Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 262 résultats
De Nima Nourizadeh
Avec Thomas Mann (II), Oliver Cooper
Film américain - Comédie
Bande-annonce | Séances (29)
Sa note :
(1)
Sa critique : Suis-je déjà devenu un vieux con ? C’est la question que je me suis posé après avoir subit l’assez affligeant spectacle de Projet X. Heureusement, je me suis rapidement ravisé et rassuré. Je suis encore mort de rire devant Very Bad Trip (premier du nom) et côté trash je reste adepte de Skins. Donc le problème ne vient pas (que) de moi. Si Very Bad Trip et Skins surfent sur la vague d’une génération trash et de la recette à la mode sexe drogue alcool, ils vont au-delà, le premier en lui donnant un caractère complètement décalé irrésistiblement drôle, le second en développant en parallèle des intrigues plus sérieuses et plus profondes. Projet X, lui, ne fait que poursuivre la chute libre des productions Todd Philipps amorcée par le deuxième opus de Very Bad Trip. Ce dernier pêchait par un manque évident d’originalité dans son scénario, tandis que le petit nouveau ne s’encombre plus d’un scénario. Michael Bacall et Matt Drake ont bien du mettre deux minutes pour écrire leur histoire (des lycéens losers décident de faire la teuf du siècle, histoire de se taper quelques filles et faire remonter leur cote de popularité) puis à peine plus de temps pour achever leur scénario. Le film enchaîne donc des événements qui ne cherchent qu’à rivaliser les uns avec les autres par du pseudo-trash qui monte crescendo dans le grand n’importe quoi. Pas une once (ou si peu) de dramatisation, au point de se demander si Projet X peut encore être considérer comme du cinéma. Si encore tout n’était pas téléphoné et déjà vu et revu. Le film ne devient original que dans sa dernière demi-heure mais pour perdre toute crédibilité. Comble du comble, les rires se font discrets dans la salle, car finalement si on ne peut pas renier que le film ose beaucoup de chose, il ne possède qu’un potentiel comique limité. Pire. Projet X ne pêche pas uniquement par son scénario, la mise en scène est aussi emportée dans le naufrage. Allez, surfons un coup sur la vague du « found footage », ça n’a pas encore été fait pour une comédie. Et pour une bonne raison, quel est l’intérêt ??? Nima Nourizadeh a-t-il voulu par ce procédé tenté de rendre un peu crédible un scénario que ne l’est jamais ? Après on peut se poser la question de tenter de rendre plausibles de tels événements… Mais dans tous les cas c’est de toute façon loupé car ses plans ressemblent le plus souvent à des plans séquence classiques, au point d’en oublier que la caméra fait théoriquement partie intégrante de l’action. On sauvera juste de ce naufrage, les comédiens qui ont le mérite de ne pas avoir froid aux yeux pour s’être embarqués dans une telle entreprise. Bref, plutôt que d’aller au ciné samedi prochain, invitez quelques potes et faites vous une soirée, qui ne sera peut-être pas aussi grandiose que dans le film, mais au moins vous passerez un vrai bon moment. Mes autres critiques sur le-monde-de-squizzz.fr
De Danny Boyle
Avec Alex Etel, Lewis McGibbon
Film américain,britannique - Comédie dramatique
Sa note :
(4)
Sa critique : Deux ans après 28 jours plus tard, Danny Boyle fait le grand écart en réalisant ce conte moderne, qui ravira sans aucun doute les enfants et tous ceux qui le sont restés. Si le scénario de Millions s’inscrit dans la tradition des films pour les plus jeunes, en développant des thèmes comme l’amour et la famille, ou en exacerbant les sentiments et les émotions (notamment à travers le deuil d’une mère récemment disparue), il se détache de ses semblables en abordant de façon lucide notre société moderne et les rapports des hommes à l’argent. Sur ce thème le film pourrait être assimilé à un Petits meurtres entre amis pour enfants, le film possédant d’ailleurs des références directes au premier film de Boyle. S’il est moins corrosif que son aîné, Millions ne cherche jamais à enjoliver la réalité, car même si la morale finale privilégie l’amour et l’entraide à la cupidité (manquerait plus qu’on enseigne l’inverse à nos enfants), l’innocence et la naïveté du jeune héros sont le plus souvent soumises à rude épreuve et plusieurs fois remises en cause. Si sur le papier Millions possède déjà de jolis