Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 303 résultats
De Sofia Coppola
Avec Stephen Dorff, Elle Fanning
Film américain - Comédie dramatique
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(3)
Sa critique : La vie banale et les tourments quotidiens d'un jeune, riche et bel acteur qui s'ennuit. Voilà à quoi peut se résumer Somewhere de Sofia Coppola. Expérimentant de manière jusqu'au boutiste son cinéma de l'inaction, du petit questionnement, qu'elle avait déjà mise en scène de manière légèrement plus rythmée ou "ludique" dans Lost in translation, Sofia Coppola réalise ici un film singulier qui ne peut que diviser ses spectateurs ou en laisser de nombreux indécis. Arnaque prétentieuse et vide ? Oeuvre unique sur l'absurdité de nos vies ? Difficile de trancher, en effet. Si l'on prend au sérieux la première proposition, il est évident que l'indécision et l'ennui du héros, un acteur hollywoodien de films d'actions, n'est réservé qu'à une certaine couche social. Difficile, pour certains, de s'attacher aux tourments psychologiques d'un personnage qui a tout, confort, argent, conquêtes féminines. Or ce serait une erreur de condamner le film pour cela (certains critiques s'en sont donné à coeur joie, rapprochant le sujet du film à la vie personnelle de Sofia Coppola, qui se voit affublée d'un nouveau surnom, la "pauvre petite fille riche" du cinéma). Car la réalisatrice montre un certain recul, étonnant compte tenu de la part autobiographique du film, et qu'il est important de bien saisir. Coppola est bien consciente de la nullité de son personnage, Johnny, qui se goinfre, se vautre dans son lit, s'enfonce dans un train-train jusqu'à se vider de tous sentiments. Au fur et à mesure du film, au cours des différentes rencontres qu'il peut faire, lui-même constate qu'il est un adolescent attardé qui gâche le peu de temps qui lui est offert par la vie. A la toute fin, il décide de sortir de sa Porsche, et de marcher vers de nouveaux horizons. Johnny devient enfin adulte, décide de se prendre en main, et probablement ses problèmes ne seront plus des petits questionnements existentiels bourgeois. C'est ce que semble dire la toute fin, malheureusement trop symbolique, trop attendue et surfaite pour conclure en beauté le film. Sofia Coppola fait également le choix de ne pas nous livrer clairement quel est le chemin que Johnny s'est décidé à prendre : celui d'une paternité enfin assumée ? On peut le deviner, ainsi peut-être qu'une ouverture aux autres, mais il s'agit là d'élucubrations somme toute personnelles. Peut-être ne le sait-il pas lui même, bien que décidé à changer de vie. Somewhere, tout comme l'existence de son personnage principal, n'est donc pas aussi vain qu'il en a l'air, il mène "quelque part" : derrière les longs plans silencieux de Stephen Dorff les yeux perdus dans le vague, il y a aussi un parcours qui se dessine tranquillement. Cela étant dit, il est évident que l'essentiel du travail de Sofia Coppola s'applique à retranscrire l'intime et le quotidien, ici souvent jusqu'à l'absurde. Comme dans la vie, on ne sait jamais trop ce qui peut nous arriver (Johnny voit, en sortant de son appartement, une voiture accidentée), mais généralement rien ne se produit d'exceptionnel - si ce n'est, au pire, un masseur qui se déshabille dans votre chambre d'hôtel. Cette lenteur, ce flottement qu'on trouve dans les films de la jeune réalisatrice peuvent rappeler le style de Jim Jarmusch (le lien stylistique est évident entre Lost in Translation ou Somewhere et Broken Flowers). Certains détails, comme l'auteur des SMS anonymes et le mystérieux conducteur du 4x4 noir, resteront inexpliqués et finalement sans importance. Ce choix artistique met en valeur l'humain et les relations entre les personnages, qui, perdus dans l'absurdité de la vie, se retrouvent grâce aux autres. "A deux, on va forcement quelque part" disait Madeleine dans Vertigo. L'amour mène quelque part (somewhere), qu'il soit homme-femme (amour apparemment impossible pour Johnny, trop volage pour maintenir un couple en équilibre), ou bien père-fille, comme c'est le cas ici. Johnny se décide progressivement à aller quelque part, hésitant, s'offrant des allées et venues. Somewhere peut se voir comme un film initiatique experimental, un road-movie éclaté. En Italie, face à l'absurdité des remises de prix auxquelles il ne comprend rien ("remake" du tournage de la publicité Japonaise dans Lost in translation), il désobéit aux conventions et part plus tôt que prévu. C'est tardivement qu'il part effectivement rejoindre ce "quelque part", sans trop savoir s'il l'atteindra, ni quel chemin il devra parcourir pour y parvenir. Encore une fois, il est regrettable que cette fin, scène majeure du film, soit traitée de manière caricaturale, avec pathos et musique qui s'amplifie, tuant le réalisme et la profondeur du film. Un silence, peut-être, aurait mieux convenu. Le reste du film est quant à lui est plus cohérent, semblant parfois abscond car moins poétique dans la description du banal que Lost in translation, mais assez envoûtant et élevé par sa très belle photographie (...), ainsi que par les performances de Stephen Dorff et Elle Fanning, remarquables.
