Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 13 résultats
Sa note :
(4)
Sa critique : Jamais l'onirisme et le rêve n'ont été aussi bien traités que dans les films de Bergman. Les fraises sauvages en est une des preuves les plus évidentes tant le rapport du réel au rêve est subtil, ténu et se manifeste essentiellement dans des paroles lancées dans le vide que les autres personnages n'entendent pas. L'intrigue paraît simple de prime abord: un professeur répondant au nom d'Isaac se rend à Lund et, au cours de son périple, il se réconcilie avec lui-même et les fantômes de son passé. La narration menant le récit est fluide ainsi que les mouvements de caméra. Les dialogues s'enchaînent avec un naturel inimitable. La beauté plastique est toujours en clair-obscur, ne basculant jamais dans une forte concentration lumineuse ou dans une absence totale d'éclairage. Il y en a certaines qui sont drôles, à l'exemple des scènes de ménage, il y en a d'autres qui sont macabres comme lorsque le professeur imagine se voir dans un cercueil. A ce propos, on peut saluer la performance de Victor Sjöström qui est magistrale aussi bien dans sa retenue que dans la force qu'il confère à son personnage. En outre, la remémoration du passé par l'intermédiaire des fraises sauvages -qui sont à l'origine de ladite oeuvre- n'est pas sans rappeler la madeleine de Proust, cette comparaison révèle toute sa pertinence si on tient compte de l'atmosphère champêtre, bucolique, contemplative voire même conviviale. Dans l'absolu, les fraises sauvages sont une suite de la vie quotidienne, toutes brillamment mises en scène et agrémentées de dialogues à la fois ordinaires et dotés d'une certaine profondeur philosophique. Le génie de ce film réside particulièrement dans la subtilité et la sensibilité que Bergman a installé dans ce film. La mélancolie se traduit sur des visages, sur les branches des arbres, tous les plans étant maîtrisés à la perfection. Plus fondamentalement, les fraises sauvages peut se lire comme une leçon de sagesse à l'usage de la vieillesse à propos du temps qui passe, celui qui ne laisse de la vie qu'une pléiade de souvenirs confus et estompés et qui est magnifiquement symbolisés par une horloge sans aiguilles.
De Max Ophüls
Avec Martine Carol, Peter Ustinov
Film allemand,français - Drame
Sa note :
(4)
Sa critique : Lola Montès est un film devenu culte, tant pour son histoire que pour son esthétique si particulières. Ce film est le symbole et la dénonciation de la bêtise du public. En effet, les producteurs en voyant la manière dont les scènes étaient agencés ont d'abord commencés par supprimer l'intégralité des scènes qui se passaient au cirque, ce qui en faisait un léger film sentimental. De cette manière, on se rend compte non seulement à quel point cette mise en scène est novatrice et intelligente mais en plus à quel point le public a des réclamations de bas étage qui, aujourd'hui, se sont clairement popularisées. Lola Montès, femme sulfureuse, est la maîtresse de beaucoup de personnes réputées à l'instar de Louis II de Bavière ou encore Franz Liszt. Par la force des choses, elle se retrouve réduite à être jetée en pâture à un public composé en majeure partie de voyeurs et d'individus prêts à la couvrir d'opprobre. Ce public est le même que celui qui a désossé le film avant qu'il ne paraisse en salle. Lola Montès n'a pas pris une ride et s'inscrit parfaitement dans notre époque où le cinéma est devenu une industrie populaire dans laquelle on cherche davantage à divertir le spectateur qu'à l'élever un tant soit peu intellectuellement.
De Michael Haneke
Avec Susanne Lothar, Ulrich Mühe
Film autrichien - Drame
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Funny games est une véritable réussite, à un tel point que Michael Haneke en fera lui-même un remake dix années plus tard. La trame est d'abord très linéaire. En effet, le début du film présente une famille parfaite qui se rend dans une charmante résidence secondaire où ils ont l'habitude d'aller pour naviguer sur un lac paisible. Mais la situation se complique lorsqu'un jeune inconnu leur demande des œufs et qu'il en casse maladroitement huit. De fil en aiguille, Peter et Paul -celui qui réclamait des œufs et un de ses amis- prennent en otage la famille, les couvre d'opprobre avant de les tuer de la plus cruelle des manières. Au-delà des aspects violent et sadique qui sont exploités à satiété, Haneke parvient à dénoncer de la plus subtile des manières le voyeurisme morbide du spectateur affectionnant les films remplis de scènes d'épouvantes qui peuvent facilement verser dans l'abject et l'immonde. Les personnages sont simples à cerner tout en ayant une psychologie bien définie et qui s'approfondira au fil de l'intrigue, la bande-son représente parfaitement la dualité propre au film et le sadisme est poussé à l'extrême tant par une succession d'allusions macabres que par de le violence physique. On regrettera toutefois le surréalisme s'immiscant dans certaines scènes et qui discrédite quelque peu la portée dénonciatrice de Funny games.