atouts, mais que certains n’hésiteront pas à remettre en question, c’est bien à l’écran qu’il prend vraiment toute l’ampleur de sa réussite. Les fans de Boyle ne risquent pas d’être déçus, le réalisateur faisant une nouvelle fois preuve d’un magnifique sens visuel. Couleurs saturées, décors et jeux de lumière transportent le film dans une sorte de réalité déformée par l’imaginaire enfantin. Le film balance en permanence entre un contexte social bien réel et un univers de conte totalement fantasmé. A cet égard, le point d’orgue du film est sans aucun doute la séquence du braquage du train, dans laquelle Boyle se lâche complètement et s’amuse comme un gamin à l’image du personnage à l’écran qui raconte la scène à l’aide de ses jouets. Millions prouve que le film pour enfants n’est pas un sous-genre cinématographique, et que nos chères têtes blondes ont-elles aussi droit à des divertissements de qualité. Mes autres critiques sur le-monde-de-squizzz.fr
De Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte
Avec Patrick Bruel, Valérie Benguigui
Film français - Comédie
Bande-annonce | Séances (725)
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Le Prénom aura certainement droit au qualificatif de « théâtre filmé » qui guette la majeure partie des pièces transposées à l’écran. Il est vrai qu’en dehors d’une introduction réussie en scooter à travers des rues de Paris aux « prénoms » évocateurs, de présentations des personnages tels des livres d’images, ou d’une illustration d’une histoire (loupée car plantant une émotion qui aurait été meilleure à l’état pur), le film ne quitte jamais le salon parisien qui lui tient lieu de cadre. Cependant la réalisation De Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière n’en est pas moins efficace, d’autant qu’on sait que filmer un repas de famille n’est pas la chose la plus simple. La mise en scène est telle qu’elle se fait rapidement oublier au profit d’une immersion complète au sein de cette fameuse soirée et ne laisse place à aucun temps mort. Bref elle atteint parfaitement son but. Le réel intérêt du film tient donc dans une direction d’acteurs et une interprétation parfaites, puisqu’elles arrivent à maintenir en permanence l’équilibre entre rire et réalisme. Cet équilibre se retrouve dans chacun des personnages, sortes de clichés mais dont on ne peut nier qu’on en connaît au moins un représentant dans son entourage. L’écriture elle aussi possède cette justesse. Les éclats de rires sont nombreux, et les rides de sourire en prennent un sacré coup, mais derrière ce côté divertissant pointe parfois l’émotion, et surtout de nombreuses réflexions loin d’être anodines. Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte dissertent bien sûr autour du choix du prénom. Ne représente-t-il pas souvent plus les parents que l’enfant ? Un prénom fait-il un homme ? influe-t-il sur la façon de voir quelqu’un ? Et d’étendre la dissertation aux a priori et l’importance des apparences. Loin de s’en tenir aux prénoms, les deux auteurs s’intéressent aussi au pouvoir des mots et des qualificatifs, notamment lors d’une savoureuse recherche de définitions dans le dictionnaire ou lors de l’explication d’un surnom. La plupart des sujets (plus) classiques de disputes entre amis y passent également, de ces petits règlements de compte, que l’on qualifiera ensuite d’échanges d’opinions un peu animés, et dont on reparlera quelques mois plus tard en rigolant autour d’un verre. Une écriture irrésistiblement drôle, mais qui n’hésite pas à se vouloir plus sérieuse et acerbe, magnifiée par des comédiens au diapason, dont on ne regrette pas qu’elle ne se soit pas cantonnée aux planches pour atteindre le public plus large des salles obscures. Mes autres critiques sur le-monde-de-squizzz.fr
De Florent Emilio Siri
Avec Jérémie Renier, Benoît Magimel
Film français - Biopic
Bande-annonce | Séances (12)
