Ex. : Dark Shadows, Madagascar 3, UGC Paris, 69001, Marseille...
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1 - 10 sur 236 résultats
De Jean-Daniel Verhaeghe
Avec Philippe Torreton, Florence Pernel
Film français - Divers
Sa note :
(3,5)
Sa critique : à voir, pas pour passer un grand moment de cinéma. Ce n'est certainement pas un grand téléfilm, et pourtant c'est à voir. Ce qu'on pourrait reprocher à ce téléfilm, c'est justement d'être un téléfilm, c'est à dire une sorte de pièce de théâtre filmée. Les trente premières minutes, pourtant, sont poignantes et promettaient quelque chose de plus romanesque: un ton épique, une musique grandiose, une mise en scène presque cinématographique pour une histoire de révolte minière à la Germinal qui prend le spectateur au tripes, parvient à lui faire ressentir l'oppression des ouvriers et à rendre compte de l'injustice de la société de l'époque, avec art et réalisme. Puis le scénariste éclipse quelque peu cette histoire minière pourtant prenante au profit du seul personnage de Jean Jaurès: l'oeuvre perd de son souffle, l'intensité s'effondre. Pourtant l'intérêt demeure: le personnage de Jaurès, ultracharismatique, peut dormir sur ses deux oreilles avec un aussi bon scénariste et un aussi bon acteur pour lui donner âme et corps. Il porte littéralement le film sur ses deux épaules, tout dans ce film est prétexte à parcourir des facettes de sa vie publique, familiale et intérieure. Avec psychologie, le scénario rend habilement compte des relations de Jaurès avec le socialisme. Le côté politique du film est également à louer: le contexte est parfaitement rendu, avec ces ouvriers opprimés avides d'une révolution, ces bourgeois radicaux adeptes d'un progrès modérés, et ce socialisme humaniste tout en restant républicain. Tout ça est du charabia pour vous? Raison de plus pour voir le film. Poignante histoire de révolte pendant un temps, ce téléfilm se regarde ensuite comme une pièce de théâtre aux dialogues envolés (avec des citations tirées de Jaurès) et au protagoniste mémorable. Parfois un peu longuet, et surtout avec un manque d'enjeu et de suspense assez déroutant, ce téléfilm se laisse agréablement regarder et a le mérite d'instruire les incultes que nous sommes sur une période trouble et un grand homme. Théâtral, intelligent et politisé. Mais c'est plus qu'un téléfilm que le grand Jaurès aurait mérité: c'est un blockbuster d'auteur. Si cette oeuvre parvient à rendre compte du côté humain de Jaurès et à retranscrire ses idées, il peine à donner un aperçu de l'aura du personnage. Le potentiel qu'offrait l'affaire de la mine de Carmaux n'a été que finalement peu exploité par ce film. à quand un film sur le même sujet, ou sur l'affaire Dreyfus ou encore sur la mort de Jaurès? Vous me voyez tenter de rabaisser ce téléfilm, pourtant je vous conseille de le voire. Pourquoi? Pas parce que cette oeuvre marquera votre vie, mais parce qu'il faut se souvenir de qui était Jaurès. Vous avez entendu parler de Clémenceau et de Jules Ferry? Alors il est injuste que vous ne sachiez pas qui est Jaurès. A la veille de cette nouvelle élection présidentielle, dans un contexte qui, finalement, n'a pas tellement changé depuis l'époque des mines, il est plus important que jamais de se souvenir qu'un homme s'est dressé contre l'injustice du capitalisme et l'oppression des oubliés. Que la vie du maître de Léon Blum, a été un combat constant pour mettre l'humain d'abord face au pouvoir de l'argent et du nationalisme. Que notre histoire a été marquée par le passage d'un géant. à voir ici: http://www.youtube.com/watch?v=sGFNwL0YVh4
De David Fincher
Avec Brad Pitt, Morgan Freeman
Film américain - Policier
