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De Rémi Bezançon, Jean-Christophe Lie
Avec Max Renaudin, Simon Abkarian
Film français - Animation
Bande-annonce | Séances (842)
Sa note :
(3)
Sa critique : J'avoue être un petit peu intrigué de retrouver le nom de Rémi Bezançon au générique de ce film, aussi bien avant de le voir qu'après. Mais qu'importe : faute d'avoir vu la patte du sympathique Rémi, je me suis contenté d'un film d'animation assez banal certes, mais qui lui aussi était au final tout aussi sympathique. Que lui manque-t-il ? Un peu de densité, surtout dans sa première moitié, car son univers est séduisant mais manque cruellement de relief. Tant qu'un certain nombre de personnages ne sont pas apparus, le film laisse beaucoup de creux et de blancs. Car oui, il est aussi bien trop sage ce film. Il ne risque rien, aussi bien au niveau de l'humour que du propos. Beaucoup le comparent à "Kirikou", et c'est vrai qu'il a ce côté « universalisons l'exotique » tout à son honneur. Malgré tout, parce qu'il s'ancre aussi dans le temps des colonies, on pourrait également faire la comparaison avec le récent "chat du rabbin". Or, là, c'est vrai que cette timide "Zarafa" peut se faire toute petite face au truculent matou de Joann Sfar. Bien trop consensuel, et manichéen, ce film souffre vraiment – pour un spectateur adulte du moins – d'un côté « voilà avec quelles valeurs il faut nourrir nos petits bouts de chou ». Malgré tout, malgré toutes ces limites, j'avoue cependant m'être laissé séduire par les nombreuses qualités qui entourent ce film. D'une part il est très beau, il sait à la fois se faire simple mais très expressif. Le dessin a ici une véritable personnalité ce qui donne déjà une belle plus-value à ce dessin-animé au regard des productions standardisées qui l'entourent. D'ailleurs, "Zarafa" peut aussi se vanter d'éviter toutes les fautes de goût habituelles à ce type de production. Il ne joue pas jusqu'à l'usure de l'humour pipi-caca, des personnages arlequins à la con totalement horripilants ou bien encore des chansons et musiques disneyennes que certains assènent à tire-larigot. Rien que pour ça, "Zarafa" a su se faire pour moi un spectacle agréable, assez créatif, et parfois même touchant. En somme, sans faire rentrer ce film dans les annales, je salue malgré tout et je remercie la démarche des deux compères Bezançon et Lie... Un film sympathique, c'est suffisamment rare en ce moment pour qu'on l'ignore.
De Tomas Alfredson
Avec Gary Oldman, Mark Strong
Film français,britannique,allemand - Espionnage
Bande-annonce | Séances (306)
Sa note :
(1)
Sa critique : Ah ça ! Y'a pas à dire : on a de quoi voir et écouter ! S'il y a bien un point sur lequel je rejoins la plupart des personnes qui ont apprécié et encensé ce film, c'est bien sur le fait que ce cher Thomas Alfredson s'est montré très méticuleux et soigné pour la photographie, le son et le casting. Il suffit d'ailleurs de citer quelques noms s'en convaincre : Gary Oldman, Colin Firth, Mark Strong, John Hurt, Toby Jones... et même le Jules César de la série "Rome" – Claran Hinds – sont autant d'acteurs dont la seule présence fait saliver ! Et pourtant... A quoi sert une telle performance dans la composition et la technique si c'est pour n'avoir rien à raconter ??? ...Bah oui ! Encore une fois je vais peut-être encore passer pour l'aigri de service, mais pourtant – je vous jure que je ne le fais pas exprès ! – je me suis fait chier comme un rat mort devant cette magnifique coquille