Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 277 résultats
De Mark Neveldine, Brian Taylor
Avec Jason Statham, Amy Smart
Film américain - Action
Sa note :
(5)
Sa critique : "T'as peut-être du mal à suivre les évènements ? Je viens de te liquider !" Ce petit chenapan de Chev Cheliov, tueur à gage, n'a pas respecté son contrat. Lorsqu'il se réveille, il se sent affreusement mal. Et pour cause, son rival Verona, pendant qu'il dormait, lui a inoculé un poison mortel, le "cocktail chinois", qui a pour effet de bloquer les récepteurs d'adrénaline. Son médecin lui apprend que pour ne pas mourir, Chaliov doit rester en mouvement tant qu'il n'aura pas mis la main sur un éventuel antidote. Commence alors une course à la survie complètement barrée, sans doute la plus burlesque de l'histoire du cinéma. Je vous le dis sans honte : je suis en totale admiration devant ce film, et si vous n'êtes pas contents ben je vous embête (t'as vu comme je suis poli). Jouissif, fun et décalé, ce jeu vidéo grandeur nature (impossible de ne pas penser à GTA) est un délire total où tout va à cent à l'heure, avec au programme action à gogo et situations improbables, le tout pimenté par de splendides rafales d'effets visuels loufoques ; quant au rôle principal, taillé sur mesure pour le sous-estimé Jason Statham - qui a lui-même exécuté l'ensemble de ses cascades -, il est irrésistible. Issus de la publicité, Neveldine et Taylor réalisent un début fracassant dans le septième art en donnant de l'humour et en offrant une forme novatrice à une idée géniale qui serait peut-être devenue, avec d'autres cinéastes aux commandes, une honnête série B. Alors pourquoi tant d'avis négatifs ? Le mauvais goût à son paroxysme, le scénario plutôt light ? Mais c'est ça qui est BON ! Il suffit de se laisser prendre au jeu, et pour cela il est nécessaire de savoir ce qu'est le second degré, ce qui manifestement n'est pas le cas de tout le monde. Je ne peux que vous plaindre, mes cocos. Conclusion : très éloigné des productions habituelles, ce trip décérébré est une vraie putain de bombe, à voir de toute urgence pour un abrutissement positif ! Ah oui j'oubliais : vive le trucidage de neurones !
De Joss Whedon
Avec Robert Downey Jr., Chris Evans
Film américain - Action
Bande-annonce | Séances (533)
Sa note :
(4)
Sa critique : "If we can’t protect the Earth, you can be damn sure we’ll avenge it." Qui n'a jamais fantasmé à l'idée de voir réunis tous ces super-héros à l'écran ? Commercialement parlant, on s'attendait évidemment à un gros succès. Euphémisme, puisque que "The Avengers" (pourquoi diable a-t-on privé de "the" le titre français ?), lors de son premier week-end d'exploitation, a totalisé 207,4 millions de dollars aux box-office américain, soit le meilleur démarrage de tous les temps. Aussi peut-on d'ores et déjà attribuer une place au film de Joss Whedon parmi les plus gros succès du box-office mondial, où il se classe (pour l'instant) à la quatrième place. Et ce n'est évidemment pas terminé, puisque Nick Fury et sa bande de justiciers risquent d'occuper les salles pour encore un bon moment. Joss Whedon, surtout connu pour sa série "Buffy contre les vampires", réalise avec "The Avengers" ses premiers pas dans le cinéma. Inutile de préciser que confier la réalisation d'un si gros projet à un novice du grand écran n'était pas dénué de risques. Et il faut bien avouer que si le résultat final s'avère légèrement imparfait, le petit nouveau s'en tire avec les honneurs. La personnalité de chaque personnage est très bien retranscrite, et leur collaboration jouissive : au programme, mésententes et insultes savoureuses qui céderont la place à l'esprit d'équipe tant attendu. Seuls points faibles : les dialogues rament un peu par moments et les décors sont d'une monotonie un poil dérangeante, les trois quarts du film ayant lieu, scénario oblige, dans le quartier général du SHIELD, cet espèce de porte-avion dont les couleurs sont aussi chatoyantes que celles d'un cimetière abandonné. Mais pour palier à ces faiblesses, Dieu bénisse Robert Downey Jr, une vraie machine à répliques cultes, qui pimente les conversations dès qu'elle s'apprêtent à devenir relous ; quant à l'impression de regarder un film claustrophile, elle s'envole définitivement lors d'un long et éblouissant final au coeur de Manhattan. A voir, si ce n'est pas déjà fait !
