Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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De Guy Maddin
Avec Jason Patric, Isabella Rossellini
Film canadien - Fantastique
Bande-annonce | Séances (4)
Sa note :
(2)
Sa critique : Dire que ce film est hermétique relève de l'euphémisme : c'est un peu comme si on avait retrouvé de vieilles bobines d'un film tourné dans les années 1940/50 par un proto-David Lynch (scène de rêves éveillés, sensation hallucinatoire où s'estompe la frontière entre réel et songe), et qu'on aurait remonté ces fragments oniriques et bizarres dans le désordre, sans chercher à comprendre le fil conducteur de l'histoire. On aboutit donc à une suite de scènes qui seraient comme un assemblage de fragments de films de gangsters, d'une étrangeté quasi-hypnotique, assez joliment filmées (dans ce beau noir et blanc un peu flouté typique de l'esthétique de Maddin), mais tellement décousues que, si on ne s'est pas armé d'un briefing préliminaire, ce film semblera sans queue ni tête, et toute tentative pour l'apprécier risquera de sombrer dans les abîmes de l'irrésolution... Pourtant, après le très beau WINNIPEG MON AMOUR, documentaire fictionnel extrêmement poétique sur la ville de Maddin, j'avais naïvement cru que ce cinéaste s'était mis à réaliser des films agréables à voir... Mais non, après avoir vu une demi-douzaine de ses films (et oui, je m'accroche), j'ai l'impression de m'être encore laissé avoir par un cinéaste avant tout préoccupé par sa petite recherche nombriliste. C'est certainement très utile pour lui, mais en tant que spectateur, on se dit qu'on s'est juste infligé une épreuve superflue.
De Nicolas Klotz, Elisabeth Perceval
Avec Camille Rutherford, Arash Naimian
Film français - Drame
Bande-annonce | Séances (2)
Sa note :
(0,5)
Sa critique : Si Nicolas Klotz échoue à nous apitoyer sur le sort des immigrés "clandestins" et plombe vite son film d'un rythme pénible, c'est autant par une pesanteur idéologique des plus naïve, renvoyant à la candeur malhabile des harangues estudiantines soixantehuitardes, faite de l'usage répété du cri primal (digne du Libé des années 70) et d'amalgames simplistes (tels le parallèle, scandaleux mais récurrent chez Klotz, entre la société capitaliste et le nazisme... CRS-SS !), que par d'abscons dialogues pseudo-poétiques, ânonnés par de jeunes acteurs jouant piteusement aux existentialistes de pacotille. De la poésie engagée hein... engagée comme du Marguerite Duras période tardive. Rien à retenir donc, qu'une pensée faible, aussi naïve que prétentieuse, souffrant sans doute d'une trop grande empathie avec son sujet, alors que celui-ci aurait mérité un peu plus de sérieux et d'humilité.
De Fred McWilcox
Avec Walter Pidgeon, Anne Francis
Film américain - Science fiction
Sa note :
(5)
Sa critique : Avec 50 ans de recul, il est amusant de considérer à quel point ce film, qui était en 1956 apparemment considéré comme une véritable superproduction, ressemble à s'y méprendre aux serials rigolos réalisés avec trois bouts de ficelle au cours des années 40-50 (Undersea Kingdom, Radar Men from the Moon ou Lost Planet, que je connais grâce au livre de Jean-Pierre Jackson sur les serials américains de 1912 à 1956, et n'ai malheureusement jamais vus en salle...) Mais le premier sourire passé, après avoir d'abord contemplé l'atterrissage approximatif d'une soucoupe volante couinante (qui à coup sûr inspira le feuilleton THE INVADERS... mais à l'époque, les objets volants étaient encore identifiés, rassurants et... d'origine humaine), reconnu ensuite le jeune Leslie Nielsen, sérieux comme un pape en commandant de bord, et regardé sans rire un robot traverser le désert à toute berzingue sur sa planche à roulette électrique, on découvre avec plaisir (à condition de supporter une exaspérante musique d'ambiance électro-stressante) une intrigue agréablement ficelée, aux préoccupations toujours actuelles, fondant sur les principes d'une science-fiction inspirée par la Guerre froide un scénario aux influences psychanalytiques, dominé par la toute puissance de l'esprit humain et la perte de contrôle d'une technologie prométhéenne immaîtrisée.