vide. Si vous y allez, chronométrez. Vous constaterez qu'au bout de trois quarts d'heure il ne s’est encore RIEN passé. On est encore dans la situation initiale. A part nous faire défiler le casting bout par bout sur de très belles teintes sépia et avec une joie de vivre digne du Goulag, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. D'ailleurs, en ce qui concerne l'ambiance du film, on serait en droit de se demander un moment si cette "Taupe" ne serait en fait une sorte d'uchronie mal annoncée tant le Royaume-Uni dans ce film a vraiment des allures de pays de l'est ayant subi deux siècles de dictature communiste ! Si j'insiste d'ailleurs autant sur ce ton "sobre" et monocorde qu'adopte le film, c'est qu'il fut véritablement mon pire ennemi durant ces deux heures d'ennui car, plus le temps passe, et plus l'intrigue peine à avancer. C'est d'ailleurs un vrai paradoxe de faire un film d'espionnage, construit sur le principe d'un agent-double à démasquer, tout en adoptant simultanément une démarche qui tue tout suspens et tout effet d'attente. Personnellement, on ne m'aurait pas révélé l'identité de la taupe au bout du premier quart d'heure, on ne m'aurait pas endormi avec des dialogues de vieux papys marmonnent en permanence (je veux bien qu'ils soient espions mais quand même !) et surtout on m'aurait rempli l'intrigue de plus d'UNE péripétie (qui aurait été de préférence moins basique et prévisible), j'aurais pu apprécier le travail d'ambiance opéré. Mais désolé : quand un film ne repose que sur une démarche esthétique, sans avoir aucune intrigue ni aucun propos à proposer, ça reste pour moi du simple exercice de style (car oui, se limiter à « la guerre froide c'est pas marrant pour ceux qui la mènent car ils la mènent dans le secret » je trouve ça un peu court jeune homme), pour moi. Or, à moins qu'un film propose une vraie dynamique dans son exercice formel, je trouve que l'exercice de style, c'est chiant. Pour moi, "la taupe" n'est effectivement qu'un banal exercice de style sans intérêt. En voir 5 minutes c'est avoir vu tout le film. Donc si vous êtes comme moi, à aller au cinéma pour se faire emmener par un univers et par une histoire, le mieux serait à mon sens de ne pas miser sur cette miteuse "Taupe"...
De Eli Craig
Avec Tyler Labine, Alan Tudyk
Film américain,canadien - Comédie
Bande-annonce | Séances (31)
Sa note :
(3)
Sa critique : Comme son titre l'indique, il ne faut s'attendre à rien de subtil dans ce film. Mais encore fallait-il éviter le piège "Lesbian Vampire Killers", qui consistait à se perdre dans un comique de bas-étages sous prétexte de faire du comique sans prétention. J'avoue d'ailleurs avoir nourri quelques doutes au début de ce "Tucker & Dale" mais pourtant, même si l'humour n'est bien évidemment pas très subtil, je trouve que malgré tout, le postulat de base est assez séduisant. Opposer le monde des bouseux aux jeunes étudiants attardés, ça n'a l’air de rien, mais moi je n'avais jamais vu ça auparavant. Et le film parvient à développer ce mariage original de manière assez surprenante, jouant à la fois du contre-pied permanent comme d'un humour débile totalement assumé. Alors bien sûr, au bout d'une demi-heure, tout le monde comprend à quelle sauce on va être mangé. Malgré tout, j'ai trouvé que le film tenait la distance grâce à un très gros capital sympathie. Ainsi, en sachant être simple et sans prétention, ce "Tucker & Dale" parvient à se poser comme le bon divertissement du moment, et c'est déjà pas mal.
