Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 273 résultats
De Valérie Donzelli
Avec Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm
Film français - Drame
Sa note :
(3)
Sa critique : La question de savoir que l'histoire qui nous est racontée s'inspire de celle que Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm ont réellement vécue est à la fois primordiale et secondaire ; primordiale parce que cela explique le parti pris artistique du film ; secondaire parce qu'il s'agit d'un film et que seul le film compte. La revendication première est de ne pas prendre les spectateurs en otage d'un suspense entretenu : le fils malade est aujourd'hui guéri. Le film ne raconte pas l'histoire de sa maladie, mais l'histoire de ses parents face à une situation extraordinaire. Film d'amour, d'espoir et de lutte, La guerre est déclarée mise sur le rythme et la vitesse pour nous emporter avec ses personnages. L'immense qualité du film, c'est son audace. De ruptures de tons en ruptures de formes, Valérie Donzelli ose bousculer convenances et spectateurs, histoire de prendre le recul nécessaire à une narration délivrée du drame qui se joue. Si l'audace n'est pas toujours payante, elle a le mérite de sortir le film des rails vers lesquels le sujet l'entraînait. Alors que la réalisatrice ne revendique aucune parenté cinématographique, on lui prête des accents truffaldiens et des échos d'Honoré, compliments pour certains et pesanteurs pour d'autres, la voix off narrative un peu niaise surlignant les propos (Truffaut) ou le clip aux accents naïfs (Honoré) comptent parmi les points noirs du film. On préfère les accents arty, l'humour décalé et les essais stylistiques, plus vifs et plus modernes. La qualité du film forge aussi ses faiblesses. A trop vouloir prendre du recul ou dédramatiser, le film passe à côté de l'émotion, à tel point qu'on en oublie les enjeux. Et lorsque la réalisatrice accentue les réactions de certains de ses personnages, l'effet sonne faux ou tombe à plat. C'est la faiblesse d'un film qui n'en demeure pas moins honnête et singulier, en dehors des balises, mené tambour battant par le duo de charme formé par Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm.
De Pedro Almodóvar
Avec Antonio Banderas, Elena Anaya
Film espagnol - Thriller
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(2)
Sa critique : Sans connaître le roman de Thierry Jonquet dont La piel que habito est adapté, on peut imaginer qu'Almodovar y a trouvé la matière pour le moins complexe, pour ne pas dire tordue, de son dernier film. Ce qui frappe en premier n'est pas justement la tortuosité du sujet mais la manière dont il est traité. En effet, si l'on concède volontiers l'intérêt d'une révélation tardive (Qui est qui ? Qui veut quoi ?), on peut se demander pourquoi Almodovar tarde tant à nous l'exposer. Se perdant dans des sous intrigues et des personnages sans intérêt (le "tigre" et le personnage de Marisa Paredes), étirant jusqu'à les rendre stériles toutes les scènes d'exposition, le réalisateur espagnol prend le risque de perdre bon nombre de spectateurs en route. Car il faut le dire, la première heure du film est particulièrement plate et ennuyeuse, incapable de nous intéresser aux personnages pourtant supposés mystérieux que sont ce chirurgien et sa "patiente". Le film bascule réellement lorsque le jeune Vicente entre en scène. C'est alors que le récit se trouble, que la séquestration intrigue, que les mystères prennent de l'épaisseur au moment où ils se révèlent. Hormis une scène d'explication aussi longue que plaquée, la dernière partie prend force et puissance et laisse deviner le film qu'Almodovar aurait dû faire s'il ne s'était pas perdu dans des circonvolutions parasites. C'est d'autant plus dommage que le style Almodovar (mise en scène stylée et musique prégnante) était l'écrin idéal d'une intrigue aussi sulfureuse que troublante. Côté interprétation, rien à dire d'Antonio Banderas qui ne démérite pas sans éblouir, de Marisa Paredes qui a la classe de faire vivre un personnage inutile et d'Elena Anaya dont la beauté égale le talent. A noter le jeune Jan Cornet, très convaincant. La piel que habito est donc décevant, d'autant plus décevant qu'il avait tout pour être génial.