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Un scénario unique dès le départ (un psychopathe se livre à une boucherie en série avec les Sept Péchés capitaux comme fil conducteur), une mise en scène percutante, des personnages charismatiques: dès les premières images, le spectateur est, comme dans Fight Club, d'ores et déjà happé par le film et fasciné par cette sombre intrigue. Du Fincher! De rebondissements en rebondissements, le réalisateur manipule le suspense avec beaucoup d'habileté jusqu'à le rendre insupportable vers la fin du film. Le plus marquant dans Se7en, c'est sans doute son ambiance: psychologique, glauque, malsaine. Une ambiance mise en place par le personnage du psychopathe, l'un des plus mémorables que le cinéma ait porté, par le creshendo dans l'horreur qu'effectue le scénario, mais aussi par une succession de plans brutaux. Dérangeant, diront certains, scabreux, écoeurant, pourrait-on même dire: oui, et c'est le talent artistique avec lequel Fincher plonge dans cette saleté qui en fait un réalisateur hors norme. Là où on reconnaît Fincher, c'est aussi dans le "message" de cette oeuvre; clairement pas à la gloire des USA, le film nous montre ses aspects les plus sombres, souvent explicitement (criminalité, décadence morale), parfois plus implicitement (culture de l'apparence); l'ambigüité de ce message réside dans le fait que ces facettes noires de l'Amérique nous sont dévoilées à travers un criminel aussi immoral qu'illogique. Comme dans Fight Club, le film pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Le film se révèle aussi envoutant qu'un sombre cauchemar jusqu'au dénouement, qui constitue un "twist ending" de qualité, mais qui accomplit aussi et surtout l'exploit de retourner l'intrigue, les personnages et la morale du film dans leur entier. Quant à la musique d'Howard Shore, on peut lui repprocher sa discrétion, malgré de belles mélodies angoissantes qui parviennent à assombrir une intrigue déjà noire. Il s'agit certainement du meilleur thriller sur fond de fanatisme religieux (par pitié, oubliez Da Vinci Code...) jamais réalisé, et l'un des chef d'oeuvres du genre thriller psychologique (meilleur que le Silence des Agneaux pour ma part).
De Pedro Almodóvar
Avec Cecilia Roth, Marisa Paredes
Film espagnol,français - Drame
Sa note :
(4)
Sa critique : Tout d'abord, à voir en espagnol, étant donné que les dialogues constituent une composante essentielle de l'oeuvre. La VF, affreuse, dénature le film, lui ôte toute son âme et son essence. On pourra considérer ce film de deux manières différentes selon les points de vues. D'un côté, c'est un film plat, larmoyant et quelque peu scabreux; j'ai pensé ça au premier visonnage. Je l'ai revu avec l'esprit plus ouvert, et j'y ai trouvé une oeuvre sensible, émouvante avec un côté un rien subversif. Almodovar fait ressentir au spectateur toutes les émotions qui marquent une vie: l'espoir, le rire, la tristesse, la joie, la mélancolie...On pourra toujours pester contre l'absence d'un véritable conucteur, l'émotion compense largement ce léger défaut; le film est moins prenant que poignant, moins captivant que touchant. L'autre grand thème du film, c'est la femme et la féminité. On sent à travers cette oeuvre l'amour que porte le réalisateur à la gent féminine et aux valeurs dont elle est la porteuse: la fraternité, la tolérance et la douceur; il nous le transmet à travers ces personnages auxquels on s'attache immédiatement aux personnages et à cet univers particulier. Certains trouveront ce monde de prostituées et de travestis obsène, osé, indécent ou je ne sais quoi d'autre. D'autres trouveront ça original, un moyen pour le réalisateur de pousser à la tolérance, à l'amour inconditionnel? Tantôt touchant, tantôt original, toujours profondément humain, un film qui ne laisse pas indifférent, dont on ressort le coeur léger mais avec une pointe de mélancolie.
