Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 281 résultats
De Hitoshi Matsumoto
Avec Takaaki Nomi, Sea Kumada
Film japonais - Comédie
Bande-annonce | Séances (7)
Sa note :
(5)
Sa critique : Le troisième film de Hitoshi Matsumoto, le premier seulement à atteindre les salles françaises, est le film le moins déjanté de l'auteur... C'est dire... Puisque « Saya Zamurai » s'appuie pourtant sur un scénario de départ bien farfelu, puisqu'il conte le défi cruel qui se pose à Kanjuro Nomi, ancien samouraï rejeté qui erre lamentablement aux côtés de sa petite fille, à savoir un délais de trente jours pour faire rire un jeune prince au visage des plus figés. L'homme va donc chaque jour entrer dans l'enceinte du château pour proposer son nouveau tour, s'il échoue il sera condamné à mort... Une farce en apparence répétitive, où l'on va assister un à un aux spectacles proposés, mais Matsumoto construit son scénario d'une manière remarquable, arrivant à nous surprendre à plus d'une reprise. Derrière toute tentative comique, se cache un fond triste, blasé comme ce personnage qui ne redoute même plus l'humiliation. A chaque numéro, le réalisateur nous laisse le choix entre le rire et les larmes, de voir cet homme faire une danse du ventre, ou jouer de la flûte avec le nez sous les yeux de sa fille. Un regard qu'on sent également touché, devant un père impuissant qui se débat et perd sa dignité, elle devient peu à peu admirative. Mais alors qu'on ne s'y attend pas vraiment surgit une émotion étonnante et authentique qui ne va cesser de nous envahir jusqu'à un épilogue en chanson d'une beauté sidérante. La prestation des deux acteurs principaux est phénoménale et le film a une réelle personnalité, un burlesque dramatique, un univers fantaisiste. Malgré une introduction qui laissait présager du pire, et la présence inutile de trois personnages-intrus tout droit sortis d'un manga, le film nous embarque avec son personnage complexe de clown triste et la sensibilité d'une jeune fille, adulte avant l'âge. On oublie vite tous les défauts d'un film audacieux et qui touche en plein coeur. « Saya Zamuraï » est une petite pépite de poésie et d'émotion à découvrir, une fable sur l'honneur et la dignité d'une grande intelligence.
De Kore-Eda Hirokazu
Avec Koki Maeda, Ohshirô Maeda
Film japonais - Drame
Bande-annonce | Séances (79)
Sa note :
(5)
Sa critique : Dire que j'attendais le film avec impatience est peu, depuis qu'il a commis le plus beau des chefs d’œuvre avec son déchirant « Nobody Knows » Kore-Eda Hirokazu a une grande place dans mon cœur cinématographique. Après le délicat « Still walking » et le poétique « Air doll », il revient à hauteur d'enfants pour parler de la famille. Il conte l'histoire de deux frères d'à peine dix ans séparés par le divorce de leurs parents, l'un vivant dans le Nord du Japon avec son père et l'autre dans le Sud avec sa mère, ils vont tenter de se retrouver à l'occasion du croisement du nouveau Shinkansen pour un miracle : ressouder la famille à jamais. Débarrassé du lourd enjeu dramatique de son prédécesseur auquel il ne manque pas de faire un clin d’œil, le réalisateur livre avec « I wish, nos vœux secrets » un dérivé joyeux et gorgé d'espoir. Dans leur quête filmée comme un road movie, bercé par des musiques pop-country, nos deux héros s'accompagnent de leurs bandes d'amis, des gamins hauts comme trois ou quatre pommes qui vont se mettre sur la pointe des pieds pour voir plus loin, l'avenir, et se découvrir. Comme souvent Hirokazu construit son film autour du quotidien, il laisse les enfants faire le film, les débarrassant encore une fois du monde adulte, et les regarde alors avec une tendresse sans pareil. Les deux frères à l'écran, aussi frères dans la vie (Maeda), absolument formidables au passage, sont à l'image du film : d'une grande sagesse (Koichi) et d'un enthousiasme débordant (Ryunosuke). La mise en scène est d'une beauté confondante, à la fois rigoureuse et lumineuse, elle sert un récit qui a su garder toute son innocence. C'est parfois drôle, souvent intelligent et toujours imbibé d'une très jolie émotion, qui touche en plein cœur sans avoir recourt au moindre artifice: de la grâce à l'état pur. Ancré dans un réel qu'il magnifie par l'optimisme de ses jeunes personnages, le film est un récit d'aventure magique, qui repousse toutes les limites même celle entre le spectateur et l'écran... Je suis encore persuadé d'avoir connu ces gamins durant deux heures et d'avoir partagé avec eux un petit bout de vie ; ils me manquent déjà. Sans conteste un des plus beaux films qu'il existe, une merveille de tendresse ; une merveille tout court.
