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1 - 10 sur 1544 résultats
De Kevin Smith
Avec John Goodman, Michael Angarano
Film américain - Epouvante-horreur
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Je découvre le cinéma de Kevin Smith avec ce film pour le moins étrange... Avis très mitigé pour ce Red State qui se montre à la fois très original et relativement bancal dans sa globalité. On constate tout d'abord un réel refus d'appartenance à un genre caractéristique de la part du réalisateur qui prend un plaisir tangible à malmener les codes et à perdre son spectateur dans un univers à la fois impur et ( presque ) totalement inédit. A ce niveau Red State ménage les surprises au détour de quelques rebondissements pas mal étonnants. A cette originalité vient s'ajouter une sorte d'irréalisme généralisé qui - pour ma part - dessert totalement les émotions sous-jacentes : il faut dire que Kevin Smith n'y va pas de main morte quant aux effets burlesques, transformant cette secte assassine en cirque itinérant proprement grotesque et rébarbatif ( on pense à plusieurs reprises au très mauvais The Devil's Rejects de Rob Zombie pour le registre caricatural ). Sinon Red State demeure à mon sens trop disparate pour affirmer sa véritable cohérence, qu'il s'agisse de la multiplicité des points de vue ou de celle des thématiques exploitées ( pas de réel personnage-pivot ni même de héros ; dimension politique, religieuse et judiciaire entremêlées ; thèmatique discrète mais bien présente des méfaits du Net ). Un peu trop ambitieux peut-être... Red State est à voir tout de même pour son audace difficilement contestable mais souffre d'une structure trop éclatée et d'une tonalité trop appuyée pour séduire entièrement. Décevant John Goodman.
De Raymond Lewin
Avec Romain Bouteille, Pierre Doris
Film français - Comédie
Sa note :
(1)
Sa critique : Résolument mauvais. A partir d'une idée certes plutôt amusante ( filmer la projection d'un film pornographique dans une salle parisienne sous le signe de l'improvisation ) la troupe du Café de la Gare et celle du Splendid accumulent les lourdeurs et les vulgarités les plus fadasses au gré de commentaires souvent raplaplas. Si l'on excepte quelques bonnes répliques ( principalement chez Romain Bouteille et chez Gérard Jugnot ) l'équipe de comédiens grille toutes ses cartouches en moins de cinq minutes et tombe très vite dans le procédé répétitif d'un humour particulièrement ringard voire agaçant. Si le but était de filmer une parole en marche pour mieux bousculer l'hypocrisie bourgeoise de l'époque ( le titre résume parfaitement cette idée ) on peut dire que le résultat ne fonctionne plus du tout 30 ans plus tard. Bref c'est totalement poussif, très tarte à regarder et définitivement daté. Préférez les films du Splendid à ce navet ridicule qui peine à faire sourire, et encore plus à rire. A oublier très vite.
De Friedrich-Wilhelm Murnau
Avec Emil Jannings, Hermann Valentin
Film allemand - Drame
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Ce grand classique - modèle de mise en scène indiscutable - prouve à quel point les charges commerciales sont capables de changer ce qui aurait pu être un véritable chef d'oeuvre en guimauve insipide et ridicule. Le Dernier des Hommes n'est de fait rien de moins qu'un immense gâchis, un film dont le dernier quart d'heure discrédite entièrement l'ampleur émotionnelle jusqu'alors obtenue. Car si une majeure partie du film de Murnau témoigne d'une élégante tristesse approfondissant le personnage joué par Emil Jannings le rajout du happy-end est - en plus d'être extrêmement maladroit - terriblement plat quand on le compare au registre des 80 premières minutes. Fort heureusement la réalisation reste totalement impressionnante, largement supérieure à celle de Nosferatu pour ma part ( ce dernier souffrait d'une utilisation pléthorique de l'intertitre qui désamorçait la puissance visuelle de l'intrigue ; ici Murnau réalise un film muet sans pratiquement aucun panneau ). En ce sens les premiers plans très mobiles du Dernier des Hommes font figures de prouesse technique redoutable, et la séquence dans laquelle le portier se fait remercier est un sommet d'élégie cinématographique. A noter également un très bel accompagnement musical... Tentons d'oublier cet affreux dénouement pour mieux contempler ce qui le précède, à savoir un grand film du cinéma muet particulièrement abouti. A voir absolument.
