Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 29 résultats
De Florent Emilio Siri
Avec Jérémie Renier, Benoît Magimel
Film français - Biopic
Bande-annonce | Séances (12)
Sa note :
(1)
Sa critique : Aidé par un teaser prometteur mettant en avant le mimétisme de Jérémie Rénier (au demeurant, plutôt bluffant) avec le chanteur, on pouvait espérer de Cloclo autre chose qu'un éternel biopic. Et pourtant, ces belles promesses n'ont pas été tenues. Au-delà d'un scénario synthétique mais concis, le film n'a aucune profondeur. A aucun moment le personnage est placé sous une lumière différente que celle attendue : même l'aspect soit-disant obscur de Claude François, son perfectionnisme irritant, sa jalousie maladive, est traité mollement. Ceci fait obstacle à toute empathie, toute émotion. Pourtant, Rénier se démène comme un fou mais rien n'y fait. Il faut dire que le réalisateur a l'air bien plus occupé par la reconstitution physique, pour le coup précise et détaillée, avec une mise en scène kitschissime multipliant les effets toc de lumière. Est-ce finalement pour nous dire que Cloclo n'était qu'un être superficiel et matérialiste ? Pourquoi alors en faire un film ? On peut le dire : c'est une déception.
De Mélanie Laurent
Avec Mélanie Laurent, Denis Ménochet
Film français - Comédie dramatique
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Artiste mettant un point d'honneur à la polyvalence, Mélanie Laurent, après des courts-métrages, se lance, pour son premier long, dans une histoire d'amour dans laquelle s'entremêlent des liens familiaux forts mais envahissants, jusqu'au drame. Ce que l'on peut lui reconnaître, c'est son travail et il y a un peu d'elle dans le film, quoi qu'elle en dise puisqu'il est à l'image de l'opinion que l'on se fait de l'actrice-réalisatrice : émouvant quand il parle de la famille et de la difficulté de s'en défaire pour vivre sa propre vie, irritant, par ses dialogues bien trop écrits et cette originalité faisant un peu toc. N'empêche que se dégage de ces Adoptés une certaine tendresse et une sincérité qui vont de pair avec des maladresses de débutant, des lourdeurs et des clichés qui ternissent de moments foudroyants de vérité trouvant une résonance dans l'existence du spectateur, portés par des comédiens tantôt au diapason, tantôt en roue libre. On peut toutefois regretter une absence d'ampleur : les sujets traités ne sont qu'effleurés au profit de scènes illustratives manquant de sens, aussi bien artistique que scénaristique. On gardera un souvenir ému du grain de beauté dans la nuque de Marie Denarnaud, très touchante. Un conseil de classe dirait à Mélanie Laurent qu'elle doit faire ses preuves, ce qui n'est pas si mal. On attend donc son prochain long-métrage afin de voir si elle sera capable de concrétiser son talent de metteuse en scène, pour l'instant en gestation.
De Joann Sfar, Antoine Delesvaux
Avec François Morel, Maurice Bénichou
Film français,autrichien - Animation
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(2)
Sa critique : Après avoir adapté de façon très libre et pas toujours très inspirée la vie (héroïque) de Serge Gainsbourg, Joann Sfar adapte, avec son coréalisateur Antoine Delesvaux, la bande-annonce qui a fait son succès, "Le Chat du Rabbin". Au-delà de l'évidente beauté graphique et visuelle de l'ensemble, Sfar, une nouvelle fois, déçoit par son incapacité à trouver son rythme et à raconter une véritable histoire. Ils se contentent d'empiler des saynètes sans grand intérêt et rarement très drôles. Au manque de solidité et de densité du récit viennent s'ajouter une cacophonie de sons assez désagréable et une idéologie digne de "La religion pour les nuls" avec ses gros sabots. Mais déjà, dans Gainsbourg, Sfar avait montré que son talent de dessinateur et de créatif visuel n'avait d'égal que ses faiblesses de réalisateur. Il est dommage que la subtilité de son coup de crayon ne soit pas alliée à celle de son cinéma.
De Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne
Avec Cécile de France, Thomas Doret
Film français,belge,italien - Comédie dramatique
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(4)
Sa critique : Pourrait-on se demander s'il n'est pas de bon goût d'aimer un film des frères Dardenne ? C'est la question que l'on peut se demander : à chaque fois qu'ils sont venus sur la Croisette, ils sont toujours repartis avec un prix, que ce soit la Palme pour Rosetta ou l'Enfant, le prix du scénario pour le Silence de Lorna, et enfin le grand prix du Jury pour ce Gamin au vélo. Probablement, mais une chose est sûre : c'est que c'est amplement mérité. Le cinéma des Dardenne, comme nul autre, se sert de la caméra pour raconter une histoire et la transcender par la mise en scène, le dépouillement de tout artifice sans jamais tomber dans la démonstration ou la répétition. Et encore une fois, le miracle se produit et peut-être encore plus avec le Gamin au vélo : le spectateur entrevoit le soleil, quelques moments de joie dans la vie de cette boule de colère qu'est Cyril (Thomas Doret, estomaquant), belle exception au personnage dardennien, souvent privé d'une fin heureuse. Rares sont les cinéastes à parler aussi bien de l'enfance, de son obstination inhérente et du besoin éperdu d'être aimé et vu par ses parents sans tomber dans la psychologisant. Les Dardenne esquivent avec brio tous les clichés du genre pour livrer leur plus beau film, magistral et poignant. Il faut également souligner le travail minutieux de direction d'acteurs, avec Cécile de France, débarrassée de tous les tics que certains metteurs en scène appréciaient chez elle mais qui atténuaient sa puissance de jeu. Les frères ont su retrouver chez elle la générosité et la simplicité de ses débuts. En moins de 90 minutes, tout est dit, ni trop, ni pas assez. On attend juste avec impatience le prochain film de cette fraternité décidément unique en son genre.
De Jennifer Devoldere
Avec Mélanie Laurent, Michel Blanc
Film français - Comédie dramatique
Sa note :
(1)
Sa critique : Deuxième film de Jennifer Devoldère après Jusqu'à Toi, la réalisatrice retrouve Mélanie Laurent pour une chronique douce-amére familiale tiédasse, qui n'est ni jamais vraiment drôle ni jamais vraiment touchante. Le film passe son temps 'à contempler ses jolies petites idées de mise en scène, sa pseudo-originalité et à force de ne compter que sur quelques détails amusants (la radiographie notamment), il manque l'essentiel : de la vie, de la spontanéité (de la vraie) et une véritable cohérence cinématographique, avec un rythme, une construction, des intrigues. Ici, tout n'est que velléités et rien n'est véritablement concrétisé, comme si on refusait le plaisir du spectateur. A force de dispersion et d'autocentrage, s'il n'y a rien de désagréable, rien ne se dégage : ne reste que la fadeur.
De John Cameron Mitchell
Avec Nicole Kidman, Aaron Eckhart
Film américain - Drame
Sa note :
(3)
Sa critique : Rabbit Hole a de quoi surprendre lorsque l'on sait que John Cameron Mitchell est également le réalisateur d'Hedwig and the Angry Inch et de Shortbus, oeuvre à la fois décomplexée et complexe. Ici, il prend totalement le contrepied de sa filmographie pour adapter la pièce éponyme multiprimée de l'autre côté de l'Atlantique. Sa mise en scène est d'une grande sobriété, jouant surtout sur les couleurs et la lumière, avec une caméra au plus près des émotions des protagonistes. Toute la difficulté, lorsque l'on aborde le deuil, particulièrement celui d'un enfant, est toujours de tomber dans le larmoyant ou dans la névrose outrancière, ce qu'évite Mitchell avec intelligence. S'il filme les conflits, l'effondrement, la douleur, ce n'est jamais pour tomber dans l'outrance mais plutôt chercher la vérité des personnages et ainsi parvenir à toucher avec acuité. Il s'appuie sur une solide distribution dont Nicole Kidman, sortie des affres du Botox et ses tourments cinématographiques, qui revient un peu abimée mais rappelle toute l'étendue de son talent. C'est à la bonne distance que l'on assiste à cette lutte passive de tous les jours, permettant d'appréhender une vision toute simple mais qui sonne terriblement juste de la perte d'un être cher.
De François Ozon
Avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu
Film français - Comédie
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(4)
Sa critique : Après l'inutile Refuge, François Ozon revient, toujours là où on ne l'attend pas, avec Potiche, adaptation de la célèbre pièce de boulevard avec la grande Jacqueline Maillan. Autant le dire tout de suite, cette Potiche n'est pas seulement là pour faire joli : la gourmandise d'Ozon en termes de mise en scène est tout à fait jubilatoire, avec un sens du détail affiné et moins plaqué qu'il ne pouvait l'être dans 8 femmes. Il faut dire ici que le ton de la comédie est de rigueur, toujours un peu en décalage, souvent inattendu, et que l'ensemble des comédiens brille chacun par la capacité à provoquer le rire chez le spectateur. On citera évidemment Karin Viard, génialissime en secrétaire frustrée en phase d'épanouissement, Judith Godrèche, surprenante en clone poujadiste de Farrah Fawcett, et enfin la royale Catherine Deneuve, royale et césarisable dans le rôle d'une femme qui passe d'épouse soumise à femme politique décomplexée. Les acteurs (Depardieu, Luchini, Rénier) sont très bons aussi, mais, encore une fois, Ozon nous parle de son admiration, de son amour pour les femmes à travers ce petit traité féministe mais pas moraliste d'une folle drôlerie. Dès que la caméra se pose sur Deneuve, c'est toute une imagerie du cinéma et de la femme qui nous vient, mais qui est aussi totalement détourné. Faire porter un ensemble rouge Adidas et des Stan Smith à une actrice française qui brille depuis maintenant 50 ans sur nos écrans, ça a tout de même de la gueule. Jamais suranné, parfois grinçant, souvent drôle, Potiche est une grande réussite qui laisse une petite musique entêtante qui nous donne envie d'aller faire un tour sous la pluie. A voir, définitivement.