De Jean Dujardin, Gilles Lellouche
Avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche
Film français - Comédie
Bande-annonce | Séances (5)
Sa note :
(3)
Sa critique : Déjà peu attiré par le film à la base, les nombreux retours négatifs que j'ai eu ne m'ont clairement pas poussé dans la salle enthousiaste... Et pourtant on tient là un film plus fin et complexe qu'il n'y paraît, qui a beau rouler des mécaniques comme ses personnages principaux, il constitue un hymne décalé à la fidélité jamais moralisateur, où les hommes en prennent finalement plus dans la figure que les femmes. La principale originalité du film est d'être « un film à sketches », entendez par là un film morcelé en différents courts métrages sur le même sujet, un film à multiple réalisateurs donc. C'est à la fois le point fort et le point faible du film, il y a comme souvent des réalisations qui écrasent un peu les autres. Pour ma part la réunion des « infidèles anonymes » d'Alexandre Courtès est une franche réussite, une petite comédie méchamment drôle, où Sandrine Kiberlain se lâche devant un quatuor masculin qui fait des étincelles (Manu Payet et Guillaume Canet accompagnent Lelouche et Dujardin dans l'exercice). Un moment d'autant plus drôle qu'il fait suite au court le plus dramatique, celui d'Emmanuelle Bercot, deuxième réussite du film, qui met en image la dispute du couple Lamy/Dujardin. Parfois assez noir, parfois assez dramatique, le film rebutera ceux qui n'y sont venus chercher qu'une grosse comédie française... Dujardin et Lelouche s'amusent clairement à changer de peau toutes les vingt minutes, et nous avec, pouvant passer du crooner irrésistible au looser dans le joli court d'Hazanavicius. Si certains passages manquent d'intérêt (Cavayé ou Lartigau), que la fin est assez ridicule, il n'en reste pas moins que ce film inégal est riche, plaisant et assez futé. Une petite surprise.
De Julie Delpy
Avec Julie Delpy, Chris Rock
Film français,allemand,belge - Comédie
Bande-annonce | Séances (70)
Sa note :
(3)
Sa critique : « Le skylab » n'est sorti que l'année dernière, mais voilà que déjà déboule sur les écrans le nouveau film de la plus américaine des françaises : Julie Delpy. Suite dans l'idée et le format de « 2 days in Paris », les personnages sont les mêmes ou presque puisque le personnage de Marion, incarné par Julie Delpy, s'est séparé du très bon Adam Goldberg pour se jeter dans les bras de Chris Rock. Autre absence majeure et de circonstance, la maman de Julie Delpy (qui incarnait aussi sa mère dans le premier film) décédée en 2009, à qui le film semble parfois dédié quand il ouvre ses petites ailes de poésie. Pour autant la réalisatrice-actrice-scénariste-compositrice s'y repose peu, et veut clairement un film distrayant, drôle comme un exutoire. Pour ce faire, elle grossit un peu plus le trait de chacun de ses personnages et les confronte sans cesse, c'est peut être assez caricatural, hystérique même, mais elle arrive comme toujours à imposer de sa patte une tendresse unique à chaque personnage. Si la thématique du choc culturel traverse tout le film, elle arrive (peut être moins que d'habitude) à brasser pas mal de sujets aux travers de discussions, souvent houleuses. Comme cet américain semblant désemparé, le spectateur (re)fait la connaissance d'une famille déjantée, libérée, et s'il est un cran en dessous du premier opus, qu'il n'a pas la richesse scénaristique de « La comtesse », il n'en reste pas moins un divertissement drôle et attachant, qui comme d'habitude avec elle bouillonne de vie.