Sa note :
(4,5)
Sa critique : The Flicker ou l'oeil du cerveau. The Flicker ou l'expérience filmique poussée à bout. The Flicker ou comment cramer la rétine du spectateur au gré d'une alternance irrégulière mais parfaitement hypnotique d'écrans noirs et d'écrans blancs. The Flicker ou le vortex du cinéma. La Bible de l'opérateur, une leçon de projection. On croirait, durant trente minutes indiscernables, être dans la cabine du pourvoyeur de pellicules au son du ronronnement saturé du chronographe. Mais nous sommes devant l'écran, seule réalité d'un voyage indescriptible car sans récit, sans acteurs, sans mise en scène et pratiquement sans musique. Simplement une transe précédée d'un message préventif à l'attention des épileptiques et des spectateurs fragiles, annonçant un stroboscope au-delà du temps et des mots. Tony Conrad, l'auteur avant-gardiste de cet objet parfaitement unique en son genre livre un trip radical, lessivant et - pour certains - insupportable. On perd pied dans ce The Flicker, on ne regarde plus : on voit. On existe plus, on est. C'est peut-être le film à voir après tous les autres, un trou noir béant s'ouvrant sur l'écran accueillant la lumière du projo. Est-ce réel, virtuel ? C'est, tout bêtement, mais c'est déjà énormément. The Flicker, c'est le point d'orgue du cinéma expérimental et le point final du cinéma tout court. C'est à vivre, et uniquement à vivre. Voir The Flicker, et puis mourir.
Sa note :
(1,5)
Sa critique : Ressenti proche de l'indifférence quasi intégrale pour ce film de Tarkovski duquel je n'attendais déjà pas grand-chose de prime abord... C'est vieillot, assez mal joué et très rébarbatif. En tous cas c'est la première fois qu'un film de Tarkovski m'apparaît comme pensé par le montage : Il n'y aura pas de départ aujourd'hui semble étrangement découpé, fragmenté, ce qui laisse l'impression d'une ébauche maladroite tout sauf centripète. Difficile alors de déceler le sceau artistique d'Andreï Tarkovski dans ce ( très ) moyen métrage évoquant la désertion d'un village à l'orée de la guerre : les futures thématiques du cinéaste sont plus absentes que jamais, et même quand il s'essaye à filmer la boue, les nuages de fumée et les espaces naturels en général cela reste très épisodique et très malhabile. On ne peut pas systématiquement reprocher à un auteur, quel qu'il soit, de ne pas livrer une oeuvre représentative ou typique à tous les coups ( surtout lorsqu'il s'agit d'un film d'études, ce qui est ici le cas ). Mais bon cet essai pompeux vaut juste pour l'anecdote, rien de plus. Dispensable.
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Andreï Tarkovski dilate la scène d'ouverture du chef d'oeuvre de Robert Siodmack : tout juste correct mais digne d'intérêts. C'est le tout premier film du grand cinéaste russe, à voir principalement pour sa valeur patrimoniale : respectant plutôt bien l'esthétique du genre - éclairages contrastés, mouvements de caméra précis installant les personnages dans un décor singulier, Noir et Blanc... - Les Tueurs selon Tarkovski témoigne déjà du credo ultime du réalisateur : envisager le cinéma comme un Art du temps et non comme un Art du récit. Peu ou prou d'ellipses dans ce court métrage amateur mais courageux qui se présente sous la forme de longs plans rarement mobiles ( nous sommes encore très loin du flux cyclique du Sacrifice ) mais relativement complexe pour un film d'une telle facture. Un objet qui ne paye pas de mine mais qui s'avère bien filmé et bien pensé. A des années lumières du flamboyant long métrage de Siodmack, qui reste l'un des meilleurs films noir des années 40, mais plutôt honorable dans son ensemble. Une relique intelligente et intriguante.
Sa note :
(4)
Sa critique : J'ai beaucoup aimé ce film noir de Robert Wise... Le Coup de l'escalier témoigne d'enjeux narratifs particulièrement prenants ; il est d'une efficacité surprenante, bien qu'il faille attendre la fin de la première heure pour que les trois protagonistes se rencontrent enfin. Abordant la question du racisme sans pour autant l'utiliser comme une fin morale Robert Wise développe le caractère de chaque personnage avec un équilibre constant et intelligent. Autre point fort du Coup de l'escalier : sa mise en scène. Qu'il s'agisse des cadrages, des mouvements d'appareils ou de la direction d'acteurs le film ne semble jamais se faire remarquer, bien qu'il soit prodigieusement réalisé ( notamment cette séquence magnifique dans laquelle Ingram offre un tour de manège à sa petite fille...). La dernière partie du métrage, consacré au fameux braquage évoque immanquablement L'ultime Razzia kubrickienne dans sa mécanique hyper-huilée mise à mal par les aléas du destin ( Robert Wise y ajoute quelques frictions relationnelles pour épicer le tout ). Un très bon film, élégant et séduisant.