De Robert Rodriguez, Ethan Maniquis
Avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez
Film américain - Action
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Que dire d'un tel film ? Volontairement de mauvais goût et foncièrement caricatural, totalement idiot mais décomplexé, violent et déjanté, Machete ne peut qu'offrir un bon moment de divertissement difficilement critiquable tant son réalisateur, Robert Rodriguez, s'amuse à faire de la nullité un art majeur. Pour tenter d'intellectualiser tout de même la place d'un tel film dans l'Histoire du cinéma, soyons fou, on peut le placer dans les expérimentations jusqu'au-boutistes. Ou comment un mauvais film, tant qu'il est fait consciemment, et avec second (ou plutôt quinzième) degré, devient une véritable oeuvre. C'est donc une sorte de défi au jugement du spectateur que lance Rodriguez, lui ou Tarantino, quand ils réalisent des films comme Planète Terreur, Boulevard de la mort ou encore Machete. La deuxième importance du film, c'est le plaisir qu'on y prend à faire exploser tous les symboles de l'Amérique puritaine : femmes libérées qui tirent sur tout ce qui bouge, prêtre armé jusqu'aux dents qui finit cloué à une croix après un règlement de comptes dans son église, mère et fille bourgeoises qui tournent une webcam pornographique ensemble, même adepte du sexe lesbien qui s'habille en nonne pour aller régler son compte à un sénateur verreux, défenseurs de l'Amérique old-school qui ne sont que des tueurs manipulés par les parrains de la drogue, etc. Une ode à la liberté, en quelque sorte ! Un film social, même, autour de l'immigration... mais qui prend la forme d'un grand n'importe quoi jubilatoire et adolescent. Dans la lignée du projet Grindhouse, duquel est tiré l'idée de base (en fait, une fausse bande-annonce de série Z), Machete est donc très con mais très cool, sans grand moment de cinéma malheureusement. Car on est bien loin du cinéma de Tarantino, qui, comme De Palma avant lui, a su créer de vrais personnages et un cinéma personnel malgré la forte présence de références. Pas tant de génie chez Rodriguez, et on gardera en mémoire de Machete un bon moment entre potes (ça se voit entre potes, obligatoirement), les fausses pubs républicaines de Robert De Niro ("I approve this message"), Steven Seagal en mode autoparodique, et bien sûr ce type sorti de nulle part, Danny Trejo alias 'Machete'. Ah ! J'oubliais un bon nombre de paires de fesses et de seins appartenant à Jessica Alba, Michelle Rodriguez et Lindsay Lohan - qui savent jouer aussi, tout de même.
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Pour certains, la sortie d'Outrage, le dernier Takeshi Kitano, marque une date importante, celui du retour du cinéaste au film de yakusa pur et dur. Pourtant, on ne peut voir le dernier opus du réalisateur comme une totale réussite, se contentant de n'être justement qu'un simple film de yakusas, sans réelle profondeur. Outrage se présente donc comme un film à intrigue, avec les multiples rebondissements classiques du genre : doté d'une narration linéaire, il montre les revirements de clans et les vengeances multiples entre yakusas, le tout débouchant sur un nombre impressionnant de tueries. Kitano excèle à filmer les meurtres de manière froide et presque clinique (le terme est approprié lorsqu'un chef de gang se fait broyer la langue par une fraise de dentiste). On constate évidemment sa volonté de montrer l'absurdité de cette mafia, qui ne mène nulle part sinon à la mort prématurée de tous ses membres. Probablement dans la volonté de préserver cet esprit, le cinéaste ne donne d'humanité à absolument aucun de ses personnages, et par conséquent aucune profondeur. Bien sûr, on connaît le goût de Kitano pour les personnages mutiques, renfermés. Mais ici, ces pantins qui jouent à s'entretuer ne parviennent jamais à nous captiver, voire à nous intéresser, tout simplement. Pas d'intériorité, pas de poésie, pas d'amour non-plus, et ça peut surprendre pour le réalisateur d'Hana-Bi, l'un des plus beaux films du monde. Kitano semble effectuer un revirement, offrant un nouvel univers où les humains ne sont rien de plus que des corps. C'est intéressant, mais ça ne va finalement pas très loin. On regarde donc ce spectacle de violence, certes très bien fait, que nous propose le cinéaste, sans aucune réaction, sans émotion si ce n'est celle de l'effroi dûe à la cruauté et à l'hyper-réalisme des règlements de comptes. Finalement, Kitano reste entre deux eaux, coincé entre les rebondissement à suspense de son intrigue qui se voudrait captivante, et la froideur du traîtement des personnages, désincarnés, distants du spectacteur. La très belle - mais gratuite - mise en scène ne parvient pas non-plus à sauver ce sentiment de vide, et Outrage laisse indifférent, bien loin de la poésie, de la créativité, de la folie dont est capable Kitano à ses meilleures heures.
