Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 180 résultats
De Terrence Malick
Avec Richard Gere, Brooke Adams
Film américain - Drame
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(2)
Sa critique : Il serait malhonnête de ma part de ne pas reconnaître un certain talent au cinéaste Terrence Malick, même si tous les mérites d’un film comme « Les Moissons du ciel » (ou en tout cas les qualités qui empêchent au film de totalement sombrer dans le plus banal) reposent très largement sur les épaules du directeur de la photographie espagnol, Nestor Almendros. Celui-ci a en effet réalisé un travail significatif, notamment sur la lumière naturelle, travail dont les inspirations picturales sont assez évidentes (on pense au Christina’s World de Wyeth et bien sûr à la célèbre Ecole du fleuve Hudson, et notamment à Frederic Church pour ces ciels rose/orange qui font tout l’intérêt esthétique du film). Pour le reste, il faut bien reconnaître malgré tout, et à regret, que Malick n’évite pas les écueils redoutables du cinéma américain. Les dialogues à deux sous sont légion (presque systématiques), du type « Tu as déjà été amoureux toi ? » sur fond de violons mélancolico-chiants (Ennio Morricone nous a pondu une variation vraiment laborieuse de l’Aquarium de Saint-Saëns). Malick, et c’est indiscutable, est bon paysagiste et sait bien filmer les animaux. Il nous offre alors régulièrement des interludes animaliers, ma foi plutôt sympathiques (lors de la séquence de l’incendie, c’est même fort réussi), mais il use aussi d’autres digressions, beaucoup plus pénibles celles-là, pour faire défiler le temps diégétique de son film, donnant l’impression de combler comme il peut les trous. Ainsi de ces bien trop nombreuses séquences rébarbatives, succession de clichés visuels (ici le couple fait du cheval dans la neige, le sourire aux lèvres, là il s’allonge dans l’herbe, se baigne, etc), ponctués par la musique décidément toujours aussi lourde de Morricone ou par la voix off de l’enfant, dont la naïveté, certes volontaire, n’est en rien touchante mais plutôt d’une platitude désespérante… Je ne suis pas insensible à la simplicité, bien au contraire, mais simplicité n'est pas facilité. On n’échappera donc pas à la mélancolie d’une poésie à la Jane Campion, c’est à dire bien pauvre, avec ces plans du kiosque au milieu du champ de blé, les rideaux balancés par le vent... Au final que retenir de ces Moissons du ciel tant portées aux nues? Ces ciels, cette lumière et puis…. Et puis c’est tout. Pas de quoi crier au génie.
De Werner Herzog
Avec Klaus Kinski, Isabelle Adjani
Film français,ouest-allemand - Epouvante-horreur
Sa note :
(1)
Sa critique : Attention! Le DVD zone 2 qui vient d'être édité par Gaumont de ce film ne contient que la version française! Je m'abstiendrai donc d'écrire une véritable critique du film tant la version française est déplorable... Elle empêche toute immersion dans le film. Cette édition DVD est donc une catastrophe. Déjà que le film, qui contient, certes, certaines choses intéressantes, est bien loin d'être le chef d'oeuvre annoncé et ne me permet en aucun cas de réévaluer le cas Herzog (au contraire, cela conforte ma mauvaise opinion du cinéaste), l'absence de la version originale sur le DVD enlève toute bonne raison de se la procurer. En attendant une édition digne de ce nom. PS: Quant à Adjani, c'est encore une catastrophe... Mais comment a t'elle pu, à cette époque je précise (elle a peut-être fait des progrès depuis) être considérée comme une grande actrice?