De Alexander Payne
Avec George Clooney, Shailene Woodley
Film américain - Comédie dramatique
Bande-annonce | Séances (263)
Sa note :
(4)
Sa critique : Eh bah j'avoue être assez surpris... et agréablement qui plus est. Souvent je n'attends pas grand-chose des films que je vais voir (souvent parce que je n'en connais rien) et ces "Descendants", à première vue, n'avait rien pour faire naître l'espoir. C’est peut-être justement là qu'a résidé la force de ce film. Commençant comme un banal film indé sans autre originalité que celle de se passer à Hawaii, "The Descendants" peut facilement passer pour un film quelconque. Et puis l'intrigue se déroule gentiment, sans à coup, mais révélant sans cesse davantage les subtilités de ses personnages. Plus le temps passe et plus je me rends compte qu'il est d'ailleurs bien rare qu'on nous brosse une galerie de personnages comme ça. Or, loin de le survendre, l'intelligence d'Alexander Payne a justement été – me semble-t-il – de peindre l'ensemble avec modestie et sans gros effet. Au final, moi qui me demandait lors du premier quart d'heure ce que faisait Clooney dans ce film, j'ai définitivement compris lorsque le générique de fin s'est mis à défiler. Ce film et cette réalisation ont vraiment quelque chose de léger qui fait que le charme ne repose finalement sur pas grand-chose, et c'est le talent remarquable de ce comédien qui au final équilibre la balance. D'ailleurs, c'est peut-être pour moi le mot qui qualifierait le mieux ce film : « équilibré ». Jamais dans l'excès de feel good, mais pas non plus dans le pathos socialisant, "The Descendants" est finalement passé comme du petit lait me concernant. D'ailleurs, il est bien rare que je ressorte ainsi d'un film, habité seulement par le plaisir de la légèreté. C'est finalement d'autant plus appréciable que c'est rare. Enfin une bonne surprise en ce début de 2012. Il était temps.
De Guy Ritchie
Avec Robert Downey Jr., Jude Law
Film américain - Aventure
Bande-annonce | Séances (586)
Sa note :
(3)
Sa critique : Pendant la première demi-heure, j'ai cru voir dans ce "Jeu d'ombres" un copier-coller du "Sherlock Holmes" premier du nom. Certes, les lieux et les situations ne sont pas les mêmes, mais bon, au final le film repose sur cette même ambiance grisatre de la Belle époque, ainsi que sur les scènes de tatanes nerveuses et gaudrioleries de l'ami Robert Downey. J'avoue d'ailleurs qu'au début, j'ai même crains le rejet par effet d'accumulation. Cependant, il n'en fut rien car - je pense qu'on se doit bien de lui concéder cela à l'ami Guy Richie - même sans fond il peut emporter la mise par son envie et son dynamisme. Je trouve même que ce second volet des aventures du célèbre détective est mieux maîtrisé dans son aspect azimuté. Certes, c'est toujours aussi nerveux et speedé, mais un peu moins épileptique. En plus, je trouve qu'ici Richie va même jusqu'à tourner ses effets de réalisation en dérision, et j'avoue que ça ne m'a pas fait pas de mal de constater qu'encore aujourd'hui un film grand spectacle sait encore ne pas trop se prendre au sérieux comme c'est le cas ici. D'ailleurs, à ce titre, Downey Jr. et Jude Law sont totalement dans le ton : très complices à l'écran, ils se lâchent facilement mais sans jamais perdre le contrôle. Tant mieux, parce que finalement, ça a l'air d’être la philosophie du film. Richie se lâche dans beaucoup de trips steam-punk sans rentrer dans l'invraisemblable ; il joue avec l'Histoire et les décors mais en en respectant la logique ; et surtout il déploie une réelle inventivité dans ses effets visuels, mais en veillant bien à se renouveler en permanence et cela dans un souci exacerbé de respect du rythme. Alors après, on pourra toujours rester un peu dubitatif face à ce que l'ami Richie a fait de cette figure emblématique qu'est Sherlock Holmes, mais bon... Après tout, c'est aussi respecter la légende que de se la réapproprier et de l'enrichir par son propre univers. Donc, après tout, pourquoi pas... Certes on pourrait résumer le film à un vaste exercice de style, mais le fond « Sherlock » permet de faire passer la pilule. Le plaisir était simple mais au final il était quand même là. En cette période de vache maigre je ne me plains donc pas et je dis merci...