De Stephen Daldry
Avec Tom Hanks, Thomas Horn
Film américain - Drame
Sa note :
(2)
Sa critique : Derrière son titre à rallonge, « Extrêmement fort et incroyablement près » cache le nouveau film du réalisateur de « Billy Eliott », « The reader » et surtout de « The hours ». Pour la première fois, Stephen Daldry se lance dans l'adaptation, celui du roman éponyme, qui conte le parcours initiatique d'un garçon de 10 ans à la recherche d'un coffre, correspondant à la clef qu'il a trouvé dans le dressing de son père, décédé le 11 septembre... Le réalisateur signe avec cette très belle histoire un mélodrame assez singulier, aussi attachant qu'agaçant, tout à l'image de son personnage principal Oskar (interprété par Thomas Horn), un garçon sensible mais à la maturité douteuse et irritante. Certes le garçon est un marginal, pas très apprécié à l'école de ce que l'on en voit, il serait atteint de la maladie d’asperger mais quand même, son vocabulaire, son comportement (l'idée du répondeur), ses réflexions philosophiques, sa mémoire, ses petites boîtes ou son livre magique... C'est trop, même pour un petit précoce... Alourdi par la narration du garçon, le film peine à trouver son rythme, et se perd parfois dans des choses assez insignifiantes avec cette fâcheuse tendance à étirer les scènes inutilement, et le fait que son vieil acolyte (joué par Max Von Sydow) écrive pour s'exprimer, n'arrange absolument rien. C'est le ventre mou d'un film qui se termine pourtant sur un joli dernier quart, bien trouvé (en même temps cela doit être dans le bouquin) et qui replace enfin le film sur les rails de son sujet, la relation parents/enfant, assez touchante et déroutante, comme cette scène où le jeune garçon dit à sa mère qu'il aurait souhaité que ça soit elle dans la tour... Un casting correct qui souffre de l'agacement que l'on peut ressentir vis à vis de Tom Hanks ou du jeune Thomas Horn, j'ai trouvé en revanche Sandra Bullock impeccable. Malgré un début et une fin qui arrivent à faire naître des émotions, le film traîne trop en longueur, accumule trop de coïncidences et de bons sentiments pour réussir son pari. Attachant, il n'en reste pas moins une déception de taille.
Sa note :
(4)
Sa critique : Estampillé « Sundance » sur son affiche (magnifique au passage), le film n'échappe pas à ce qui devient peu à peu un genre à part entière : « le ciné indé américain »... Et je dois avouer que j'aime beaucoup ça... La chemise de bûcheron, la chanson country, une mise en scène épurée, mais ce nouvel opus sort des sentiers battus, notamment par sa maîtrise et son sujet original. Puisqu'il conte l'histoire d'une jeune femme, fraîchement échappée d'une secte, qui va essayer de se reconstruire épaulée de sœur et de son beau-frère. Le film n'est que va-et-viens entre ses errances présentes dans une grande maison de bord de lac et son passé assez trouble dans cette « secte ». Un assemblage chronologique totalement maîtrisé, qui laisse entrevoir peu à peu quelques pièces du puzzle. Un scénario incroyable qui sait installer le doute, la fuite de la secte perçue à la fois comme un espoir de retour à la vie normale et une replongée dans la perdition, un doute qui fait vibrer le film jusqu'à sa toute fin, brutale, frustrante, marquante. Révélation du film, Elisabeth Olsen, sublime dans son tiraillement, est capable d'assombrir comme d'illuminer le film d'un simple sourire. Le troublant John Hawkes, n'est pas en reste, faisant part de son charisme rugueux au travers d'une ballade qui nous scotche autant que l'héroïne. Malgré une thématique lourde qui autorisait la dramatisation, « Martha Marcy May Marlene » reste très doux, très progressif et désamorce vite ses montées de paranoïa. La maîtrise est remarquable d'autant plus qu'il s'agit du premier long de Sean Durkin. Un film étonnant et prometteur qui fait preuve d'une intelligence rare : à découvrir.