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Elle a les yeux bleus, Belinda… Les sirènes du port d’Alexandrie chantent encore la même mélodie, wowowoooooo… Le téléphooooone pleure quand elle ne vient pas… Des magnolias par centaines, des magnolias comme autrefois… Et je pourrais continuer comme ça encore un bon moment. Evidemment la musique de Claude François fonctionne toujours et apporte avec elle toute l’ambiance des 60’s et 70’s. C’est d’ailleurs là l’un des atouts du biopic musical qui, quelle que soit la qualité du reste, aura toujours au moins une BO digne de ce nom. Mais, non content d’intégrer parfaitement les titres du chanteur au récit de sa vie et de reconstituer parfaitement une époque, Florent Emilio Siri (= FES pour le reste de la critique) va plus loin que le biopic classique et se penche véritablement sur l’homme derrière l’artiste, et inversement. Le scénario de Julien Rappenau, à la fluidité parfaite et évitant le piège de la chronologie mélangée, ne se centre que sur Claude François, chaque événement n’étant qu’une répercussion de ce qui se passe dans sa tête, et chaque événement impactant également sur l’homme. Ne lissant jamais le tableau, mais n’allant pas non plus dans un noircissement outrancier, Cloclo dresse un portrait juste d’un homme prêt à tout abandonner au profit de son art, au point de se créer sa propre réalité. La mise en scène, elle aussi, fait preuve d’une étonnante justesse. S’il est au départ surprenant de voir un réalisateur jusqu’ici plus habitué au cinéma de genre s’attaquer à un tel sujet, on se rend vite compte que FES n’a rien perdu de son talent, et prouve qu’il peut être un metteur en scène caméléon. Cloclo joue admirablement sur l’alternance entre moments de pure euphorie d’un Claude François suant sur scène, et les scènes intimistes allant elles-mêmes de l’émotion pure à la folie perturbante. Pour l’accompagner dans sa tâche, FES peut compter sur un Jérémie Renier totalement habité par son rôle, au point de faire oublier son visage derrière celui du chanteur. Troublant… Avec Cloclo, FES bouscule la mode du biopic qui s’enfermait doucement dans une fadeur et un manque d’intérêt, pour livrer un film populaire mais non moins artistique. Quel plus bel hommage pouvait-on rendre à Claude François ? Mes autres critiques sur le-monde-de-squizzz.fr
Sa note :
(4)
Sa critique : Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé dans la rue, au milieu de la nuit. Personne dans le voisinage n’a rien vu ni entendu. Un homme pourtant semble fuir la police et les journalistes. Dès lors ce personnage nous semble louche, et ce ne sont pas les longs plans silencieux sur cet homme préoccupé qui vont nous contredire. Mais peut-on vraiment ce fier aux simples codes cinématographiques ? Tout cela ne cacherait-il pas quelque chose ? Une introduction qui je l’espère saura mettre l’eau à la bouche à ceux qui ne se sont pas encore laissés tenter par 38 témoins, et qui devront s’arrêter là dans la lecture de ma critique pour ne pas voir tout le voile de l’intrigue se soulever devant eux. Lucas Belvaux s’amuse effectivement assez habilement au début de son dernier film avec les codes du thriller (huis-clos, ambiance angoissante et mystérieuse, personnages intrigants), pour mieux les pulvériser par la suite, et faire comprendre au spectateur que les héros que le cinéma lui montre à voir depuis plus d’un siècle sont beaucoup plus rares dans la vie. Avec 38 témoins, le réalisateur met effectivement en avant le constat d’un individualisme qui ne cesse de croître dans notre société. Pourtant, passé la stupeur des premiers instants de la révélation sur [spoiler]ces témoins qui n’ont pas réagi à ce qui se passait sous leurs fenêtres et qui ensuite n’hésitent pas à mentir même au détriment d’une enquête[/spoiler], Lucas Belvaux montre très clairement que ni lui, ni le spectateur n’est là pour juger cet état de fait mais plus pour se poser des questions. Argumentation et contre-argumentation trouvent leur place dans un film qui ne se veut jamais moralisateur. Cette approche est d’autant plus convaincante qu’elle est parfaitement dramatisée par l’intermédiaire du couple formé par les toujours très subtils Yvan Attal et Sophie Quinton, [spoiler]l’un acteur du fait, l’autre simple spectatrice[/spoiler]. Mais astucieusement les a priori se trouvent une nouvelle fois remis en cause. [spoiler]En effet, si la « spectatrice » est au départ choquée de l’attitude de son compagnon, elle va rapidement choisir de fermer les yeux pour préserver son intérêt personnel, là où son mari condamne sa propre inaction[/spoiler]. La mise en scène en huis-clos, l’ancrage de l’action dans un « quotidien » (l’essentiel du film se passe dans l’immeuble) et le rythme très lent du film (qui a fini par rebuter pas mal de monde), vont eux aussi clairement amener le spectateur à réaliser un travail d’introspection, de questionnement interne. Et c’est justement toute la force et l’intelligence de 38 témoins, ne pas donner de réponse mais poser les bonnes questions. Mes autres critiques sur le-monde-de-squizzz.fr