De Frédéric Beigbeder
Avec Louise Bourgoin, Gaspard Proust
Film français - Romance
Bande-annonce | Séances (216)
Sa note :
(2)
Sa critique : C'est marrant, mais j'ai beaucoup de mal à me fixer un point de vue net et précis concernant ce film tant des sentiments antagonistes m'assaillent. D'un côté je ne peux m'empêcher de voir ce film comme une banale accumulation de gesticulations verbales et autres bourgeoiseries en tout genre, tout ça n'enrobant d'ailleurs qu'une comédie romantique bien banale et bien plate. D'un autre côté, je n'arrive pas à en vouloir au charmant Frédéric Beigbeder de faire transpirer à son film la personnalité et l'état d’esprit qui sont les siens. Après tout, on peut penser ce qu'on veut de ce milieu, de ces valeurs, de ces flagorneries mondaines, ce sont elles qui malgré tout font le personnage de l'auteur, et les retrouver ainsi sans modération ni gêne ne font que témoigner finalement de la sincérité de l'œuvre. Certes pas originale pour un sou (mais ce n'était pas le but non plus), l'ami Beigbeder se livre à un petit exercice de style assez enthousiaste. Ainsi, bien que je n'ai pas été porté par cette bluette parce qu'elle s'est montrée en fin de compte bien trop banale, elle ne m'a cependant pas écoeurée non plus, et cela parce qu'elle est avant tout sincère. Pas un film remarquable donc cet "amour" qui dure trois ans, mais pas un scandale non plus...
De David Fincher
Avec Daniel Craig, Rooney Mara
Film américain,britannique,suédois,allemand - Policier
Bande-annonce | Séances (214)
Sa note :
(1)
Sa critique : Bon, je n'étais déjà pas très fan de la version suédoise que je trouvais confuse et peu inventive. Malgré tout, j'espérais que, par ce "Millenium US", le grand David Fincher sache me donner des raisons de m'enthousiasmer pour ce phénomène qui jusqu'alors me passe par-dessus la tête. Eh bien que nenni... L'intrigue est toujours aussi confuse dans sa construction et Fincher n'a pas su trouver d'angle nouveau pour aborder ce qui reste pour moi qu'une banale intrigue policière. Je dirais même plus qu'à voir ce film, j'en regretterais presque la version originale. Ni plus claire, ni plus inventive, elle avait au moins le mérite d'être moins bruyante. C'est donc à moitié sourd et totalement las que j’ai quitté l'île au beau milieu du spectacle ou, pour dire autrement, je suis parti dès que j'ai compris que ce film n'était au final qu'une répétition inutile de ce que j'avais déjà vu auparavant. D'ailleurs, le fait que l'intrigue soit restée en Suède et non transposée en Amérique est en soi un symbole. Certes, le fait que Fincher ne soit pas tombé dans l'américanisation systématique à laquelle se livrent tous les remakes US est en soit une bonne chose, mais cela démontre aussi l'inutilité de cette démarche. Fincher n'apportant rien, ni par son écriture, ni par son style, alors à quoi bon ? Finalement, je ne peux pas m'empêcher que ce film n'est qu'un simple prétexte pour que la MGM et Fincher touchent leur part du grisby suédois, sans forcément nourrir quelque considération artistique pour le projet. D'ailleurs, cette nouvelle ligne ajoutée à la filmographie de ce grand réalisateur qu'est David Fincher n'est pas pour me rassurer pour son avenir parce que, autant j’avais trouvé "Benjamin Button" et "Social Network" incroyablement plats, autant je trouvais quand même que l’esthétisme et le savoir-faire de Fincher savait sauver les meubles. Avec ce "Millenium", à part un générique d’introduction stylé « James Bond » (...et encore, quand on a Daniel Craig au casting, ça peut franchement prêter à rire...), le reste est vraiment filmé sans génie ni idée. Du simple portage, rien de plus. Non mais quel blase que de constater que Fincher semble aujourd’hui se contenter de ce simple statut peu gratifiant, celui du faiseur de film bankable... Voilà qui est bien attristant...