De Thomas Gilou
Avec Richard Anconina, José Garcia
Film français - Comédie
Bande-annonce | Séances (1024)
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Très réjouissant et même assez surprenant ! Quinze années de comédie séparent le premier film de ce troisième épisode : l'humour et le registre ont évolué, le Sentier s'est de plus en plus délocalisé et notre bande de joyeux pieds-noir s'est agrandie. Moins écrit et moins émouvant que le 1, moins drôle que le 2 mais encore plus bling-bling et survitaminé que ce dernier le 3 est aussi le moins bon de la franchise. Le scénario ressemble presque à un remake du deuxième dans son schéma, avec quelques rebondissements parfois lourds voire tarabiscotés... L'ensemble reste assez platement réalisé mais aussi terriblement sympathique dans sa tchatche inimitable. Richard Anconina tire une nouvelle fois son épingle du jeu, José Garcia cabotine sans fausse pudeur mais Bruno Solo reste un peu sur la touche pendant que Gilbert Melki rate son personnage devenu amoureux fou de la belle Léa Drucker. Il se dégage une vraie générosité de ce troisième film qui perd en bonne foi ce qu'il gagne en divertissement. Bref, j'aime bien !
De Tony Kaye
Avec Adrien Brody, Marcia Gay Harden
Film américain - Drame
Bande-annonce | Séances (87)
Sa note :
(0,5)
Sa critique : Incroyable. Un chef d'oeuvre situé à mi-chemin entre La Journée de la Purge et Le Cercle du Pot disparu ( pour le côté pipi-caca ), mâtiné d'un soupçon de Dégueu Pound ( pour le côté trash ). Spike Lee faisait du film-joint : Tony Kaye fait aujourd'hui du film-talkie, du film où ça parle de la société et de l'actu, du film où ça rassemble des gens, du film ki fait réfléchir. Tony Kaye est un dieu vivant qui - avec Detachment - vient d'inventer le genre cinéma ultime : le social-porn. Tony Kaye montre le malaise scolaire de l'amérik bien profonde, parce que on est tous Egaux : les Gros, les Noirs, les Putes et ke parce que le système éducatif du bahut made in USA il est trop pourri ! C'est que Detachment c'est un film qui montre le cercle vicieux de l'indifférence ( ouah, un mot de cinq syllabes ! ) et que si les adultes ils comprenne pas les jeunes alors les jeunes ils souffre !... Heureusement Henry Barthes tombe du ciel, éventuel arrière-petit-fils caché du philosophe Roland Machin-Truc et que lui il comprend la souffrance, la misère, l'échec scolaire et tout et tout. Pour faire bref Detachment s'agit sans doute de la dissertation philosophique la plus édifiante de ces 40 dernières années : 1) Thèse : une jeunesse en mal de repères affectifs et spirituels rejettent violemment l'éducation qu'une poignée d'adultes cherchent vainement à leur inculquer : c'est pas bien. 2) Antithèse : un prof confi-confiote, improbable philosophe ( oui, je sais ça fè trois fois philosophe ! ) sorte de croisement entre le martyr accablé et le gourou-spotless-mind parvient à transmettre - et non à inculquer, nuance ! - un état d'esprit sain et empathique : c'est bien. 3) Synthèse : ... bah, comme toutes les synthèses on mélange les deux et on voit ce qui se passe : passion, fusion, destruction ( du genre mélo voire du genre suidicaire, t'es sérieux ?!!! ) et puis fin du débat. Detachment ou comment être parvenu à réaliser un film plus désopilant qu'Intouchables, plus mémorable que Salo et ( presque ) aussi triste que Bambi. Incroyable.
Sa note :
(3)
Sa critique : Deuxième court métrage de Kasso & cie, Cauchemar Blanc témoigne d'un apport technique flagrant quand on le compare au premier essai du jeune cinéaste, l'étrange et plutôt raté Fierrot le Pou. Plus de moyens donc, quelques stars forcément sympathiques car ayant choisi de participer humblement au projet d'un jeune réa encore pratiquement inconnu. Cauchemar Blanc, de bonne facture, se laisse regarder sans déplaisir mais il faut se rendre à l'évidence : nous sommes encore très loin de l'intelligence narrative d'un chef d'oeuvre comme Assassin(s) ou de la maîtrise formelle d'un film comme La Haine. L'ensemble du court et son propos préfigurent pourtant ces deux grands longs métrages, Kasso montrant - non sans une certaine lourdeur - l'absurdité du racisme à renfort de gimmicks burlesques et de répliques chocs. Bref un petit moment de cinéma plus amusant que réellement percutant à voir surtout pour le numéro d'acteur de Jean-Pierre Darroussin, excellent en flic raciste un brin désabusé. Une curiosité.

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