De Tony Scott
Avec Denzel Washington, Dakota Fanning
Film américain - Thriller
Sa note :
(2,5)
Sa critique : "A bullet always tells the truth". Pour faire court, "Man on Fire" parle d'un flic blasé (ce bon vieux Denzel) qui débarque à Mexico et retrouve le goût de vivre en devenant le garde du corps de la petite Pita, gosse de riche précoce et pétillante (Dakota Fanning). Quand la gamine se fait kidnapper, Creasy n'hésite pas une seconde : il va se taper les ravisseurs un par un. Subtil, comme pitch ! Ceux qui considèrent "Man on Fire" comme étant le meilleur film de Tony Scott laissent supposer deux éventualités : soit ils n'ont pas vu le splendide "True Romance", soit leurs goûts en matière de cinéma posent sérieusement problème. Après un début prometteur et d'une impressionnante justesse, le film démarre réellement et c'est là qu'il commet une faute impardonnable : celle de basculer dans une histoire de vengeance certes distrayante mais tout à fait ordinaire. A partir de là, "Man on Fire" n'est plus qu'une série B répétitive à la mise en scène tape-à-l'oeil bourrée d'effets clippesques inutiles, nullement arrangée par un montage hystérique (vous pouvez toujours vous amuser à chercher un plan de plus de trois secondes). Et pour ce qui est du scénario, inutile de préciser qu'il se limite à une succession bête et méchante de tortures et de meurtres, qui aurait pu s'avérer plus digestible avec un peu de second degré. Heureusement, Denzel Washington sauve la mise en apportant une certaine humanité à son personnage de vengeur sanguinaire, et Dakota Flanning, durant les trois premiers quarts d'heure, crève l'écran par sa fraîcheur. Pour le reste, le film est à l'image de son affiche : aussi empli de prétentions qu'il est dénué de finesse. Divertissant mais vain.
De Jim Jarmusch
Avec Forest Whitaker, John Tormey
Film français,japonais,allemand,américain - Policier
Sa note :
(4,5)
Sa critique : "Parfois, il faut s'en tenir aux voies anciennes. A l'ancienne école. Je sais que tu me comprends." "Ghost Dog: the Way of the Samurai", c'est l'histoire d'un type aux allures de gangsta rappeur qui n'en est pas un. Pas du tout. Tueur professionnel, Ghost Dog obéit au doigt et à l'oeil au code samourai. On ne peut s'y tromper : outre le thème du tueur-samourai, cet aspect contemplatif voire méditatif que Jarmusch a donné à son film renvoie directement au "Samourai" de Melville, d'où il a très certainement puisé son inspiration. Les références sont d'ailleurs nombreuses, et ce dès les premières minutes : le début de "Ghost Dog" est une sorte de "variante high-tech" de celui du "Samourai". Les deux films disposent également d'une fin semblable. Et, de manière plus générale, on retrouve ce classique de 1968 dans la lenteur fascinante de la mise en scène. Quant au personnage de Ghost Dog (Forest Whitaker), il n'est autre qu'une version moderne du taciturne Jef Costello (Alain Delon). On pourrait donc presque parler de remake officieux, à ceci près que "Ghost Dog" n'est pas dénué d'un certain sens de l'humour : les mafieux, fans de cartoons, sont parodiés avec une sorte d'humour anglais. D'un point de vue moral, c'est parfois incompréhensible : normal, on n'est pas des samouraïs. Donc, à moins d'adhérer à cette philosophie pour le moins déconcertante, mieux vaut admirer le film pour son côté "trip", appuyé par une bande-son hip-hop ensorcelante et une harmonie visuelle qui touche à la perfection. Un OVNI cinématographique où l'on suit avec émerveillement le parcours profondément mélancolique d'un personnage au magnétisme sans pareil, incarné par un Forest Whitaker brillantissime. Magnifique.