Sa note :
(4)
Sa critique : J'imagine qu'il est inutile de conseiller la lecture du chef d'oeuvre de Zola avant de voir le film, mais si vous n'avez pas encore dévoré ce chef d'oeuvre, n'attendez pas. L'adaptation d'un tel roman s'annonçait hardu, et plus d'une fois le film de Claude Berri s'avère être décevante par rapport à l'oeuvre initiale. On regrettera notamment le côté édulcoré de la vie familiale des mineurs, avec ces enfants sages, ces familles bien pensantes, ces habits neufs et ces visages propres, là où Zola au contraire montrait la promiscuité et la misère sociale dans tout ce qu'elle avait de plus cru. Pour la psychologie des pesronnages, ensuite, la caméra de Berri s'avère encore une fois très inférieue à l'écriture de Zola; car là où, dans le roman, l'auteur décrivait les pensées leus pensées sous tous leurs angles, le film développe parfois insuffisament certains personnages (je pense notamment à Rasseneur, à Chaval et aux nobles). Ces deux grains de sels mis à part, j'ai été agréablement surpris par cette oeuvre, qui tranche avec le conformisme d'autres adaptations françaises (Mme Bovary...). Tout d'abord, ça fait drôle de voire le sympathique chanteur Renaud incarner le personnage d'Etienne Lantier (sans faute, au passage), aux côtés de Depardieu. Le scénario fait peuve d'une fidélité exemplaire au roman, mais sait aussi s'en détacher pour exploiter judicieusement certains aspects; la reconstitution des mines est réussie, et la mise en scène habile. Les personnages sont attachants et charismatiques, en particulier Etienne et Maheu, et souvent égaux à eux-mêmes. Ce qu'on peut apprécier par-dessus tout, c'est la fidèle retranscription du contexte politique de l'époque, avec ce capitalisme déjà étouffant, ces ouvriers exploités et ces extrémistes dangereux. En partant de certains points de vue, c'est (aussi bien le roman que film) d'une étonnnante modernité, et il suffit de penser aux plans d'austérité et à l'impuissance des syndicats d'aujourd'hui pour transposer ce drame de la fin du XIXème siècle à notre belle année 2012. Bref, malgré quelques restrictions, la misère des mineurs est retranscrite avec un réalisme souvent poignant, et contraste avec le luxe outrancier des patrons, au cours de scènes savoureusement tournées. Tension psychologie, dilemnes moraux, suspense et émotions concourent à faire monter l'indignation dans le coeur du spectateur en même temps que dans celui des personnages, rendant le film poignant à partir de la première heure. Puis a lieu l'explosion, la révolte, le choc des classes, l'indignation de tout un peuple jetée à la face de l'élite. Malgré une dimension épique quelque peu décevante (à cause de la musique?), on assiste à des scènes de vindictes populaires assez puissantes, avec des plans très crus d'un réalisme appréciable. Une adaptation passionnante, virtuose et touchante. à voir sans hésiter après avoir lu le roman. Si le film ne transcende pas l'original, comme l'a fait Polanski avec le Pianiste, par exemple, il faut reconnaître à ce film sa profondeur et son souffle.