De Michael R. Roskam
Avec Matthias Schoenaerts, Jeroen Perceval
Film belge - Drame
Bande-annonce | Séances (21)
Sa note :
(5)
Sa critique : Une bande annonce intrigante, un synopsis peu bavard, des critiques élogieuses, « Bullhead » a tout pour attirer le spectateur dans ses filets, et il en profite pour lui mettre une bonne tape derrière la tête. Au milieu de paysages agricoles belges envahis par la brume, se joue un trafic d'hormones qui monopolise la police locale. Le plus intéressant c'est que cette intrigue de polar, menée quasiment d'un bout à l'autre, ne sert "que" de toile de fond au portrait d'un homme, blessé. Un homme dont le corps porte à jamais les séquelles d'un souvenir pesant, qui va resurgir sous nos yeux. Véritable tournant que cette scène qui fait tout basculer, nous comme son héros, pour qu'on puisse enfin décoder ses réactions, lui qui déambule comme ses bêtes, le regard parfois mort... Cette entrée progressive dans la psychologie de son personnage principal est la grande force de ce long métrage, qui arrive à filmer la brutalité avec une étonnante sensibilité. La mise en scène est une vraie réussite, par ses changements de points de vue, son esthétique... Que dire de cet acteur formidable, Matthias Schoenaerts, massif, qui incarne cet homme tourmenté, écorché vif et socialement inadapté. Tour de force que de rendre son personnage attachant, sans jamais le rendre plus sympathique, mais en dévoilant à son insu, des faits qu'il enfouit au fond de lui. La relation qu'il entreprend avec Lucia, vendeuse en parfumerie, contient tellement de densité, d'enjeux, qu'elle est passionnante, autant que dévastatrice. Le final impressionne et laisse admirer deux noms à retenir du générique, un réalisateur très doué et un acteur complètement habité. Ponctué de quelques touches d'humour étonnantes, « Bullhead » est un film noir, bestial et brutal mais qui fait preuve d'une sensibilité refoulée impressionnante. Une réussite totale.
De Steven Spielberg
Avec Jeremy Irvine, Emily Watson
Film américain - Drame
Bande-annonce | Séances (7)
Sa note :
(2)
Sa critique : Après son épisode de « Tintin », largement surestimé à mon goût, sorti sur les écrans en fin d'année dernière, Spielberg persiste et signe dans le divertissement familial. Cette fois-ci il adapte un livre de jeunesse, au récit initiatique classique, qui conte l'histoire d'amitié entre un jeune garçon et son cheval, mise à mal par la « grande guerre ». Après avoir été arraché des mains de son jeune maître, le cheval passe de mains en mains, de camps en camps, changeant de nom au gré de ses nouveaux propriétaires. L'histoire est avant tout centrée sur l'animal, consacrée à son incroyable épopée, pas toujours très vraisemblable mais qui a tout d'une sublime fresque. Dans son désir d'hommage, dans sa soif de cinéma classique, qui transpire, Spielberg en fait malheureusement un peu trop. L'emballage de sa belle histoire est gâchée par un trop plein de bons sentiments, surtout dans le premier tiers, où le jeune homme rencontre « son » animal, et lui tend une pomme... Les choix musicaux, la mise en scène qui fait survenir une lumière étrange, rendent le point de départ du film assez particulier, et complètement artificiel. Par la suite le film étonne, capable par le biais de très belles scènes de faire naître émotion, nostalgie et réalisme notamment dans sa peinture réussie de la guerre. Si l'ensemble se laisse regarder c'est avant tout parce que Steven Spielberg y croît, de bout en bout, injectant à son film un peu de magie. Le casting est convaincant, porté par des anciens qui assurent (Peter Mullan et Niels Arestrup, fantastiques), en revanche le jeune Jeremy Irvine n'est pas bien loin de la tête à claque. Étrange sensation au sortir de la projection, le film a tout d'un grand mais le surplus de mièvrerie empêche de l'apprécier pleinement : la faute peut être à la version française, très moyenne, mais dont les cinémas ne nous laissent pas toujours le choix... Peut être la faute au cinéma donc, et certainement aussi la faute à un film trop « gentil » mais il y a un petit quelque chose en trop, la personnification du cheval peut être, qui le cantonne au divertissement familial et non au grand cinéma qu'il prétend. Dommage.