De Tony Scott
Avec Christian Slater, Patricia Arquette
Film américain - Thriller
Sa note :
(5)
Sa critique : "J't'aime bien Clarence, depuis toujours et pour toujours." "True Romance" commence par un coup de foudre, celui d'un vendeur de comics fan d'Elvis Presley, Clarence (Christian Slater), et d'une call-girl engagée par son patron comme cadeau d'anniversaire, Alabama (Patricia Arquette). Fous d'amour, ils se marient le lendemain de leur rencontre. Quand Clarence apprend la vérité sur elle et décide d'aller voir son maque pour lui annoncer qu'il a perdu une de ses "employées", la situation dégénère et l'oblige à partir en cavale avec sa fiancée. S'ensuit alors une série de péripéties délicieusement endiablées. On a beau le descendre et répéter sans relâche qu'il n'arrive pas à la cheville de son grand frère (au risque de vous déplaire, je vous avouerai que selon moi c'est plutôt l'inverse), Tony Scott a quand même un sacré talent, bien qu'il ne l'exploite pas toujours comme on le souhaiterait. Son septième film bénéficie d'une part de son savoir-faire incontestable en matière d'action, et d'autre part de l'immense talent de scénariste et de dialoguiste d'un Quentin Tarantino à ses débuts (premier scénar) mais déjà au sommet de son art... c'est ce que j'appelle une "collaboration-parfaite-qui frôle-le-fantasme". Ce "True Romance" brasse autant de genres qu'il en transcende : romance, comédie, drame, thriller, policier, action, c'est un cocktail aussi bordélique que jubilatoire. La rencontre qui constitue le début du film, bien qu'elle ne révolutionne pas le genre, est d'une magnifique simplicité ; ensuite, le choc : cette histoire d'amour belle mais ordinaire se mue en un thriller ultraviolent rempli d'humour noir et de répliques cultes (mon Dieu, ces dialogues !). Mais les meurtres à bout portant et les fusillades n'y changeront rien : "True Romance" est d'une tendresse infinie. Car même sanglant, même comique, "True Romance" reste beau : les deux rôles principaux sont peaufinés et ont chacun droit à leur part d'"ombre et de lumière" tout en restant admirables de courage et de culot. Quant au casting, il est topissime et s'autorise même des petits rôles réjouissants : Val Kilmer en "mentor" dans la peau d'Elvis et Brad Pitt en junkie défoncé du matin au soir. Bordel, ce film fait rêver et je l'adore !
De Matt Reeves
Avec Michael Stahl-David, Lizzy Caplan
Film américain - Science fiction
Sa note :
(4,5)
Sa critique : "Donc on a le choix entre mourir ici, mourir dans les tunnels et mourir dans la rue". Les amis (et le frère) de Rob, qui a décroché un joli job au Japon, organisent une fête en son honneur... qui se transforme en enfer lorsqu'une violente secousse se fait ressentir, puis des explosions... C'est un feu d'artifice meurtrier, et c'est la panique dans la Grosse Pomme. La Statue de la Liberté a même droit à un fabuleux headshot. Mais qu'est-ce qui se passe ? Peu importe, Rob doit sauver Beth : elle est coincée dans son appartement et elle pisse le sang. "Cloverfield", ou ce que l'on peut faire de mieux dans ce qui apparaît désormais comme un genre à part entière : le faux documentaire. Après une introduction longue mais nécessaire, c'est avec stress et passion que l'on suit ces compagnons d'infortune dans une mission sauvetage périlleuse voire suicidaire. Du grand divertissement, oui, mais pas que, car on peut également parler d'exercice de style : la caméra subjective (bien mieux utilisée que dans les autres films du genre) garantit au spectateur une immersion totale dans ce cauchemar urbain à l'atmosphère tendue et désespérée. Je dis aussi merci au scénariste, Drew Goddard, d'avoir eu l'intelligence de ne pas encombrer son histoire d'explications inutiles quant à l'origine du [spoiler]monstre[/spoiler], préférant se centrer sur le combat des protagonistes ; on n'en sait pas plus qu'eux, et c'est d'autant plus effrayant. Avec "Cloverfield", Matt Reeves réalise le coup parfait en donnant un nouveau souffle à la SF et au film de monstre. Un régal !