De Clint Eastwood
Avec Leonardo DiCaprio, Naomi Watts
Film américain - Biopic
Bande-annonce | Séances (198)
Sa note :
(1)
Sa critique : Ah non mais là : merde ! Après Cronenberg et Scorsese, voilà que c'est au tour de Clint Eastwood de chier dans la colle ! Alors j'avoue, dans un premier temps je me suis dit : « c'est pas possible : j'ai dû raté un truc ! » Alors j'ai lu, j'ai écouté, j'ai regardé à droite à gauche pour savoir ce que d'autres ont su voir de ce "J.Edgar" et à côté duquel je suis peut-être passé... J'ai entendu parler de magnifique biopic ambivalent sur un personnage qui a pourtant fait l'identité de l’Amérique, j'ai aussi entendu parler de la subtilité de la mise en scène pour aborder dans un cadre académique une histoire qui elle ne l'était pas. J'ai enfin carrément entendu l'expression « Brockback Washington » pour qualifier ce film, ce qui m'aurait fait exploser de rire si ce n'était pas l'adorable Marie Sauvion qui l'avait prononcé... Alors bon, il y avait sûrement plein de subtilité dans ce film, je n'en doute pas. Malgré tout, autant j'apprécie qu'un film sache se faire riche de sens et d'interprétation, autant j'y suis totalement insensible lorsque cette subtilité est embourbée dans une narration aussi mollassonne. Non mais franchement : qu'est-ce que c'est chiant ! Déjà que le film se noie dans la parlotte mais, cette construction en flash-back où le vieux Hoover revient sur son passé ne fait qu'accentuer cet effet qui pour moi fut rédhibitoire. Obsédé par l'ambiguïté que Eastwood veut donner à son personnage, il néglige totalement le rythme et la dynamique de sa narration. En plus, sa photographie très feutrée ne fait qu'accentuer l'aspect fade et peu alléchant de son univers. Et quand on rajoute à ça le fait que le forfait de notre cher Inspecteur Harry dure près de 3h, moi je crie « au secours » ! D'ennui, je suis parti à la moitié du film, ne supportant plus le ton de dissertation que le film avait adopté depuis le départ. Alors peut-être les adorateurs du film voudront-ils me jeter des boîtes de conserve à la tronche en lisant cela, pestant que je ne suis qu'un gros bourrin qui est incapable de s'intéresser à une œuvre subtile si ça ne pète pas toutes les trois secondes, pourtant je préfère malgré tout assumer. Moi je vais au cinéma sur mon temps libre pour qu'on m'exalte ou qu'on me séduise, certainement pas pour qu'on me fasse la lecture monotone d'une histoire dont à la base je n'avais pas grand-chose à faire...
De Jeff Nichols
Avec Michael Shannon (II), Jessica Chastain
Film américain - Drame
Bande-annonce | Séances (92)
Sa note :
(1)
Sa critique : Vous allez vous dire que je fais une fixette là-dessus et croire du coup que je prends un malin plaisir à défoncer les films qu'encensent la critique, juste pour le principe, pourtant – je le jure ! – il n'en est rien ! Ce film, j'y suis presque allé par hasard, parce que je savais qu'un pote y allait. Bref, je ne savais même pas ce que ça racontait ou ce qu'on en disait... Eh bah le moins que l'on puisse dire c'est que je me suis bien barbé ! Et je ne suis pas un alien pour le coup ! J'ai des preuves Scully ! J'entends d'ailleurs appuyer mon propos sur le drôle de mec barbu et sur la petite quinquagénaire qui partageaient avec moi le premier rang de la salle. Le constat a été clair pour eux : le mec s'est mis à lire le journal au bout d'une demi-heure, levant les yeux de temps en temps pour voir si quelque chose se passait, et la femme s'est mise à pioncer au bout d'une heure ! Vé-ri-di-que ! ...Et moi ? Bah moi je ressortais d'une grasse mat’, donc je ne me suis pas endormi, et comme je n'avais pas prévu de lecture (...comme quoi on n'est jamais trop prudent), il a bien fallu que je ne me contente que de "Take Shelter" pour occuper mon attention. Alors du coup, vous l'aurez compris, je me suis fait chier comme c'est pas permis. Alors OK, je suis d'accord, je trouve malgré tout qu'il y a dans ce film une atmosphère assez séduisante et atypique. Je ne sais pas si c’est le fait des acteurs (très bons) ou