De J.J. Abrams
Avec Kyle Chandler, Joel Courtney
Film américain - Science fiction
Sa note :
(2)
Sa critique : Super 8 est un film sympa. Présenté comme un film hommage, super 8 est un film hommage. Hommage au cinéma en général, à travers cette équipe d'ados tournant une histoire de zombies, hommage également au "cinéma d'aventure des années 80 avec des ados dedans", genre plutôt réussi à l'époque (rappelons tout de même que les 80's furent la pire décennie artistique du XXe siècle...). Super 8 fonctionne bien, les ados sont sympas, les clins d'œil revival également. Le scénario est bien ficelé, si ce n'est un raccourci bizarre en toute fin, et apporte son lot d'aventure, de suspense, de conflits de générations, de découverte de l'amour et tutti quanti. Un bon point aux jeunes comédiens, la jolie Elle Fanning, échappée de la piscine neurasthénique de Sofia Coppola, en tête, le jeune inconnu Joel Courtney ensuite, dont le talent promet une belle carrière. Spielberg produit, J.J. Abrams filme "comme papa" et tout le monde est content : Les cahiers du cinéma n'en peuvent plus, les Inrocks non plus, comme si repenser à la période où ils perçaient leurs boutons d'acné les mettait en transe. Bref, c'est sympa, ça se regarde avec plaisir, mais il n'y a pas de quoi fouetter un chat ou crier au chef d'œuvre.
De Lars von Trier
Avec John Hurt, Kirsten Dunst
Film français,danois,suédois,allemand - Science fiction
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(4)
Sa critique : La vie, la mort, l'espoir, la condition humaine. Terrence Malick et Lars von Trier semblent avoir potassé les mêmes sujets pour le dernier Festival de Cannes. Mais alors que le réalisateur américain, emporté par sa mégalomanie et un discours simpliste, s'est pris les pieds dans le tapis, le mélancolique danois nous offre son plus beau film à ce jour. Deux sœurs : l'une rongée par la dépression, lutte pour donner le change, trébuche, s'épuise et sombre, puis trouve la paix ; l'autre forte par devoir, construisant sa vie sur des certitudes, altruiste et aimante, tient debout jusqu'à l'effondrement. Débutant par un prologue envoûtant et mystérieux, poème visuel préraphaélite, Melancholia donne dès les premières secondes le ton d'un film sur le fil, qui sait convoquer des références aussi puissantes et encombrantes que l'Ophélia de Millais ou le Tristan et Isolde de Wagner pour mieux atteindre la grâce. La première partie, consacrée au mariage de Justine, entre Festen et Les damnés, s'ouvrant sur une scène géniale de limousine bloquée dans un étroit chemin, mettant en scène les pesanteurs d'une convention bourgeoise étouffante, semble être le prologue de la seconde partie, infiniment sensible et douce bien que dramatique, sur fond de collision entre la Terre et une planète mystérieuse. Film de science fiction poétique et pur, Melancholia sidère par sa beauté visuelle et la profondeur de ses émotions. Superbe et drôle, mélancolique et calme, douloureux et apaisant, formant un tout homogène qui sait peindre la dépression, l'amour ou la peur avec une infinie justesse, le dernier Lars von Trier impose un romantisme qui résonne au plus profond de soi. Le film est porté par le magnifique duo formé par Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg, la première trouvant là son plus beau rôle, la seconde prouvant une fois de plus l'étendue de son talent. Elles sont secondées par un casting haut de gamme, Kiefer Sutherland parfait, John Hurt et Charlotte Rampling impeccables en parents démissionnaires, Alexander Skargard (True blood) aussi beau en humain qu'en vampire, Brady Corbet très juste ou le toujours troublant Udo Kier. Le film s'achève dans un crescendo éblouissant. La dernière image nous laisse les larmes aux yeux et le cœur serré, bouleversés que nous sommes par les derniers regards de Justine et Claire. Si la dernière Palme cannoise se jouait entre The tree of life et Melancholia, elle revenait sans conteste au second. Par KO.