De Josh Trank
Avec Dane DeHaan, Alex Russell
Film américain,britannique - Drame
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Peut-on encore être surpris au cinéma ? En sortant tout juste de la projection de Chronicle, j’ai envie de crier OUI ! Là où on pouvait s’attendre à un nouveau film de super-teen-héros tout au plus sympathique, le réalisateur Josh Trank et son scénariste Max Landis bousculent gentiment le spectateur par une histoire qui arrive à aller au-delà des codes du genre et une mise en scène plutôt inspirée. Le début de Chronicle semble honteusement pompé sur Spider-man. Andrew est donc un lycéen pas gâté par la vie, entre un père ivrogne et une mère sur le point de mourir. Le gamin n’a pas d’ami, hormis sa caméra qu’il traîne partout avec lui. Et bam, un jour lui tombe dessus un super-pouvoir. [spoiler]Oui mais là s’arrête la comparaison, car quand Peter Parker a bien compris qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, Andrew, tel Anakin Skywalker, se sent de plus en plus attiré par le côté obscur de la force et voit dans ses super-pouvoirs la possibilité d’enfin prendre sa revanche sur la vie. Si transformer le héros en méchant ne pourrait être qu’une belle ruse scénaristique, ce n’est pas juste l’effet recherché ici.[/spoiler] [spoiler]En filigrane, Chronicle traite du mal-être adolescent, mais là où Stan Lee offrait une morale plutôt heureuse en contant aux adolescents que chacun pouvait trouver la force en soi pour s’en sortir, Trank et Landis opte pour une vision plus pessimiste, où Andrew ne trouve que la domination par la violence, en réponse à sa souffrance. Si le sujet peut sembler rebattu, il prend cependant ici une dimension toute particulière. En grande partie parce que le spectateur ne s’y attend pas forcément, Chronicle ayant au départ tout du film pop-corn. Le personnage d’Andrew est clairement écrit pour que le spectateur s’attache à lui, ainsi son basculement vers un côté très sombre est d’autant plus violent pour le public. Mais surtout parce que le film est entièrement dédié, même si cela n’apparaît pas concrètement au début, à faire voyager le spectateur au sein des pensées du personnage principal, comme en témoigne le final où tout explose littéralement à l’écran alors qu’Andrew est lui-même dominé par la colère. L’ultime séquence impose quant à elle explicitement ce point de vue.[/spoiler] Le choix de mise en scène va également amplifier l’effet recherché par le scénario. Si au départ on peut penser que le parti-pris du found footage movie n’est qu’un énième effet de mode, avec son prétexte bidon, son insupportable côté opportuniste (tout le monde filme quand on sonne à la porte) et les difficultés qu’il impose au montage. Rapidement on en oublie les défauts, d’abord parce que cette caméra amateur est pour une fois pas mal gérée (belle utilisation de la prolifération des caméras dans notre vie quotidienne lors de la séquence finale) et qu’elle a une quadruple utilité. Premièrement, elle permet des plans absolument géniaux lorsque le héros la fait léviter (ce que n’aurait pu justifier une mise en scène classique). Deuxièmement, le film se voulant une « chronique » de l’adolescence actuelle, il est assez logique qu’il reflète cette tendance à tout filmer et à vouloir tout partager de sa vie (une des protagoniste filme toute sa vie pour la mettre sur son blog). Troisièmement, elle plonge littéralement le spectateur au cœur de l’histoire. Dans les séquences d’action bien sûr (ah le vol dans les nuages !), mais le reste du temps aussi. La brisure quasi constante du quatrième mur permet vraiment une immersion complète dans le film, le spectateur se mettant à la place de la caméra. [spoiler]La seule chose qui le ramène à sa réalité est juste son impuissance à agir lorsqu’Andrew va basculer vers le côté sombre.[/spoiler] La quatrième raison d’être de cette caméra va de paire avec la troisième. Obligatoirement subjective, elle est la plupart du temps l’œil d’Andrew (le dernier plan est à ce titre magnifique). Les visions du spectateur et du personnage ne font alors plus qu’un, ce qui renforce nécessairement l’effet recherché par le scénario. Par son écriture et sa mise en scène maîtrisées, Chronicle manie parfaitement l’art cinématographique pour emmener le spectateur là où il ne s’y attendait pas. Et ça fait du bien d’encore ressentir ça au cinéma ! Mes autres critiques sur le-monde-de-squizzz.fr
