Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 378 résultats
De David Cronenberg
Avec Robert Pattinson, Juliette Binoche
Film français,canadien - Drame
Bande-annonce | Séances (412)
Sa note :
(1,5)
Sa critique : Cosmopolis, le film le plus raté de Cronenberg, ne fait que mettre en évidence la pauvreté de jugement de certains critiques victimes de la politique des auteurs. Cosmopolis aurait sûrement mérité la palme des plus mauvais dialogues, des dialogues prétentieux, boursouflés, abscons, ennuyeux (qui accentue le statisme du film) voire totalement ridicules (telle cette scène avec le chauffeur et le vieux coiffeur). La philosophie y balance maladroitement ses notions et épuisent le spectateur. D'entrée le film ennuie avec ce plan interminable dans la limousine et le défilé de personnages au profils si différents. Le héros y discute de la mort, de philosophie morale, des banalités de la vie... Kiarostami, dans Ten, savait, sans l'esbrouffe inutile de Cronenberg, filmer des individus dans une voiture, faussement banale. Une seule trouvaille de mise en scène : la voiture qui avance moins vite que les piétons new yorkais en révolte. Mal débuté, le film est conclu par une scène d'affrontement ridicule. Victime de doutes existentiels sur la modernité d'un monde qui va trop vite (et c'est pour cette raison qu'il se réfugie chez le coiffeur vestige), le jeune millionnaire est finalement un personnage convenu mal joué par un Pattisson qui fait ce qu'il peut c'est à dire pas grand chose, mauvais acteur ou réalisateur sans la moindre inspiration? déjà en baisse de régime lors du film précédent. Samantha Morton, enfin de retour avec 30 kilos de trop, sauve le fim de sa présence magique. Un film insignifiant qui prend le cinéphile pour un imbécile en le noyant sous des flots bavards d'insignifiance. Désolant !
De Jacques Audiard
Avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts
Film belge,français - Drame
Bande-annonce | Séances (648)
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Selon moi, le meilleur film de Jacques Audiard, qui jusqu'à présent hormis Un prophète, me laissait indifférent. Je trouvais son style un peu prétentieux et boursouflé. De rouille et d'os est le plus souvent épuré des scories de style, si on excepte quelques lourdeurs tel le plan sur les jambes au début du film pour montrer qu'elle est "entière" pour un temps ou quelques dialogues prévisibles. Le film est avant tout la rencontre magnifique entre deux cassés et handicapés de la vie : une amputée des jambes et un homme mutique dans le sens qu'il ne peut exprimer ses sentiments que par la violence brute de ses poings, qu'il a besoin de stimulus extérieurs (la vision de son amie, son fils en danger)... Cette relation duelle est réussie grâce à de simples regards échangés, Stéphanie revit en quelque sorte non pas seulement quand Ali la baise mais quand elle le voit se battre, des membres qui fonctionnent. Saluons les deux très belles interprétations de Matthias Schoenaerts et de Marion Cottillard à mon avis dans son meilleur rôle, tragique et surinvesti. Elle réalise une très belle interprétation d'actrice tout court. Le moment où elle se retrouve sans jambes est splendide et émouvant. Audiard évite le pathos en exhibant pourtant les moignons de Stéphanie. Les personnages secondaires, peu développés, gardent cependant tout leur mystère. Corinne Masiero est une nouvelle fois très juste et vibrante. Saluons aussi l'excellent travail de photographie, quelle lumière ! et l’élément liquide bien filmé. Les scènes avec les orques sont d'une rare beauté (voir la scène où elle communique à travers la vitre). Une superbe conclusion fait oublier quelques longueurs. Un nouveau film sur le travail du dépassement de soi, des étapes à franchir. Ce sont tous des personnages solitaires, fragiles, des géants aux pieds d'argile. Loin d’être un chef d’œuvre mais un film marquant à la fois sensuel et fébrile.
