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    John Ford

    État civil

    Métiers Réalisateur, Producteur, Scénariste plus
    Nom de naissance

    John Martin Feeney

    Nationalité Américain
    Naissance 1 février 1894 (Cape Elizabeth - Maine)
    Décès 31 août 1973 à l'age de 79 ans

    Biographie

    De son vrai nom Sean O'Feeney, John Ford est né le 1er février 1895 à Cape Elizabeth (Maine) de parents irlandais. Lorsqu’il se présentait, il avait l’habitude de dire " Je suis d'origine irlandaise mais de culture western ". Cette auto-définition lapidaire résume l'homme et le cinéaste, car si comme l'a dit Bazin "le western, c'est le cinéma" et "américain par excellence ", Ford aura été ce cinéma et cette Amérique là par excellence. Il a d'abord été un cinéaste des plus prolifiques avec plus de cent films à son actif dont une trentaine a disparu. Il est par ailleurs célèbre pour sa célérité sur les plateaux de tournage: il effectuait un minimum de prises par plan ce qui lui permettait de contrôler le montage puisque les plans alternatifs étaient rares.

    Sa passion pour le septième art naît lorsque son frère part tenter sa chance à Hollywood. Il devient l’assistant réalisateur de celui-ci, l’aide comme accessoiriste, s’improvise cascadeur et acteur sur d’autres tournages. Il affirme d’ailleurs avoir joué l’un des membres du Ku Klux Klan dans Naissance d'une nation de D.W. Griffith. Par un heureux hasard, il est amené à remplacer le réalisateur de The Tornado qui sort en 1917. Il signe là sa première réalisation, ce qui lui permet de signer un contrat avec Universal. Pour le compte de la société de production il écrit et dirige alors une soixantaine de films de western dont la vedette est très régulièrement Harry Carey. Ces films réalisés dans les années 20 ont presque tous disparu mais parmi eux figure le fameux Cheval de fer. Le film raconte la conquête du rail, et son tournage titanesque (en extérieurs) est considéré comme exceptionnel pour l’époque. En 1927, il se rend en Allemagne pour le tournage des Quatre fils et découvre à cette occasion le cinéma expressionniste. Ce film est le plus grand succès public de la carrière muette de Ford.

    Dans les années 30 débute la grande période du parlant : Arrowsmith sort en 1931 sous l’impulsion de Samuel Goldwyn et vaut à John Ford sa première nomination aux Oscars. Le film relate les déboires d’un jeune médecin qui lutte contre la peste aux Indes Occidentales. Mais c’est en 1935 que le cinéaste tourne l’un de ses premiers chefs-d’œuvres, Le Mouchard avec Victor McLaglen dans le rôle-titre. Un film où le cinéaste ne fait pas mystère de ses sympathies pour l’IRA, qui combat contre l’envahisseur britannique. Le film est sombre, oppressant, centré sur la figure du délateur et de sa trahison. Un film qui rappelle, formellement parlant, l’expressionnisme allemand d’un Fritz Lang ou d’un Friedrich-Wilhelm Murnau. La même année Ford réalise, en étroite collaboration avec son nouveau patron, Darryl F. Zanuck, admirateur d’Abraham Lincoln, Je n'ai pas tué Lincoln.

    Il entame ensuite sa saga de l’Ouest, qui compte quelques-uns des plus nobles fleurons du western, avec La Chevauchée fantastique, qui sort en 1939 et annonce la période dite classique du réalisateur. L'austère et majestueuse "Monument Valley" s’impose désormais comme le décor favori de tous ses westerns. Le réalisateur choisit de faire tourner John Wayne qui n’a jusqu’alors aucun rôle important à son actif. Le film suit une diligence qui réunit un groupe hétéroclite composé d’un shérif, d’un conducteur plutôt débonnaire, d’un médecin porté sur la boisson, d’une prostituée et d’un banquier quelque peu malhonnête. Au cours du voyage, un autre passager monte, il s’agit d’un vagabond (interprété par John Wayne), surnommé Ringo Kid qui cherche à venger sa famille. La chevauchée commence alors. Même si l’on retrouve dans ce film et dans La Poursuite infernale, les éléments classiques du western et le manichéisme qui lui est propre, John Ford s’éloigne aussi de la norme : le "Bon" Wyatt Earp dans La Poursuite infernale est de tout de noir vêtu, ce qui, en général, est la marque distinctive du "Méchant" et le fameux duel de La Chevauchée fantastique est traité de façon elliptique. Par ailleurs, son militarisme est contredit par des portraits d’officiers sans concession dont la bêtise et l’arrogance sont mises en avant, notamment dans Le Massacre de Fort Apache (1948) et dans Les Cheyennes (1963).