De Steven Spielberg
Avec Jeremy Irvine, Emily Watson
Film américain - Drame
Bande-annonce | Séances (7)
Sa note :
(3)
Sa critique : Spielberg revient à un cinéma tout ce qu’il y a de plus traditionnel. Pour le meilleur et pour le pire… Là où Cheval de guerre pèche le plus, c’est purement et simplement dans ce qu’il raconte. Le retour au genre de la grande fresque sur fond historique est plutôt agréable, mais Spielberg cherche trop à faire dans le film familial. Ainsi si les 10-12 ans adhéreront parfaitement à cette histoire d’amour entre un jeune homme et un cheval, les adultes risquent de rester un peu sur la touche, d’autant que le personnage équin souffre d’un manque d’anthropomorphisme. Si l’on excepte les premières scènes de dressage, difficile de ressentir un quelconque sentiment pour l’animal, au point de se moquer de son sort dans la dernière partie du film (oui, je suis horrible, mais je pense que le médecin aurait du traiter en priorité les soldats à l’agonie…). Un défaut qui pourrait être mineur si le cheval n’était pas le fil conducteur de l’intrigue. Là où l’on sent que le film devrait graviter autour de lui, on a plus souvent l’impression qu’il peine à trouver sa place dans chaque scène. Ce problème de fil conducteur entraîne un manque de cohérence du film, qui semble aligner des intrigues secondaires sans réel lien entre elles. Elles apparaissent alors comme inutiles ou à l’inverse insuffisamment développées. La partie française est clairement la plus loupée, d’autant qu’elle ralentit assez inutilement l’action. Ajoutez à cela une bonne dose de sentimentalisme exacerbé, et vous obtenez un film assez peu haletant… …mais qui se suit quand même sans déplaisir car Spielberg soigne tout particulièrement la forme. Pendant 2h30, il replonge le spectateur à l’âge d’or du Technicolor, grâce à la sublime photographie de Janusz Kaminski. Les séquences à la ferme sont tout particulièrement réussies, notamment par leurs couleurs saturées ou encore leurs jeux d’ombre. A l’heure du tout numérique, Spielberg s’impose en maître de la pellicule, qu’il manie à merveille. Le travail avec les animaux est également prodigieux, le film offrant des plans magnifiques au plus près des chevaux. La séquence de la course au travers du no man’s land restera dans les annales. On retrouve également le Spielberg d’Il faut sauver le soldat Ryan, dans sa façon de filmer les tranchées. S’il lisse bien évidemment la réalité (aucune mort n’est montrée directement) pour garder le côté familial du film, l’horreur de la guerre arrive quand même à transparaître à travers l’écran. Par la splendeur de sa mise en image et en scène, plaisir indéniable pour les yeux d’un bout à l’autre, Spielberg sauve un film relativement peu emballant sur le fond. Mes autres critiques sur le-monde-de-squizzz.fr
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Le cinéma asiatique a toujours su offrir des thrillers dignes du plus grand intérêt. Cure n’échappe pas à la règle, et va même au-delà en s’amusant avec les codes du genre (asiatiques et américains), tout en effleurant en permanence le registre du surnaturel. Dès ses premières minutes, le film a de quoi intriguer le plus averti des amateurs de thriller. Si l’officier Takabe enquête sur la classique série de meurtres marqués d’une empreinte qui les relie incontestablement (une croix gravée dans le cou des victimes), il n’est pas ici question de la simple recherche d’un tueur. Déjà parce qu’il n’y a pas un tueur, mais des tueurs, tous différents à chaque crime, et parce que ceux-ci passent tous aux aveux sans souci. Kurosawa reprend donc un certain nombre des codes du genre mais pour les transcender. Les policiers ne vont, par exemple, pas jouer un rôle primordial durant la première partie du film, où Kurosawa préfère prendre directement le spectateur à partie. Il apporte les premiers