De Quentin Tarantino
Avec Brad Pitt, Mélanie Laurent
Film américain,allemand - Guerre
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(0,5)
Sa critique : Tarantino aurait donc enfin réalisé un “vrai film” ? Cela débute comme un western transposé dans la France des années 40, filmée avec application à la façon d'un film de guerre américain des années 60 : petites maisonnettes sur les collines, rues de Paris et caves obscures sentant le studio. Mais l'illusion ne tient pas longtemps. Les belles références au cinéma de l'époque (Leni Riefenstahl, Pabst, Selznick) font bientôt place à l'habituelle manie de Tarantino à saccager tous les genres du cinéma. Ce grand benêt de Quentin ne peut s'empêcher de revenir à ses pantalonnades puériles : le pillage de scènes d'autres films et leur détournement sur un fond simpliste de série Z, où l'ultra violence tient lieu de récréation et qui dégage au final un sentiment de malaise assez déplaisant (la présence d'Eli Roth y serait-elle pour quelque chose ?) Que certains trouvent dans ces tarantineries un aspect “distrayant” tient pour moi du mystère. Certes, ce roué de Tarantino sait y faire pour mettre les critiques dans sa poche et assurer sa renommé de cinéaste incontournable. L'abondance de références au cinéma permet à tout cinéphile nostalgique de voir en “Kouantine” une sorte de grand copain qui vous entraîne à sa suite dans un cinéma de quartier et vous décrit sa projection perso : “...Et là on dirait qu'on fait un western pendant la guerre où y a des nazis cruels et perfides... et puis il y aurait un commando comme dans les 12 salopards... et puis aussi des allemands qui seraient gentils mais peut-êt' pas... Et puis une petite française qui serait juive et tiendrait un cinéma... Ouasuper !!!” Tout cela est d'une subtilité pachydermique : le côté prétentieux et malsain des frères Coen, mais dans le cerveau pré-pubère de Luc Besson. Tarantino est un gamin qui a toujours mis les doigts dans les pots de confiture du cinéma, mais comme en France tout le monde à l'air de trouver ça très bien, il a toujours les doigts qui collent, et en plus il en met partout...
De Eric Valette
Avec André Dussollier, Thierry Frémont
Film français - Thriller
Sa note :
(0,5)
Sa critique : Thierry Frémont, c'est un peu le Robert de Niro français. Et comme de Niro, il rate parfois la composition de ses personnages. C'est pas grave, ça n'entache pas son talent... Sauf que là, il faut supporter ce personnage de tueur aux mimiques ridicules (on dirait le beau-père aux moues comiques de MEET THE FOCKER !), dans un polar plutôt minable, au style de téléfilm cheap et à la réalisation si paresseuse qu'on se désintéresse très vite d'une mise en scène qui préfère, à la complexité d'une intrigue politico-financière, jouer la carte de la facilité : amalgame Argent - Sexe - Corruption et règlement de compte envers “les puissants”. La grosse erreur du film est sans doute d'avoir choisi de centrer l'intrigue autour de ce tueur stupide dont la morale primaire devient au final celle du film : tous ces politiciens magouilleurs ne méritent que la mort (euh bon, à moins qu'ils ne dénoncent leurs collègues !) Ouais... Super morale, celle du “tous pourris”, rappelant les pires années du polar franchouillard des années 70-80. Mais tout n'est pas aussi médiocre : la musique électronique (de Noko) d'abord, assez surprenante dans ce contexte et qui apporte un petit air sautillant et très anglo-saxon... Et puis il y a quand même un couple de policiers assez réussi, joué par Gérald Laroche et Rachida Brakni, celle-ci très bien en lieutenant de police style “Harry Callahan”, comme une sorte de Michelle Rodriguez à la française... sauf qu'elle avait déjà interprété un rôle assez semblable dans SECRET DEFENSE, où elle était déjà très bien, mais ce film était alors beaucoup plus recommandable que le nanar d'Eric Valette. Celui-ci paraît uniquement fait pour ne plaire qu'aux lecteurs des 'Canards' et autres volatiles à scandales.