Sa note :
(0,5)
Sa critique : "Aaaaaaaah! ah! aaaahhh! aaaaaaahh!" Voilà pour le résumé du film. En voyant «Possession», je me répétais souvent: «mais quelle casserole monumentale pour la miss Adjani!». Aussi, quelle ne fut pas ma très grande stupéfaction de voir que l’actrice avait obtenu un prix d’interprétation à Cannes pour cette performance qui n’en n’est pas une (il n’y a rien de plus simple que de jouer les débiles)! Je pensais trouver du réconfort sur le net mais que nenni! Ce film est considéré comme un véritable chef d’œuvre et la prestation d’Adjani semble bien faire l’unanimité. Je ne dois pas être comme tout le monde… «Possession» est un film qui tente de combler la vanité de son propos par l’outrance hystérique de son interprétation. Il est connu que c’est celui qui parle le plus fort qui a le moins de choses à dire… Accrochez-vous bien, il va vous falloir supporter plus de 2 heures durant les hurlements bien peu crédibles et les questionnements psychologiques d’une aberrante platitude d’une Adjani au sommet du ridicule. Non, désolé, même en s’envoyant en l’air avec un poulpe géant, rien ne peut justifier un tel comportement. La seule justification possible de ce vaste pétage de plombs permanent qu’est «Possession» est la volonté de Zulawski de choquer, de pousser à bout, d’énerver le spectateur, pour au final lui faire croire que son état émotionnel est lié à la fulgurance du film, alors qu’il n’est que le résultat d’un incommensurable agacement. Il s’agit là d’un des films les plus horripilants qu’il m’est été donné de voir. Et ne croyez pas que là était bien l’intention de Zulawski! Ce film m’exaspère car il est une représentation quasi parfaite de l’esbroufe en art. Comme si pour masquer la pauvreté d’une symphonie musicale, on demandait aux musiciens de jouer de toute leur force, en bousillant leur instrument. Certains applaudiraient à coup sûr ce qui n’est rien d’autre que du foutage de gueule. Cessons donc de crier au génie pour cet insupportable bluff cinématographique. Il est grand temps d’admettre que le roi est nu.
De Luis Buñuel
Avec Fernando Rey, Paul Frankeur
Film français,espagnol,italien - Comédie dramatique
Sa note :
(4)
Sa critique : Certes, "Le charme discret de la bourgeoisie" est une caricature de la bourgeoisie, de l’armée et de l’église. A cet égard, le film est moins réussi que ne pouvait l’être "L’ange exterminateur": la caricature y est souvent simpliste et l’on y retrouve pas la finesse de ton et d’esprit du film mexicain. On sent bien que c’est autre chose, au-delà de la satire, que veut exprimer le cinéaste. Malgré que les personnages soient détestables (trafiquants, méprisant envers les couches sociales plus modestes, assassins même), Buñuel les filme avec empathie, ce qui nous les rend malgré tout assez sympathiques. Plus le film avance, plus les situations cocasses se succèdent: les rêves s’enchaînent (qu’ils soient racontés ou directement transposés à l’écran), et un motif récurent semble se dessiner nettement: la mort. La mort hante "Le charme discret de la bourgeoisie", elle est de chaque séquence, si bien que tout le film peut se voir comme le passage dans la mort d’un groupe d’amis bourgeois, peut-être assassinés (comme la dernière scène du film le laisse penser). Un plan "hors contexte" qui apparaît à 3 reprises, et qui montre les 6 personnages marchant sur une route de campagne serait alors représentatif de ce passage vers la mort. Ces personnages n’auraient pas tout à fait conscience de leur mort et habiteraient une sphère mentale commune dans laquelle ils tenteraient désespérément de vivre, ce qui se matérialiserait par cette obsession de se nourrir. L’omniprésence de la mort s’accompagne de la volonté des personnages de s’alimenter, de boire, de baiser même. Ce rapport nourriture/mort évoque un autre film italien, "La grande bouffe" de Marco Ferreri. Mais là où le film de Ferreri était une vaste métaphore sociale, très virulente, le film de Buñuel se veut onirique, si bien que la dimension artistique, surréaliste et même poétique de l’œuvre devient largement prépondérante, pour notre plus grand plaisir. A mon sens, le meilleur film de la période française de Buñuel.