éléments de résolution de l’énigme, à travers une succession de meurtres dans lesquels il en montre un peu plus à chaque fois. Ce procédé permet d’introduire un vrai climat de tension que le film ne lâchera plus jusqu’à la fin, et de faire accepter une histoire très proche du surnaturel. Les flics ne vont entrer en jeu que plus tard, pour chercher à comprendre le pourquoi de toute cette affaire. Le film bascule alors dans un thriller psychologique et philosophique, qui vient sonder le psychisme humain. Chaque personnage se retrouve alors confronté à sa propre image, et la fin du film se transforme en une sorte de quête personnelle de l’officier. Comme nombre de ses paires asiatiques, Kurosawa s’avère un génie de la mise en scène. Les plans sont parfaitement cadrés, la photographie parfaitement glauque. Il apporte un soin tout particulier au son, vecteur indéniable d’une tension parfaite dans les thrillers. Ici les bruits des vagues et du vent rejoignent ceux des trains et des voitures. Cette ambiance sonore crée à la fois un côté angoissant, mais plonge également le film dans une sorte de flottement, de sorte qu’on à l’impression que tout se déroule dans une bulle (et ce même si une partie de l’action se passe en ville). Une atmosphère qui colle parfaitement à la dimension presque fantastique du récit Le réalisateur appuie cet aspect à travers plusieurs personnages (dont celui de la femme de l’officier) à l’aspect spectral qui ne sont pas sans rappeler les traditionnels fantômes du cinéma japonais. La demeure de la séquence finale tend quant à elle du côté de la classique maison hantée, plus américaine cette fois. Kurosawa empreinte aussi beaucoup aux thrillers américains. Les séquences dans l’appartement du « sérial killer » possèdent notamment un côté très Seven. Le réalisateur ne fait cependant jamais de son film une simple succession de références, mais les intègre magnifiquement dans une œuvre qui possède son identité propre. Autant par son scénario que par sa mise en scène, Kurosawa prouve qu’il est un grand amateur du cinéma de genre, au point de réussir à lui donner une nouvelle dimension. Une petite merveille trop peu connue, qu’il serait dommage de ne pas découvrir. Mes autres critiques sur le-monde-de-squizzz.fr
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Le cinéma asiatique a toujours su offrir des thrillers dignes du plus grand intérêt. Cure n’échappe pas à la règle, et va même au-delà en s’amusant avec les codes du genre (asiatiques et américains), tout en effleurant en permanence le registre du surnaturel. Dès ses premières minutes, le film a de quoi intriguer le plus averti des amateurs de thriller. Si l’officier Takabe enquête sur la classique série de meurtres marqués d’une empreinte qui les relie incontestablement (une croix gravée dans le cou des victimes), il n’est pas ici question de la simple recherche d’un tueur. Déjà parce qu’il n’y a pas un tueur, mais des tueurs, tous différents à chaque crime, et parce que ceux-ci passent tous aux aveux sans souci. Kurosawa reprend donc un certain nombre des codes du genre mais pour les transcender. Les policiers ne vont, par exemple, pas jouer un rôle primordial durant la première partie du film, où Kurosawa préfère prendre directement le spectateur à partie. Il apporte les premiers éléments de résolution de l’énigme, à travers une succession de meurtres dans lesquels il en montre un peu plus à chaque fois. Ce procédé permet d’introduire un vrai climat de tension que le film ne lâchera plus jusqu’à la fin, et de faire accepter une histoire très proche du surnaturel. Les flics ne vont entrer en jeu que plus tard, pour chercher à comprendre le pourquoi de toute cette affaire. Le film bascule alors dans un thriller psychologique et philosophique, qui vient sonder le psychisme humain. Chaque personnage se retrouve alors confronté à sa propre image, et la fin du film se transforme en une sorte de quête personnelle de l’officier. Comme nombre de ses paires asiatiques, Kurosawa s’avère un génie de la mise en scène. Les plans sont parfaitement cadrés, la photographie parfaitement glauque. Il apporte un soin tout particulier au son, vecteur indéniable d’une tension parfaite dans les thrillers. Ici les bruits des vagues et du vent rejoignent ceux des trains et des voitures. Cette