Cinéma et devoir de mémoire : Le Fils de Saül et 10 films sur la Shoah
A l'occasion de la présentation du "Fils de Saul" à Cannes et du 70e anniversaire de la libération du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz, quelques oeuvres majeures à (re)découvrir et faire découvrir.

Premier film du réalisateur hongrois Laszlo Nemes, disciple du maître Bela Tarr, Le Fils de Saul est un choc cinématographique, preuve de la maîtrise absolue d'un jeune metteur en scène qui n'hésite pas à affronter un sujet des plus risqués : la Shoah. Racontant cette histoire de Saul, prisonnier d'un camp de la mort lancé dans une quête effrénée pour offrir un enterrement à un jeune enfant exécuté, le long-métrage propose une vision cinématographique sans concessions et puissante, usant de flous (pour mieux illustrer l'horreur), de plans serrés sur les visages (pour rester à hauteur d'homme) et d'un univers sonore glaçant et maîtrisé. Un des grands chocs de Cannes 2015, récompensé par le Grand Prix, le Prix Fipresci et le Prix François-Chalais.

Monument du cinéma documentaire, "Shoah" est le film somme sur le sujet. Multipliant les témoignages, Claude Lanzmann poursuit un travail d'historien-cinéaste tout au long des quelque dix heures que dure le film. La suite de la carrière du réalisateur démontrera qu'il était pourtant très loin d'avoir épuisé son sujet.

En dépit d'une polémique qu'il ne nous appartient pas de trancher, "La Liste de Schindler" reste la fiction à (re)découvrir sur la Shoah. L'effroi, la terreur, la faim... Spielberg nous fait ressentir toutes les étapes du calvaire des suppliciés.

On reste frappé d'effroi devant ce chef-d'oeuvre de Resnais. Son art de la litote, le texte de Jean Cayrol et la voix de Michel Bouquet font de ce court métrage (à peine plus de 30 minutes) l'autre monument (avec le film de Claude Lanzmann) cinématographique consacré à la Shoah.

A travers ce film aride et épuré à l'extrême, la survivante des camps de la mort qu'est Marceline Loridan-Ivens suggère l'horreur sans jamais la montrer. Le résultat vous glace le sang...

Frédéric Rossif met tout son talent de documentariste au service de ce démontage implacable de la machine de mort nazie. De l'avènement du IIIème Reich à la chute du Führer, des premiers pogroms aux camps d'extermination, le cinéaste explore chaque aspect de cette page noire de l'Histoire européenne.

Samuel Fuller a mis de longues années à porter à l'écran l'épisode le plus marquant de sa vie de soldat. Pour tous ceux qui ont vu ou verront "Au-delà de la gloire", a découverte des camps par l'unité The Big Red One restera un moment de cinéma d'une puissance exceptionnelle.

Non, Claude Lanzmann n'avait pas tout dit dans "Shoah". Il revient ici sur un pan méconnu de l'Histoire et explore une face méconnue et dérangeante de la Solution Finale.

Oscar 1999 du Meilleur film documentaire, le long métrage (produit par Steven Spielberg dans le cadre de la Shoah Foundation) est uniquement composé de témoignages. Ceux de cinq survivants des camps, mais aussi de personnes ayant assisté de près ou de loin à l'horreur.

Documentaire exemplaire de sobriété, "Belzec" revient sur le tout-premier camp d'extermination. Les témoignages que vous allez découvrir dans ce film sont d'une violence rare.

S'il peut sembler étrange (pour ne pas dire scandaleux) de retrouver le film de Uwe Boll dans cette sélection, il s'impose néanmoins comme une oeuvre radicale à découvrir. Le cinéaste allemand livre ici une approche hybride, mêlant documentaire (il interroge ses jeunes compatriotes sur leurs connaissances de l'Holocauste) et fiction (la reconstitution clinique -et donc glaçante- d'une journée "ordinaire" à Auschwitz). Pas de musique, pas de mise en scène, pas d'émotion : une sorte "d'anti Liste de Schindler" qui dévoile l'horreur brute des ces usines de mort et le détachement de leurs "ouvriers", dans un plan-séquence éprouvant depuis l'arrivée en train jusqu'aux charniers anonymes.

Commentaires

  • gimliamideselfes

    Devoir de mémoire, sérieusement ?

  • Ilwan

    Uwe Boll, sérieusement ?

  • St?phane G.

    Etonnant de ne pas voir apparaître dans cette liste, le chef d'oeuvre de Polanski

  • Loskof

    Sinon on peut regarder aussi ce qu'on a envie, sans parler de devoir?

  • BigScreenCritical

    Uwe Boll ?! Après toutes les merdes qu'il a faites, je trouves ça étrange de le retrouver dans ce classement.

  • Gwenvael D.

    Ah très bien. Je subodore une tentative de blague.
    Du coup, si vous vouliez faire une petite vanne négationniste, il aurait fallu demander le point commun et non la différence. A moins que vous ne soyez du genre à attendre devant la cheminée chaque 25 décembre qu'un barbu obèse tout de rouge vêtu vienne vous apporter vos petits cadeaux.

  • Discovery One

    C'est un terme qui n'est pas utilisé pour les autres génocides donc oui, c'est violent et crétin. Allociné ne fait que répéter bêtement un terme télévisuel.