De Paco Plaza, Jaume Balagueró
Avec Manuela Velasco, Ferran Terraza
Film espagnol - Epouvante-horreur
Sa note :
(0,5)
Sa critique : "Et... Après lui monter les marches et... Plouf ! Au milieu. D'un coup ! Ouih ouih." Une journaliste réalise un reportage pour la télévision dans une caserne de pompiers. Pas grand chose à se mettre sous la dent... jusqu'à ce qu'un coup de fil survienne : les habitants d'un immeuble ont entendu une voisine crier (c'est vrai que dans ce cas-là, c'est vachement logique d'appeler les pompiers). Lorsque l'équipe de nuit arrive sur les lieux, la police s'y trouve déjà, et qu'est-ce qu'ils découvrent ? une vieille enragée qui ne résiste pas à l'envie de bouffer du flic (ah, ces bons vieux zombies...). Lorsqu'ils essaient de sortir, surprise, toutes les issues leur sont interdites parce qu'on les a en fait placés en quarantaine. Et le cauchemar commence... Bon, il y a bien quelques idées par-ci par-là mais de là à en faire un long-métrage ! Même le dernier des cons constaterait au bout d'un quart d'heure que le réalisateur étire chaque scène de son film pour le rentrer dans un format convenable, ce qui rend l'ensemble d'une extrême redondance, que ce soit sur le plan du scénario (où ça ?) ou des dialogues à cent mots de vocabulaire qui tournent en rond sans que ça choque personne ("On ne nous donne même pas d'explications !" "Pourquoi ils ne nous laissent pas sortir ?" sont autant de répliques passables qui reviennent comme des refrains pénibles). Quant aux personnages, très creux, ils sont interprétés par des acteurs au jeu épouvantable - à commencer par une Manuela Velasco pas crédible une seule seconde dans son rôle de journaliste, notamment à cause de sa gestuelle caricaturale (lui a-t-on demandé de gesticuler ses bras en tous sens et de tourner la tête jusqu'à s'en péter le cou ou l'a-t-elle décidé d'elle-même ?). Si le concept de la caméra subjective est, comme je l'ai toujours dit, très intéressant pour son aspect réaliste, il est ici extrêmement mal exploité : le caméraman, Pablo, filme comme un pied. Evidemment que la caméra doit bouger, mais pas au point de nous foutre la migraine ! Ils auraient fourgué l'appareil à un gamin de trois ans, ça n'aurait pas été pire... Et ce n'est pas tout : à l'insupportable frénésie de l'image s'ajoutent les hurlements incessants des protagonistes, en proie à des angoisses interminables. Bref, tant de points faibles (et c'est peu dire) qui font qu'il est impossible de se prendre au jeu ne serait-ce qu'une minute. Au final, "[REC]" (pas du tout chiant à écrire) est une série Z originale sur la forme mais d'une évidente banalité sur le fond, à peu près aussi médiocre que "Le Projet Blair Witch" et à mille lieues de la claque cinématographique qu'est "Cloverfield".
De Mikaël Hafstrom
Avec John Cusack, Samuel L. Jackson
Film américain - Epouvante-horreur
Sa note :
(4)
Sa critique : "Don't enter 1408". Adapté d'une nouvelle de Stephen King - dont on reconnaît aisément le style, même sans avoir lu l'oeuvre éponyme -, "Room 1408" parle d'un écrivain de romans d'épouvante qui décide, malgré l'avertissement du directeur de l'hôtel du Dolphin, de passer une ou deux nuits dans une chambre réputée hantée afin de compléter son dernier ouvrage. Son scepticisme quant aux fantômes et autres légendes surnaturelles se voit éclipsé par un énorme trip cauchemardesque dans lequel il se trouve privé de toute notion du temps, de l'espace et même de la réalité... Non, non et non ! Je suis en total désaccord avec ces critiques (françaises, parce qu'aux USA le film fut nettement mieux accueilli) incompréhensibles ! Voilà un film qui peut se vanter de scotcher les yeux à l'écran et le cul au fauteuil. On se prend tellement au jeu qu'on finit par oublier qu'on est en train de mater un film, film qui est en tous points convaincant. Le scénario, démentiel, ne cesse de surprendre. Le protagoniste, magistralement interprété par John Cusack, suscite l'entière empathie du spectateur qui a l'impression de péter les plombs avec lui. Le cadrage et la musique sont conçus de manière à entretenir un suspense parfois à la limite du supportable. Bref, Hafstrom, en virtuose de l'angoisse pure, ne cesse de faire des scoubidous avec nos nerfs grâce à une mise en scène d'une intensité à toute épreuve. Une heure quarante-cinq de frissons et de bonds sur le canapé, on ne demande rien de plus ! "Shining", tu peux pas test.