    Après La Chevauchée fantastique, Ford retrouve Zanuck et sa passion pour Lincoln. Il réalise Vers sa destinée avec Henry Fonda qui jouera également dans les deux films suivants du réalisateur: Sur la piste des Mohawks et, adapté de John Steinbeck, Les Raisins de la colère, un film pour lequel Ford obtient l’Oscar du meilleur réalisateur en 1942. Ce film allie un engagement social affirmé à une parabole biblique sur le thème de la Terre Promise. Dernier film du cinéaste avant la guerre, Qu'elle était verte ma vallée, qui narre la vie de mineurs au pays de Galles à la fin du dix-neuvième siècle, est un immense succès public et critique. Il rafle cinq Oscars dont ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation, devant Citizen Kane d'Orson Welles.

    Après ses deux chefs-d’œuvre aux univers très différents, le western d’un côté et le film social de l’autre, la Seconde Guerre mondiale va profondément marquer le cinéma de Ford : il va, avec son unité, parcourir les théâtres d'opérations militaires. En 1942, il réalise pour la Marine, les documentaires December 7th sur l'attaque de Pearl Harbor et La Bataille de Midway. Ces deux films remportent l'Oscar du meilleur documentaire. Par ailleurs il demande à Roosevelt le boycott de l’Allemagne Nazie et fonde dans cette perspective la Naval Field Photographic Unit, qui réunit des artistes travaillant au service de l’armée pendant les événements de 1939-45. Au cours de cette période, le réalisateur ne tourne qu’un seul film de fiction : Les Sacrifiés avec John Wayne.

    Le réalisateur s’attelle par la suite à son cycle de la cavalerie qui lui permet de renouer avec le succès populaire. C’est aussi le passage de témoin entre Fonda et Wayne. En deux ans le cinéaste tourne successivement Le Fils du désert, La Charge héroïque, Le Convoi des braves et Rio Grande. Le premier film de la trilogie, Le Massacre de Fort Apache (1948), retrace la défaite du Général Custer à Little Big Horn. Custer est montré comme un homme sans valeurs alors que le combat des indiens est rendu légitime. Le deuxième volet, La Charge héroïque (She Wore a Yellow Ribbon) sort un an plus tard et se donne comme une suite du premier. Après la défaite de Custer c’est au tour de Nathan Brittles (John Wayne) de faire face à la menace indienne qui s’intensifie. Fort de son expérience, il fait tout pour éviter que le sang soit versé en effectuant un raid audacieux mais qui ne porte pas atteinte à la dignité des indiens. Parallèlement, une intrigue amoureuse se noue. Deux jeunes lieutenants se disputent les faveurs de la nièce du commandant (Joanne Dru) ; celle-ci arbore un ruban jaune (une référence au titre original "She wore a yellow ribbon"), symbole dans la tradition de la cavalerie américaine que son cœur est déjà pris. Le film obtient l’Oscar de la meilleure photographie.

    Sonne la période du maccarthisme durant laquelle Ford dénonce des « méthodes dignes de la Gestapo » et s’oppose violemment à Cecil B. DeMille qui souhaite que les membres de la Screen Directors Guild signent un serment de loyauté envers les Etats-Unis. En 1950, Ford part en Corée et tourne pour la marine un documentaire aux accents désabusés allant à l’encontre de la ferveur patriotique de certains cinéastes de l'époque. C’est en Asie qu’il perd un œil, ce qui lui vaut de faire partie des célèbres "borgnes d’Hollywood". Puis, il part en Irlande pour tourner L' Homme tranquille qui reste l'un de ses plus grands succès, sanctionné par un Oscar en 1952. Comédie sentimentale, s’éloignant des sentiers battus du western, le film est, selon son auteur, "(sa) première tentative d’histoire d’amour entre adultes". Ford démontre avec cette réalisation qu’il est à même d’élargir sa palette artistique.