De Vittorio De Sica
Avec Dominique Sanda, Fabio Testi
Film italien,ouest-allemand - Drame
Sa note :
(1,5)
Sa critique : Le jardin des Finzi Contini est l'un des seuls films qui, à ma connaissance, a un tel poids historique et n'a aucune logique historique interne. En effet, nous commençons aux alentours de 1938 pour passer à l'entrée en guerre de l'Italie en 1940, à quoi succède la bataille de Stalingrad qui a duré d'août 1942 à février 1943 et le tout en quelques minutes, sans que rien ne vienne préciser ces oscillations chronologiques. La dimension temporelle n'obéit à aucune logique, elle avance puis s'essouffle pour faire un bond de plusieurs années. Cela a de quoi décontenancer quand un réalisateur se donne pour objectif de dénoncer le fascisme italien. En outre, l'intrigue se résume à une banale histoire d'amour entre un garçon romantique et une fille quelque peu libertine qui se sont rencontrés par une coïncidence échappant, elle aussi, à toute logique. Tout le film repose sur le contraste entre l'insouciance de la jeunesse et la réalité bien funeste dans laquelle ils s'enliseront; voilà qui est bien peu transcendant. Malgré tout, l'image est relativement belle et, ainsi que le jeu des acteurs, est toujours en demi-teinte. C'est un mélodrame qui parvient à ne pas verser dans la grandiloquence et l'épanchement niais de sentiments. Il y a une certaine retenue qui confère une grande sensibilité à ce film. On peut trouver des qualités au Jardin des Finzi Contini mais, personnellement, De Sica ne m'a pas fait rêver d'Italie et le contexte historique ne m'a pas autant marqué que chez d'autres réalisateurs italiens comme Pier Paolo Pasolini.
De Sofia Coppola
Avec Stephen Dorff, Elle Fanning
Film américain - Comédie dramatique
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Comment analyser un film où l'action est constamment dispersée entre la vie dissolue et la vie réussie d'un acteur hors du commun ? Père exemplaire, notre héros n'en est pas moins un amateur de strip tease et de fêtes où l'alcool coule à flot. Cette duplicité constitutive du personnage nous intrigue autant qu'elle nous indiffère. Les spectateurs criants à l'ennui n'ont soit rien compris à Somewhere, soit sont intoxiqués par les productions hollywoodiennes dont les rythmes sont absolument infernaux. Ce film est modeste, les acteurs ne sont pas grandiloquents, les dialogues sont mesurés, le rythme est rectiligne dans sa lenteur. Tous ces facteurs réunis ne font pas un mauvais film pour autant. Loin d'être prétentieux, Somewhere est un film qui se veut subtil, aigre-doux sur la condition humaine et véritablement philosophique. Si le dénouement rejoint clairement ces ambitions; les péripéties sont, malgré tout, bien insuffisantes pour constituer une merveille du septième art. Il convient donc d'être mesuré et de ne pas s'en tenir à d'éventuelles longueurs du scénario mais de voir ce que Sofia Coppola exprime derrière ces scènes. Quand on s'y penche réellement, on se rend compte que sous la banalité apparente, se cache en réalité des préceptes moraux bien travaillés. On peut toutefois regretter quelques plans dont le cadrage est bâclé et des séquences tellement impromptues qu'il est difficile d'en rire avec sincérité.
