De Alain Resnais
Avec Michel Bouquet
Film
français
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Documentaire
Sa critique :
La Nausée. Le bourdonnement dans les oreilles. La voix du narrateur disparait.
Comment supporter ces images? Tout le mal est là, devant nos yeux. Tout est tabou. Tout est caché. Mais après la vision, rien est oublié, comme marqué au fer sur notre rétine.
32 minutes. Pas une de plus. Pas le temps de s'acclimater à ces frissons de mal-être qui nous parcourent. Les images défilent comme ces prisonniers anonymes. La voix est incisive, sans mépris, sans coeur et à priori sans jugement. Que faire pour que cela ne se reproduise plus? La question parait bien vaine à côté des ruines de ces camps. Jusqu'où peut aller la haine humaine? L'égoïsme? L'indifférence? Et si nous avions tous une part de Mal en nous? Si le film ne répond à aucune de ces questions, il provoque la réflexion. La caméra fantomatique flotte parmi les bâtiments déserts avec un détachement tel que ces pièces nous paraissent presque familières malgré le profond dégout qu'elles nous inspirent.
Les civils s'entassent dans les trains, en mouvement sur le film. Ils ont encore un nom, une famille, une identité. Une fois enfermés dans les wagons, ils deviennent prisonniers, des numéros, des chiffres,
tout au plus leur visages sans âme seront immortalisés sur des photos glacées. Relégués à l'Histoire comme seule consolation. Immortalisés, vraiment?