il n'est qu'un metteur en scène sans talent qui s'échine à donner une grandiloquence assez ridicule à ces films. À vrai dire, cette prétention auteurisante dans son cinéma, on ne la retrouve que depuis l'abominable trilogie du Seigneur des anneaux, vulgaire saga tirée d'une série de bouquins que certains profanes qualifient de littérature. Bon, arrêtons de troller, passons à la critique. Il me tardait de voir Braindead depuis un bon moment pour confirmer ou infirmer mon allergie potentielle au cinéma du bonhomme. Il y a donc du bon et du moins bon dans Braindead. Le côté positif, c'est que le film s'assume comme une série Z con-con et se vend même dessus. Il existe une surenchère poussive dans le gore, une démesure gargantuesque de sang qui ne saurait laisser indifférent. Le principal intérêt du film de Jackson, c'est qu'il ne se prend pas au sérieux (ce qui contraste nettement avec la deuxième partie de sa filmo), accumule les gags éculés autour des figures zombiesques. Mais ce total abandon fonctionne de temps à autres et certaines scènes sont hilarantes, notamment celle du parc où l'humour décalé fait penser à l'absurdité des Monty Python. Alors, bien évidemment, le film est complètement inégal et à tendance à être redondant vers la fin. Mais le défaut majeur du métrage n'est pas là. Le défaut, c'est Peter Jackson, cinéaste tâcheron qui enchaîne les zooms dégueulasses, des travellings à faire retourner Stanley Kubrick dans sa tombe, tant ils sont affreux et nous gratifie d'une photographie immonde. Peter Jackson entend probablement par là dresser un hommage à la série B d'horreur. Simplement, le pastiche est maladroit puisqu'à défaut d'imprimer son style (il n'en a pas), Jackson se contente de reproduire vainement les codes du genre en les détournant de manière plutôt réussie, il faut se l'avouer. Mais le film loupe de peu le coche, il lui aurait fallu un peu plus de personnalité et surtout d'âme.
De Wong Kar-Wai
Avec Tony Leung Chiu Wai, Maggie Cheung
Film chinois,français,hong-kongais - Romance
Sa note :
(4,5)
Sa critique : In the Mood for Love est à bien des égards un film remarquable. Tout en retenue et en grâce formelle, le film de WKW dévoile progressivement un propos puissant sur la nostalgie et le temps qui passe. La BO, somptueuse comme souvent chez le cinéaste chinois, passe du classique au jazz sans fautes d'appréciation. Il y a dans ITMFL une impressionnante fluidité assez difficile à retranscrire par des mots. Le talent gracile des interprètes n'y est pas pour peu. Mais WKW atteint ici un niveau de maîtrise évident, son film embrasse sans peine tous genres et émotions. La sensualité de l'ensemble est encore exacerbée par le fantastique jeu de rôles que Kar-Wai entretient avec le spectateur, le cinéaste s'amusant à nous perdre au sein d'un univers à la fois mélodramatique et puissamment contextuel, et toujours pour notre plus grand plaisir. Immense film que voilà.
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Un voyage spirituel et métaphysique qui force le respect. Et l'admiration. Comment ne pas rester béat devant l'univers de Dead Man, sa mise en scène virtuose, ses images sublimissimes, son ambiance sans pareille ? Du western, Dead Man ne reprend que les codes tout en conférant aux "Badlands" qu'il montre une authenticité et une mysticité véritables, doublées d'une touche humoristique décalée qui évoque aussi bien le cinéma de Werner Herzog que l'univers déjanté des Monty Python. Le film prend la structure d'un lent basculement de la vie à la mort, envoûté par des croyances amérindiennes. D'ailleurs, Nobody, l'indien qui accompagne Blake, ne serait-il pas le Passeur ? La magnifique croisade en pirogue à la fin semble en tous cas me donner raison. Ajoutez à cela une BO à se damner et vous obtenez une expérience singulière et bouleversante. Un chef d'oeuvre, probablement le meilleur western que j'ai vu.