De François Truffaut
Avec Isabelle Adjani, Bruce Robinson
Film français - Drame
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Cette histoire est celle d'une passion effrénée que la seconde fille de Victor Hugo a ressenti pour un lieutenant libertin qui se refuse à l'épouser. Elle devient peu à peu atteinte de folie, elle l'espionne, envisage d'embaucher un hypnotiseur pour finalement le suivre où qu'il aille. Elle fait même croire à son père qu'ils se sont mariés, bien que ce dernier n'ait pas été dupe bien longtemps. Elle essaie d'abuser le père de la véritable conjointe de ce lieutenant Pinson. Tous les subterfuges lui venant à l'esprit sont bons pour se faire valoir à ses yeux. Au-delà du prétexte historique, dont on peut saluer le respect et le rendu quasiment parfait de la fin du XIXème siècle, l'histoire d'Adèle Hugo est l'histoire, plus universelle, de l'amour fou et qui n'est, hélas, pas partagé. Isabelle Adjani joue sans aucun doute le meilleur rôle de sa carrière, d'autant plus que c'était un rôle particulièrement difficile tant son personnage sombre jour après jour dans une monomanie farouche. Les éclairages et les surimpressions sont maîtrisés à la perfection. Malheureusement, cette intrigue devient rapidement un mélodrame commun, celui de la jolie fille trop sentimentale et de l'homme inconscient de sa cruauté. Le romantisme est, au final, très stéréotypé. Ainsi, toute proportion gardée, ce film de Truffaut est touchant et brille tant par sa beauté plastique que par son contexte historique. Mais comment ne pas constater que L'histoire d'Adèle H. comporte des scènes à l'eau de rose tout à fait compromettantes et finit par tourner en rond à force de montrer les manifestations diverses et variées de la folie dont est atteinte la fille de Victor Hugo.
Sa note :
(3,5)
Sa critique : Ce film, qui était en 1919 une pièce de théâtre de Sacha Guitry, fit les délices du public bourgeois dans la trouble période d'avant-guerre. Mon père avait raison déplaît généralement aux théoriciens du cinéma, aux amateurs d'esthétique et aux puristes de la forme. Cela est tout à fait compréhensible: l'espace est le même, l'écoulement du temps ne peut se saisir que par l'intermédiaire des dialogues et des visages dont l'expression est moyennement travaillée, le noir et blanc est convenu et la trame oscille entre badinage, mensonge et l'histoire d'une famille brisée comme il y en a tant. Malgré tout, on aurait tort d'arrêter l'analyse ici car on risquerait de passer à côté d'un véritable bijou d'intelligence. En effet, au-delà de la faiblesse plastique indéniable, Mon père avait raison est une méditation très profonde sur la vieillesse, le bonheur, l'amour, l'amitié, les femmes et, plus fondamentalement, la vie elle-même. Sacha Guitry réalise un film profondément philosophique orné de dialogues sublimes, lesquels nous feraient presque oublier que le réalisateur lui-même était d'un narcissisme outrancier. Outre cela, il y a dans l'image, dans l'élocution des protagonistes, dans les décors un je-ne-sais-quoi de désuet qui nimbe ce film d'un charme tout à fait particulier. Si Mon père avait raison n'est pas un chef-d'œuvre, y compris au sein même de la filmographie de Sacha Guitry, il n'en reste pas moins une formidable invitation à jouir de chaque instant de la vie et à cultiver un bonheur élevé, sans mièvres illusions; ce qui n'est pas sans rappeler des thèses philosophiques comme celles de John Stuart Mill par exemple. Un film agréable que l'on peut savourer pour peu qu'on se laisse prendre au jeu.
De Patrice Leconte
Avec Charles Berling, Jean Rochefort
Film français - Comédie dramatique
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(3)
Sa critique : Sans être une merveille du septième art, Ridicule est un film réellement agréable, sans prétention particulière et finalement plutôt réussi. On pourrait présenter Ridicule comme un film initiatique en ce sens que le héros, le baron Ponceludon de Malavoy, découvre la réalité de la cour de Versailles vers la fin du dix-huitième siècle. Ce n'est pas l'esprit ouvert et tolérant des lumières qui règne à Versailles, bien au contraire, tous y sont perfides, hypocrites, pince-sans-rire et leurs journées sont consacrées à la recherche de mots blessants sur un ton manquant singulièrement de naturel. Notre héros, un baron démuni qui désire seulement assécher des marais qui entrainent des vagues de maladies parmi ses paysans, doit pourtant faire face à la cruauté impitoyable des nobles qui, dès son arrivée, persifle ses origines paysannes. Peu à peu, il prendra conscience que ce n'est pas la noblesse de son projet qui lui ouvrira les portes, mais bien son aptitude à railler les autres et à faire valoir son bel esprit. Tous les coups sont permis, certains truquent des joutes poétiques, d'autres répertorient les « saillies drolatiques », d'autres encore aiment à ridiculiser les plus faibles de caractère. Dans cette malignité généralisée, Ponceludon de Malavoy ne se sent pas à sa place mais persévère dans l'espoir de pouvoir parvenir jusqu'au roi afin qu'il donne son accord pour assécher les marais de la Dombe. Toutefois, il tombe sur une jeune femme, la fille de l'homme qui le loge, qui méprise encore plus que lui le maniérisme de la cour. De fil en aiguille, les deux se lient d'amitié et s'éprennent l'un de l'autre. Ayant fait ses preuves en société, Ponceludon de Malavoy gravit les échelons de la société pouvant contribuer à concrétiser sa requête. Après y avoir accédé, il sera ridiculisé devant l'assistance et pourra repartir sans regret dans sa campagne avec la femme qu'il aime. Ridicule s'illustre essentiellement grâce à ses dialogues acérés et à la vivacité de certains discours. Les costumes et les décors sont parfaitement réussis. En outre, les acteurs font preuve d'une grande aisance et se révèlent très talentueux à l'exemple de Bernard Giraudeau qui est remarquable. Néanmoins, au-delà de la reconstitution historique, le film ne représente que bien peu d'intérêt.