De Abbas Kiarostami
Avec Juliette Binoche, William Shimell
Film italien,iranien,français - Drame
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Avertissement aux spectateurs : il est bien épineux d'émettre un jugement prompt sur Copie Conforme, le dernier film d'Abbas Kiarostami, primé pour l'interprétation de Juliette Binoche à Cannes au mois de mai dernier. Cette "oeuvre sur les oeuvres" du cinéaste iranien se voit en effet plombée par un première mauvaise impression, celle d'un film très beau mais bavard, intello et prétentieux qui ne mènerai qu'à un discours philosophique filmé, celui de l'écrivain James Miller - un parent de Gérard Miller, probablement - débattant à bâton rompue avec une lectrice de la puissance des faux, des copies, sur les originaux - discours plus ou moins passionnant, mais en tout cas nullement mis en valeur par la lenteur de cette première partie. L'aisance avec laquelle les deux inconnus débattent du sujet, tout naturellement et sans plus de présentations, en s'offrant une virée en voiture, la colère du personnage féminin (sans nom) dans la défense de ses arguments, tout cela semble peu crédible et ne facilite pas l'immersion : on suit le film à reculons, presque énervé par ces deux philosophes pédants. Puis, vient le "twist"... non pas final, mais médian, qui vient enfin nous rassurer quant à l'intérêt du film (et nous réveiller, au passage). En effet, au beau milieu de cette intrigue peu palpitante, les bizarreries du jeu des acteurs et l'incohérence du rapport qu'entretiennent leurs personnages prennent sens, quand nos deux protagonistes déclarent être mariés depuis 15 ans ! Faut-il croire que ce vieux couple s'est amusé à jouer les inconnus flirtant autour d'un écrit ? Ou bien que ces deux inconnus, portés par le sujet du livre, s'amusent à copier un vieux couple ? Des détails abondent dans les deux sens et peuvent défendre les deux théories. La "copie" devient aussi convaincante que la réalité, mais surtout, elle est plus belle et plus touchante. Copie conforme finit donc par convaincre et passionner, malgré sa lenteur et son apparent sérieux. Il provoque des réflexions et éveille des sentiments rares au cinéma, pièce unique d'un cinéma moderne exigeant. Sa beauté si particulière, qui se révèle progressivement à notre esprit de spectateur, après une bonne maturation, ne trouvera de similarités et d'influences que dans le néoréalisme, chez Rossellini et Antonioni, cinéastes dont Kiarostami hérite en plus des paysages italiens.
De Christopher Nolan
Avec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard
Film américain,britannique - Science fiction
Sa note :
(3,5)
Sa critique : "Is all that we see or seem but a dream within a dream?" Edgar Poe Cette vieille fascination du rêve et de la réalité, du "Qu'est-ce qui me prouve que je ne rêve pas à l'instant même ?", qui donna lieu au cinéma à de nombreux films tels que Total Recall (d'après Philip K. Dick) ou L'antre de la folie, se voit redoré d'une nouvelle jeunesse par la sortie d'Inception de Christopher Nolan. On ne peut que se réjouir de voir le système hollywoodien actuel nous livrer un blockbuster intelligent, une oeuvre cohérente qui apporte sa pierre à l'édifice dans l'histoire de la science-fiction et du fantastique. En réalisant ce film de très haute tenue, Christopher Nolan prouve qu'il possède son style propre, percutant, vif, sur les pas de Michael Mann, mais également qu'il peut s'exprimer en tant qu'artiste. Si d'une part, l'intrigue qu'il a lui-même écrite est brillamment composée, qu'elle nous entraîne et parvient à nous faire chercher la meilleure interprétation afin de compléter le puzzle, elle délivre surtout un message sur le rêve et la réalité, sur notre capacité à croire dur comme fer au monde des illusions et des faux-semblants. Le film est ainsi un jeu de mises en abyme permanentes, labyrinthe complexe dans lequel on trouvera un grand plaisir à se perdre. Evidemment fort d'une grande réussite formelle (Nolan, contrairement à la plupart des faiseurs de films hollywoodiens, ne s'est pas appuyé sur les effets numériques et offre donc une mise en scène de qualité) et d'une excellente direction d'acteurs, Inception s'avère être une véritable surprise, à la fois film d'action et de réflexion, un film d'auteur à gros budget... non, non, vous ne rêvez pas !