Sa note :
(4)
Sa critique : Poltergeist est avant tout un bon film de Steven Spielberg dont il porte la marque à de nombreuses reprises. Tout d'abord, dans la vision d'une famille américaine typique, sans histoire, plongée dans des événements surnaturels qui les dépassent mais dont ils se sortent avec courage, malgré leur naïveté évidente. Le personnage principal, père de famille tranquille, rappelle le capitaine Brody des Dents de la mer, le garçon farceur un de ses fils, les scientifiques sûrs d'eux mêmes et qui échouent Hooper de Jaws. D'ailleurs Spielberg, dont le tournage de ET était quasi simultané, transpose des éléments identiques dans les deux films (la maison, la famille aussi)... Les magnifiques éléments visuels du film, beaux et à la fois terrifiants revenants, rappellent les émanations de l’arche d’alliance des Aventuriers de l'arche perdue. Le début du film est magistral, nous sommes d'entrée dans l'action. C’est un signe spielbergien. La conclusion, explosive avec les morts dans la piscine et les quelques scènes gores (voir celle de la salle de bain) semblent être plus l'oeuvre de Tobe Hooper, l'horreur pure versus le fantastique merveilleux de Spielberg. Film sur la mort et les cauchemars enfantins, Poltergeist est une réussite du film de genre, et une des meilleurs oeuvres de 1982, sans temps mort, aux beaux dialogues et bien interprété, aux effets spéciaux très maîtrisés. Il s'inspire aussi d'un épisode de La Quatrième dimension ("La petite fille perdue"). Notons la belle partition musicale de Jerry Goldsmith, douce et ténébreuse. Spielberg a peut être aidé Tobe Hooper à réaliser son meilleur film.
De Terrence Malick
Avec Richard Gere, Brooke Adams
Film américain - Drame
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Les moissons du ciel, deuxième film de Terrence Malick et vingt ans avant le prochain, est une pure splendeur, du même niveau que The Tree of life. On retient en premier la beauté picturale sans égale de la photographie tant de la faune, thème récurrent du réalisateur, (les poules dérangées ou sauvées par l'homme - voir la belette-, les tranquilles grenouilles, les sauterelles destructrices jusqu'au chien enjambant le mur de flammes) que de la flore et des éléments naturels (neige, vent ondulant les blés, l'eau épousant le visage mort de Richard Gere...). La beauté des images est le résultat de la volonté du cinéaste de filmer à l’aube et au crépuscule, pari gagné et proche de Kubrick qui, dans Barry Lyndon éclairait ses scènes à la lumière des bougies. La mise en intéraction de l'homme et de la nature, le panthéisme malickien, Dieu est à chaque endroit, a une visée personnelle et humaniste, jamais moralisatrice. Les personnages existent, pris dans leurs contradictions et leur ambiguïté. Saluons les performances de Richard Gere et de la très sexy Brooke Adams dans son meilleur rôle avec The dead zone. Utilisé à contre emploi, Ennio Morricone livre une de ses plus belles compositions musicales. On n’oubliera pas non plus la belle voix off (même en VF) de la petite sœur. Terrence Malick à la fois contemplatif et humaniste apporte un regard sans compromission sur l’homme. Les moissons du ciel est un très grand film dont la courte et inhabituelle durée (1h35) sied parfaitement au propos.
De Andrei Zviaguintsev
Avec Nadezhda Markina, Andrei Smirnov
Film russe - Drame
Bande-annonce | Séances (41)
Sa note :
(3)
Sa critique : Longtemps, j'ai ressenti une attitude faite de questionnement à propos de ce film. Me laisse t-il indifférent ? Suis je impressionné par la qualité de la mise en scène ? Un peu tout à la fois. Il est vrai que les mouvements de la caméra et ses nombreux partis pris, la beauté de la photographie, de la lumière, la belle musique de Philip Glass (de plus assez discrète) a de quoi impressionner le cinéphile. Ce qui peut être gênant aussi, d'une certaine façon, à cause de la froideur ambiante de la distance que prend le cinéaste vis à vis de ses interprètes. Finalement, j'ai fini par apprécier ce film aux longs plans séquences et scènes répétitives. Ce type de mise en scène s'avèrait nécessaire pour ne pas juger les personnages tous chargés d'extrème ambiguité, pas de pathos, ils recherchent de simples besoins vitaux mais restent éventuellement chargés d'humanité. L'interprète féminine est exceptionnelle, un bloc de volonté qui menace de se fissurer. Derrière la beauté des images (très bel appartement bourgeois) se cache un grand pessimisme de la société russe. Dommage que le film soit parfois long, lent et répétitif. Cependant, les cinq dernières minutes sont absolument sublimes (travelling et obscurité). Le bébé allongé sur un trop grand lit, on pense alors à 2001 odyssée de l'espace, est il une matrice pour la renaissance ? ne se laissera pas facilement oublier. Un film au final qui mérite d'être revu et peut être alors plus apprécié.