De Gus Van Sant
Avec Vince Vaughn, Anne Heche
Film américain - Epouvante-horreur
Sa note :
(1)
Sa critique : J’ai déjà exprimé ici l’imposture intellectuelle et artistique que représentait le cinéma de Van Sant. Ses films sont l’illustration de frustrations: celles de ne pas être Bela Tarr ou de ne pas avoir réalisé "Jeanne Dielman"… Son cinéma est sans âme et repose du bluff. "Psycho" n’est pas une œuvre d’art moderne, c’est un simple coup de pub, l’exemple type d’une mascarade intellectuelle à seule fin commerciale: vendre un film sous l’argument accrocheur, parce que novateur, du "remake plan par plan". Ce que le film n’est pas d'ailleurs, puisque Van Sant rajoute quelques plans dans les 2 scènes de meurtres (les nuages et le mouton entre autres), qui relèvent d’un symbolisme vraiment niais. Hitchcock était effectivement bien au-dessus de tout ça. Au final, "Psycho", ça n’est rien d’autre qu’un "jeu des 7 erreurs" cinématographique pour cinéphiles qui s’ennuient… Mais l’expérience nous apporte malgré elle quelques enseignements. D’abord, mais on le savait déjà, que le progrès technique n’apporte rien en soit de positif au cinéma. Les moyens dont dispose Van Sant lui permettent de réaliser les plans tels que les souhaitait Hitchcock (le 1er plan par exemple), mais paradoxalement cela les dessert: ils apparaissent complètement superficiels, se démarquant trop du reste du film, et ne sont plus que uniquement techniques. Ensuite, que la réussite des films d’Hitchcock ne tient pas qu’au cadre et au montage. "Psycho" montre que la photo, la lumière et le casting jouent un rôle important dans un film comme "Psychose". Par exemple, le simple physique typiquement américain de Vince Vaught (grosse mâchoire, épaules carrées, etc) fait perdre toute complexité au personnage de Bates. Les couleurs qu’utilisent Van Sant changent radicalement l’ambiance du film: initialement sombre, inquiétant et générant la peur, "Psychose" devient une production hollywoodienne de plus, sans relief, moche et inconsistante. Ou comment faire d’un fin met un mauvais hamburger industriel…
De Eric Rohmer
Avec Joëlle Miquel, Jessica Forde
Film français - Comédie dramatique
Sa note :
(1,5)
Sa critique : C’est quoi "4 aventures de Reinette et Mirabelle"? Un film gentillet, assez ringard, digne d’une fiction TV familiale de TF1? Une sympathique étude de mœurs, pleine d’humour, captant subtilement "l’air du temps"? Ou alors du cinéma qui sous les airs de la simplicité (mais une simplicité recherchée, travaillée), touche du doigt une réalité complexe, pouvant même se prévaloir d’une réelle dimension philosophique? Je ne sais pas trop… Il faut dire que les années 80 ont quand même bien entaché un film comme Reinette et Mirabelle, ce qui trouble le jugement. Formellement d’abord, avec cette musique affreuse que Rohmer a le bon goût de nous épargner une bonne partie du film. Et puis ce jeu des acteurs, qui couvre les personnages d’une naïveté caricaturale, qui peut légitimement agacer. Le film a parfois les allures d’un "Oui-oui monte à Paris" pour adultes. Signe d’une époque "prospère"? Mais là, on me rétorquera que le film est conte, et que l’intention de Rohmer n’est bien évidemment pas de retranscrire le réel en filmant le réel (ce qui garantit en général la médiocrité d’un film), mais de capter plus subtilement une réalité derrière les façons du sketch, du conte. J’acquiesce. Dans le fond maintenant, de la supposée étude de mœurs, il ne reste pas grand-chose, tant cette France des années 80 nous apparaît lointaine aujourd’hui, que ses préoccupations ne sont plus nôtres, et que sa complexité actuelle nécessite une véritable approche philosophique et tolère assez difficilement ce type de représentation bon enfant, "à la Amélie Poulain". Alors que penser aujourd’hui de ce film? Je n’y vois pas, pour ma part, la dimension philosophique tant vantée. Peut-être vaguement un exemplaire cinématographique de "La philosophie pour les nuls". Reste que c’est souvent assez drôle, on dira "rafraichissant", et que Rohmer est bon caricaturiste. Quant à ceux qui jugent ça vraiment trop ringard, la vision du clip bonus "Bois ton café" risque de conforter définitivement leur avis…