De Arnaud Desplechin
Avec Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric
Film français - Drame
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Des rois, une reine ? Les femmes semblent clairement être en infériorité numérique, à en croire le titre du film de Desplechin. En même temps, nous rappelle Ismaël, le personnage joué par Matthieu Amalric (notez la consonance épique et historique du nom), elles n'ont "pas d'âme". Mais, l'unicité de la reine s'explique peut-être par le fait que Nora, incarnée (à merveille, on en reparlera) par Emmanuelle Devos, entretient des relations complexes avec les hommes, les rois. Elle en a aimé quatre, affirme-t-elle dans l'épilogue : son premier mari Pierre, Ismaël, son nouveau fiancé Jean-Claude et, bien entendu, son fils Elias. Autant dire que Rois et reine parle d'amour, mais sa manière d'aborder le sujet est loin d'être anodine. La mise en scène, inscrite dans un artifice absolument jouissif, suit les caprices du cinéaste : elle se permet le recours au témoignage, comme dans le somptueux Saraband de Bergman, le flash-back, voire l'onirisme tant on peut se questionner sur la réalité de ce qui nous est montré. Rois et reine a cette singularité, commune à certains grands films (Eyes Wide Shut, Sueurs Froides) d'adopter pleinement le point de vue des personnages. Mais, justement, la pluralité des protagonistes permet de maintenir une distance nécessaire entre le spectateur et la fiction, distance qui paradoxalement le communie avec eux. Les personnages, parlons-en. La caméra de Desplechin pose un regard très juste sur eux. Ils sont fragiles, généreux, pleins, parfois égoïstes, souvent faibles et gauches. À vrai dire, leur maladresse les humanise, comme chez Rohmer. L'identification complète, la communion entière avec les protagonistes est permise par le parfait équilibre que trouve le film entre l'abîme psychologique et la dérision, le sérieux et la folie, la gravité et l'humour. On se croirait parfois presque dans les grands films de Woody Allen, où la mélancolie naît de la légèreté et parvient à la suppléer. Mais Desplechin est paroxystique dans l'emploi de ce procédé, puisqu'il réussit à dévoiler les troubles existentiels des trublions qu'il met en scène dans des scènes d'une drôlerie phénomène tout en exhibant une sensibilité. Oui, Rois et reine est un film bouleversant, sublime dans sa singularité de jouer avec les codes et l'ambition du film-fleuve sans jamais devenir indigeste. C'est un Cinéma qui se vit, à la fois discret et puissant, dont la pleine proximité est assurée par des comédiens absolument renversants : Amalric, grand acteur s'il en fût, est absolument génial, parfois pudique, souvent malade. Quant à Devos, elle dévoile une fragilité toute "Nouvelle vague" qui ferait rougir de honte Anna Karina.
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Jeux Interdits est un film de René Clément, acclamé par une presse unanime à sa sortie en 1952. On la comprend, Jeux Interdits est un des plus beaux regards posés sur l'enfance, rien que ça. Bouleversant, cette oeuvre trouve sa poésie dans le réalisme même des situations qu'elle met en scène. Les enfants voient plus haut que les adultes, ils aspirent à une pureté que l'âge fait oublier. Leurs "jeux interdits" sont profondément subversifs mais leur justification, en revanche, est d'une très grande beauté. Jeux Interdits est donc un conte déchirant, un film bouleversant dans un contexte douloureux, celui de la Seconde Guerre Mondiale. Le film échappe cependant au statut de chef d'oeuvre avec sa propension à développer des sous-intrigues relativement inintéressantes qui ne font que diluer le propos. Il en reste néanmoins un grand film qui réussit à capter merveilleusement les passions de l'enfance. C'est beau.
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Le plus beau des quatre Kurosawa que j'ai vu. Cette oeuvre est certainement la quintessence du cinéma de Kurosawa, celle où sa sensibilité est la plus poussée. Voyage sensoriel, trip poétique, DodesKaden est un oiseau rare, un film maîtrisé à la fois léger et douloureux, un sommet de poésie condensé dans le style simple (mais jamais simpliste) du cinéaste japonais. DodesKaden a cette singularité de parvenir à capter, sans aucun artifice intellectualisant, une beauté à la limite de la candeur parfois, mais dont la portée cinématographique n'a pas d'égal. Un sens aigu du symbole et de la métaphore font de DodesKaden un chef d'œuvre marquant.
De Hou Hsiao Hsien
Avec Shu Qi, Tuan Chun-Hao
Film taïwanais - Comédie dramatique
Sa note :
(4)
Sa critique : Une petite merveille poétique. C'est vraiment le cinéma que j'aime : peu bavard, intérieur, psychologique, maîtrisé, émotionnel. Il faut dire un mot de la mise en scène, somptueuse, un vrai régal pour l'oeil. Je retiens aussi certaines scènes renversantes de beauté, notamment l'introduction, ou encore les scènes musicales. La narration est très flottante, jolie voix-off à l'appui. Quelques plans séquences légers viennent également parsemer ce voyage émotionnel. L'actrice qui joue Vicky est, en plus d'être très jolie, excellente. Une petite référence.

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