ambiance sonore crée à la fois un côté angoissant, mais plonge également le film dans une sorte de flottement, de sorte qu’on à l’impression que tout se déroule dans une bulle (et ce même si une partie de l’action se passe en ville). Une atmosphère qui colle parfaitement à la dimension presque fantastique du récit Le réalisateur appuie cet aspect à travers plusieurs personnages (dont celui de la femme de l’officier) à l’aspect spectral qui ne sont pas sans rappeler les traditionnels fantômes du cinéma japonais. La demeure de la séquence finale tend quant à elle du côté de la classique maison hantée, plus américaine cette fois. Kurosawa empreinte aussi beaucoup aux thrillers américains. Les séquences dans l’appartement du « sérial killer » possèdent notamment un côté très Seven. Le réalisateur ne fait cependant jamais de son film une simple succession de références, mais les intègre magnifiquement dans une œuvre qui possède son identité propre. Autant par son scénario que par sa mise en scène, Kurosawa prouve qu’il est un grand amateur du cinéma de genre, au point de réussir à lui donner une nouvelle dimension. Une petite merveille trop peu connue, qu’il serait dommage de ne pas découvrir. Mes autres critiques sur le-monde-de-squizzz.fr
Sa note :
(4)
Sa critique : Une succession de plans fixes d’une rigoureuse rigidité dépeint ce qui semble être une « famille » issue d’un autre temps et aux mœurs strictes. Une jeune fille quitte la maison, une caméra à l’épaule nerveuse la suit à travers la forêt. Elle trouve refuge chez sa sœur, dans une maison et une normalité apaisantes. Mais le chemin vers la guérison ne sera en fait pas si aisé… Grâce à un astucieux montage en parallèle du présent et du passé (les transitions entre les deux époques sont à la fois fluides et subtiles), Sean Durkin plonge petit à petit au sein de la paranoïa de Martha, en expliquant les douleurs d’aujourd’hui, au départ obscures, par les douleurs d’hier. Le réalisateur privilégie le ressenti à l’explicatif (quid de cette secte et de l’enrôlement de Martha exactement ?). Car c’est bien de ça qu’il s’agit, appréhender petit à petit ce personnage de l’intérieur, perdre le spectateur au sein de ses deux personnalités comme elle-même ne sait plus qui elle est. Ce qui est une énigme au départ (et ce dès l’entrée de la salle avec ce titre, certes magnifique et intriguant, mais tout aussi incompréhensible qu’imprononçable et impossible à retenir) prend forme au fur et à mesure que le film avance, et qu’il se fait de plus en plus angoissant et oppressant. A la fin, le spectateur même s’il sait, à l’instar de sa sœur, qu’il ne pourra jamais comprendre totalement Martha, fait corps avec l’héroïne, et ne sait plus non plus si ce qu’on lui montre est vrai ou pas (la scène de la rivière et sa silhouette difficile à identifier en est le parfait exemple). Dans la construction de cette atmosphère paranoïaque et oppressante, la prestation tout en nuance et en introversion de la jeune Elizabeth Olsen (sœur des deux jumelles) rivalise avec une mise en scène très justement primée à Sundance. Si au départ on pense que les plans fixes glaçants du passé vont disparaître au profit d’un cadre plus solaire avec le retour de la liberté, tout cela n’est que de courte durée, la rigidité du cadre refaisant surface au milieu de quelques instants de douceur pour souligner une angoisse persistante. Les travellings et zooms avant viennent emprisonner l’héroïne. Les faibles contrastes et une photographie plutôt pâle donnent à l’image un côté vaporeux, plus intriguant qu’apaisant. Le cadre s’ouvre et se ferme à volonté, voire se joue du spectateur, [spoiler]comme dans la scène du cambriolage où Katie apparaît dans un contre-champ inattendu et terrifiant, ou encore dans le plan final, ouvert techniquement parlant (les voix sont hors-champs), mais en réalité complètement fermé, la voiture en arrière plan menaçant directement le visage de Martha. Le piège se referme alors sur les personnages et sur les spectateurs, dans une horreur ultime.[/spoiler] Avec Martha Marcy May Marlene, Sean Durkin signe un premier long métrage déjà étonnant de maîtrise. Intriguant, efficace et puissant, à l’image du titre. Mes autres critiques sur le-monde-de-squizzz.fr

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