De Eric Rohmer
Avec Fabrice Luchini, André Dussollier
Film français - Drame
Sa note :
(3)
Sa critique : Presque toujours, en le prudhomme Rohmer, une petite chose s’en vient amendrir mon bon plaisir. Et il ne s’agit point d’une défaute précise du prudhomme qui serait aisément identifiable, de puis et que ses films toujours pêchent pour de différentes causes. Tantôt le travail de la forme est uscit, et alors la démarche ou le fond déçoivent ("L’anglaise et le duc", "Les amours d’Astrée et de Céladon"), tantôt le contraire nous avons, comme c’est le cas avec le film qui est ici sujet. Celui-ci procède d’une démarche que pertinente et intelligente nous qualifierons: entreprendre, avec l’intention de mener à bien, la représentation de l’histoire du valet Perceval en transposant l’œuvre de Chrétien de Troyes, et en en respectant le verbe. Et le prudhomme poursuit sa manière bien au-delà du seul verbe, en respectant aussi les musiques et en reproduisant les façons du spectacle de ce temps. Moulte perspicace est cette approche, et le souligner je me devais. Mais voilà tantôt qu’entre l’intention et la réalisation, il n’y a point qu’un seul pas, et que les franchir n’est point chose aisée. Les décors ne brillent point de leur beauté et leur aspect peut heurter le sens esthétique, spécifiquement les castels, assez vilains il faut le concéder. Quand le prudhomme Rohmer prétend donner l’illusion d’un long déplacement des chevaliers en faisant de sa caméra une rotation au milieu des arbres de plastique, il se fourvoie joliment: nous voyons très bien le subterfuge, qui ne fonctionne point. Le ridicule ne se limite malheureusement point à ses détails, mais il a souvent le mérite de nous amuser et nous divertir. Sur la longueur cependant, l’attention et le divertissement du bon spectateur risque d’être quelque peu altérés, avec la menace pour lui d’être occit par l’ennui... Considérez la forme de "L’anglaise et le duc" et adaptez la à la démarche de "Perceval le Gallois", et le meilleur film du prudhomme Rohmer vous obtiendrez. Malheureusement, ce film n’est point de ce monde.
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Dès les 1ères images en noir et blanc de cette barque enveloppée de brouillard, qui semble flotter sur un tapis d’étoiles, nous sommes envoûtés. On retrouve ici, comme chez Tarkovski, une terre organique et humide: l’élément aqueux est omniprésent et offre à une nature souveraine d’incroyables couleurs (la mousse qui recouvre le sol de la forêt est d’un vert saisissant). L’attachement à la Terre Mère est au cœur de ce film qui s’inscrit pleinement dans la tradition d’un cinéma russe panthéiste, lent et poétique. Mais Klimov a sa propre griffe cinématographique, évidente dans sa façon de filmer frontalement les hommes, leur souffrance ou leur joie. Ici, cette manière atteint son apogée au cours d’une scène extraordinaire, celle de la fête de la fenaison, qui se transforme en fête païenne: la caméra danse sur les chants entonnés par la foule, les générations se mélangent et fusionnent, les jeunes femmes exaltent leur sensualité et, comme ivres de vie, tous les personnages se jettent dans le fleuve. Mais la fête sera courte car déjà, profitant de l’absence des villageois, les premières isbas sont incendiées. Plus rien ne doit rester de Matiora: le village sera inondé pour laisser place à un barrage qui fournira l’électricité à toute la région et assurera son développement économique. Les habitants doivent tous quitter le village qui les a vus grandir, pour venir se parquer dans d’immondes immeubles de béton où ils tenteront de perpétuer leur mode de vie. Quelques irréductibles refusent de quitter leur terre, d’y abandonner les tombes de leurs ancêtres, d’oublier leurs racines, bien trop profondes, comme celle de ce grand mélèze que les ouvriers ne parviendront jamais à renverser. Ils resteront là, dans la dernière maison, tandis que sonnera l’alarme de l’inondation, et que le chef du sovkhoze , venu les évacuer, et dont l’imposante stature symbolise la puissance de l’administration, recherchera en vain l’île disparue dans le brouillard… Magnifique.
