Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 672 résultats
De Jeff Nichols
Avec Michael Shannon (II), Jessica Chastain
Film américain - Drame
Sa note :
(4,5)
Sa critique : [Vu en V.O] Film indépendant très réputé de ce début d'année, Take Shelter n'est ni plus ni moins qu'un petit chef d'oeuvre. Curtis LaForche mène une vie paisible avec sa femme et sa fille quand il devient sujet à de violents cauchemars. La menace d'une tornade l'obsède. Des visions apocalyptiques envahissent peu à peu son esprit. Son comportement inexplicable fragilise son couple et provoque l'incompréhension de ses proches. Rien ne peut en effet vaincre la terreur qui l'habite. Dès le premières secondes, le film nous plonge dans un univers extrêmement marqué, très particulier, tendu et effrayant, où le ciel est rempli de nuages noirs, où le soleil se fait rare et où l'orage peut éclater à n'importe quel instant. Dans cette ambiance très déstabilisante vont se percuter conscience, inconscience, subconscient, onirisme et les répercutions qu'ont ce dernier sur la réalité. En bref, comme le dirait Victor Hugo, une véritable tempête sous un crâne, un labyrinthe obscur et énigmatique. Le tout sans compter les moments de pure poésie et les autres d'une intense émotion. Car Take Shelter, ce n'est pas uniquement la peur d'une menace apocalyptique, c'est aussi et surtout la fragilisation à l'extrême d'un couple pourtant solide comme le roc, ainsi que l'obsession de protéger sa famille. Une bien belle métaphore donc, sur les problèmes de la société actuelle. Après une scène finale des plus ambigüe, agrémentée d'une B.O sublime, on ressort de Take Shelter marqué et tourmenté. Au final, une oeuvre extrêmement complexe, forte et profonde, portée par un Michael Shannon parfaitement habité. Une expérience inoubliable.
De Roman Polanski
Avec Jack Nicholson, Faye Dunaway
Film américain - Policier
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Chinatown, autre film culte de Roman Polanski, est sans doute un peu inférieur à ses autres oeuvres. Il reste cependant un film noir relativement réussi. Gittes, détective privé, reçoit la visite d'une fausse Mme Mulwray, qui lui demande de filer son mari, ingénieur des eaux à Los Angeles. Celui-ci est retrouvé mort, noyé. Gittes s'obstine dans son enquête, malgré les menaces de tueurs professionnels. Dès la première scène, impossible d'en douter ; Nous sommes bien dans un film noir. Dans cette scène, un homme apprend que sa femme le trompe, le tout grâce à des photos où l'on voit cette dernière directement en train de coucher avec son amant (Ces photos seront d'ailleurs le premier plan du film.) L'auteur de ces photos ; Jake Gittes, détective privé donc, incarné par un Jack Nicholson au top de sa forme. L'ambiance du film, nauséabonde d'un Los Angeles sale et malsain, est également très réussie, le tout étant d'autant plus sublimé par la mise en scène de Polanski. Cependant, malgré un scénario et des dialogues bien écrits, il n'est pas toujours aisé d'être happé dans l'histoire, tant parfois le rythme est lent, les situations interminables et le déroulement de l'enquête confus. Nous garderons cependant en mémoire les trente dernières minutes du film, excellentes, ainsi que la scène finale, d'une force incroyable. Au final, même si Chinatown a tendance à décevoir quelque peu, il reste malgré tout un très bon film policier.