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Comment "montrer" le désir ? Comment le rendre cinématographique ? Marco Berger s'est certainement posé ces questions avant de réaliser Absent. Il semble avoir trouvé les bonnes réponses puisque la première partie de son film rend la tension sexuelle particulièrement palpable. Absent raconte le parcours d'un adolescent, Martin, qui monte un stratagème pour aller passer la nuit chez son prof de sport, prof qu'il désire de tout son corps. Pudique et sensuel, Absent s'attarde sur les peaux et les poils, les caleçons moulants, enveloppes charnelles de corps masculins que des ambiances moites et des désirs frustrés rendent terriblement désirables. Ici se pose la question de la manière dont le film peut être reçu. Ne va-t-il séduire que les spectateurs homosexuels ? Va-t-il séduire les autres ? Alors qu'un spectateur gay peut s'identifier à des héros hétérosexuels (tout simplement parce qu'il n'a souvent pas le choix : on ne lui propose quasiment pas d'autres modèles), un spectateur "straight " saura-t-il se projeter sur autre que lui ? De là se pose la question de la portée d'Absent : le film n'est-il réservé qu'aux "garçons sensibles" ? Quoi qu'il en soit, sa première partie impose un suspense tendu qui fait du désir un enjeu de thriller. Les corps se croisent, se montrent et se cachent, la nuit chaude les dénude en partie, la tension sexuelle atteint son paroxysme... Presque aussi ratée que la première partie est réussie, la seconde entreprend d'explorer le ressenti du prof. Utilisant alors un procédé scénaristique très discutable, le film ne parvient pas à maintenir le cap et se perd en non-dits oiseux. C'est d'autant plus dommage que Marco Berger évite soigneusement les clichés sans pour autant éviter de perdre son spectateur en route. Un film en demi-teinte donc, sauvé par une interprétation de qualité et une première partie réussie.
De Hong-jin Na
Avec Yun-seok Kim, Jung-woo Ha
Film sud-coréen - Thriller
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(3)
Sa critique : Voilà un film qui met en évidence l'absurdité de certains titres lorsqu'il s'agit de les distribuer en France. Le titre coréen, traduisible en "Mer Jaune" se voit transformé à l'anglaise en Murderer alors que, tant qu'à faire, "The survivor" aurait beaucoup mieux convenu. Nouveau film du réalisateur du brillant The chaser, The murderer est l'histoire d'une course poursuite bientôt double puis triple, chacun échappant à plusieurs autres et réciproquement, et à la police aussi. Le film se donne pour base une réalité sociale et politique que nous ne connaissions pas, à savoir le sort réservé aux coréens du nord établis en Chine et rêvant de rejoindre la Corée du Sud. Où l'on découvre que l'exploitation de la misère est ici comme ailleurs, aux mains de gangs sans morale ni scrupules. Dans ce contexte, Gu-nam, joueur endetté, va être envoyé à Seoul pour assassiner un type. Et c'est là que les ennuis vont... continuer. On reconnaît la patte de Kim Yun-seok dans cette manière très urbaine de filmer l'architecture et les rues comme autant de formes abstraites. On reconnaît également sa manière de tourner la police en ridicule même si le mélange des genres n'est ici qu'effleuré alors qu'il faisait une des forces de The chaser. Un peu long à démarrer, trop long dans sa présentation, le film oscille entre frénésie et temps morts, franchissant à chaque tuerie un degré de barbarie. Comme si, peu à peu, au fur et à mesure d'un récit improbable, les personnages aux forces décuplées (le poursuiveur Myun arrive à trucider à la hache 10 mecs armés de couteaux...) s'enivraient du sang qu'ils font couler. Le film devient alors une comédie aussi noire qu'absurde, course poursuite avec la mort pour seule issue. Même si certaines scènes sont étonnantes d'efficacité et de frénésie, on peine à suivre un récit un peu trop alambiqué souffrant de régulières baisses de régime. Un peu bancal en définitive, The murderer ne retrouve pas la puissance de The chaser. Tout cela n'empêche pas The murderer d'être un thriller de haut niveau, nettement au-dessus de la production occidentale du genre.