    La fin des années 50 et le début des années 60 marquent un approfondissement dans l’esthétique du réalisateur : de La Prisonnière du désert (1956) nous gardons encore des plans célèbres s’inspirant d’un procédé théâtral. Le film débute par un plan séquence qui invite la caméra à se déplacer de l’intérieur de la maison à l'extérieur, offrant à notre regard une vue imprenable sur Monument Valley. Le plan qui ferme le film fait écho à ces premières images. Dans l’embrasure de la porte, on distingue le paysage naturel et la silhouette de John Wayne, la porte se referme alors sur la scène et sur le film. Le Sergent noir, dont la vedette est Woody Strode, traite d'un procès accusant un sergent noir de la cavalerie d'avoir violé et tué une petite fille blanche. Ford utilise, pour ce film, la technique du flashback qu’il emploie aussi dans L' Homme qui tua Liberty Valance. Le western se double d’une enquête policière. On retrouve l’acteur vedette dans Les Deux Cavaliers et L' Homme qui tua Liberty Valance aux côtés de James Stewart. 1962 marque le grand retour du réalisateur qui réalise ce western majeur en noir et blanc et qui marque donc sa seconde collaboration avec Stewart. Le cinéaste y dresse un portrait crépusculaire des Etats-Unis, une bonne moitié du film se déroulant la nuit. Le film fondé sur un long flashback raconte comment un sénateur, du nom de Ranse Stoddard, pressé par les journalistes locaux d’expliquer les raisons de sa venue à Shinbone, revient avec émotion sur les événements qui firent sa carrière des années auparavant, lorsqu’il essaya de débarrasser la ville d’un dangereux gangster dénommé Liberty Valance. Placé sous le signe d’un enterrement, mené par un héros désabusé, mélancolique et vieillissant, L' Homme qui tua Liberty Valance se donne comme une ébauche du testament que John Ford parachève avec La Conquête de l'Ouest,Les Cheyennes (son dernier western vu à travers les yeux des indiens et sa dernière collaboration avec Stewart) et Frontiere chinoise. Le cinéaste meurt le 31 août 1973 après une carrière bien remplie : près de 130 films et quatre Oscars du meilleur réalisateur, un record jamais battu à ce jour.

    Ses premiers pas à l'écran

    Naissance d'une nation
    Naissance d'une nation
    1915
    A l'assaut du boulevard
    A l'assaut du boulevard
    1917
    Cheyenne's Pal
    Cheyenne's Pal
    1917
    L'Inconnu
    L'Inconnu
    1917

    Ses meilleurs films et séries

    L'Homme tranquille
    L'Homme tranquille
    1952
    Les Raisins de la colère
    Les Raisins de la colère
    1940
    La Prisonnière du désert
    La Prisonnière du désert
    1956
    L'Homme qui tua Liberty Valance
    L'Homme qui tua Liberty Valance
    1962

    Sa carrière en chiffres

    58
    Années de carrière
    5
    Récompenses
    128
    Films
    1
    Série
    15
    Nominations
    47,3 M
    Entrées ciné