De Roman Polanski
Avec Mia Farrow, John Cassavetes
Film américain - Fantastique
Sa note :
(4,5)
Sa critique : On ne présente plus Rosemary's Baby, film culte et souvent considéré comme la meilleure oeuvre de l'excellent Roman Polanski. Et pour cause. Malgré les conseils de leur vieil ami Hutch, Guy Woodhouse et sa jeune femme, enceinte, s'installent dans un immeuble new-yorkais vétuste, considéré par leur ami comme une demeure maléfique. Aussitôt, leurs voisins, Minnie et Roman Castevet, vieux couple d'Europe centrale, imposent leur amitié et leurs services. Si Guy accepte facilement ce voisinage, Rosemary s'en inquiète. Nous sommes donc directement plongés dans l'intimité de ce jeune couple, au sein de cet étrange appartement. L'ambiance est dès lors très atypique, très marquée et très inquiétante. Même si la première partie du film se contente de poser calmement le décor et de nous présenter sereinement les personnages, il y a, au sein de Rosemary's Baby, quelque chose qui arrive à littéralement nous fasciner. En effet, les personnages en question ont tous, sans exception, quelque chose de bizarre, d'étrange, dans leurs actes, dans leurs comportements et même dans leurs paroles. On sent que quelque chose ne tourne pas rond au sein de cet immeuble, mais on ne saurait dire quoi. Peut-être l'indiscrétion, l'hypocrisie ou encore les déstabilisantes scènes oniriques, omniprésentes dans l'oeuvre. La seconde partie, quant à elle, monte progressivement en tension. Les explications fusent et se bousculent mais le spectateur reste toujours avec ces fameuses questions ; Qui croire ? Les doutes de Rosemary sont-ils justifiés ou ne s'agit-il là que de pure paranoïa ? Car, en effet, même si le film flirte souvent avec le fantastique, aucune explication ne reste totalement invraisemblable face au contexte très réaliste et aux thèmes du film. Au final, étrange, malsain, dramatique et psychologique sont quelques mots pouvant parfaitement convenir à Rosemary's Baby. Une oeuvre profonde et complexe qui restera marquée en nous au fer rouge.
De Sergio Leone
Avec Charles Bronson, Henry Fonda
Film italien,américain - Western
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(5)
Sa critique : [Vu en V.O] Western cultissime de Sergio Leone, Il était une fois dans l'Ouest ne nous fait pas douter une seule petite seconde sur son statut de chef-d'oeuvre. Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors des terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (Celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer). Mais les soupçons se portent sur un aventurier, Cheyenne. Après un très long et magnifique générique, ainsi que deux séquences d'anthologie qui se suivent, nous ne nous posons plus la question, nous savons déjà devant quel monument cinématographique nous nous trouvons. Une mise en scène de génie, un scénario à toute épreuve, des personnages travaillés à outrance, des acteurs parfaits, des séquences d'une puissance et d'une tension incommensurable ou encore la B.O, aussi culte que le reste, de Ennio Morricone, viennent admirablement bien remplir les deux heures quarante-cinq que durent le film. Tellement bien que l'on aimerait que ce film fleuve dure encore et encore. Entre deux plans magnifique, Il était une fois dans l'Ouest laisse entrevoir sa portée magistrale, entre vengeance, cruauté et sadisme. Un choc percutant, une claque d'anthologie. En somme, une oeuvre extrêmement importante du Septième Art.
Sa note :
(4)
Sa critique : Quatre ans après le fabuleux Naissance des pieuvres, Céline Sciamma revient avec une oeuvre tout aussi réussie ; Tomboy. Laure a 10 ans. Laure est un garçon manqué. Arrivée dans un nouveau quartier, elle fait croire à Lisa et à sa bande qu’elle est un garçon. Action ou vérité ? Action. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michael, un garçon comme les autres… Mais suffisamment différent pour attirer l’attention de Lisa qui en tombe amoureuse. Laure profite de sa nouvelle identité comme si la fin de l’été n’allait jamais révéler son troublant secret. Tomboy se caractérise très vite comme une oeuvre profonde, fascinante, sensible, touchante, remplie de pudeur et complexe sur bien des plans. On reconnaît parfaitement le style et les thèmes (La pré-adolescence et sa recherche de soi-même, sa crise d'identité, son éveil sexuel et sentimental...) de la réalisatrice du brillant Naissance des pieuvres. Tomboy est également une oeuvre très condensée (Moins d'une heure vingt), ce qui fait aussi toute sa force. En effet, on se retrouve ainsi fasciné de bout en bout, sans que le film ne s'attarde une seule fois sur des éléments inutiles. En somme, l'équilibre parfait. Car, contrairement à Laure/Mickäel, Tomboy ne se cherche absolument pas, est parfaitement maîtrisé et sait très bien où il va afin d'entraîner le spectateur avec lui. Enfin, toujours dans la veine de Naissance des pieuvres, les silences et les actions en disent souvent beaucoup plus que les dialogues. Deuxième film, deuxième réussite pour Céline Sciamma qui commence à s'imposer comme une grande. Un des meilleur traitement de la pré-adolescence vu au cinéma.
