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1 - 10 sur 356 résultats
De Alice Rohrwacher
Avec Yle Vianello, Salvatore Cantalupo
Film français,suisse,italien - Drame
Bande-annonce | Séances (26)
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Découvert à Univerciné Italien Nantes 2012. La scénariste-réalisatrice se glisse dans la peau d'une fillette au physique proche de sa soeur Alba, actrice, on se croit en famille Rohrwacher. Un démarrage pris pour une immigration clandestine avant de s'avérer procession nocturne. La foi religieuse, sans être égratignée, renferme sa dose d'amusement. La "coach de catéchisme" (renversante Pasqualina Scuncia !) occupe les jeunes plus qu'elle ne convainc, les chats étant bannis de son enseignement. Du religieux ludique jusqu'à cette chute à faire expier (très jolie scène de résistance face à la lâcheté adulte !). Les anciens enfants introvertis s'identifieront facilement à la petite inapte à faire semblant pour faire plaisir. On n'oubliera pas ce jésus arraché du village à unique habitant et qui décide de faire la planche. Les très gros plans sur le visage, les cheveux soudain raccourcis montrent un revirement toutefois prudent... La communauté où Marta a débarqué s'avère aussi archaïque que l'était il y a 60 ans la France régionale. Le curé fuyant sa bonne et finalement desservi par sa confiscation des votes en faveur d'on ne sait qui laisse rêveur... Peut-être un peu trop de flou vers l'issue, la silhouette de Marta se rapprochant de l'eau, on est inquiété à chaque fois... Cette juvénile transplantation suisse en terre calabraise n'en est pas moins fort plaisante à suivre.
Sa note :
(4)
Sa critique : Découvert à l'Univerciné Italien Nantes de 2012. Une adaptation de "La beauté et l'enfer" de l'écrivain Roberto Saviano qui part tel un classique d'action. Ebauche des caractères, narration et dialogues ultra-compactés, caméra nerveuse qui court à l'essentiel. L'acteur principal adolescent change sans crier gare (Lorenzo Scialla), devient adulte (Clemente Russo) : 8 ans ont passé, on le sait par des grilles mettant les deux compères face-à-face en plus affirmés, soit l'incorruptible silencieux et le magouilleur un peu trop répandu en largesses. La première partie se constitue d'un défilé d'images appuyées par la bande-son (parfois un peu trop forte) mais pas pour le plaisir de gros effets gratuits. Plus ça se déroule et cogne, mieux on perçoit les grincements du réalisateur à décrire les dérives contemporaines décuplées par la mafia sur le sol italien. Le champion daigne s'encanailler un moment auprès de masseuses, terrasse même en bon Tatanka (bison) une femelle buffle. Il faudrait qu'il perde. Ne lui reste que l'exil... Rugueux avec les dames passée l'approche (une brute épaisse !), il est si bien mis en valeur d'un professeur de boxe à l'autre avec des retours sur son grand-père aux oiseaux qu'on reste de son côté malgré quelques piétinements en Allemagne. Je crois comprendre que ce boxeur Michele à l'origine du film EST Clemente Russo himself ?... Si c'est vrai, il a de l'avenir en beaux taiseux efficaces.
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Le premier titre français semble avoir été "L'Adieu au drapeau" avant "l'Adieu aux armes"de 1932. Sans totalement renier le livre d'Hemingway, Franck Borzage personnalise son film... Toujours avec la finesse qui le caractérise. Certes la guerre rôde. Pourtant une seule vraie scène de chaos, incroyablement longue en dernière partie, le temps qu'une chaloupe se mesure aux remous liquides. Le réalisateur s'intéresse davantage au désir de survie et même de bonheur de l'individu pris en otage dans les conflits au nom du devoir. Dès le début ce qui aurait pu n'être qu'amourette devient désir de fusion tant l'ambulancier (Gary Cooper) est sensible au désarroi particulier de cette infirmière (Helen Hayes). Envoûtement garanti, une vraie poésie habite le film qui saute parfois un peu vite d'une situation à l'autre (bien que l'on comprenne). Des cadrages variés, une parfaite luminosité du noir et blanc, aucune boursouflure. Le plus militariste peut sans peine se fondre dans les populations à bout de nerf. Le couple central, dans la lumière blanche du jardin se consolide, n'en déplaise au perfide Major Rinaldi (Adolphe Menjou). Un homme et une femme suspendus au temps, surtout avant chaque séparation (scène d'union d'une tension rare, en plus que le prêtre, lui-même situé entre devoir guerrier et confession dégage la même grâce que ses tourtereaux !). L'envolée de cloches et le drapé arrondi face à la fenêtre printanière poussent peut-être un peu trop vers le pathos en 2012, quoique. La guerre peut lier et la paix séparer. C'est tout le paradoxe de cette histoire ! [spoiler][/spoiler]