Sa note :
(4)
Sa critique : Emmanuel Finkiel nous revient avec ce magnifique documentaire, long à s'imposer mais qui, avec le recul, restera ancré en chacun de nous grâce à la force de ses images. A la hauteur de Raymond Depardon et de Nicolas Philibert (dont il semble assez proche stylistiquement), Finkiel sait faire jaillir l'émotion chez le spectateur dans un film pourtant sans le moindre pathos. Il ne film qu'une clinique de rééducation qui traverse les différentes saisons (rares et belles vues de la nature) à travers des longues, douloureuses, parfois décourageantes ou optimistes séances de soins tant psychomotrices que cognitives. Il saisit tout à la fois l'intime chez les trois malades, dont il laisse parfois déborder leur tendance naturelle au jeu de la comédie, et la véracité des symptômes. Je suis commence en force avec cet homme au visage figé, mélange de Buster Keaton et d'un serial killer, qui se mélange dans ses dates personnelles, peut être le plus fouillé, le plus cinématographique des trois. La femme aphasique serait plutôt un personnage de la tragédie néoréaliste italienne qui peut faire pleurer. Enfin, le plus jeune, qui peut faire rire (avec son fils) est le plus délicat à montrer pour le cinéaste. Finkiel évite les caricatures avec le personnel médical et la famille des patients. On note aussi une très belle utilisation de la musique. Un grand film documentaire pour un beau film tout court.
Sa note :
(1,5)
Sa critique : Une nouvelle médiocre et pathétique adaptation d'un roman d'Agathie Christie, auteure qui se prête décidemment mal à la transcription cinématographique. On peut être amusé un temps de retrouver les tronches d'acteurs du cinéma et de la télévision britannique vus dans Chapeau melon et bottes de cuir et Amicalement votre (ou celui pupleux d'Anita Ekberg) mais c'est tout. L'humour est souvent involontaire, un Franck Tashlin plus inspiré quand il dirige Jerry Lewis, et le suspens nul. L'intrigue est alambiquée et ne capte que très peu l'attention du cinéphile. Hercule Poirot venu à Londres, c'est aussi drôle que le commissaire Maigret chez les chinois .... Les scènes au restaurant sont caricaturées, les situations improbables et les personnages ridicules véritablement méprisés par le cinéaste.
De Carl Theodor Dreyer
Avec Maria Falconetti, Eugene Silvain
Film français - Drame
Sa note :
(3,5)
Sa critique : La passion de Jeanne d'Arc n'est pas un chef d'oeuvre, ni le sommet de l'oeuvre de Carl Théodore Dreyer. Le cinéaste danois a choisi de filmer en gros plans toute la scène du procès de Jeanne d'Arc, ce qui n'est pas le plus courant pour tourner ce type de scène. Ceci peut donner l'impression d'un certain statisme (quand même les deux tiers du film). Mais ceci est pallié par les grandes qualités du rendu expressionniste, avec ces visages caricaturaux aux traits tourmentés et grotesques tel extraits des peintures de Jérôme Boesch ou de Brughel père et fils. Des visages caricaturaux certes mais Dreyer chercher à nous montrer les différents aspects psychologiques des différentes personnes présentes au procès. Le film est dominé par l'interprétation hallucinée, au comble du mysticisme, de Falconnetti dont on ne peut que difficilement oublier le visage qui porte le tragique et quels yeux magnifiques dont perlent des larmes tragiques, visage d'où un crachat est déversé par un prêtre intolérant. Si la première heure peut être vue comme un peu longue, le dernier tiers est sublime, lors de la préparation au bûcher et le revirement de Jeanne (voir l'expression de l'évêque Cochon). Toute la mise en scène virtuose de Dreyer est présente ici et très moderne : des mouvements de foule très bien rendus, d'une violence inouie, des plans osés (personnes vues à l'envers). La scène du bûcher est filmée quasiment en temps réel, l'agonie de Jeanne y est montrée sans détachement ni voyeurisme malsains. Le personnage est sans concession aucune, sa peur, sa résignation, sa délivrance, ses forces et faiblesses fendues avec justesse et précision. Saluons aussi le joli rôle d'Antonin Artaud. Un très bon film parfois difficile mais difficilement oubliable, peut être le meilleur sur Jeanne d'Arc.