De Eli Craig
Avec Tyler Labine, Alan Tudyk
Film américain,canadien - Comédie
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(3)
Sa critique : Avec ses quelques nominations dans différents festivals du film d'horreur, Tucker & Dale fightent le mal avait le profil d'une bonne surprise. Et c'est le cas. Tucker et Dale sont deux gentils péquenauds venus se ressourcer en forêt. Ils y rencontrent des étudiants venus faire la fête. Suite à un quiproquo entraînant la mort d’un des jeunes, ces derniers pensent que Tucker et Dale sont des serial killers qui veulent leur peau, alors que nos héros pensent que les jeunes font partie d’une secte et qu’ils sont là pour un suicide collectif ! C’est le début d’un gigantesque malentendu dans lequel horreur et hilarité vont se mélanger. Pour son premier film (Qu'il a d'ailleurs et écrit et réalisé), Eli Craig s'en donne réellement à cœur joie. En effet, dans son Tucker & Dale fightent le mal, le jeune réalisateur convoque absolument tous les stéréotypes d'un mauvais slasher afin de leur faire des choses totalement dingues au sein d'un gigantesque quiproquo. Inutile de préciser que le résultat est tout bonnement jubilatoire. Eli Craig s'amuse donc à parodier avec panache, folie et humour un genre souvent dénigré car contenant beaucoup de déchets, particulièrement depuis quelques années. On peut peut-être reprocher au film de ne pas être très fin, mais quelle importance quand le but est de divertir par le grotesque ? Au final, Tucker & Dale fightent le mal est un gros défouloir. Déjanté, hilarant, original et jouissif.
De Guy Ritchie
Avec Robert Downey Jr., Jude Law
Film américain - Aventure
Bande-annonce | Séances (2)
Sa note :
(3)
Sa critique : Deux ans après avoir réalisé le premier Sherlock Holmes, Guy Ritchie fait donc du détective de génie, qu'il a d'ailleurs transformé en un détective de génie déjanté et rock 'n' roll, une franchise. Et après tout pourquoi pas, puisque ce second volet est tout aussi sympathique que ne l'était le premier. Sherlock Holmes a toujours été réputé pour être l'homme à l'esprit le plus affûté de son époque. Jusqu'au jour où le redoutable professeur James Moriarty, criminel d'une puissance intellectuelle comparable à celle du célèbre détective, fait son entrée en scène. Il a même un net avantage sur Holmes car il met non seulement son intelligence au service de noirs desseins, mais il est totalement dépourvu de sens moral. Partout dans le monde, la presse s'enflamme : On apprend ainsi qu'en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, ou qu'en Chine un trafiquant d'opium est décédé, en apparence, d'une overdose, ou encore que des attentats se sont produits à Strasbourg et à Vienne, et qu'aux Etats-Unis, un baron de l'acier vient de mourir. Personne ne voit le lien entre ces évènements qui semblent sans rapport, hormis le grand Sherlock Holmes qui y discerne la même volonté maléfique de semer la mort et la destruction. Et ces crimes portent tous la marque du sinistre Moriarty. Mais ce dernier semble avoir systématiquement un coup d'avance et semble tout près d'atteindre son objectif. S'il y parvient, non seulement sa fortune et son pouvoir seront sans limite, mais le cours de l'Histoire pourrait bien en être changé à jamais. Dès les premiers instants, on remarque que l'expression, "On prend les mêmes et on recommence", n'aura jamais été aussi bien adaptée à la situation. En effet, tout ce qui faisait la réussite du premier volet est ici présent ; Le scénario est habile, les pointes d'humour onctueuses, les costumes et les décors sublimes, Robert Downey Jr. et Jude Law à tomber... De plus, ce qu'a fait Guy Ritchie des personnages de Holmes et de Watson, ce dépoussièrement d'un mythe, est toujours aussi jouissif. Il y a cependant une différence notoire entre Sherlock Holmes et Sherlock Holmes : Jeu d'ombres. En effet, ce second volet est beaucoup plus orienté sur l'action que ne l'était son aîné. Ainsi, si les séquences d'action sont encore plus impressionnantes, l'aspect enquête est un peu moins prononcé, ce qui est dommage. De plus, la fin du film, bien que sympathique, reste cependant assez facile dans sa manière d'annoncer une possible suite. Mais ne boudons pas notre plaisir. Malgré un second volet très légèrement inférieur au premier, celui-ci reste un divertissement tout à fait convenable.