Sa note :
(3)
Sa critique : Un assez bon Hitchcock, peut être le plus original de sa filmographie. En pleine seconde guerre mondiale, un groupe de resapés de différentes origines vont devoir cohabiter sur un même radeau. Malgré un début un peu lent, la sauce finit par prendre et la tension devient vite efficace. Si on reconnaît la patte d'Hitchcock dans l'habileté des péripéties successives, le Maître semble quelque peu avoir perdu son génie pour faire vibrer le spectateur pour un personnage et lui faire vivre l'intrigue; l'intérêt majeur de ce film est sans doute à chercher ailleurs. Dans une ambiance très psychologique, certaines questions éthiques se posent aux personnages, en particulier à propos de la peine de mort et de la valeur de la vie humaine. Mettre des personnages dans une situation dramatique et les confronter à des dilemnes cornéliens: voilà la plus grande réussite du film. La dernière réplique conclut le film sur une morale qui n'est pas sans rappeler celle d'M le Maudit. Il convient de louer Hitchcock pour quelques scènes qui font une apologie discrète du mouvement pour les droits civils, position politique assez précoce au vu de la date du film (1945). Associé à l'intensité du film, ce côté moral fait donc, en grande partie, la réussite de l'oeuvre. Une ambiance sombre, mais non dénuée d'humour, avec un personnage particulièrement amusant. Quelques scènes assez réalistes rapellent au spectateur la cruauté de cette guerre, tandis que ce huis clos qui mêle classes, nationalités et personnalités aussi diverses que possibles, se révèle dense et intéressant. Malgré tout, jamais le suspens ne devient insupportable ou la tension oppressante; le potentiel de cette intrigue ne semble pas être exploité jusqu'à son paroxysme; on regrettera aussi une musique très peu mémorable, ou bien tonitruante au possible, ou bien trop peu présente. Un Hitchcock original, pas parmi les plus passionnants mais à voir pous sa dimension psychologique et son côté philosophique.
De Stanley Kubrick
Avec Kirk Douglas, Ralph Meeker
Film américain - Guerre
Bande-annonce | Séances (4)
Sa note :
(4,5)
Sa critique : Les Sentiers de la Gloire, ou comment passer une heure et demie en état d'hypnôse cinématographique totale. Oubliez Full Metal Jacket! Par la seul puissance des dialogues et de sa mise en scène, Kubrick parvient à captiver le spectateur de bout en bout, en lui livrant le message anti-nationaliste le plus puissant que j'ai vu depuis Platoon. L'action prend place en France, en pleine guerre mondiale (la première), durant laquelle un officier va se retrouver devant un dilemne cornélien: choisir entre la vie de ses hommes et la désobéissance à ses hommes. Un film au réalisme parfois saissant, notamment dans cette reconstitution minutieuse des tranchées et des conditions de vies des poilus. Une oeuvre psychologique intense, qui joue sans cesse sur l'empathie du spectateur envers les personnages. Un récit parfois tordant, tant l'ironie fait ressortir l'absurdité de certaines situations; mais aussi poignant et bouleversant, tant l'identification avec les victimes fonctionne bien. Comme les trois soldats du film, le spectateur va être la victime de cette sinistre et cruelle tragédie. Un scénario passionnant, doublé d'une ambiance psychologique extrêmement pesante, font de cette oeuvre un hommage touchant aux quelque 2.500 soldats français fusillés "pour l'exemple" dans cette guerre, ainsi qu'un mémorable réquisitoire anti-guerre. Anti-guerre, anti-discipline, anti-nationaliste, mais aussi terriblement humaniste: le film que l'on devrait montrer à toutes les classes de 3ème, l'oeuvre qui illustre mieux que n'importe quel discours pompeux l'horreur morale absolue que fut cette guerre et plus largement l'horreur de la Guerre en général. Un film plutôt osé pour l'époque (1957), à tel point qu'il fut censuré en France pour ne sortir dans les salles obscures qu'en...1975! Une petite demi heure, qui aurait sublimée ce film en chef d'oeuvre, n'aurait pas été de trop...