De Michael Winterbottom
Avec Casey Affleck, Jessica Alba
Film canadien,suédois,américain,britannique - Thriller
Sa note :
(1)
Sa critique : 5 mois seulement après le documentaire "La Stratégie du choc", Michael Winterbottom revient avec une adaptation d'un roman de Jim Thompson. Le risque de cette boulimie de réalisation, c'est de ne faire que des films bâclés, superficiels et ne nourrissant qu'un profond désintérêt, comme c'est le cas de The Killer Inside Me. La mise en scène paresseuse et en mode automatique empêche toute identification, toute empathie envers le moindre personnage, tous des caricatures figées se contentant de confirmer tous les préjugés que l'on peut avoir sur eux. En plus, Winterbottom rentre dans une sorte de spirale de violence nauséabonde pour illustrer la descente aux enfers du shérif Lou Ford, interprété par un Casey Affleck, au jeu étonnamment limité (oscillant entre absence d'expression et grimace). La violence, ici, est tout à fait inutile, et ne comporte rien de choquant car totalement plaqué et voyeuriste. Aucune émotion ne se produit durant la projection, seul le soulagement prime lorsque le générique de fin apparaît, après une fin des plus grotesques. A fuir !
De Alain Corneau
Avec Kristin Scott Thomas, Ludivine Sagnier
Film français - Thriller
Sa note :
(2)
Sa critique : C'est au coeur des buildings glacés de la Défense, au sein d'une multinationale, que se déroule l'action de "Crime d'Amour", le nouveau film d'Alain Corneau. Il y dépeint, dans un monde du travail tour à tour attirant et hostile, une relation qui l'est tout autant entre une cadre (Ludivine Sagnier) et sa supérieure (Kristin Scott-Thomas). Tour à tour complices, puis ennemies, la relation entre ces deux femmes joue sur la domination, la manipulation et les faux-semblants et c'est sur ce plan-là que Corneau est le plus pertinent, armé d'une brillante direction d'acteurs et d'une magnifique photo d'Yves Angelo, avec des plans figés et froids assez sublimes. Il faut dire que devant la caméra se débattent Kristin Scott-Thomas, royale en patronne garce, et Ludivine Sagnier, qui, comme à son habitude, s'empare de rôles difficiles en y mélant avec brio innocence enfantine et rugosité âpre, et les scènes qu'elles partagent sont un régal. Après la surprenante et entêtante scène du "crime d'amour", le film se transforme en un policier de TF1, avec mise en scène toc et explicative, à grands renforts de flashbacks en noir et blanc, et d'une enquête policière grotesque au dénouement qui enfile les invraisemblances et les approximations comme des perles. A ce niveau, le film souffre de la comparaison avec certaines séries américaines policières bien mieux affûtés. C'est d'autant plus dommage qu'une petite musique s'était installée dans la tête du spectateur, à l'image du thème de jazz récurrent dans le film. Déceptif.
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Réalisé par Martin Ritt, Norma Rae a permis à son interprète principale, la sensationnelle Sally Field, de remporter le prix d'interprétation féminine à Cannes et l'Oscar de la Meilleure Actrice. Il faut dire que la comédienne donne beaucoup de sa personne, sans pour autant surjouer et tomber dans la performance, pour interpréter cette ouvrirère du textile qui découvre la lutte pour syndiquer l'entreprise de filature où elle travaille. Le fond social du film sonne étonnamment juste, le réalisateur se refusant à tout effet de manche ou à toute grandiloquence à l'aide d'une mise en scène sobre sans être lisse ou académique et d'un propos à l'intérêt constant. Mais Norma Rae est avant tout un touchant portrait de femme à la découverte d'elle-même, sans aucune psychologisation. Si une chaîne quelconque a un jour la bonne idée de diffuser ce film, il ne faudra pas hésiter, ne serait-ce que pour honorer la grande actrice qu'est Sally Field.

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