De Ridley Scott
Avec Russell Crowe, Cate Blanchett
Film britannique,américain - Aventure
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(3)
Sa critique : C'est la tendance actuelle des productions hollywoodiennes que d'assombrir ou de vouloir rendre plus complexe l'image des héros de notre enfance (Batman, Superman). Le projet du tandem Russel Crowe/Ridley Scott d'offrir un Robin des Bois plus crédible était fort louable, et donne somme toute un film de bonne facture, quoique imparfait. D'une part, la richesse du scénario nous montre que ce Robin des Bois n'est pas du bas de gamme pour adolescents décérébrés mais bien un divertissement de qualité. Si ce n'est quelques grosses ficelles utilisées pour la filiation morale du père de Robin (en gros, notre Robin apprend que feu son père défendait l'égalité entre chaque homme, et tient par conséquent un discours de leader face au Roi d'Angleterre cinq minutes plus tard), le film reste toutefois aussi agréable pour le cerveau que pour les mirettes. Car on en prend plein les mirettes, c'est évident. Sur ce point, Ridley Scott ne pouvait décevoir. La reconstitution moyenâgeuse est admirable, jamais costumes ou décors ne sonnent faux, et les effets spéciaux sont parfaitement maîtrisés pour servir l'action. La galerie de personnages est majoritairement bien servie par le casting. Du côté des "bons", les acteurs sont tous convaincants (...) Du côté des "méchants", c'est nettement moins glorieux, avec notamment un dénommé Oscar Isaac caricatural en prince Jean (on ne peut s'empêcher de comparer sa faible performance à celle de Joaquin Phoenix génial dans le rôle très similaire qu'il tenait dans Gladiator), et un Seigneur Godefroy trop transparent pour être détestable. L'autre sérieuse faiblesse du film est sa conclusion. Ridley Scott entretien un rythme crescendo, ne laissant presque aucune respiration dans la dernière demi-heure, qui se conclue sur une scène de bataille assez expéditive et quelques séquences élusives en guise de conclusion(...). Bien qu'on connaisse la suite (...) on a le sentiment de rester sur notre faim et le film se termine sur ce déséquilibre. (...)
Sa note :
(5)
Sa critique : Takeshi Kitano réalise avec Hana-bi un sublime poème cinématographique, dans lequel il fait se croiser violence et tendresse avec génie. Réflection sur la mort, l'art et le deuil, ce film profond n'est pas non-plus dénué d'humour, et l'acteur Kitano (sous son pseudonyme de "Beat" Takeshi) y excelle également. Les émotions sont distillées par touches avec la grâce d'un peintre, et se trouvent encore sublimées par la bande originale de Joe Hisaishi. Un pur chef d'oeuvre, d'une intelligence et d'une beauté rares.
De Scott Cooper
Avec Jeff Bridges, Maggie Gyllenhaal
Film américain - Drame
Sa note :
(3)
Sa critique : « Je vais vous donner ce que vous attendez », répète toujours Bad Blake, chanteur de country has-been, à ses spectateurs lors des concerts qu’il donne dans des bars et des bowlings. En sortant du film Crazy Heart, on peut dire que le réalisateur – Scott Cooper, premier film, inconnu au bataillon – s’en est tenu lui aussi à cette promesse. En effet, on ne peut dire que le scénario du film brille par son originalité. Nous collons aux basques (aux bottes, aussi) notre anti-héros, Bad Blake, incarné par Jeff Bridges, jusque dans son lit où il aime se vautrer en enchaînant les cigarettes mais surtout les bouteilles de whisky, et parfois les groupies. Habitué à ce train de vie pas très glorieux, une rencontre avec une jeune journaliste – divorcée, elle vie avec son bambin – lui fera prendre conscience de sa vieillesse et de ce qu’il a gâché dans sa vie passée. L’artiste se remet en question, fait face à son alcoolisme, tente d’écrire de nouvelles chansons et s’essaye au rôle de père, le tout avec plus ou moins de difficultés. Ce parcours initiatique très (trop) classique pourrait donner lieu à une œuvre larmoyante et plate. C’est parfois le cas, mais heureusement une mise en scène sobre, parfois cruelle, des émotions tire le film vers le haut. Un rythme tranquille s’installe, et on baigne dans une ambiance réaliste tantôt âpre ou douce. Scott Cooper s’applique à retranscrire les atmosphères du sud des Etats-Unis, tout en patelins et en autoroutes désertes. De même, ses personnages sont dotés d’une forte humanité, et ce particulièrement grâce à un casting de haut vol. Jeff Bridges y est évidemment génial, se donnant à fond dans ce personnage cabossé et sauvage. Dans les seconds rôles, Robert Duvall, Maggie Gyllenhaal et Colin Farrell (décidemment de plus en plus présent dans les petites productions), sont tout aussi convaincants. L’image n’est pas désagréable à regarder, notamment grâce à une belle photographie et une mise en scène pas piquée des hannetons (...)