De Kevin Costner
Avec Kevin Costner, Mary McDonnell
Film américain - Western
Sa note :
(4)
Sa critique : La version longue dure-t-elle trop longtemps? Non, je ne dirais pas cela. Autant j'ai failli m'endormir devant les 3 heures de l'Apocalypse Now Redux de Coppola, autant je ne me suis pas ennuyé une seule seconde durant les 3h45 du bien nommé Danse avec les Loups. Je dirai en revanche que cette durée est très mal répartie: l'élément perturbateur du récit aurait dû arriver avant la moitié du film, et non au début de la troisième heure...Un film lent mais prenant; long mais beau. Des paysages magnifiques, une photographie paisible, une musique harmonieuse (notamment le thème du loup): autant vous dire qu'au départ le film fonctionne presque uniquement grâce aux images et au son. Pourtant le spectateur se prend au jeu puis commence à être envouté par ce spectacle, à s'attacher au personnage principal, à découvrir avec curiosité cette culture indienne. Cette rencontre entre deux peuples, deux cultures, deux civilisations, deux mentalités, s'avère déborder d'humanisme et d'humanité. La caméra de Costner filme avec virtuosié et une certaine poésie cet Orient sauvage, nous livre des plans d'une beauté naturelle assez époustouflante. C'est un fil conducteur, et surtout un fil rouge qui manque finalement au scénario. Qu'importe! C'est beau, c'est sincère, on en demendait pas plus. On a droit à de grandes (et trop rares) scènes épiques (la chasse au bison notamment), à des grands moments humanistes (toutes les scènes entre les Indiens et le protagoniste, en fait) ainsi qu'à des séquences mémorables de poésie (je pense à ces inoubliables scènes où apparaît ce loup). Puis vient, bien trop tard, l'événement perturbateur qui donne (enfin) une tension dramatique palpable au récit. Pourtant, aussi émouvante que soit cette dernière heure, le souffle épique n'explose à aucun moment. La faute en est à Jonh Barry, qui, s'il parvient à charmer nos oreilles avec ces airs à la flute, ne nous livre aucune partition épique digne de ce nom, et à Kevin Costner, qui manque clairement de mégalomanie lors des deux scènes de batailles. Là encore, peu importe: on ressort marqué de ce film, écoeuré de la colonisation, de l'impérialisme, et on se surprend même à regretter ces temps où l'homme vivait en harmonie avec la nature. Après, faut pas avoir du mal avec les clichés, sinon on sera irrité par ce brave-gentil-soldat-poète-rêveur-humaniste-ami-de-la-nature-et-de-l'homme-charmeur-galant-qui-finit-dans-les-bras-de-la-plus-belle-femme-du-village, indigné des crimes de son armée, qui change de camp et finit par affronter ses ancients camarades. Ce schéma narratif a été reprise plusieurs fois par la suite, en cela Danse avec les Loups est un film culte. Avec Avatar, vous avez la version blockbuster. Avec le Dernier Samouraï, la version épique (la meilleure, à mon avis). Avec Danse avec les Loups, la version contemplative.
De Steven Spielberg
Avec Jamie Bell, Andy Serkis
Film néo-zélandais,américain - Aventure
Bande-annonce | Séances (1)
Sa note :
(4)