Sa note :
(3)
Sa critique : Comme dans beaucoup de films aussi engagés et aussi personnels, Trust contient du bon et du moins bon. Le premier drame de David Schwimmer (Ross dans la série culte Friends) reste tout de même très satisfaisant. Chez eux, en banlieue, Will et Lynn Cameron se sentent en sécurité. Dans leur maison, la nuit, ils dorment avec le sentiment que leurs trois beaux enfants sont parfaitement protégés. Lorsque Annie, leur fille de 14 ans, se fait un nouvel ami sur Internet – Charlie, un garçon de 16 ans rencontré sur un forum – Will et Lynn ne s’inquiètent pas. Ils se disent qu’il est normal que des adolescents échangent grâce aux nouvelles technologies. Après plusieurs semaines de conversations en ligne, Annie se sent de plus en plus attirée par Charlie. Même si peu à peu, elle réalise qu’il n’est pas ce qu’il prétend être, elle continue à être fascinée par lui. Le masque finira par tomber et cela va déclencher un engrenage que personne n’aurait pu imaginer, mais qui changera définitivement la vie de toute la famille. Commençons par les points positifs de Trust. Très vite, on comprend que le sujet est parfaitement maîtrisé. La mise en scène des conversations virtuelle et la mise en scène en générale sont très bonnes et très inspirées. De même, le comportement de l'adolescente, sa fascination pour Charlie, bien qu'un peu clichés comme nous le feront remarquer par la suite, reste malgré tout cohérent. De plus, on remarque certaines scènes réellement perturbantes, glauques, malsaines, tandis que d'autres demeurent poignantes et émouvantes. Notons également l'incroyable performance de Clive Owen, saisissant et très touchant en père désemparé. Passons à présent aux points négatifs. En effet, si certaines scènes sont, comme nous le disions, poignantes et humaines, d'autres sont en revanche très fades, lisses et pour le coup totalement clichesques, la faute, en général, à des dialogues totalement niais et mièvres. Notons également quelques longueurs et quelques scènes un peu répétitives. Enfin, le film trempe souvent dans la psychologie facile et dans la caricature de surface, à l'aide de toutes ces scènes touchant de près ou de loin à l'onirisme. Au final, Trust n'est peut-être qu'un clip de prévention d'une heure quarante un peu clichesque, mais qui reste à voir malgré tout pour sa sincérité, son honnêteté et son efficacité.
De Sofia Coppola
Avec Kirsten Dunst, Jason Schwartzman
Film français,américain,japonais - Historique
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(3)
Sa critique : Quand Sofia Coppola transpose son Virgin Suicides au XVIIIème siècle, le résultat est certes bien moins passionnant, mais reste malgré tout convaincant. Cette oeuvre de Coppola fille, c'est l'évocation de la vie de la reine d'origine autrichienne, épouse mal-aimée de Louis XVI, guillotinée en 1793. Au sortir de l'adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun observe et juge l'autre sans aménité. Mariée à un homme maladroit qui la délaisse, elle est rapidement lassée par les devoirs de représentation qu'on lui impose. Elle s'évade dans l'ivresse de la fête et les plaisirs des sens pour réinventer un monde à elle. Y a-t-il un prix à payer à chercher le bonheur que certains vous refusent ? Tout d'abord, la première chose que l'on remarque, c'est la musique volontairement anachronistique et offrant une vision nouvelle du personnage historique de Marie-Antoinette, une vision bien plus actuelle, bien plus moderne. On remarque vite également que la reconstitution historique est très réussie et fidèle, dotée de costumes impeccables et de paysages magnifiques. Malheureusement, nous remarquons et déplorons aussi un rythme parfois très lent, s'attardant sur des choses inutiles et omettant d'autres choses qui auraient pourtant mériter un meilleur développement. Sofia Coppola capture, au sein de Marie-Antoinette, le portrait d'une adolescente fragile, légère, gracieuse et naïve, qui se lassera très vite de la vie à la Cour, où son jeune mari immature la rejette, où traînent abjectement ragots et bonnes manières et où tout, absolument tout, est rigoureusement orchestré et surveillé, même les rires et l'amusement. Comme dans Virgin