De David Yates
Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint
Film américain,britannique - Fantastique
Sa note :
(3)
Sa critique : This is the end... pour ceux qui n'ont pas lu les romans de JK Rowling, comme pour ceux qui les ont lus, et qui attendaient l'ultime transposition à l'écran des aventures du petit sorcier à lunettes devenu grand. Donc ça, c'est fait. Après un premier épisode plutôt alerte, succédant à plusieurs films décevants, on espérait retrouver le même plaisir. Un ton en dessous, cet épisode 2 donne la part belle à l'aventure, et laisse un peu de côté les relations entre Harry, Hermione et Ron (ce qui rendait le précédant touchant). Ici tout va vite jusqu'à l'affrontement (presque) final, entre Potter et l'autre. Alors que le monde des sorciers est aux mains des forces du mal, le bien se bat becs et ongles jusqu'au bout. On ne s'attarde pas aux quelques raccourcis et autres ellipses qui nuisent à la compréhension (pour ceux qui n'ont pas lu les romans...) et on se laisse faire, trimballé de droite et de gauche, de lieux surprenants en lieux magiques... retrouvant avec plaisir les escaliers et les tableaux vivants de Poudlard. Bref, ça fonctionne, même si le souffle manque quelquefois, voire régulièrement, dans cet ultime opus dont le rôle est avant tout de boucler la boucle. David Yates fait le boulot, ni plus ni moins. Le trio Radcliffe-Grint-Watson, définitivement très attanchant, sort la tête haute de ce qui fut 10 ans de vie commune... Bye bye Harry !
De Joe Wright
Avec Saoirse Ronan, Eric Bana
Film britannique,allemand,américain - Thriller
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Hanna est l'un de ces films qu'il est bien difficile de définir. Un peu comme si Jason Bourne passait d'Into the Wild à un film d'anticipation des années 70. Histoire de vengeance et de manipulation, récit initiatique, course poursuite, Hanna est un peu tout ça. Si on s'y perd quelquefois (l'histoire en elle-même ne présente pas beaucoup d'intérêt), on en retient principalement une ambiance particulière, étrange, hors du temps. Passant des froids polaires aux chaleurs marocaines, puis de l'Espagne estivale à un Berlin d'avant la chute du mur, le film s'émancipe de toute logique spacio-temporelle. Arme vengeresse forgée par son père, Hanna est aussi une jeune fille candide qui découvre le monde après en avoir été privée pendant tout son enfance. Souvent efficace, la mise en scène de Joe Wright se perd quelquefois dans des effets de style malvenus, mais est régulièrement sauvée par la fantastique BO des Chemical Brothers. Véritable accélérateur narratif, faisant corps avec l'image, la partition musicale est la plus grande réussite du film. Côté casting, Saoirse Ronan, l'héroïne du raté Lovely bones est aussi convaincante en tueuse qu'en jeune naïve, actrice à suivre. A ses côté, le transparent Eric Bana ne s'en sort pas trop mal, mais c'est surtout Cate Blanchett, méchante parfaite, qui nous bluffe à nouveau. Un joli film déroutant donc, oubliable sans doute, mais pas anodin.