bien de cet univers humide et venteux, mais en tout cas j'ai vite trouvé des atomes crochus avec l'univers de Jeff Niccols et je me suis laissé embringué. Mais bon, passés deux trois cauchemars et hallucinations, le film s'enlise dans un immobilisme incroyable. Tout est posé et dit en seulement dix minutes, puis ensuite on se contente juste d'illustrer. Aucune progression du personnage, y compris dans sa paranoïa, ce qui fait que le film ne nourrit strictement aucune dynamique. Alors, vous allez me demander, que se passe-t-il pendant ces deux heures ? Eh bah c’est ça le problème ! Jeff Niccols fait finalement ce que font tous les nouveaux réalisateurs à la mode : il se complait dans le vide, et envoie quelques symboles par ci par là, pour se raccrocher un peu à tout sans non plus s'engager dans rien. Alors là, la critique parisiano-bourgeoise s'en est donné à cœur joie ! Les voilà partis dans trente millions d'interprétations vaseuses sur le sens à donner à la paranoïa, à l'isolement et à l'oppression qui accablent le personnage principal. Trop heureux qu'ils sont qu'on leur ait donné l'occasion de montrer à quel point ils sont subtils et intelligents, ils ont encensé ce film comme jamais... D'où ce paradoxe : "Take Shelter", le film le plus chiant de ce début d’année, se retrouve auréolé de gloire par la presse. Me concernant, je vous le dis tout net : ne tombez pas dans le panneau. A moins que vous vouliez vous la péter au bureau en répétant à l'envie ce qu'ont écrit Télérama ou les Cahiers du cinéma, "Take Shelter" risque d'être pour vous un puissant somnifère ou, pire, une grande source de maux de tête. Esprits sains : s'abstenir.
De Philippe Lefebvre (II)
Avec Roschdy Zem, Sara Forestier
Film français - Policier
Bande-annonce | Séances (35)
Sa note :
(2)
Sa critique : Pouf ! Je me suis posé comme ça, par hasard, sans même savoir ce que j'allais voir. Le casting et le titre m'ont alléché, alors je me suis risqué pour "une nuit"... Ce qui est marrant – et la présence de Roschdy Zem faisant – c'est que j'ai tout de suite (et cela dès le début du film) assimilé "une nuit" au sympatouille "A bout portant" de Fred Cavayé. La même envie d'aller vite dès le départ, d'écouler l'intrigue d’un bloc, sans temps mort... L'idée me semblait donc sympa, mais je vous avouerais que j'ai eu quand même beaucoup de mal à me mettre dedans. La réalisation « caméra à l'épaule » de Philippe Lefebvre n'est pas très imaginative et souvent très plate, ce qui fait que ce monde de la nuit qu'il nous peint ne lève jamais vraiment. Ensuite il y a cette intrigue très scriptée dans laquelle la réalisation et l'interprétation se prennent les pieds. Que ce soit Zem ou bien Le Bihan, chacun fait un peu loubard d'opérette. Bref, bonne idée, mais résultat bof... Je ne cache d'ailleurs pas que j'ai dormi une bonne vingtaine de minutes sur la première heure, et le pire, c'est qu'en me réveillant, l'intrigue était au même point que là où je l'avais laissé ! C'est malheureux mais je trouve que c’est vraiment symptomatique du cinéma français : il ne se passe rien de vraiment signifiant pendant la première heure... Et puis il y a eu la seconde partie du film... Pour le coup, Philippe Lefebvre commence enfin à raccorder tous ses fils et à donner un élan – et du souffle ! – à son intrigue. Même si cela ne cache pas les lacunes citées plus tôt, ça parvient malgré tout à les faire oublier de temps en temps et du coup, je me suis laissé prendre. D'ailleurs, il est à noter qu'à un moment, une apparition furtive laisse entrevoir tout le potentiel qu'avait cette histoire : cette apparition c'est celle de Richard Boringher. En deux minutes seulement, le mec donne une vraie leçon de classe à ses acolytes et fait un moment lever le film très haut. Manque de pot, cette "nuit" redescend sitôt le caméo terminé... En somme, vous l'avez compris : elle n'est pas honteuse cette "nuit", surtout qu'elle sait plutôt bien finir, mais n'est malheureusement pas Fred Cavayé qui veut...

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