Suicides donc, Sofia Coppola scande que, pour une adolescente, la liberté, le bonheur, l'envie et le désir sont d'une importance primordiale, voir vitaux. Marie-Antoinette tentera donc à plusieurs reprises de s'enfuir de cette prison de velours, sans jamais réellement parvenir à trouver la joie, ni le bonheur. Comme dans toutes les autres oeuvres de la réalisatrice (Et, encore une fois, plus spécialement dans Virgin Suicides, puisque Lost in Translation et Somewhere disposaient d'une mise en scène malgré tout un peu plus sobre), Marie-Antoinette est une oeuvre très douce, très colorée, très sucrée, très édulcorée et très poétique en surface, mais torturée et acide à l'intérieur. A noter, enfin, que Kirsten Dunst livre ici une de ses meilleure performance. En conclusion, Marie-Antoinette est une oeuvre à déguster telle une petite pâtisserie un peu amère, un bonbon un peu acide. En effet, il n'y a ici nulle prétention de réaliser un biopic sérieux et fidèle à la vie de la guillotinée Marie-Antoinette, juste la volonté de dresser une peinture délicate sur les sentiments d'une adolescente confrontée au pouvoir et aux obligations. Un tableau d'humour, de tendresse, d'amusement et de cynisme, malgré tout un peu décevant face au reste de la filmographie de la talentueuse et sensible Sofia Coppola.
De David Fincher
Avec Daniel Craig, Rooney Mara
Film américain,britannique,suédois,allemand - Policier
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, le nouveau film de David Fincher, était très attendu par beaucoup de personnes. D'abord par les fans de la saga Millenium, mais aussi par les fans du cinéaste David Fincher, voir par les fans des deux à la fois. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'attente nous aura tout sauf déçu. Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille. Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui. Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares. Si on connaît ne serais-ce qu'un peu les univers, et de Millenium, et de Fincher, on comprend vite que les deux étaient faits pour se rencontrer un jour ou l'autre. Et, en effet, Fincher a su exploiter à merveille l'ambiance très sombre, glauque et malsaine de Millenium, grâce à une atmosphère terriblement glaçante et à une réalisation magistrale, à une leçon de mise en scène, d'autant plus sublimée par la bande-originale, très métallique, profonde, froide et dans le prolongement de celle de The Social Network, de Trent Reznor et de Atticus Ross. Mais les qualités de Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes ne s'arrêtent pas là. En effet, le film est tout aussi parfait dans son scénario comme dans son rythme. Ce dernier est totalement et littéralement endiablé. En effet, durant les deux heures quarante pendant lesquelles le film dure, on ne remarque aucun temps mort, aucune retombée, ce qui est tout bonnement remarquable. Fincher maîtrise son intrigue à trois cent pour cent, le film va à deux cent à l'heure et Mikael et Lisbeth nous bombardent d'un nombre incalculable d'informations à la minute. D'ailleurs, petite remarque à part, c'est également en cela que Millenium est, pour Fincher, le prolongement de The Social Network, dans cette optique de relaiement ultra-rapide et sans répit de l'information, de l'informatique et de la technologie. De plus, il y a aussi, dans Millenium, une scène où Rooney Mara (Lisbeth Salander) débite un flot de paroles impressionnant et où elle ne laisse pas Daniel Craig (Mikael Blomkvist) la couper, ce qui rappelle, bien entendu, la fameuse scène d'ouverture de The Social Network. En somme, une sorte de Mark Zuckerberg au féminin... Et avec beaucoup plus de classe. Enfin, quand tout cela est ponctué de scènes choc et extrêmement violentes, on ne peux que s'incliner et reconnaître que Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes est tout simplement captivant. Porté par les stupéfiants de justesse Daniel Craig et Rooney Mara, cette fille au tatouage de dragon nous aura totalement séduits. Bravo à David Fincher, qui a signé, selon nous, son meilleur film depuis Fight Club. Passionnant de la première à la cent-soixantième minute.

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