De Jacques Tourneur
Avec Dana Andrews, Peggy Cummins
Film britannique - Fantastique
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Jacques Tourneur est considéré comme le cinéaste capable de monter la peur par la seule force de leur suggestion, à travers de petites choses anodines telles ici un poignet d'homme sur un escalier, une tempête qui se lève, un bout de papier qui s'approche de l'âtre. Tels éléments qui font de ce film une grande réussite du film fantastique, qui suscite vraiment la peur chez le spectateur. Tourneur gère aussi au mieux les sons, les qualités de l'image (subtil noir et blanc) (jeux sur les cadrages). Ce film démoniaque (la vision du démon reste bien effrayante) pose aussi le concept de la crédulité chez les scientifiques fussent ils des adeptes des sciences molles (ici le héros est psychologue). Classiquement, au départ le personnage principal, joué brillamment par un superbe Dana Andrews, refuse de croire mais si l'instinct de sa propre conservation l'enjoint d'adhérer à l'irrationnel, ceci ne dure qu'un temps. A la fin du film, il continue de douter, sensation perçue par la terrible et brillante conclusion à la gare. Cette fin abrupte laisse perdurer l'angoisse et l'interrogation chez le cinéphile. Rendez-vous avec la peur regorge de scènes d'effrois tel lorsque la tempête se lève et trouble la fin d'une fête d'innocents enfants, ou celle où le psychologue s'introduit chez le magicien, etc ... Le fait de faire apparaître le monstre frontalement a été discuté, fallait il le montrer? Je pense en tout cas que oui, il était nécessaire de le montrer à la fin. Lors des premières scènes, sûrement pas, il contredit le système narratif du film et l'inoculation progressive chez le spectateur d'une angoisse réelle qui remonte à des éléments historiques sociétaux très anciens. De plus, le film ajoute une scène quasi documentaire (celle de l'hypnose) et une autre non détentrice d'humour (les esprits qui cherchent à faire revenir), avec aussi de l'effroi. Plus tard investi dans La Quatrième dimensions (série qui porte son empreinte), nous retrouverons des éléments de ce film et de La féline. Le meilleur film de Jacques Tourneur. Un sommet de la terreur.
De Francis Ford Coppola
Avec Val Kilmer, Bruce Dern
Film américain - Epouvante-horreur
Bande-annonce | Séances (71)
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Twixt est un film décevant dont on reconnaît à peine la "patte" de Coppola. Le film, si il est brillant visuellement (jeu des couleurs, alternance noir et blanc) est très creux sans que la terreur voulue ne soit réellement suscitée. On n'éprouve pas beaucoup de gêne dans un film parfois un peu ridicule, très répétitif et chichiteux. A noter une belle idée cependant, le personnage fantôme d'Edgar Poe, bien cerné. Le reste est plat, répétitif et ennuyeux. Seules les dix dernières minutes, superbes, rendent hommage au cinéaste et à sa vie personnelle tragique (la mort de son fils dans un accident de bâteau). Ceci est à la limite du narcissisme. Il est fait allusion à Stephen King mais ce dernier aurait sûrement écrit un meilleur scénario. En 1995, John Carpenter, dans l'Antre de la folie, était d'une bien plus grande tenue. Le film le plus faible de Francis Ford Coppola qui nous livre un médiocfre cru, réitération de l'homme sans ombre.

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