De Philippe Faucon
Avec Rashid Debbouze, Yassine Azzouz
Film français - Drame
Bande-annonce | Séances (9)
Sa note :
(1)
Sa critique : « La désintégration », c'est l'histoire de trois jeunes hommes d'origine arabe qui vont, après quelques mésaventures de leurs parts, s'engager sans véritable lucidité dans l'islam, dans l’extrémisme religieux pour devenir ce qu'on appelle communément des « terroristes ». Malgré ce sujet fort, le film prend des chemins bien didactiques pour nous faire entendre dans sa première partie le racisme qui touche les personnages, puis dans une seconde leur passage dans la branche extrémiste de la religion. Le film étant court (1h18), le passage de l'un à l'autre sent le raccourci, pas forcément très habile de la part du réalisateur qui appuie trop souvent ses dires et manque clairement de nuances. Cette absence de profondeur, de densité, couplée à un ton trop moralisateur ferait presque tomber le film dans ce qu'il cherche à dénoncer : « le pauvre arabe se donne du mal pour s'en sortir mais il ne peut avancer dans une société où les méchants occidentaux sont racistes : il devient terroriste...». C'est réducteur, mais pourtant pas si éloigné du récit de Philippe Faucon. Heureusement sa deuxième partie permet à l'intrigue de sortir (un peu) de ce schéma, mais en effaçant complètement la cellule familiale de son héros, il écarte les personnages les plus intéressants et les mieux interprétés de son film ( la mère et la sœur)... Le reste du casting ne fait pas de prouesses, les dialogues manquent de nerf et de naturel, mais la mise en scène tient, quand à elle, plutôt bien la route. Asphyxiant par son didactisme et ses raccourcis l'once d'émotion qu'on aurait pu (dû?) y trouver, « La désintégration » échoue tant elle laisse quasiment indifférent. Dommage.
De Tomas Alfredson
Avec Gary Oldman, Mark Strong
Film français,britannique,allemand - Espionnage
Bande-annonce | Séances (3)
Sa note :
(3)
Sa critique : Le film fait débat, car « La taupe » n'est pas forcément le film qui a été vendu par la presse ou à la télévision, il n'y a que peu d'action et il s'avère assez exigent du point de vue de l'intrigue. Ne cédant pas aux facilités scénaristiques que l'on rencontre trop souvent dans ce genre de film, il prend même la marche inverse, multipliant les petites ellipses et protégeant la réflexion de son personnage principal, rendant la tâche du spectateur venu trouver la taupe quasi impossible... Mais là n'est pas l'intérêt car si le film n'est pas des plus accessibles avec son contexte historique et la quantité de ses personnages, il entreprend sa séduction par un rythme lent mais assuré qui s'accouple à merveille avec une bande originale et une mise en scène du meilleur goût. La capacité du réalisateur suédois à faire de belles images n'aura échappé à personne dans son précédent film « Morse », et il confirme ici tout son talent. Le film est réellement habité, vaporeux, touche parfois au sublime et la retranscription de l'époque est parfaite. Le casting essentiellement masculin porte le film avec talent et une présence impressionnante (Gary Oldman, Benedict Cumberbatch et Colin Firth notamment). S'il peut dérouter par cette complexité apparente et son rythme, le film en impose par sa rigueur, sa maîtrise et par le biais de quelques jolies scènes, comme la dernière, qui laissent entrevoir les failles de ces personnages souvent baignés dans la solitude. Classe.

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