De Kim Jee-woon
Avec Lee Byung-Hun, Min-sik Choi
Film sud-coréen - Thriller
Sa note :
(3)
Sa critique : Le thème de la vengeance est aussi vieux que le cinéma, et même bien davantage : depuis que l'homme (se) raconte des histoires. Il a fait les grands jours du cinéma populaire, de Bronson à Delon, jusqu'à Tarantino. Il s'agissait souvent de montrer le vengeur tel une machine que rien ne peut arrêter, sûre de son bon droit, inattaquable, tout spectateur voué à sa cause. En instituant rapidement un jeu entre le vengeur et l'assassin, J'ai rencontré le diable se joue des règles pour mieux nous tourmenter. Loin de cette grosse merde puante de Taken, le nouveau film de Kim Jee-Won, sur le thème de "ne deviens pas monstre pour te venger d'un monstre", dépasse les limites imposées pour, comme très souvent dans le cinéma coréen, mélanger les genres avec délectation. L'idée du monstre, "celui qui ne serait plus humain", tel que la presse torche-cul et les bien-pensants nomment ceux qui commentent des actes monstrueux, manière de refuser que l'Homme soit capable du pire, est ici habilement exploitée. En effet, suivant tout aussi bien la trajectoire du tueur que celle de celui qui l'épie et va peu à peu lui ressembler, J'ai rencontré le diable, n'évitant pas quelques plans difficiles, sait ne pas nous faire oublier que celui qui massacre est aussi (et avant tout) un homme. Alternant séquences frénétiques, sanguinolentes ou presque contemplatives, aidé par une musique parfaite jusque dans les silences qui lui succèdent, la mise en scène de Kim Jee-Won est à nouveau impressionnante, et justifie par le rythme qu'elle impose les 2h20 du film. Mais plus encore que dans A bittersweet life, davantage exercice de style, J'ai rencontré le diable mène loin ses expériences. D'intrusions inopinées de clin d'yeux burlesques à quelques scènes dont l'absurdité et le décalage font penser au Devil's rejects de Rob Zombie, le film chamboule nos repères et nous surprend sans cesse. Car ici, le jeu du chat et de la souris est plus pervers qu'il y paraît. Au casting, deux pointures du cinéma coréen, Choi Min-sik, héros de Old Boy, sort de DeNiro bridé les tics en moins, absolument fabuleux, et Lee Byung-Hun, déjà vu dans A bittersweet life, beau comme un dieu et d'autant plus troublant. Maîtrisé de bout en bout, impressionnant tout autant dans sa liberté de ton que dans les claques qu'il nous donne, J'ai rencontré le diable prouve une fois de plus la richesse et la qualité du cinéma coréen.
De Álex de la Iglesia
Avec Carlos Areces, Antonio de la Torre
Film français,espagnol - Comédie dramatique
Sa note :
(3)
Sa critique : Alex de la Iglesia y va à fond et assume. Avec pour toile de fond le franquisme débutant puis proche de la fin, Balade triste mêle allègrement univers du cirque, devoir filial et querelles amoureuses dans une outrance visuelle et narrative maîtrisée du début à la fin. Qu'on aime ou pas, on ne peut nier l'évidence d'un cinéma homogène et culotté. Improbable et délirant, Balada triste perpétue la tradition du Grand Guignol (décor de carton pâte, corps meurtris, sentiments exacerbés) tout en lorgnant vers Del Toro ou Fellini. Sorte de montagne russe grotesque, le film alterne moments de bravoure visuelle, surprises narratives et baisses de régime lénifiantes dès qu'il redevient "sérieux". On peut très bien ne pas être réceptif à cet univers excessif et reconnaître la réussite d'un film dont le "trop" assumé est la marque de fabrique. S'appuyant sur le double délire visuel du cirque et des années 70, Alex de la Iglesia nous balance un film coloré et baroque qui n'a peur de rien. Musique omniprésente mais parfaitement en phase, mise en scène frénétique, interprétation généreuse d'un casting parfait, destins tragi-comiques emmêlés dans la tragédie de la nation espagnole, donnent corps à un film qui déborde et puise sa force dans ses débordements. Quoi qu'on en pense, Balada triste c'est du cinéma. Et ça, c'est bien.

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