Sa note :
(3)
Sa critique : "L’amour à mort" est un film très intéressant, mais qui n’est pas à la hauteur de ses ambitions. Des thématiques profondes sont traitées avec une légèreté qui fait tâche face à la recherche formelle très pointue que mène Resnais. Les mots sont impuissants à atteindre le niveau de la mise en scène. Les acteurs sont incapables de soutenir le niveau des questions soulevées par le film. Sabine Azéma en tête, qui à part crier et pleurer, ne sait pas apporter la moindre profondeur à son personnage. Quant à Dussolier et Ardant, ils apparaissent comme tristement conformistes, et peinent à nous intéresser: rien de bien intelligent ou émouvant ne sortira de leur bouche, alors que le propos est en soit intelligent et émouvant! Un paradoxe qui parcourt tout le film. Seul Arditti s’en sort à peu près, mais il le doit à l’aspect fascinant de son personnage: cette recherche, quasi fantastique, des sensations et des sons vécus et entendus durant sa brève mort. Du point de vue de la mise en scène, Resnais s’essaie à un traitement très intéressant du son. La musique d’Henze ponctue les séquences filmées, au cours d’interludes composés de plans de neige sur fond noir, suggérant un absolu (peut-être la mort entrevue par Simon). Ces interludes sont comme une suspension des paroles que l’on vient d’entendre, ce qui créé une forme d’écho dilaté des mots et des images, que nous percevons alors par d’autres voies, celles des oreilles et de l’esprit. Cette spiritualité suggérée est en parfait accord avec le fond du film, qui soulève des questions aussi vastes que les rapports entre l’amour et la mort, le plaisir et la souffrance, l’instant et l’éternité. Le problème, c’est que le film est trop à l’image de ce systématisme d’opposition, qui en devient lassant. Les interludes peinent au bout d’un moment à nous fasciner davantage, d’autant que le procédé ne s’appuie pas sur une matière suffisamment riche (les dialogues). Mon avis, au final, est à l’image de ce film: partagé.
De Federico Fellini
Avec Broderick Crawford, Richard Basehart
Film italien,français - Comédie dramatique
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Réalisé en 1955, "Il Bidone" fait partie de la 1ère période, plus ou moins néoréaliste, du cinéma de Fellini. Période qui n’est pas la plus riche du Maestro, mais qui compte quelques films intéressants, dont "Il Bidone" n’est pas des moindres. Le film nous narre l’histoire de 3 détestables arnaqueurs, passant leur temps à "bidonner" de pauvres gens. Leurs diverses arnaques, assez machiavéliques, ont d’abord l’allure de sketchs, suscitant plutôt un effet comique. Mais le contexte social des arnaqués finit progressivement par changer le ton du film. Les arnaques deviennent odieuses, les situations tragiques, et la conscience des 3 loustics commence à être sérieusement mise à l’épreuve. Le film s’éloigne alors du réalisme attendu et prend l’allure d’un conte sur la face sombre de la nature humaine. Les 2 personnages encadrant Augusto, le vieux "boss" de la bande, se déréalisent petit à petit, se révélant n’être que le reflet des 2 facettes de la personnalité du chef: la crapule sans âme et le repenti en quête de rédemption. Augusto oscillera dès lors entre ces 2 pôles, poursuivant ses arnaques mais se rapprochant parallèlement de sa fille délaissée depuis de trop nombreuses années. Il ne parviendra cependant pas à trouver le chemin de la rédemption, et, après une séquence fabuleuse qui évite la facilité d’un dénouement attendu et donne de la profondeur au film, finira misérablement sur le bord de la route. Nous trouvons déjà dans "Il Bidone" certaines scènes qui annoncent le style à venir de Fellini. Ainsi de cette séquence d’errance nocturne, pourvue d’une certaine irréalité fantastique, qui annonce ces sublimes scènes d’aurore, où la griserie enfin dissipée laisse place à la solitude, à l’angoisse et à la peur. De même, la séquence du réveillon rappelle inévitablement les soirées mondaines de "La dolce vita". "Il Bidone" fait partie d’un cinéma que l’on qualifiera de "classique" dans sa forme, mais qui contient déjà en son sein les éléments de sa propre révolution.

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