Sa note :
(1)
Sa critique : "Shut up, crime !" Frank (Rainn Wilson) décide de devenir un super-héros après que sa femme l'a quitté pour un dealer (Kevin Bacon). Il trouvera un sidekick en la personne de Libby (Ellen Page), vendeuse de comics complètement barge. Oublions tout de suite l'idée de plagiat, le film ayant été tourné quasiment en même temps que "Kick-ass". Néanmoins, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement entre le film de James Gunn et celui de Matthew Vaughn, l'histoire et le personnage principal présentant de nombreuses similitudes. Hélas, Gunn n'a ni l'ambition, ni le potentiel comique, ni le budget nécessaires pour que "Super" arrive ne serait-ce qu'à la cheville de son cousin britannique. "Kick-ass" fait toujours mouche avec son humour décalé ; dans "Super", malgré quelques gags efficaces, la frontière entre "décalé" et "à côté de la plaque" est trop souvent franchie. "Kick-ass" possède un scénario ; celui de "Super" n'est que plat et prévisible. Les personnages de "Kick-ass" sont complexes et jubilatoires ; Gunn ruine son protagoniste au début fragile et attachant en le transformant peu à peu en une odieuse machine à tuer. "Kick-ass" est aussi un excellent film d'action ; les "scènes d'action" de "Super", tournées dans des décors plutôt moches, manquent énormément de peps. Le casting de "Kick-ass" est absolument fantastique ; du côté de "Super", à part Rainn Wilson, il n'y a pas grand monde à sauver côté acteurs. Voilà une comparaison certes subjective mais qui, je pense, reflète assez bien la réalité, et cette réalité saute aux yeux... ce qui me pousse à sérieusement remettre en question les goûts cinématographiques de certains membres du site, qui voient en ce qui apparaît clairement comme un ersatz moyen voire médiocre, une version "adulte" de "Kick-ass". Ben voyons...
De David Cronenberg
Avec Jeff Goldblum, Geena Davis
Film américain,britannique,canadien - Epouvante-horreur
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(4)
Sa critique : "I'm becoming... Brundlefly." Un biologiste met au point une invention censée bouleverser l'humanité : la téléportation. Trop impatient de tester son bijou ailleurs que sur ses babouins, cet abruti décide de pénétrer lui-même dans le fameux "télépode" (ah, ces scientifiques, hein !). Mais il se trouve qu'une mouche s'est inopinément glissée dans la machine, entraînant par cet acte ô combien imprudent une fusion des plus regrettables : celle de l'homme et de l'insecte. La métamorphose est lente, ce qui permet de faire monter la tension crescendo. D'abord, l'apparition de poils d'une rigidité hors-normes. Ensuite, des irrégularités sur la peau. Puis des ongles qui tombent mystérieusement.[spoiler] Soudain, changement brutal, voici une ignoble créature à mi-chemin entre Hellboy et Elephant Man. Mais vous n'avez encore rien vu, attendez la fin...[/spoiler] Si ça c'est pas le pitch idéal pour un nanar ! Et en effet, certaines séquences sont à exploser de rire, tellement trashes que qu'elles en deviennent hilarantes, comme par exemple cette scène culte qui a, bizarrement, terrorisé pas mal de monde, dans laquelle Veronica rêve qu'elle accouche d'une énorme larve ; on peut citer plusieurs autres exemples, comme ce bras de fer qui aboutit à une fracture ouverte des plus comiques. Mais en dépit de ces drôleries involontaires finalement pas déplaisantes, "The Fly" conserve globalement une crédibilité surprenante par rapport à l'aspect grotesque de son thème. Et en plus d'être crédible, l'oeuvre de Cronenberg est tout ce qu'il y a de réussie. Il nous propose une tragédie horrifique rythmée (malgré un début plutôt long), passionnante et de plus en plus dégueulasse, dont le scénario est nettement mieux écrit que les dialogues, seul point faible du film. Soulignons également la qualité des effets spéciaux et des maquillages, qui n'ont que très peu vieilli voire pas du tout. Très bon film dans l'ensemble donc, mais qu'on ne vienne surtout pas me parler de "fable morale", de "conte kafkaïen" ou d'"histoire d'amour impossible façon "La Belle et la Bête"". A quoi bon chercher une profondeur à un film qui n'en a pas et ne se vante jamais d'en avoir ? C'est avant tout un thriller fantastique, qui privilégie l'angoisse à l'émotion, les frissons aux sentiments. La morale, si tant est qu'il y en ait une, n'a rien de remarquable, et le thème de l'amour impossible n'est que très vite abordé. Heureusement d'ailleurs, autrement le métrage se serait perdu à brasser trop de sujets à la fois. En tout cas, voilà un film qui, lui, mérite bel et bien son statut de classique. Immanquable.

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