De Martin Scorsese
Avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo
Film américain - Thriller
Sa note :
(4)
Sa critique : Décidemment, les movie brats italo-américains des années 70 sont sur le retour. Après Francis Ford Coppola qui nous gratifiait d’une œuvre d’art complexe et fascinante en guise de cadeau de Noël, c’est au tour de Martin Scorsese de nous livrer une petite perle cinématographique, j’ai nommé Shutter Island, film fantastique qui nous laisse sur les rotules par son rythme effréné et son scénario coup de poing. A mi chemin entre Le Cabinet du Dr Caligari (l’idée générale) et Shining (le jeu permanent avec le doute fantastique, l’utilisation de la musique de Penderecki), le tout baignant dans l’atmosphère d’un film noir des années 50, Shutter Island est le fruit du travail d’un cinéaste cinéphile désireux d’apporter sa pierre à l’édifice d’un genre déjà bien exploité. Son personnage principal, le marshal Teddy Daniels, imperméable et chapeau feutre sur le crâne, s’enfonce dans un univers expressionniste fait de visions inquiétantes et de dédales obscures, reflets effrayants d’un cerveau torturé. De ces apparences trompeuses issues de cavernes secrètes il devra s’acquitter, pour rejoindre le réel le plus inacceptable en haut d’un phare, tour mystérieuse dont l’ultime étage renferme la vérité, à la manière du clocher de Vertigo. Pour autant, Shutter Island échappe à ces références et au matériau original de Denis Lehane, pour être aussi une œuvre tout à fait scorsesienne. La lutte violente qu’entretien ce héros solitaire et paranoïaque, qui n’a absolument « aucun ami » comme lui apprend l’un des fantômes qui peuplent sont esprit, face à un monde extérieur agressif, n’est pas si éloignée de celles de Travis Bickle, de Sam Rothstein ou bien d’Howard Hughes. D’ailleurs on ne s’étonnera pas de trouver culpabilité et impossible rédemption comme motifs de la folie et des visions répétées d’une fillette demandant à être sauvée. La scène la plus symbolique sera celle du flash-back, percutante et magnifiquement mise en scène, dans laquelle le sang recouvre les mains de (...)
De Steve Jacobs
Avec John Malkovich, Natalie Becker
Film sud-africain,australien - Drame
Sa note :
(3)
Sa critique : Excellente adaptation du roman dit "d'apprentissage" signé John M. Coetzee (prix nobel de littérature en 2003), Disgrâce se voit par hasard être l'antithèse totale du film Invictus sortie un mois auparavant. D'une part, c'est l'oeuvre réussie d'un nouveau réalisateur, Steve Jacobs (deux autres films plutôt méconnu à son actif), et non la déception d'un Maître bien rodé. Mais il se trouve que le film de Jacobs se déroule également en Afrique du Sud pendant l'Apartheid, mais cet élement sert uniquement de toile de fond. La part de "critique" ou plutôt de message social s'y fait tout en subtilité, par le parallèle qu'on peut faire entre les viols commis par la bande de jeunes Noirs et ceux, moins brutaux physiquement mais tout autant moralement, d'un professeur d'université Blanc. Mais Disgrâce est avant tout le portrait d'un homme mûr, cultivé, qui se voit soudainement perdu dans ses certitudes plutôt nihilistes. Ses sentiments s'expriment pleinement dans une mise en scène réfléchie, faite d'ellipses et de transitions inattendues, de plans magnifiquement composées. On notera néanmoins quelques longueurs, mais aussi les interprétations sublimes offertes par tous les comédiens.

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