Sa critique : Autant vous dire que je suis déçu. Hergé qui rencontre Spielberg, ce n'est pas seulement un grand cinéaste rencontrant le maître de la bande dessiné française. C'est pour moi une rencontre entre deux artistes, deux auteurs, deux génies qui ont fasciné mon enfance et continuent à me passionner aujourd'hui, grâce à la créativité, au romanesque, à l'humanisme et au souffle épique de leurs oeuvres. Au final, on a un très bon divertissement, mais pas le chef d'oeuvre du film d'aventure que l'on attendait. Visuellement Spielberg a fait du très beau travail: la "motion cap" permet d'associer un réalisme quasi cinématographique au trait particulier d'Hergé; ainsi, les plans de ce film semblent presque réels, mais les traits et les couleurs restent d'une fidélité exemplaire au dessin d'Hergé. Le scénario reprend celui de trois BD et parvient à entremêler avec succès différents événements: le rythme est soutenu, le suspense efficace. Finalement on ressent les mêmes émotions en regardant ce film qu'en lisant une BD Tintin, l'ambiance et les thèmes restent les mêmes; le romanesque hergéen est retranscrit par Spielberg dans cette grande aventure au rythme maladif, dans cette course aux multiples péripéties; le mystère est présent grâce au personnage de Sackharine, qui sert ingénieusement le scénario; l'humour est peut-être le point le plus fort du film: j'ai rarement autant ri devant un Spielberg; le scénario parvient tout simplement à faire vivre les Dupondt et leur maladresse légendaire, Haddock et son impulsivité exacerbée...; enfin le film est par moment touchant. Les profanes auront beau trouver le personnage de Tintin lisse, les fans d'Hergé s'y attacheront: notre jeune héros, avec sa fougue, sa soif d'aventure et son humanité est bien là, sous nos yeux, intègre par rapport à son modèle. Le personnage d'Haddock se révèle être émouvant, donnant à cette aventure une dimension humaine non négligeable. Bref, Spielberg s'approprie l'univers d'Hergé, mais sans le copier. Il le retranscrit avec fidélité, mais le spectateur le découvre sous un autre angle: quoi de plus jouissif? Quels limites à ce film, alors? Le rythme est trop rapide, le spectacle prend souvent le pas sur l'intrigue: plutôt que de laisser végéter une ambiance pleine de suspense et de mystère à la Indiana Jones, Spielberg enchaîne rebondissement sur scène d'action, et poursuite sur péripétie: c'est tellement rapide que ça ressemble parfois plus à une course poursuite qu'à un album Tintin. Soit dit au passage, les scènes d'actions sont souvent impressionnantes: on ne peut qu'apprécier le combat à l'épée Haddock-Rackam, aussi bon que le duel final de Pirate des Caraïbes 1; ou encore la spectaculaire poursuite en plan séquence; on regrette en revanche le côté insipide et holywoodien de ce combat de grues. Le film est trop court pour un univers aussi riche, qui n'a que le temps d'effleurer toutes ses facettes. On ne peut qu'être déçu par la partition de John Williams: après le thème légendaire d'Inidana Jones, celui, mémorable, de Jurassic Park, après la mélodie épique du générique d'ouverture du dessin animé Tintin...on s'attendait à mieux, à beaucoup mieux que ces airs à l'accordéon, pas insipides certes, mais pas épiques, ni romanesques, ni virtuoses...Rythme trop effréné et bande son décevate concourent à rendre le final décevant par rapport à nos espérances. Finalement toutes ces scènes d'actions et tous ces rebondissements retombet comme un soufflé à la fin du film, alors que l'on s'attendait à quelque chose de plus substantiel: la faute, certainement, à un trop faible temps laissé à la psychologie des personnages, aux différentes facettes de l'intrigue. Certes, c'est un très bon film, un excellent divertissement, mais on aurait espéré (et on aurait pu avoir) un chef d'oeuvre. Peter Jackson parviendra-t-il à nous réaliser un Tintin plus long et plus profond, tout en gardant la maîtrise virtuouse de cet opus? Steven Spielberg est un passionné de Tintin depuis sa jeunesse, et il rend à travers ce film un très bel hommage à l'univers d'Hergé.