Sa note :
(5)
Sa critique : Toujours sur le thème de la tentation d'esquiver la routine matrimoniale guettant l'individu normalement constitué. Ici par la fenêtre de deux appartements en vis-à-vis. Des alarmes de part et d'autre... Une amorce de tangentes mutuelles ponctuée de traversées de rues. On a bien les expressions typiques des films muets de Lubitsch, Blue Monte irrésistible campant l'un des deux hommes avec ce flegme apte à neutraliser les bévues à grandes rasades de scènes rigolardes. Toujours le mythe du médecin pour corser l'ambiguïté de la relation féminine une fois démystifiée la question médicale... Sont également croquées l'ivresse et la danse en surimpressions savantes en veux-tu en voilà, gargarismes d'images au ras du dérapage sauvé par la notion de solitude des êtres où qu'ils se trouvent... Ainsi n'apparaît pas mieux loti le mâle émoustillé par une possible conquête comparé à celle qui se contente d'écouter la radio at home, ses pieds attestant d'une félicité évidente. Le concert radiodiffusé, sous la houlette d' un chef d'orchestre déhanché à souhait, révèle au spectateur un conjoint ivre-mort et une voisine coeur d'artichaut. Grande réflexion sur les espoirs vains du dehors et les bienfaits du repli tant que l'imagination est stimulée, heureuse époque où la télé formatée comme en 2012 n'existait pas ! Un Lubitsch muet qui déride jeunes et moins jeunes en garantissant de remplir les salles ! Extrait presse ci-après
De Ernst Lubitsch
Avec Maurice Chevalier, Jeanette McDonald
Film américain - Comédie musicale
Sa note :
(3)
Sa critique : Pour avoir raffolé de la version muette de ce scénario intitulée "The Marriage Circle" ou "Comédiennes" en français, je suis entrée dans le film sur la pointe des pieds. C'est divertissant, les gags y fusent, toujours ces différences de classe sociale entre maîtres et serviteurs traitées avec dérision (le noeud de cravate, voir Monsieur en collant...). L'interprétation de Maurice Chevalier à la hauteur, sa manière de s'adresser directement au spectateur un plus certain, les chansons sous forme de dialogues entre homme et femme drôles, tendres, avec les sous-entendus comme autant de clins d'oeil en direction du public. Poussiéreuses en revanche les roucoulades de violon avant chaque apparition féminine d'autant que le jeu de l'actrice féminine principale versait aussi dans un sirop un peu indigeste. Certes bien ficelé pourtant, une position clairement exprimée envers l'adultère qui rend le propos plus abouti... Las, j'ai revisionné la "Mizzy" de 1924, Florence Vidor face à Marie Prévost, Monte Blue et Adolphe Manjou aux premières loges. Tous irrésistibles de naturel dans des situations qui font contemporaines en 2012, alors que la version parlante datant de 1932 a atrocement vieilli pour qui n'est pas fan de comédies musicales pur jus.
De Otto Preminger, Ernst Lubitsch
Avec Cesar Romero, Betty Grable
Film américain - Comédie
Sa note :
(5)
Sa critique : C'est en couleurs et tout de suite accrocheur, un peu épique, toujours plaisant grâce au bon dosage de la comédie musicale et des dialogues parlés. Le manteau d'hermine laissant deviner des jambes parfaites, la sortie des tableaux comme on descend de son lit ou de son cheval, sans oublier le retour dans le cadre. Ainsi font la belle ancêtre et ses compagnons sur le mur selon les événements, le spectateur s'y acclimate sans problème, tout comme il passe de l'aïeule à sa copie conforme plus jeune et sa nuit de noces à la hussarde... On devine l'oeil malicieux de Lubitsch derrière l'agencement des intérieurs et des personnages, avec un pincement tout particulier puisqu'il mourut en début de tournage, causant l'émotion qu'on peut imaginer. Otto Preminger eut à finir le film sans le déformer ni se renier lui-même... Une réussite sur toute la ligne. Le dépaysement est total, il y a le même cadeau fait au public, c'est tellement bien fait qu'on adhère à la personnalité du colonel sans transition de la tyrannie au vague à l'âme de jouvenceau... Les deux styles combinés des cinéastes donnent une croustillante parodie mâtinée de romantisme. Un pur régal ! Jamais d'étalage de combats même si le côté chevaleresque est amplement abordé, à la place le marivaudage habituel et une scène de danse filmée avec grâce sous tous les angles possibles, à croire que tout le plateau dansait !