De Roger Delattre
Avec Jean-Marie Bigard, Doudi
Film français - Comédie
Sa note :
(1)
Sa critique : Qu'il soit finalement moins vulgaire que ce à quoi on pouvait s'attendre, malgré les quelques gauloiseries qui l'émaillent ça et là, n'est pas le moindre de ses paradoxes. Car LE MISSIONNAIRE, c'est un peu DON CAMILLO dans LE VILLAGE de Shyamalan. En effet, si ce film fait ouvertement référence aux comédies en soutane des années 60, aux sempiternelles fernandeleries jusqu'à celles de Gérard Oury ou Max Pécas, il le place dans un contexte contemporain assez déconcertant : un faux curé débarquant dans un village de l'Ardèche où les habitants n'ont pas de voiture, s'empressant tous (jeunes et vieux) de remplir l'église tous les dimanches, et même les autres jours (ils n'ont rien d'autre à faire ?), et accordant même à la présence de leur prêtre un espoir qu'ils ont renoncé à attendre de la société. C'est bien THE VILLAGE... mais en version polissonne (les ardéchoises sont pleines d’ardeur…) Pourtant, loin d'être anodine, cette comédie à la pépère est aussi une propagande déclarée du catholicisme, et plus généralement des religions, comme facteur de socialisation. Postulat pour le moins douteux, dont Bigard, endossant le rôle d'un curé à la “Guy Gilbert”, se fait le sectateur zélé, apôtre d'une église “cool” et décontractée de la soutane (il peut même tabasser le prêtre officiel (sous les applaudissement de la salle où j'étais), l'Église n'y trouvera rien à redire). Espérons juste que cette nouvelle production d'EuropaCorp, à la fois opportunisme et bizarre, ne relance pas la vague des Don Camillo, mais oriente plutôt la carrière de Jean-Marie Bigard vers une impasse définitive. Et comme dans beaucoup de comédies françaises, les seconds rôles ont ici plus de talent que les deux têtes d'affiches, comme la charmante Camille de Pazzis, ou Jean Dell qui, en capitaine de gendarmerie bonhomme, est vraiment très drôle.
De Michel Hazanavicius
Avec Jean Dujardin, Louise Monot
Film français - Comédie
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Ce film ravira ceux qui ont vu le premier OSS-à-la-sauce-Dujardin, tant les deux films se ressemblent. Seuls l'époque et les lieux ont changé, car pour ce qui est de l'humour “OSS 117”, c'est toujours la même grosse blague qui tire à n'en plus finir sur la ficelle du décalage entre l'homme infatué et sûr de lui, la moquerie toujours à la lèvre, et le monde “normal” autour, plein de références au cinéma d'aventure 50"-60", fait de chinois d'opérette, de gangsters à lunettes noires, de catcheurs mexicains, de décors et de voitures surannées (tout ça, c'est l'aspect un peu plaisant du film), mais aussi, et cela est plus désolant, de quelques jeunes filles désespérément fades et ennuyeuses, images de la bonne conscience donneuse de leçons d'un scénario peu subtil, qui ne sont là que pour prouver d'une façon aussi simpliste que navrante au “héros français” son outrecuidante vanité. Jean Dujardin ne manque d'ailleurs pas d'un certain mérite pour incarner ce personnage ultra-crétin, n'ayant jamais conscience de son propre ridicule, sorte d'inspecteur Clouzeau encore plus bête et moins drôle que son confrère, tel que Steve Martin l'a repris (Steve Martin ayant au moins le mérite de rendre à son personnage la légèreté que Peter Sellers n'a jamais possédée). L'humour gros-malin d'OSS, bien ciblé dans la tendance actuelle à la repentance et à l'autoflagellation est une seule fois relevé par une seule réplique très drôle : celle où l'agent OSS croit reconnaître dans la définition de la dictature brésilienne... la France du général De Gaulle. 1 h 30 juste pour cette bonne réplique, le bilan est faible, agent 117.
