In Ciné Veritas  

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Touche pas à la femme blanche

Critique de Touche pas à la femme blanche - par In Ciné Veritas

   3 - Pas mal
Un an après La grande bouffe, Marco Ferreri réunit son quatuor masculin d’alors et l’agrémente de quelques beaux seconds rôles : Serge Reggiani, Darry Cowl ou encore Catherine Deneuve, « la femme blanche » autour de laquelle tourne le personnage de Marcello Mastroianni. L’affiche ne manque pas de piquant avec Michel Piccoli en Buffalo Bill histrion particulièrement investi dans son personnage, Serge Reggiani en indien chauve en « costume » d’époque, Ugo Tognazzi en indien rangé du côté de l’ennemi pour mieux approcher les femmes blanches. Dans Touche pas à la femme blanche, Marco Ferreri invente le western urbain et contemporain jouant volontiers avec les anachronismes. Le cinéaste italien a la belle idée de faire camper son film dans un quartier des Halles en reconstruction. En 1973, le chantier de réhabilitation de ce quartier parisien dévoile un vaste terrain vierge de toute construction. Pour Marco Ferreri, cet éphémère et providentiel terrain de jeu sera celui de son aride grand ouest américain. Malgré une liberté de ton assumée (les pieds-noirs et les Algériens sont rangés du côté des indiens) qui trouve son apogée dans la grande bataille finale visant à contrecarrer l’envahissement de la ville, Touche pas à la femme blanche se montre plus parodique que polémique. L’impression de grand cirque résulte peut-être de l’aspect théâtral de certaines séquences et du sur-jeu sporadique des acteurs. Par bien des aspects, ce western urbain tourne à la farce parodique mais cache en seconde lecture un sous-texte politique certain.