De Yasujiro Ozu
Avec Shin Saburi, Kinuyo Tanaka
Film japonais - Comédie dramatique
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Yazujirô Ozu s'est comparé toute sa vie à un restaurateur de tofu ne faisant que du tofu. Cette parabole signifie que, d'un film à un autre, tous présentent des analogies entre eux. Fleurs d'équinoxe n'en est qu'une preuve supplémentaire en ce sens que l'histoire se déroule, une fois encore, à Tokyo et les personnages sont, comme d'habitude, tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Pourtant, et c'est bien là que réside le talent d'Ozu, loin d'être lassés, nous sommes constamment saisis par la pertinence des dialogues et par les charmes de l'image. Sa manière de filmer au ras du sol nous mettrait presque dans la peau d'un personnage, d'un narrateur neutre qui nous révèlerait une histoire. Mais, au-delà de l'esthétique maîtrisée à la perfection, Fleurs d'équinoxe a pour thème principal le mariage. En effet, un père de famille respecté apprend que sa fille projette de se marier alors qu'il la destinait à un autre. Le père s'enlise de plus en plus dans les contradictions de sa double attitude. Effectivement, alors qu'il refuse de laisser sa fille épouser un garçon qu'il connaît à peine, il conseille à une amie de la famille de se lancer dans une relation que ses parents désapprouvent. Cette duplicité lui sera fatale et il finira par céder tout en reconnaissant le mariage à l'égard duquel il se montrait si réticent. Il s'agit d'un film initiatique, hautement moral et ironisant sans encombre sur les mœurs qui privilégient les mariages arrangés aux mariages d'amour. Ce mélange d'humour grinçant et de visée morale confère une dimension intellectuelle authentique. Fleurs d'équinoxe est donc un film bien construit, brillant à tous les niveaux mais dont certaines scènes chantées sont particulièrement assommantes.
De Jean Yanne
Avec Michel Serrault, Jean Yanne
Film français,italien - Comédie
Sa note :
(1)
Sa critique : Il s'agit sans conteste d'un des films les moins convaincants de l'histoire du cinéma français. Jean Yanne présente un scénario censé dévoiler le milieu de la radio. Ainsi, nous avons le droit à tous les clichés possibles et imaginables, à toutes les grossièretés banalisées, à tous les rebondissements les plus abracadabrants et à un humour de boulevard détestable. Nous pouvons citer, à titre d'exemple, la caricature du patron psychorigide, de l'employé désinvolte, de la médiocre comédienne, de l'hypocrite éhonté et même du communiste cubain ! En ce qui concerne l'analyse de mœurs, il m'est arrivé de lire et de voir des œuvres plus instructives que ce déballage informe de stéréotypes. Quoiqu'il en soit, je félicite sincèrement les spectateurs qui voient dans un tel film une quelconque « critique », « diatribe » car ils sont doués du talent tout à fait particulier qui permet de voir une portée polémique sans tenir compte du fait qui l'aurait causé. En outre, personne ne peut nier que les chansons sont insupportables (et malheureusement fréquentes), que le scénario est perclus d'incohérences et que le tout est absolument dénué de rythme. Jean Yanne réalise donc une comédie vulgaire (oui, vulgaire et non pas grossière) pourvue d'une bande-son lamentable, dénuée d'humour, de beauté plastique, de réflexion et tout ça au profit d'un renforcement des traits caricaturaux des protagonistes.

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