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    Don Siegel

    État civil

    Métiers Réalisateur, Monteur, Acteur plus
    Nationalité Américain
    Naissance 26 octobre 1912 (Chicago, Illinois, Etats-Unis)
    Décès 20 avril 1991 à l'age de 78 ans (Nipomo, Californie, Etats-Unis)

    Biographie

    D’origine juive, Don Siegel quitte New York pour effectuer ses études à l’université de Cambridge. Après être également passé par les Beaux-Arts de Paris, il se rend à Los Angeles où il rencontre le célèbre producteur Hal Wallis, qui lui offre un poste aux archives de la Warner. Le jeune homme ambitieux travaille ensuite comme assistant monteur puis, gravant les échelons, devient monteur superviseur. De 1939 à 1945, il participe ainsi au montage de plusieurs films, dont certaines œuvres incontournables de l’histoire du septième art, comme Les Fantastiques années vingt (1939), La Glorieuse parade (1942), Gentleman Jim (id.) ou Casablanca (id.). Cette fonction lui permet de se former dans le domaine technique de la création cinématographique et notamment de développer son sens unique du rythme, qui constituera par la suite sa marque de fabrique. C’est en 1945 qu’il passe à la réalisation, avec deux courts métrages (Star in the Night et Hitler Lives!), lesquels remportent tous deux l’Oscar du Meilleur court métrage documentaire.

    Fort de ces réussites, Don Siegel se voit confier la mise en scène de son premier long métrage l’année suivante, le film noir The Verdict, qui rencontre un succès important. Il enchaîne - après avoir quitté la Warner en 1949 - avec le thriller ("bâclé", d'après ses propres mots) Ça commence à Vera Cruz (1949), le western Duel sans merci (1952) et le film de prison Les Révoltés de la cellule 11 (1954), une plongée ultra réaliste dans l’univers carcéral californien. Dans le but d’authentifier son propos, Siegel choisit de tourner dans l’enceinte de la véritable prison de Folsom, avec de vrais détenus comme figurants. Il fait aussi la connaissance sur ce film d’un certain Sam Peckinpah alors engagé comme assistant au casting, à qui il apprendra beaucoup. Dès ses premiers essais, Siegel développe les prémices de son futur style : une redoutable efficacité dans la réalisation des scènes d’action, contribuant à lui forger une réputation de seigneur de la série B de qualité.

    En 1956, le metteur en scène achève l’un de ses films les plus connus, L'Invasion des profanateurs de sépultures, perçu par beaucoup comme véhiculant une idée très présente dans le contexte de la Guerre froide, à savoir que n’importe qui - même l’individu le plus banal - est susceptible d’être considéré comme un ennemi potentiel cherchant à nuire à autrui. Ici, la menace communiste peut être symbolisée par les extra-terrestres, ce que Siegel explique concevoir, même s’il n’a pas cherché à faire un film diffusant ce parallèle. De la même manière que le futur Inspecteur Harry, "L'Invasion des profanateurs de sépultures" demeure caractéristique d’une constante centrale du cinéaste : le fait que la critique perçoive souvent un message politique douteux dans ses films, alors qu’il n’a jamais voulu utiliser le cinéma pour répandre une quelconque idéologie.

    A la suite de ce film de science-fiction (son seul), il met en scène L'Ennemi public, portrait du véritable gangster surnommé Baby Face Nelson. Dans les années 1960, Siegel prouve qu’il est à l’aise dans différents genres avec d’imposantes têtes d’affiches, que ce soit le western (Les Rodeurs de la plaine en 1960, avec Elvis Presley ; Une Poignée de plombs en 1969, avec Richard Widmark), le film de guerre (L'Enfer est pour les héros en 1962, avec Steve McQueen), le policier (A bout portant en 1964, avec Lee Marvin) et - peut-être surtout - l’action (Un Shérif à New York en 1968), où il excelle particulièrement. Dans ce dernier, il fait la rencontre décisive de Clint Eastwood, pour qui Siegel devient à la fois metteur en scène fétiche et mentor : c’est grâce à lui qu’Eastwood se dirigera plus tard vers la mise en scène, devenant ainsi le cinéaste confirmé qu’il est aujourd’hui.

    Le duo collabore à quatre reprises supplémentaires, toujours en rencontrant le succès : Sierra Torride (1970), Les Proies (1971), L'Inspecteur Harry (id.) et enfin L'Evadé d'Alcatraz (1979). Le plus connu est sans nul doute "L’Inspecteur Harry". C’est aussi le plus polémique, Eastwood et Siegel étant accusés de faire l’apologie de l’auto-défense par le biais du personnage de Harry Callahan, ce que les deux hommes récusent fermement. Dans leur dernière collaboration, "L’Evadé d’Alcatraz", Siegel renoue avec la thématique carcérale après "Les Révoltés de la cellule 11", et fait d’Eastwood un détenu charismatique échafaudant un plan des plus ingénieux pour s’évader de la célèbre prison. Dans ce film, le talent de Siegel à instaurer un climat tendu s’illustre pleinement.