De Fabienne Godet
Avec Michel Vaujour
Film français - Documentaire
Sa note :
(1)
Sa critique : Curieuse idée que de sortir en salles cette très très très longue interview d'un homme pas vraiment causant, et qui semble n'avoir retenu de ses 17 années de prison qu'un “c'est dur d'être enfermé” qu'il répète à intervalle régulier. Plus intéressant sans doute pour le rapport de fascination que sa réalisatrice entretient avec cet ex-mauvais garçon devenu un homme au regard éteint, très loin du héros médiatique qu'il fut après sa cavale en hélicoptère, ce film laisse parfois entrevoir de beaux moments, comme ces plans où elle suit Vaujour à distance, aux lisières brumeuses d'une forêt, écoutant dans une aube brumeuse le brame des cerfs, et observant les animaux sauvages se glissant entre les fourrés (on voit un renard qui passe en douce, comme un joli rappel du fugitif que Vaujour fut toute sa vie). Car dans ces entretiens longs et répétitifs, où on apprend pas grand chose de cet homme secret si ce n'est sa passion de jeunesse pour les animaux, il aurait été pourtant captivant de creuser cette affection d'un enfant pour les animaux sauvages, corbeaux, rapaces... (on pense au KES de Ken Loach), et la manière dont elle fut gâchée par une vie de révolte inféconde.
De Tim Burton
Avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter
Film américain - Musical
Sa note :
(2,5)
Sa critique : D'un Musical enchanteur, au ton désuet et léger, Burton crut probablement créer un film épouvantable et merveilleux. Et bien effectivement, en rajoutant des couches et des couches d'esthétique “grand guignolesque”, ce barbier démoniaque ne révèle, comme on n'ose à peine s'y attendre, dès les premières minutes, qu'un épouvantable ennui… Amplifiant la pesanteur de la musique de Sondheim et d'une l'intrigue cousue de fil blanc qui jamais ne passionne, Tim Burton semble en fait privilégier, à l'équilibre de sa narration, son style visuel, il est vrai magnifique, et qu'il peaufine en orfèvre. Étant donné le talent potentiel de Burton, c'est là une faute impardonnable. Je suis ressorti de la salle épuisé, gardant une rancune pour cet artiste qui ne sait doser ses effets, promet beaucoup mais aussitôt escamote son carrousel magique pour laisser occuper la scène par une fanfare de squelettes criards et dégingandés. Alors, au risque de susciter l'ire de certains, de Tim Burton je continue à préférer BIG FISH, SLEEPY HOLLOW, et même... PLANET OF THE APES.
De Alain Fleischer
Avec Jean-Luc Godard, Dominique Païni
Film français - Documentaire
Sa note :
(1)
Sa critique : Accompagnant les préparatifs de son exposition au Centre Beaubourg en 2005, et que Godard sabordera bientôt lui-même en partie, Alain Fleisher réussit là (involontairement ?) un portrait du célèbre cinéaste tel qu'en lui-même, en donneur de leçons acariâtre, manipulateur et pervers, méprisant ses interlocuteurs fascinés. Seuls les étudiants de l'école du Fresnoy, moins sensibles aux “bons mots” du maître, paraissent lui tenir tête, certains même, et c'est assez amusant à voir, semblant le contempler d'un air effaré... La déambulation finale au milieu des “ruines volontaires” de son exposition à Beaubourg, malgré un cours passage où Godard se rêve chercheur en mathématiques, rendant un discret hommage à Galois et Abel, deux mathématiciens incompris du XIXe siècle, arracherait presque la sympathie, mais c'est pour aussitôt retomber dans l'apitoiement et l'autocomplaisance, signe distinctif désormais de l'icône pâlissante du cinéma français. La Statue du Commandeur se révèle en fait un petit maître hirsute, l'éternel râleur dépassé par sa conception du cinéma idéologique, radicale et étriquée, adepte du “c'était mieux avant” scotché aux années 60, à cette “Nouvelle Vague” qui depuis longtemps n'est plus qu'un fantôme de vérité.

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