De Ernst Lubitsch
Avec Fredric March, Miriam Hopkins
Film américain - Comédie
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Déjà dans le train à compartiments du bon vieux temps, le trio est incroyablement relâché. Ils filent vers Paris, la ville de toutes les permissivités vue de l'étranger en 1932... La somnolence sans chichis, la prise de vue sur les pieds et une main, les dessins de la demoiselle, tout cela frôle l'alcôve et, comme d'habitude, la finesse du cinéaste amène la diversion indispensable. Après le mot d'ordre incroyable "no sex" entre les trois amis, se succèdent dans la gestuelle accompagnée d'ellipses attirances et remises en cause. Le tout agrémenté d'un ton léger, bien que s'y mêle la pauvreté des artistes, ces funambules que l'aristocratie rend vite corsetés. La muse passe de bras en bras, incapable de choisir et pourrait sembler délivrée par cet officiel mari la rendant à une vie convenable si le trio n'était aussi fidèle à lui-même... Et toujours l'éternel défilé de grandes portes quel que soit le milieu où la caméra balaie. Peut-être pas transcendant sur le fond. Très plaisant avec son sous-titrage bien lisible et aucune faiblesse sonore. A l'image, un beau noir et blanc restauré. Si le dialogue commence en français sur le mode léger, le french kiss de l'issue vaudra à ce film d'être censuré quelque temps par le code Hays en 1934.
Sa note :
(5)
Sa critique : Marlene Dietrich aux sourcils peints, bouclée, avec des lèvres assez pulpeuses, fatale quand elle ondule dans ses robes fourreaux ou qu'elle ronronne au lit entre veille et sommeil. Les deux hommes quoique différents apparaissent de charmes équivalents, l'un clair, l'autre obscur. Pour pouvoir faire ces déductions, on dispose de sauts entre Londres et Paris et d'aperçus de la vie de couple. Les diversions qu'apportent les personnages secondaires aident à déduire. C'est plus un déballage de doux pièges subtils que de franche hilarité. L'arrêt de la caméra sur la marchande de violettes et l'intrusion auprès du personnel de la cuisine précisent la tendance mais jusqu'à la dernière image, on ne sait trop... C'est comme souvent jalonné de portes immenses ouvertes, fermées, d'allusions aux péchés mignons d'une nationalité à l'autre et d'ellipses innombrables. On est baladé en dernière partie, peut-être dix minutes de trop à cause de l'effort d'observation qu'il faut fournir. Un petit défaut fort heureusement balayé par ce mouvement de dernière seconde autour de la dernière porte, incroyable de vertige et d'élégance.
De Ernst Lubitsch
Avec Claudette Colbert, Gary Cooper
Film américain - Comédie
Sa note :
(5)
Sa critique : Quand on songe à la sinistre époque précédant la deuxième guerre mondiale, possible de mesurer le courage qu'il fallait pour oser la comédie à partir d'un pyjama dont l'homme veut le haut et une femme comme volant à son secours dans le magasin... le bas. Sobriété obligatoire du jeu de scène masculin pour que la situation jamais ne bascule dans la grossièreté. Quel délice de frôler le scabreux en se gardant d'y succomber ! En plus des rôles titres très bien tenus, des échanges verbaux délectables avec leur intrusion de français par ci par là et de ce couple tombant soudain à la renverse, j'ai particulièrement raffolé de la hiérarchie du magasin, irrésistible maintien du bonhomme qui va posément alerter la haute direction. C'est ciselé au millimètre près et pas une seconde on ne sent le travail que tout cela a demandé à l'équipe en coulisses et sur le plateau tellement c'est ludique, une bonne humeur à laquelle se référer quand les sujets et le traitement du cinéma contemporain fatiguent.
Sa note :
(5)
Sa critique : Projeté en avant-première à l'Univerciné Britannique de Nantes en décembre 2011. Sortie officielle française prévue sous le titre "Les enfants invisibles" en principe... Jim Loach, en digne fils de son père, dévoile avec beaucoup d'application ce pan de l'histoire britannique aussi surprenant qu'odieux: 130 000 petits êtres de 5 à 13 ans envoyés au diable. Ce qui frappe et l'absence de suivi du côté de Sa Majesté... Le non dit est assourdissant : des enfants de rien livrés par bateaux, une masse not bankable = lourde dépense sans retour sur investissement. Alors quelle aubaine que ce filon de 1930 à 1970 qui garantit le rachat de ces petites âmes d'extraction problématique. Les autorités auraient demandé pardon officiellement pour avoir oublié les vérifications d'usage (l'Australie en 2009 et la Grande-Bretagne en 2010), mais nul châtiment à l'horizon, pas plus d'indemnités si l'on se fie au film... Apparaît de façon criante l'utilité des boucs émissaires dans une société attachée à ce qui se voit... Sans doute faut-il se garder d'affubler tous les petits britanniques déplacés du même sort que les rescapés du bush australien, tenus de rembourser leur séjour paradisiaque pour s'amender de leur condition bâtarde. En 1986, l'assistante sociale, mère elle-même et grâce à qui ce film voit le jour, devrait être décorée pour avoir défié les saints pères fouettards dans leur désert où crier est inutile. Quand la caméra se braque sur le repère en terre rouge, on mesure mieux l'inconscience collective, le refus d'admettre que sexualité et bestialité ont toujours accompagné l'esclavage des sans défense. Triste rétrospective, curieusement sans larmes puisque l'actrice Emily Watson pleure à notre place.

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