    Genres de prédilection

    Drame : 42 %
    Western : 29 %
    Comédie dramatique : 15 %
    Romance : 15 %

    Ses stats sur AlloCiné

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    A tourné le plus avec

    Ward Bond
    Ward Bond
    19 films
    L'Aigle vole au soleil (1957), La Prisonnière du désert (1956), Permission jusqu'à l'aube (1955), Ce n'est qu'un au revoir (1955), L'Homme tranquille (1952), Le Convoi des braves (1950), Le Massacre de Fort Apache (1948), Le Fils du désert (1948), Dieu est mort (1947), La Poursuite infernale (1946), Les Sacrifiés (1945), La Route au tabac (1941), Les Raisins de la colère (1940), Les Hommes de la mer (1940), Vers sa destinée (1939), Sur la piste des Mohawks (1939), Les Aventures de Marco Polo (1938), Le Mouchard (1935), Arrowsmith (1931)
    John Wayne
    John Wayne
    18 films
    Chesty A Tribute to a Legend (1976), La Taverne de l'Irlandais (1963), La Conquête de l'Ouest (1962), L'Homme qui tua Liberty Valance (1962), Les Cavaliers (1959), L'Aigle vole au soleil (1957), La Prisonnière du désert (1956), L'Homme tranquille (1952), Rio Grande (1950), La Charge héroïque (1949), Le Massacre de Fort Apache (1948), Le Fils du désert (1948), Les Sacrifiés (1945), Les Hommes de la mer (1940), La Chevauchée fantastique (1939), Des hommes sans femmes (1930), Les Quatre fils (1928), Maman de mon coeur (1928)
    John Carradine
    10 films
    Les Cheyennes (1964), L'Homme qui tua Liberty Valance (1962), La Derniere Fanfare (1958), Les Raisins de la colère (1940), La Chevauchée fantastique (1939), Sur la piste des Mohawks (1939), Quatre hommes et une prière (1938), Hurricane (1937), Marie Stuart (1936), Je n'ai pas tué Lincoln (1936)
    Les Cheyennes (1964), Les Deux Cavaliers (1960), La Prisonnière du désert (1956), Permission jusqu'à l'aube (1955), Ce n'est qu'un au revoir (1955), Rio Grande (1950), Le Convoi des braves (1950), La Charge héroïque (1949), Le Fils du désert (1948)
    Henry Fonda
    Henry Fonda
    8 films
    La Conquête de l'Ouest (1962), Permission jusqu'à l'aube (1955), Le Massacre de Fort Apache (1948), Dieu est mort (1947), La Poursuite infernale (1946), Les Raisins de la colère (1940), Vers sa destinée (1939), Sur la piste des Mohawks (1939)
    Victor McLaglen
    Victor McLaglen
    8 films
    L'Homme tranquille (1952), Rio Grande (1950), La Charge héroïque (1949), Le Massacre de Fort Apache (1948), La Mascotte du régiment (1937), Le Mouchard (1935), La Patrouille perdue (1934), La Maison du bourreau (1928)
    Les Cheyennes (1964), La Charge héroïque (1949), Le Massacre de Fort Apache (1948), Le Corsaire de l'Atlantique (1931), Trois sublimes canailles (1926), Le Cheval de fer (1924)
    Ben Johnson
    5 films
    Les Cheyennes (1964), Le Convoi des braves (1950), Rio Grande (1950), La Charge héroïque (1949), Le Fils du désert (1948)
    L'Homme qui tua Liberty Valance (1962), Le Sergent noir (1960), Les Cavaliers (1959), La Derniere Fanfare (1958)
    James Stewart
    James Stewart
    4 films
    Les Cheyennes (1964), L'Homme qui tua Liberty Valance (1962), La Conquête de l'Ouest (1962), Les Deux Cavaliers (1960)
    Woody Strode
    Woody Strode
    4 films
    Frontière chinoise (1965), L'Homme qui tua Liberty Valance (1962), Le Sergent noir (1960), Les Deux Cavaliers (1960)
    L'Homme tranquille (1952), La Charge héroïque (1949), Le Fils du désert (1948), Les Hommes de la mer (1940)
    Spencer Tracy
    3 films
    La Conquête de l'Ouest (1962), La Derniere Fanfare (1958), Up the River (1930)
    Les Cheyennes (1964), La Conquête de l'Ouest (1962), Les Deux Cavaliers (1960)
    Dan Dailey
    3 films
    Commentaires
    • MGM-ranger
      Débutant au début de la période classique d'Hollywood et a pris sa retraite à la fin il est le représentant de cette époque. Il détient le record de l'oscar du meilleur réalisateur avec 3 victoire et a fait les meilleurs western.
    • QUINNANTH
      Dans une partie de ses meilleurs films, on peut découvrir un thème commun: celui d'un groupe humain traqué par la mort ou d'inquiétants périls.
    • chrischambers86
      [quote]Curieusement, je trouve Ford beaucoup plus novateur avant qu'après guerre. [/quote]Je suis de ton avis parce qu'à partir des annèes 30 il donna coup sur coup La patrouille perdue, Toute la ville en parle et surtout Le mouchard avec un superbe Victor McLaglen, sans oublier l'èblouissant The Prisoner of Shark. il a d'ailleurs eu une mauvaise passe dans cette pèriode mais c'est avec le très maîtrisè Stagecoach et Les raisins de la colère que Ford s'est assis solidement sur une rèputation mèritèe...
    • tietie007
      Curieusement, je trouve Ford beaucoup plus novateur avant qu'après guerre. Sa trilogie de la Cavalerie est un peu "conservatrice" et des films comme le Fils du Désert sont un peu trop "biblique" ! J'apprécie beaucoup La prisonnière du Désert, virage fordien vers une histoire de l'Ouest américaine un peu moins caricaturale et patriotique. Par contre, je trouve que le huis-clôs stagecoachien est très moderne et que Les raisins de la colère est un des 10 meilleur film de l'histoire du cinéma américaine !
    • chrischambers86
      C'est sans doute le monument du cinèma amèricain et surtout d'allo cinè. C'est dans la façon de raconter l'histoire, dans la mise en scène, qu'un cinèaste peut se dèfinir. C'est le cas de Ford dont mes trois films prèfèrès sont: Les raisins de la colère, L'homme tranquille et The Searchers. Deux films lègendaires avec John Wayne, bien meilleur acteur que sa rèputation ne le laisse croire. Je regrette juste que John Ford fasse oublier certains grands metteurs en scène comme Andrè De Toth ou Delmer Daves (pour ne citer qu'eux) sur les forums. Un peu comme Hitchcock ou Kubrick, il y en à que pour eux. Bref, on va pas cracher dans la soupe pour dire que certains de ses films sont d'une authenticitè rare et qu'il est irlandais d'origine, mais de culture western. Ce qui n'est pas à la portèe de tout le monde...
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