In Ciné Veritas  

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Le Crépuscule des aigles

Critique de Le Crépuscule des aigles - par In Ciné Veritas

   1.5 - Mauvais
Le crépuscule des aigles est un film de guerre qui évite soigneusement de traiter et montrer les atrocités de la première Guerre Mondiale. En dehors des trop sporadiques scènes de batailles terrestres, John Guillermin tourne son regard du côté des forces aériennes allemandes peuplées d’aristocrates adeptes de l’entre soi. Entre deux réceptions dans de beaux salons, entre deux coupes de champagne, ces pilotes chevronnés font la guerre et quelques acrobaties rendues possibles par une aviation encore balbutiante à l’époque… Le film ne manque pourtant pas d’ambition notamment dans la reconstitution de batailles livrées sur le front terrestre (nombreux figurants). Les batailles aériennes font moins illusion car leur continuité est mise à mal par les faux raccords (notamment sur luminosité du ciel) entre les plans filmés en décors naturels et ceux tournés en studio. Parmi ces derniers, les gros plans paraissent peu crédibles au regard de leur stabilité et netteté. Malgré son originalité (la première Guerre Mondiale vue d’un cockpit d’avion), le scénario du Crépuscule des aigles n’évite pas les écueils du patriotisme et de l’héroïsme militaire, fussent-il orientés (scène de l’hôpital), à travers la quête de la médaille « The blue Max », haute distinction décernée avec les honneurs de la nation aux pilotes ayant abattus vingt avions ennemis. John Guillermin ne propose qu’une vision unilatérale (celle des pilotes allemands) et militaire délaissant le pan civil. Ce récit très conscrit peine à valoir pour modèle et perd encore de son réalisme par la convocation d’un casting anglo-saxon dont le seul mot allemand prononcé sera « Herr » et sans le moindre accent germanique. Le choix de faire camper le récit côté allemand est surprenant car, au prix de quelques adaptations mineures, l’histoire aurait plus été à sa place côté alliés. L’ambiance feutrée, l’entre soi, l’absence de tension et le non traitement de la réalité du premier conflit mondial cantonnent Le crépuscule des aigles au rang des superproductions de divertissement, loin des films-témoignages sur la première Guerre Mondiale.