De Hayao Miyazaki
Avec Gillian Anderson, Claire Danes
Film japonais - Drame
Sa note :
(4)
Sa critique : J'avoue être un inculte de Miyazaki ("Kiki la petite sorcière" m'avait marqué durant mon enfance, mais c'est tout). J'ai donc décidé de visionner ce qui semblait être son film le plus adulte, et je ne le regrette pas. Première chose qui marque: la beauté du dessin. Malgré des combats à la Dragon Ball Z, des effets graphiques que l'on aurait bien vu dans Pokémon, on ne peut qu'être ému par ces décors japonais majestueux, ces forêts enchanteresses, ces créatures onirques. La qualité de la bande son ajoute à la beauté visuelle la beauté musicale, qui concourent à faire de ce film une oeuvre débordante de poésie. Poésie du dessin, mais aussi de l'histoire, qui s'apparente à une légende, des personnages, que l'on aurait pu rencontrer dans un conte. On ne peut néanmoins qu'être irrité, au départ, par le protagoniste: je-suis-un-super-warrior-invincible-qui-reste-stoïque-devant-la-fatalité-héroïque-devant-le-danger-qui-se-la-pète-devant-la-gent-féminine-qui-est-à-mes-genoux-mais-dont-seulement-l'une-des-représentantes-me-fera-flancher-le-coeur (ou durcir le jonc, celà dépend du point de vue...). Puis on est happé par le récit, touché par ses thématiques, charmé par ses personnages divers. On a tantôt l'impression de vivre une grande aventure humaine, tantôt un conte merveilleux. Ce Japon médiéval fascinant est observé tantôt à travers l'optique d'une fresque historique, tantôt à travers celle d'un récit mythologique. Et puis le jeune héros, qui tente d'allier écologie et humanisme, finit par être sympathique. Passionnant, émouvant, parfois drôle, parfois magique, ce film m'a offert les plus grands moments de cinéma d'animation qu'il ait été donné de contempler à ma vie de cinéphile. à voir, tant pour la beauté du dessin et la poésie de l'histoire que pour la pertinence du message (ça se trouve ça influencera même la façon de voter de certains en 2012...désolé je n'ai pas pu m'empêcher...)
De François Truffaut
Avec Oskar Werner, Julie Christie
Film français,britannique - Science fiction
Sa note :
(2,5)
Sa critique : Avant toute chose, trois conseils préalables à ceux qui lisent cette critique: lisez le livre; lisez le livre; lisez le livre! Le roman de Ray Bradbury, de par son histoire captivante et ses nombreuses thématiques, est l'une de ces oeuvres qui m'ont fait devenir un homme différent de celui que j'étais précédemment. Le film de Truffaut est pour le moins maladroit et inégal. Tantôt d'une fidélité qui reprend à la lettre les dialogues du roman, tantôt d'une fantaisie qui a dû faire froncer les sourcils à M. Bradbury, le scénario me semble bancal. Exemples d'écarts gênants par rapport au roman: le personnage de Guy Montag est dès le départ présenté comme un rêveur en quête de culture, le personnage de Faber est tout simplement absent. Mais pour moi c'est la mise en scène qui est le plus gros défaut du film: l'écriture de Bradbury donnaît au lecteur l'impression de vivre une sorte de cauchemar apocalyptique, et le roman est censé se dérouler dans un futur plus ou moins lointain. Les décors du film sont tout simplement médiocres (quelle bonne idée de filmer des villes actuelles pour une histoire censée être futuriste, en même temps), et la mise en scène d'une banalité affligeante (il aurait fllu quelques effets de styles pour retranscrire l'écriture du roman). En clair, on a l'impression d'assister à une histoire qui se passe à la fin du XXème siècle. Beaucoup moins passionnant et envoutant, l'oeuvre de Truffaut reste un bon film. Les scènes reprises du livre sont adaptées fidèlement, et les thématiques (le rejet de la culture, l'effet néfaste de la technologie sur la littérature...) sont reprises. Saluons également la partition réussie de Bernard Hermann. Le film qui n'est aucunement déplaisant à regarder, mais reste à des années lumières du chef d'oeuvre qui l'a inspiré. Il me semble que François Truffaut avait dit quelque chose du genre: "seule un roman médiocre peut donner lieu à un bon film". Une chose est sûre: le temps a fait la part entre le bon et médiocre, puisque le roman est toujours considéré comme une dystopie culte, tandis que le film commence déjà à sombrer dans l'oubli. Une nouvelle adaptation réalisée par Franck Darabont (à qui l'on doit le très beau "les évadés")? à condition qu'il se montre plus orignal, plus créatif et plus passionné que Truffaut: oui!

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