    Durant les années 1970 figure également dans sa filmographie Le Dernier des géants, un autre western rendant hommage à l'incontournable John Wayne dans son dernier rôle (comme son personnage, l'acteur est à ce moment mourant). Sa carrière s’achève avec La Flambeuse de Las Vegas en 1982, une comédie portée par Bette Midler, laquelle se dispute souvent avec Siegel tout au long du tournage. "La Flambeuse de Las Vegas" est un échec lors de sa sortie en salles, et le metteur en scène est victime d’une crise cardiaque pendant la production du film, marquant un terme à sa carrière. Il s’éteint en 1991, à l’âge de 78 ans. Un an plus tard, Clint Eastwood lui dédicace l’oscarisé Impitoyable, témoignant par la même occasion de l’influence de Siegel sur son parcours.

    Auteur : Laurent Schenck

    Ses premiers pas à l'écran

    Les Aveux d'un espion nazi
    Les Aveux d'un espion nazi
    1939
    Les Fantastiques années vingt
    Les Fantastiques années vingt
    1939
    Brother Orchid
    Brother Orchid
    1940
    L'Etrangère
    L'Etrangère
    1940

    Ses meilleurs films et séries

    L'Evadé d'Alcatraz
    L'Evadé d'Alcatraz
    1979
    Sierra Torride
    Sierra Torride
    1970
    L'Inspecteur Harry
    L'Inspecteur Harry
    1971
    A bout portant
    A bout portant
    1964

    Sa carrière en chiffres

    46
    Années de carrière
    0
    Récompense
    64
    Films
    2
    Séries
    2
    Nominations
    23,1 M
    Entrées ciné

    Genres de prédilection

    Drame : 38 %
    Policier : 36 %
    Thriller : 15 %
    Action : 11 %

    Ses stats sur AlloCiné

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    A tourné le plus avec

    Jack Elam
    Jack Elam
    6 films
    Clint Eastwood
    Clint Eastwood
    6 films
    L'Evadé d'Alcatraz (1979), Un frisson dans la nuit (1971), L'Inspecteur Harry (1971), Les Proies (1971), Sierra Torride (1970), Un shérif à New York (1968)
    Seymour Cassel
    3 films et 1 série
    Un shérif à New York (1968), Faces (1968), A bout portant (1964), La Quatrième dimension (1959)
    L.Q. Jones
    4 films
    L'Enfer est pour les héros (1962), Les Rôdeurs de la plaine (1960), Hound-Dog Man (1959), An Annapolis Story (1955)
    L'Invasion des profanateurs (1978), L'Invasion des profanateurs de sépultures (1956), An Annapolis Story (1955)
    L'Inspecteur Harry (1971), Police sur la ville (1968), L'Enfer est pour les héros (1962)
    Faces (1968), A bout portant (1964), Face au crime (1956)
    Carolyn Jones
    3 films
    L'Ennemi public (1957), L'ange du crime (1957), L'Invasion des profanateurs de sépultures (1956)
    Commentaires
    • hocinebouharoun
      Bon résumé !Don Siegel est quelque part un passeur entre le cinéma classique et le cinéma dit contemporain. Un peu comme Sam Peckinpah et Robert Aldrich.Ils étaient ( peut-être le sont-ils toujours ? ) plus considérés comme des artisans, de bons faiseurs de films. Rétrospectivement, quand on voit leurs films, on se rend compte qu'ils avaient une vision propre et singulière du monde, de l'être humain, de l'Amérique et qu'ils sont aussi d'authentiques cinéastes.Charley Varrick et Le Dernier des Géants sont également deux très bons films de Don Siegel.La rencontre entre Don Siegel et Clint Eastwood a été importante voire déterminante pour les deux hommes.Le premier a largement influencé et encouragé le second dans sa carrière de réalisateur.Parmi leurs meilleurs collaborations: Les Proies, L'Inspecteur Harry et L'Evadé d'Alcatraz.Un Shérif à New York et Sierra Torride, s'ils n'atteignent pas la qualité des 3 films cités plus haut, sont intéressants dans la mesure où, en plus d'être divertissants et agréables à regarder, ils constituent des films de transition dans la carrière de l'acteur Clint Eastwood après sa collaboration avec Sergio Leone.Don Siegel, parmi tous les réalisateurs qui ont dirigé Clint Eastwood après Leone, est celui qui s'est le mieux approprié la persona et la mythologie de l'acteur pour mieux les prolonger et les enrichir. Les personnages joués par Clint sous la direction de Siegel sont plus vulnérables, même s'ils demeurent des hommes forts.Parmi les films tournés sous la direction de Siegel, Clint préfère L'Inspecteur Harry et Les Proies.
    • chrischambers86
      Superbe metteur en scène dont quelques films mèritent d'être qualifiès de chefs d'oeuvres comme Invasion of the Body Snatchers, une des rèussites du genre, remarquable par son intelligence et son traitement efficace. Du rythme, du rèalisme, pour ce film culte des annèes 50 rèalisè avec peu de moyens mais beaucoup d'idèes. Autres bijou: The Private Enemy, d'une sècheresse et d'une poèsie pure. The Killers et Les proies sont mes deux prèfèrès. L'un est un grand film noir ponctuè de flasback, et d'une violence assez exceptionnelle pour l'èpoque. Marvin est fabuleux et le second est un oeuvre gothique et flamboyante, sublime et envoûtante, avec le meilleur rôle de Clint Eastwood. Quoi qu'il en soit, outre ces deux films de classe, on lui doit d'autres excellentes mises en scène d'action dont L'inspecteur Harry, Flaming Star avec l'un des meilleurs rôles d'Elvis Presley ou The Big Steal avec Mitchum...
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